8 mai 1874. Un enfant de 9 ans se prénommant Paul, jouant
sur les bords du bassin n°1 du port de commerce de Brest
tombe malencontreusement à l'eau risquant probablement de se noyer. Yves
Autret, portefaix, se jette à l'eau habillé pour ne pas perdre le moindre
instant et sauve le gamin en perdition. Le plus rapidement possible, le
sauveur ramène l'enfant sur le quai qui reprend ses esprits rapidement.
Ce dernier retrouve sa famille au 69 rue St Yves.
Si l'heureux fait-divers brestois ne change pas l'histoire locale, il
souligne la profession de portefaix qui donna, un temps, les expressions
françaises "habillé comme un portefaix" – "parler comme un portefaix".
Autrement dit, par mépris de classe, le portefaix était vêtu avec des
habits aux tissus grossiers et était dépourvu d'éducation… Dans le cas
présent, le vulgaire porta secours au convenable.
L'équivalence actuelle serait le métier de manutentionnaire à ceci près
qu'un portefaix travaillait à la tâche sans employeur constant nécessairement.
Il portait des charges (faix = fardeaux) sur le dos contre une modeste
rémunération. Proche de la misère, l'activité portuaire de Brest fournissait
au tâcheron du travail au jour le jour avant de retrouver un domicile
dans un immeuble de rapport des quartiers populaires, souvent Recouvrance.
Ce métier dans les ports deviendra celui de docker quand des compagnies
marchandes emploieront des ouvriers corvéables à plein temps.
Pour se faire une idée, un portefaix, à cette époque, percevait environ
3fr50 à la tonne déplacée sur les quais. Cela concernait des sacs de céréales,
de farine par exemple. Un docker avait un revenu de débarquement 0.60
cts la tonne et 3fr75 la mise en magasins la tonne. Sinon pour des tourteaux
(crabes) c'était 2fr la tonne pour le portefaix et 0fr85 la tonne débarquée
et 2fr60 la mise en magasins pour un docker. Chaque matière transportée
avait son tarif. Le syndicalisme ultérieur augmentera la pression sur
les compagnies qui cèderont plus fréquemment aux exigences des dockers.
En revanche, plus question qu'un portefaix ne traîna sur les quais. Progressivement,
le métier ne subsista que par des déménagements de centre ville...
Dès l'antiquité, les hommes, parfois esclaves, qui portaient des fardeaux à longueur de temps s'abîmaient la colonne vertébrale jusqu'à la souffrance quotidienne. Les archéologues d'aujourd'hui analysent systématiquement l'état de l'ossature des squelettes qu'ils mettent au jour afin de déterminer l'usure des vertèbres. La catégorie sociale des personnes retrouvées en découle.
affaires militaires
Armée - Clergé • Emprise militaire • 1752 académie de marine • Fait divers des clairons • Influence de la guerre de 1870 • Etat de siège • Ration de viande • Travaux du port • Société de secours • 14 juillet • 19e RI • Déserteurs • Drames d'embarquements • Lancements • Escadre mobile • Pertes de navires • Enfants de troupe • Ecole navale • Hôpital de la marine Informations militaires • Prince japonais • Retraite • Service • Douves • Destructions des canons • Incendies
°°°
Pages récentes : Ecole navale • Prostitution • Prise du théâtre de Brest par les baïonnettes de l'armée • Le malheur des douves • Enfants abandonnés • Statue du pape Urbain II • Boucherie chevaline • Versement des pensions de retraite • Le câble transatlantique • Le denier des écoles chrétiennes • La condition des filles au 19ème siècle • Délégations et personnalités japonaises • La fête du 14 juillet 1889 à Brest : le scandale politique • Escadre mobile en manœuvre • Accidents de la circulation • Les idées politiques monarchistes • Société de secours aux blessés militaires du Tonkin • Laïcisation des écoles primaires • L'extinction de la mendicité • 19è RI