Les suicides à Brest

— L'Electeur du Finistère (26 avril 1873) annonce qu'un jeune officier d'une marine étrangère s'est tiré à la tête, vendredi, un coup de revolver. La balle a glissé sur l'os frontal ; mais on croit la blessure mortelle.

B R E S T : 1er mai 1873. Le bateau Marie-Augustine de Brest est entré vers quatre heures et demie du soir dans le port marchand, traînant à la remorque un cadavre recueilli sur l'eau près de terre, en face des Quatre-Pompes, Saint-Pierre-Quilbignon. Un grand nombre de personnes s'étant rassemblées, plusieurs d'entre elles malgré ses vêtements bourgeois l'ont reconnu pour être le nommé Joseph Carroussin, âgé de 47 ans, maître tailleur à la 1ère compagnie d'artillerie de marine à Brest. On ignore si cet homme s'est suicidé ou s'il est tombé à la mer accidentellement.

B R E S T : 22 janvier 1874. Vers 10 heures du matin, on trouvait pendu, derrière la porte de sa chambre, le nommé Henri Lairon, âgé de 47 ans, maître armurier en retraite, demeurant au premier étage de la maison numéro 10, rue Poulic-al-Hor. Resté veuf avec trois enfants en bas âge, Lairon aurait été poussé par la misère à cet acte de désespoir.

B R E S T : 1er mai 1874. Le nommé Soulsy, mécanicien à bord du steamer Horatio, du port de Newcastle, donnait depuis plusieurs jours des signes d'aliénation mentale. Dans un de ses accès, il avait cherché à faire sauter la machine du steamer ; à plusieurs reprises on avait dû l'empêcher de se jeter à la mer et on avait dû l'enfermer dans une cabine. Poursuivi par l'idée du suicide et privé de toute autre ressource, Soulsy s'est servi d'une ardoise pour se faire au cou une profonde blessure. Il a été relevé baignant dans son sang et conduit à l'hôpital civil de Brest. Le docteur Caroff, appelé sur les lieux, a déclaré que la blessure était mortelle.

B R E S T : 2 juillet 1874. Le nommé Moreau, Louis, âgé de 47 ans, demeurant rue de Traverse, 22, s'est précipité, vers onze heures du matin, du haut du pont qui relie Brest à Recouvrance, et est tombé sur le quai où il s'est tué sur le coup. On attribue ce suicide au désespoir où l'avait jeté la misère.

La Dépêche de Brest

B R E S T — Un jeune ouvrier calfat au port, âgé de 18 ans, s'est suicidé par strangulation. Sa mère lui avait refusé une petite somme d'argent et c'est par la suite de cette futile contrariété qu'il a accompli son funeste projet.

Le Finistère du 10 mars 1875.

— 12 septembre 1875. — Vers les 5 h. du matin, un capitaine du 2ème régiment d'infanterie de marine, nommé Bouvier, mettait fin à ses jours dans un petit bois situé entre la route de Gouesnou et la route de Guipavas. Le corps de cet officier, trouvé par un propriétaire, portait à la tête une blessure occasionnée par une balle qui, entrée au-dessous du menton, avait été se loger sous la voûte du crâne. Tout près de lui on a trouvé son manteau, sa pipe, et son revolver dont un seul coup, sur six, était déchargé. La cause de ce suicide n'est pas connue. Au premier moment, on a cru à quelque duel malheureux, et la justice, assure-t-on, avait commencé d'informer. L'examen de la blessure a révélé que la mort avait été volontaire. La cérémonie religieuse de l'enterrement de ce malheureux officier a eu lieu lundi matin. Tout le corps d'officiers, la musique de son régiment et de nombreux amis y assistaient. L'Electeur [ presse républicaine NDLR] cite encore deux autres cas de suicide qui se sont produits dans la même journée.

Le Finistère du 15 septembre 1875

B R E S T . — Samedi dernier, vers 5 heures du matin, le nommé Joseph Louis, âgé de 37 ans, quartier-maître de manœuvre, demeurant rue Traverse n° 2, s'est suicidé volontairement en buvant une forte dose de laudanum. Tous les remèdes employés par M. le docteur Baude, pour le rappeler à la vie, sont demeurés inutiles, et il a expiré vers 6 h 1/2.

Le Finistère du 19 février 1876

B R E S T . — Dimanche dernier, vers les 9 heures du soir, le nommé Coloque, Joseph, s'est jeté par sa croisée, rue Bugeaud, 45. Il a été transporté à l'hospice civil, où il est mort quelques heures après, des suites de la blessure qu'il s'est faite à la tête dans sa chute.

Le Finistère du 26 février 1876

« Le 7 juin 1876, vers 5 heures du soir, le nommé Kersimon, Jean-Marie, âgé do 38 ans, demeurant à Brest, rue de Paris, numéro 67, a été trouvé pondu à son domicile. Cette mort est purement volontaire et on l'attribue au chagrin causé à ce malheureux par la mort de sa femme. »

L'Océan

Le 17 juin 1876, le nommé Raguénès, François, ouvrier à la Villeneuve, demeurant à Saint-Pierre-Quilbignon, se rendant à son travail vers 4 h. 1/2 du matin, a aperçu suspendu à la branche d'un chêne, dans un champ du village de Kerléo, le corps d'un homme ; il a fait prévenir immédiatement l'autorité locale qui a fait enlever ce corps et il a été transporté à la mairie de Saint-Pierre où il a été reconnu pour le nommé Cardinal, Jean- Marie, âge de 50 ans, jardinier à Saint-Pierre- Quilbignon, lequel donnait depuis quelque temps des signes de dérangement d'esprit. Son suicide remontait à six jours.

L'Océan

B R E S T . — Vendredi matin, le nommé Gandin (Pierre), âgé de 66 ans, ouvrier cordier, demeurant à Kérinou, s'est suicidé, par strangulation, dans sa chambre.

Le Finistère du 21 juin 1876

B R E S T . — Lundi dernier, un réserviste de l'infanterie de marine fut victime d'un vol de 20 francs. Les soupçons planèrent sur un soldat de la 3è compagnie, nommé Goenner, qui, par mesure de précaution, fut mis à la prison de la caserne. Vers les 5 heures du soir, lorsque le caporal de garde fit porter la soupe aux prisonniers, on le trouva pendu et ne donnant plus signe de vie. Ce malheureux, pour exécuter sa funeste résolution, s'était servi d'une serviette qu'il avait nouée autour d'une poutre. Il avait 22 ans.

Le Finistère du 7 octobre 1876

B R E S T . — Nos confrères signalent également un singulier suicide... à la japonaise :
Une veuve Le Corre, née Kermarec, demeurant rue Armorique, s'est ouvert le ventre à l'aide d'un couteau et a mis ses entrailles à découvert. Les voisins, attirés par ses cris, ont fait chercher le médecin ; après avoir reçu les soins de M, Tersec, on l'a transportée d'urgence à l'hospice civil, où elle a succombé le lendemain.

Le Finistère du 8 juin 1878

B R E S T . — L'Union Républicaine du Finistère raconte que mercredi, vers deux heures de l'après-midi, un enseigne de vaisseau, M. P..., embarqué sur l'Alecton, en désarmement dans le port, s'est tiré volontairement un coup de revolver dans la tête. Cet officier a été immédiatement conduit à l'hôpital de la marine, accompagné par le médecin major de son bâtiment. Son état est grave.

Le Finistère le 11 septembre 1878

B R E S T . — Le nommé Billon, Jean, âgé de 50 ans, matelot à bord du Moustique, a, dans la matinée de mercredi dernier, attenté à ses jours en se portant un coup de rasoir à la gorge. Transporté à l'hôpital de la marine, dans l'après-midi, il a été constaté que la blessure était assez grave pour ne laisser que peu d'espoir de le sauver.

Le Finistère du 11 janvier 1879

B R E S T . — Jeudi le nommé Le Hir (Claude), maçon âgé de 64 ans, s'est suicidé par strangulation dans son domicile à Kérinou.

Le Finistère du 11 juin 1879

L A M B E Z E L L E C . — L'Union Républicaine rapporte que, le 25 juin, vers une heure de l'après midi, la femme Le Meur et sa fille se sont suicidées par strangulation dans leur domicile, situé route de Pontanézen en Lambézellec. Ces personnes qui exerçaient le métier de blanchisseuse, avaient été soupçonnées de vol ; c'est après la perquisition du commissaire de police qu'elles ont mis fin à leurs jours. La femme Le Meur était âgée de 62 ans et sa fille de 24 ans.
Notre confrère ajoute que l'intolérance cléricale a singulièrement compliqué cet événement douloureux. Le curé de Lambézellec a refusé d'accompagner ces malheureuses au champ du repos. On a eu cependant à Brest, à une époque qui n'est pas bien éloignée, la preuve que le clergé n'use pas toujours d'une égale rigueur envers les pauvres gens qui succombent à ces accès de désespoir, et il semble que, dans le cas particulier, c'eût été faire acte de charité que de ne pas abandonner ces femmes, étrangères à la commune et mortes sans famille pour leur fermer les yeux.
M. le curé de Lambézellec n'en a pas jugé ainsi. Mais voici ce à quoi son injustifiable intolérance a abouti : la population entière, voulant protester contre la conduite des prêtres, a fait aux victimes de superbes funérailles. Plus de 300 personnes ont accompagné les corps au cimetière. Les cercueils étaient couverts de fleurs, et portés par des femmes en toilette blanche. Enfin, devant la tombe, un des assistants a récité l'office des morts, auquel répondait la foule agenouillée.
Il parait que M. le curé de Lambézellec est aujourd'hui très peu satisfait de ses œuvres. Nous le comprenons. Ce n'est pas en servant ainsi la religion qu'on la rend aimable et qu'on la fait respecter.

Le Finistère du 2 juillet 1879

B R E S T . — Le nommé Hervé Joly, âgé de 32 ans, maçon, célibataire, demeurant rue Kéravel, a tenté de se suicider par strangulation à l'un des palis de clôture des jardins de Keroriou. Le jeune Grall, âgé de 12 ans, qui sortait de l'école avec plusieurs de ses camarades, a coupé la corde assez tôt pour permettre à Joly de se remettre sur pied.

Le Finistère du 18 février 1880

B R E S T . — On a retiré du 5ème bassin du Port de Commerce, le cadavre du nommé Yves Kerjean, âgé de 53 ans, retraité de la marine, demeurant à Kergorju.
Des constatations faites, il résulte que depuis quelques jours Kerjean ne paraissait pas jouir de la plénitude da ses facultés intellectuelles et qu'il s'est suicidé.
Kerjean laisse une veuve et un enfant.

Le Finistère du 3 mars 1880

B R E S T . — Mardi, vers dix heures du matin, le sieur Bloas, jardinier, a trouvé un homme pendu dans un chemin creux près de Kerinou. Il s'est empressé de couper la corde et de transporter le corps dans sa maison située à quelques pas de là. La mort n'était pas complète.
Les premiers soins ont été donnés par M. le Dr Anner, qui a fait transporter le malade à l'hospice civil.
A ce moment, l'identité de cet individu n'était pas encore établie.

Le Finistère du 13 mars 1880

B R E S T . — Dans la nuit de dimanche à lundi, un jeune matelot de la division s'est tiré deux coups de revolver dans la région du cœur. Cette tentative de suicide a eu lieu dans un champ, le long de la roule qui mène à Pontanézen. Après être resté plus d'une heure étendu sans secours, le malheureux s'est traîné jusqu'à la ville, où il a trouvé les moyens nécessaires pour être transporté à l'hôpital maritime. On ne sait quel mobile a pu porter ce jeune homme à cet acte de désespoir.

Le Finistère du 17 mars 1880

S A I N T - P I E R R E - Q U I L B I G N O N . - Une scène assez burlesque, mais qui a failli avoir un dénouement tragique, a eu lieu dimanche dernier au village de Rouinan. Le sieur X..., quartier-maitre en retraite, avait communié le matin et avait assisté à la grand'messe en compagnie de sa femme. Dans L'après-midi, cette dernière fut se promener ; le mari préféra fêter la dive bouteille et se grisa horriblement. Il a, paraît-il, le vin triste: vers 1es 4 heures de l'après-midi, il voulut se pendre à un arbre de la route; des voisins l'empêchèrent ; alors il monta chez lui, au premier étage, ouvrit la fenêtre et fit tous les préparatifs de son suicide.
Des jeunes gens qui passaient en ce moment voulurent intervenir, le sieur X... menaça de les frapper, étant, disait-il, chez lui et en état de légitime défense, il ferme d'ailleurs sa fenêtre, puis se plaçant devant une gravure de piété, et ayant allumé un morceau de cierge béni, il se passa la corde au cou et se pendit bel et bien.
N'entendant plus aucun bruit, une voisine se douta de ce qui se passait, elle entra dans la chambre ; le gaillard se balançait au bout de sa ficelle, avec une horrible grimace ; la voisine, sans perdre son sang-froid, coupa immédiatement la corde. Au bout d'un moment, le pendu revint à lui et ses premières paroles, furent celles-ci :
—J'avais pourtant fait les choses en bon chrétien !

Le Finistère du 7 avril 1880

B R E S T . — Le 11, à 3 heures du matin, la nommée Bouguen Marie-Charlotte, femme Labous, âgée de 64 ans, demeurant rue de la Fontaine, 21, s'est, sous l'empire d'un accès de folie alcoolique, précipitée par la fenêtre de son appartement situé au troisième étage. Relevée aussitôt, elle a été transportée à l'hospice. C'est la deuxième fois, depuis 18 mois, que cette femme se jette par sa fenêtre, se trouvant en pareil cas.

Le Finistère du 14 avril 1880

B R E S T . — Le 5 du courant, à 8 heures du soir, le nommé Yves-Victor Guillou, âgé de 32 ans, journalier à Brest, demeurant rue de l'Allée-Verte, 6, a été trouvé pendu dans sa chambre.
Cet homme laisse une veuve sans enfant.

Le Finistère du 19 juin 1880

L A M B E Z E L L E C. — Le 7 septembre, au village de Keranfurust, le nommé Gourvennec, Charles, Agé de 68 ans, s'est étranglé au moyen d'une corde passée à son cou par un nœud coulant et fixée à une poutre, à 1 mètre et demi seulement du sol.

Le Finistère du 15 septembre 1880

L A M B E Z E L L E C . — Un nouveau suicide par strangulation a été commis mercredi dernier à Stifellou en Lambézellec. Le nommé Creff, Arnoult, âgé de 57 ans, père de 5 enfants, a été trouvé pendu sous un hangar près de sa demeure. On attribue cet acte de désespoir à des chagrins de famille et a des embarras d'argent.

Le Finistère du 2 octobre 1880

B R E S T . — Une jeune femme s'est suicidée vendredi dernier, dans des circonstances restées mystérieuses jusqu'à présent. Elle est montée au troisième étage d'une maison contiguë à celle qu'elle habite et s'est jetée de cette hauteur considérable par une fenêtre dans la cour où elle a eu le crâne fracassé. Elle n'est pourtant pas morte sur le coup : mais les soins intelligents qui lui ont été prodigués par le docteur Anner, n'ont pu empêcher le dénouement fatal. Détail curieux à noter, le frère de cette jeune femme s'était lui aussi donné volontairement la mort il y a quelques années.

Le Finistère 2 février 1881

B R E S T. — Vendredi dernier, un adjudant de marine en retraite, nommé Marie, demeurant à Recouvrance, a été trouvé sans vie dans le cimetière de Brest, sur la tombe de sa femme, morte depuis dix ans. Il avait reçu une balle de revolver dans la bouche. Nul doute que ce ne soit là un suicide.

Le Finistère du 13 juillet 1881

S A I N T - P I E R R E - Q U I L B I G N O N . — Le nommé Kerdoncuff Jean-François, sergent réserviste, né à Dirinon, a été trouvé pendu mardi, à onze heures du matin, dans un petit chemin, aux environs de la Cavale-Blanche, à Saint-Pierre-Quilbignon. Il avait quitté le camp de Kervallou à 10 heures 1/2.
On ignore les raisons de son suicide.

Le Finistère du 10 septembre 1881

B R E S T . — Samedi, un soldat du 19è de ligne, nommé Bornnard. âgé de 22 ans, a été trouvé pendu dans un champ, sur le territoire de la commune de Saint-Pierre-Quilbignon. Il venait dépasser huit jours dans sa famille (qui habite la Seine-Inférieure), d'où il avait rapporté, dit-on, le chagrin qui l'a poussé au suicide.

Le Finistère du 7 avril 1883

L A M B E Z E L L E C . — La période des suicides n'est pas finie. Un nommé Le Gac, Gabriel, âgé de 54 ans, journalier à Lambézellec, a été trouvé pendu sur le bord d'un chemin de traverse qui conduit au village du Restic. Il avait été renvoyé, quelque temps auparavant, pour inconduite, de la brasserie Dubois et Gléau. Depuis ce temps il était sombre et sa femme l'avait entendu plusieurs fois manifester des idées de suicide, surtout lorsqu'il était ivre.
Encore un malheureux que la boisson a perdu.

Le Finistère du 1er septembre 1883

S A I N T  - P I E R R E  - Q U I L B I G N O N : 23 février 1884. Le nommé Jean-Pierre Le Calvez, cordonnier à Brest, a tenté de se suicider, samedi dernier. François Pellé, meunier au village de la Grande-Rivière, raconte qu'étant occupé à couper des ajoncs au bas de la grève de Pouricmaot, son attention fut attirée par un individu qui se promenait de long en large sur la route bordant la grève ; par moment cet homme s'appuyait sur le talus au-dessus de la mer qu'il regardait d'un air égaré. A un instant donné, il s'assit sur le talus, qui domine les roches de la grève de 16 à 18 mètres, et, se précipitant dans le vide, tomba sur les rochers qui étaient à découvert, la marée étant basse. L'état de ce malheureux est des plus graves ; il porte une large blessure au front et son corps est couvert de contusions. On attribue sa tentative de suicide à un désordre de facultés mentales produit par l'habitude de la boisson.

B R E S T : 9 avril 1884. Il y a quelque temps, nous racontions les péripéties du suicide d'un individu qui s'était précipité du haut du pont National à Brest. Il vient d'avoir un imitateur. Samedi dernier, Caugant Frédéric-Émile, porte-faix, âgé de 25 ans, a exécuté le même saut, tombant sur le Quai Tourville, où il s'est fracturé le crâne. La mort a été instantanée. On ignore complètement les motifs de ce suicide, bien que ce jeune homme eût, depuis quelques jours, manifesté l'intention de se détruire

B R E S T : Le nommé Edouard Dondot, fumiste, âgé de 28 ans, demeurant à Brest, rue Traverse n° 39, s'est suicidé dimanche dernier, 20 avril 1884. Il était autrefois associé, pour son commerce, avec un nommé Née, décédé au mois de février dernier, et dont la veuve habitait avec lui. Dimanche soir, au milieu de son souper, il se leva brusquement, alla à son armoire placée derrière la veuve Née, y prit un revolver, s'en tira un coup à la tempe droite et tomba foudroyé. Transporté à l'hôpital civil, il ne mourut cependant que lundi matin à 7 h. 1/2. Ce malheureux, qui laisse une veuve et deux enfants en bas âge, voyait ses affaires décliner depuis la mort de son associé, et on suppose que c'est un embarras commercial qui l'a poussé à son acte de désespoir.

B R E S T : Le nommé Henri Henry, cordonnier, âgé de 36 ans, s'est noyé, le 9 juin 1884, dans la rade du port de comerce ; sa mort est attribuée à la boisson.

S A I N T  - P I E R R E  - Q U I L B I G N O N : On a trouvé, le 31 octobre 1884, pendu dans un champ, près du village de Bégavel, en Saint-Pierre, le nommé Olivier Bernicot, âgé de 57 ans, retraité du port de Brest. Ce suicide est attribué à un chagrin de famille.

B R E S T : 14 février 1885. On écrit de Brest qu'un enfant de 15 ans, apprenti charron dans un atelier de Saint-Marc, s'est pendu dans un champ voisin de la maison de son père. Ouel motif a pu, si jeune, le pousser à cet acte de désespoir ?

B R E S T : 30 mai 1885. — SUICIDE. — M. Maréchal lieutenant d'infanterie de marine, revenant du Tonkin çomme convalescent, s'est brûlé la cervelle à l'hôtel de la Bourse. On ignore la cause de ce suicide.

B R E S T : Un jeune marin de 20 ans, Simon Henri, de Brasparts, engagé volontaire depuis le 20 février dernier, s'est pendu le mardi 9 mars 1886, dans un champ situé en la commune de St-Marc. On ignore complètement le motif de cet acte de désespoir.

B R E S T : Le 22 avril 1887, vers dix heures et demie du soir, une jeune fille blonde, proprement vêtue, âgée de 13 ans environ, tentait de se suicider en se précipitant à la mer du haut du pont Gueydon.Presque immédiatement elle était retirée de l'eau par un marin. Soutenue par deux hommes, elle fut conduite au poste du port pour y recevoir les soins que nécessitait son état. Pendant le trajet, elle refusa de donner son nom et son adresse, mais elle dit qu'on avait eu tort de la sauver : plus tard elle recommencera. Elle se serait précipitée du haut du grand pont : mais se voyant poursuivie par un marin, elle descendit sur le petit pont pour exécuter son triste projet.

B R E S T : Le nommé Le Douarai, Louis-Marie, dit Télégraphe, portefaix demeurant à Brest, rue Keravel, a tenté de se suicider mercredi 18 janvier 1888 , vers 10 heures du matin, en se jetant à l'eau de la passerelle placée sous le pont de Recouvrance. Retiré de l'eau par deux marins vétérans, il fut transporté, sans connaissance, à l'hospice civil, par les soins de la Gendarmerie, le commissaire de police ayant refusé de s'en occuper. Cet homme, qui a souvent des attaques de nerfs lorsqu'il est pris de boisson, était, paraît-il, en état d'ivresse lorsqu'il s'est jeté à l'eau.

B R E S T : Mercredi 14 novembre 1888 soir, sur la ligne du chemin de fer, à 500 mètres de la gare du Rody, le mécanicien du train qui arrive à 6h46, s'apercevait qu'un homme était couché sur la voie. Il prit aussitôt les mesures voulues pour arrêter le train, mais l'accident à craindre était déjà arrivé. Quand les employés du train furent à terre, ils trouvèrent un cadavre affreusement mutilé, le bras droit complètement séparé du tronc, la tête broyée. Le cadavre a été transporté à la gare du Rody. C'est celui du nommé Romeur Alain, âgé de 39 ans, demeurant à Lambézellec.

L'Union monarchique du Finistère

Suicide — Encore un suicide ! Le nommé Pape (Bernard), âgé de vingt-six ans, peintre, demeurant rue Graveran, 27, a été trouvé, avant-hier 15 juillet 1889, vers neuf heures du soir, pendu, dans son domicile. Ce malheureux s'était servi de sa cravate pour attenter à ses jours. Depuis quelque temps, Pape, qui, d'ailleurs, avait des habitudes d'intempérance, ne vivait plus avec sa femme. On attribue donc ce suicide au chagrin.

La Dépêche de Brest

Les suicides brestois sont le fait de méthodes parfois différentes de ce que le milieu rural telle que la presqu'île de Crozon propose. Les supposés motifs sont cependant très similaires : problèmes psychiatriques et désespoir matériel pour ne pas aller jusqu'à la mendicité… probablement, car en matière de souffrances et misères humaines, les nuances sont infinies. Dans les milieux militaires le révolver reste de mise.

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