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Les débits de boissons Entreprise de gros La poste du Fret Calvaire Chapelle Monastère Cales Quais Moulin à eau Etang Villas de villégiature et maisons de notables Le Fret Salorges°°°
Défense militaire GéologieLe port du Fret fut de toutes les époques jusqu'à la modernité d'aujourd'hui le point d'entrée Nord des échanges commerciaux et des échanges de voyageurs, puis touristes de la fin du 19ème et début du 20ème siècle créant une agitation que l'on peine à imaginer, tant le calme est revenu. Hameau intégré à la commune de Crozon car indispensable à celle-ci, les Frétois ont toujours été lié à Brest par voie maritime jusqu'à ce que le train d'antan ne les en écarte. La gare du Fret se souvient de cette révolution technologique qui mit un terme à l'hégémonie de l'activité maritime. Lieu de pêche, de transports, zone sanitaire de la seconde guerre mondiale... Une multitude de petites histoires qui construisirent une belle histoire pittoresque et attachante... Qui ressent le Fret, s'y attache nécessairement...
Il est difficile de remonter l'histoire du Fret car
durant des siècles, il n'y eut que quelques maisons, pas même dix, avant
que l'activité maritime ne prenne de l'ampleur et que les touristes venus
de Brest ne génèrent un affolement général. En remontant le temps on vivait
au hameau de Kervéden sur les hauteurs à portée de moulins à vent tant
il y en avait, là où le travail se trouvait. Le Fret était un rivage vaseux
malcommode qui n'attirait que quelques pêcheurs vers la Rade de Brest.
Ces pauuvres pêcheurs en barque ne s'intéressaient pas aux coquillages
de sorte que les pêches de poissons nourrissaient la famille mais ne permettaient
pas de vivre au delà. Il fallut que ces hommes aient les moyens d'aller
au large avec des embarcations plus grandes pour rejoindre les flottilles
de sardiniers.
1844
Le port du Fret en 1844 est d'abord un port sardinier. Une activité de
pêche opérée par une trentaine de bateaux. Une sardine qui se trouvait
aisément dans la Rade de Brest avant que la pollution des eaux par les
nouveaux modes de propulsion maritime.
L'habitat du port est en cette année là composé de 15 maisons dont 8 sont
des magasins à sardines.
Les pêcheurs devaient cumuler deux activités. La sardine l'été, le dragage
des huîtres l'hiver.
Toute la population du Fret ne pêchait pas, certaines familles pauvres
survivaient d'une agriculture aussi pauvre qu'elles.Leur habitat était
en chaume et les minuscules ouvertures n'avaient pas de vitrage.
Pourtant, il y avait un jour où l'on était presque heureux, le lundi gras
de chaque année qui déclenchait un bal que l'on nommait fièrement le Carnaval
de Kerveden tout autour de son moulin à vent. Au soir venu, avec deux
lanternes au suif, on faisait sonner le biniou pour danser et oublier
l'infortune et la fatalité. Oui mais voilà qu'en 1844, le recteur de Crozon
s'en mêlait pour interdire cette débauche... Sans doute que Dieu prit
en pitié ses pêcheurs car le carnaval eut lieu avec, certes moins de monde
que d'habitude. Une soixantaine de fêtards seulement, un peu déguisés,
un peu bien mis, un peu en fête.
Partout en Bretagne les curés chassaient les occasions de se divertir...
Mais il faut bien admettre qu'à Crozon, certains ecclésiastiques ont pêché
par excès de bondieuseries.
Le 23 juillet 1875 : « A 10 heures du soir, les paisibles habitants du
Fret s'entendaient réveiller par les cris : au secours ! on m'assassine
! poussés par la femme Burel. Voici ce qui venait de se passer. La femme
Burel S'étant rendue chez la veuve de la Rue débitante, pour y chercher
son fils Pierre, âgé de 27 ans, une dispute s'éleva entre ces deux femmes.
Des injures on en vint bientôt aux coups, une lutte acharnée s'engagea
bientôt, dans laquelle les deux femmes s'empoignant aux cheveux se traînèrent
hors la maison ; A ce moment Pierre Burel se tournant contre sa vieille
mère la souffleta et lui lança un violent coup du pied. Aux cris poussés
par celle-ci survinrent, son mari, son fils aîné et sa belle-fille, et
ce fut alors une mêlée générale dont le spectacle était affreux. Déjà
le père au paroxysme de la colère, tenait son fils Pierre à la gorge et
allait l'étrangler, quand arrivèrent deux hommes courageux qui se jetèrent
en travers des combattants et les séparèrent. « Plainte a été portée dès
le lendemain à M. le juge du paix de Crozon. On a aujourd'hui de sérieuses
craintes à l'égard de la belle-fille qui se trouve dans un état de grossesse
avancé. La femme Burel de son côté, est très souffrante ; le fils aîné
a la figure et un œil abîmés. ; la veuve de la Rue pour son propre compte
garde le lit, et a dû se livrer aux soins d'un docteur. »
Le 24 juillet 1875 : « Le 18 courant dans la matinée, le sieur Kermel,
du village de Poulou-Guen, près du Fret, était occupé à faucher du foin
et avait son petit garçon âgé de 4 ans jouant près delui ; tout eu gambadant,
l'enfant fit un bondvers son père qui, d'un coup de faux, lui fit une
large et profonde blessure au-dessus de la cheville du pied droit. Le
malheureux père, fou de douleur, transporta son fils en pleurant à son
domicile, où il fit appeler en toute hâte le docteur qui a espoir de le
guérir. »
Le 27 juillet 1875 : « La pêche à la sardine au Fret devient de plus en
plus abondante ; la moyenne de la semaine dernière était de 7 a 8.000
par bateaux. Malheureusement le poisson est plutôt petit que gros, et
il ne se vend que 7 fr. le mille. Eu égard au prix si élevé des rogues,
les bénéfices sont trop faibles pour que le pêcheur puisse s'en retirer.
»
L E F R E T . — On nous éçrit le 9 septembre :
«J'ai le plaisir d e vous signaler un acte de courage accompli par un
enfant de troupe du 19è de ligne, actuellement en vacances chez son père,
sous-officier en retraite au Fret.
« Notre héros se nomme Théodore - Constant Degageux : il n'a pas encore
14 ans.
« Hier matin, vers 9 heures, un enfant de 4 ans, nommé Christophe Messager,
fils du sous-brigadier des douanes, se trouvait près de la cale où il
s'amusait à pousser un bateau à flot, lorsqu'il perdit l'équilibre et
tomba à la mer, en ce moment très haute et très houleuse.
« Le pauvre petit ne tarda pas à disparaître.
« Mais le jeune Degageux, témoin de l'accident, se débarrassa vivement
de ses vêtements, et, sans perdre de vue l'endroit où l'enfant avait disparu,
s'élança courageusement à son secours au moment même où une énorme vague
ramenait la victime à la surface.
« L'enfant fut sauvé et remis sain et sauf, sur le quai, entre les bras
de son père qui accourait à son secours.
« Quant au sauveteur, il se déroba modestement aux félicitations des nombreux
voyageurs qui allaient s'embarquer.
« Sa conduite est au-dessus de tous éloges, et l'on doit espérer que l'on
saura récompenser dignement l'enfant de troupe Théodore-Constant Degageux
qui deviendra certainement dans la suite un brave soldat. »
Le Finistère 16 Septembre 1876
L E F R E T . — Ces jours derniers. Deux petites filles gardaient des
bestiaux. L'une de ces enfants - âgée de deux ans et demi seulement —
s'étant approchée d'une vache qui paissait, au moment où l'animal relevait
la tête, se trouva prise, par la robe dans les cornes, soulevée et promenée
pendant plus du cinq cents mètres. La robe, en se déchirant, laissa tomber
enfin la pauvre petite fille qui fut relevée sans la moindre blessure.
»
Le Finistère du 10 mai 1879
L E F R E T . — Nous avons à signaler un acte de courageux dévouement
qui fait le plus grand honneur à son auteur. Dimanche dernier, vers les
14 h. du matin, un habitant de l'Ile-Longue, Cornec (Guillaume), revenait
du Fret dans son embarcation avec deux jeunes gens : le jeune Théodore
Décageux [Degageux selon certaines retranscriptions NDLR], enfant de troupe
au 19ème de ligne, en vacances dans ce moment chez son père, et un autre
enfant de 13 à 14 ans. A trente mètres environ de terre, Cornec jeta l'ancre
; mais ses jambes étaient prises dans le câble, il fut entraîné et il
disparut. Il se passa là quelques secondes d'une terrible angoisse. Mais
le jeune Décageux, n'écoutant que son courage, se précipita tout habillé
au secours de Cornec qu'il eut le bonheur de pouvoir dégager et de ramener
à terre. Sans lui, Cornec était perdu. De tels actes portent en eux mêmes
leur éloge. Ajoutons que le jeune Décageux, est déjà titulaire d'une médaille
d'argent de 2° classe, pour avoir sauvé, à l'âge de 13 ans 1/2, au Fret
même, l'enfant du sous-brigadier des douanes qui était tombé à la mer.
Cette fois, il a opéré son second sauvetage dans des conditions bien plus
difficiles et bien plus périlleuses.
Le Finistère du 19 août 1879
L E F R E T . — On nous écrit le 20 septembre :
« Jeudi, dans l'après-midi, le jeune Décageux, enfant de troupe au 19ème
de ligne, en congé chez ses parents au Fret, et un de ses camarades, le
jeune Caroff (Félix), remarquèrent un mouvement inusité dans l'eau, non
loin du rivage. C'était un poisson de grande dimension et de forme étrange,
qui prenait là ses ébats. Les deux jeunes gens, chacun dans une embarcation
à la godille, s'approchèrent aussitôt de ce curieux spécimen de la gent
aquatique, et l'attaquèrent à coups de gaffe. Le poisson bientôt blessé,
plongeait, revenant à la surface à une certaine distance, recevait quelque
nouveau coup adroitement porté ; bref, au bout d'une demi-heure il était
capturé. Ce poisson, très rare dans nos parages, est du genre appelé Lune
; il tire son nom de sa forme qui est toute ronde. Celui péché jeudi dernier
au Fret, a près d'un mètre de diamètre. Il a été offert par MM. Décageux
et Caroff au Musée de la marine à Brest. »
Le Finistère du 24 septembre 1879
L E F R E T . — On nous écrit le 23 septembre :
« Avant hier, vers huit heures et demie du soir, le nommé Thomas, Joseph,
marin à bord du bateau de pêche Sainte-Hélène, de Morgat, patron Ganévot,
est tombé à la mer en voulant embarquer au quai du Fret. Malgré l'obscurité,
un courageux marin, nommé Daoulas, Bernard, se précipita sans calculer
le danger, au secours de l'infortuné. Mais la victime ayant enlacé son
sauveteur, tous deux étaient sur le point de périr, lorsque Daoulas fut
assez heureux pour saisir d'une main l'étrave du bateau, tandis que de
l'autre il soutenait le noyé. Le patron Canévet qui se trouvait à bord,
accourut au bruit, et parvint, non sans peine, à retirer les deux marins
exténués et près de succomber. »
Le Finistère du 27 septembre 1879
L E F R E T , 20 juin. — Hier, 19 juin,
vers 4 heures du soir, un enfant est tombé
à la mer qui était haute à ce moment ; il
disparaissait déjà, lorsque le sous-brigadier
des douanes, M. Danzé, se jeta à l'eau tout
habillé. Après des efforts inouïs, il réussit
à sauver l'enfant, qui était presque asphyxié.
M. Danzé a déjà une médaille de sauvetage.
— Quelques jours auparavant, le petit
Rolland, Joseph (2 ans), en jouant sur la
cale.
Dans l'eau se laissa choir.
L'instituteur, M. Prémel, voyant ce qui
se passait, accourut et, sans prononcer
aucune harangue, « il mit l'enfant à bord ».
D'où il appert que nos instituteurs d'aujourd'hui n'ont aucune ressemblance avec les
pédants du bon La Fontaine.
Le Finistère du 23 juin 1883
C R O Z O N . — Le 19 juillet dernier, un enfant de 8 ans, nommé Néron,
Michel, atteint depuis longtemps de troubles intellectuels, tombait dans
le port du Fret. Le sieur Danzé, Alain-Marie, sous-brigadier de douane,
témoin de cet accident, s'élança d'une hauteur d'environ 5 mètres au secours
de l'enfant. L'eau avait au moins trois mètres de profondeur et l'enfant
avait complètement disparu, lorsqu'il fut assez heureux pour le saisir
et pour le ramener sur le bord, avec l'aide de son brigadier. Nous sommes
heureux de porter à la connaissance du public cet acte de courage qui
honore son auteur.
Le Finistère du 25 juillet 1883
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