Si Brest est un port de commerce des marchandises, le transport d'humains est aussi une activité fréquente entre les déportés et les colons libres qu'il faut faire naviguer au lointain.
Une rumeur persistante de 1872/73 change la destination des femmes déportées
suites aux évènements de la Commune.
Les îles Marquises devaient recevoir des femmes condamnées mais les naturels
[nom donné aux autochtones] seraient attirés par les femmes blanches dans
le but de les manger. L'anthropophagie n'étant pas une condamnation judiciaire
reconnue en métropole, les condamnées sont refoulées dans une autre colonie.
Le 22 janvier 1872, ce sont 601 fédérés qui devaient faire la traversée.
Parmi eux 24 femmes. Le convoi est alors redestiné à la Nouvelle-Calédonie.
60 émigrants volontaires de Brest embarquent pour Bordeaux puis la Nouvelle-Calédonie en tant que colons libres le 21 février 1873.
L'administration de l'assistance publique de Brest habituée à des placements
en presqu'île
de Crozon ne se contente plus de cette méthode pour se défaire des
orphelins à sa charge, le 2 août 1873 celle-ci envoie une "cargaison de
filles nouvellement majeures" bonnes à marier en Nouvelle-Calédonie. Traversée
gratuite en frégate à voiles.
De nombreux enfants, adolescents, jeunes adultes, orphelins venant de Brest sont placés chez des nourrices, des familles, dans les fermes des hameaux isolés de la presqu'ile de Crozon. Certains survivent et s'installent souvent comme journaliers. La mortalité y est cependant élevée, quant aux disparitions, elles restent inexpliquées. L'Eglise s'en inquiète mais l'administration n'agit pas.
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