La précarité en presqu'île de Crozon

DOSSIER LE TELEGRAMME - presse numérique
- Décode la Bretagne -
Comment vivent-ils leur précarité en presqu’île de Crozon ?

La presqu’île de Crozon renvoie souvent une image cossue avec ses belles demeures. Pourtant une autre réalité s’y terre, moins clinquante. Celle de ceux qui vivent dans une grande précarité, renforcée par le manque de logement, de transports en commun, de médecins, d’opportunité de travail, mais aussi, par manque de lien social. Rencontre avec celles et ceux qui subissent ces différentes formes de précarité.
Le 31 décembre 2025 à 16h14

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« Mes enfants comprennent que la vie, ce n’est pas facile » : à Crozon, cette famille n’échappe pas à la précarité.

É. se bat contre sa propre maladie, celle de son mari, et contre la précarité. Avec 1 400 € mensuels pour le couple et leurs cinq enfants, la mère de famille éprouve une vulnérabilité physique et financière, mais fait aussi preuve d’un véritable dépassement de soi.
Par Elise Le Mer. Le 28 décembre 2025 à 18h00

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« J’ai mis quatre ans et demi » : comment cette quinquagénaire a surmonté la précarité du logement en presqu’île de Crozon ?

À quelques encablures des belles demeures aux volets clos, certains Crozonnais endurent l’habitat précaire. Pugnace, S. R. a mis quatre ans et demi pour trouver un logement acceptable.
Par Yann Le Gall. Le 29 décembre 2025 à 17h00


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Précarité à Crozon : « Ici, sans permis, tu ne peux pas aller d’un endroit à un autre.»

Maria, trentenaire qui a trouvé un emploi à Crozon, se heurte à des problèmes de mobilité pour se rendre au travail. Une galère quotidienne pour cette mère de famille.
Par Marina Chélin. Le 30 décembre 2025 à 18h00

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« Je suis resté sept mois tout seul dans un état lamentable » : à Crozon, B. confronté à l’isolement affectif.

La précarité peut parfois se traduire par de l’instabilité affective et psychologique. C’est ce que vit B., sur la presqu’île depuis quatre ans. Un campement de fortune sur le GR34.
Par Elise Le Mer. Le 01 janvier 2026 à 18h00

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Dossier surprise dans la presse numérique locale publié en fin d'année 2025 juste avant le réveillon du nouvel an et son champagne festif, à la fin des mandatures municipales en cours : la précarité en Presqu'île de Crozon. Une presse de rond-point, de résultats sportifs et de faits-divers, qui lisse les angles jusqu'aux arrondis les plus affadis, reflète "enfin" la réalité de la vie en presqu'île de Crozon. La presqu'île des "Tout va bien" vs la presqu'île des "Tout va mal". La beauté sauvage, les bleus de mer contre la souffrance du désespoir, les bleus à l'âme voire au corps. L'aisance et la bienséance versus la difficulté et la pauvreté perpétuelle. Deux univers parallèles qui ne se côtoient pas tant ils sont étrangers. Les uns dans les villas de bord de mer, les autres dans les caravanes de fourré en rase campagne avec les bêtes sauvages… Un abîme entretenu par les municipalités successives qui investissent dans les apparats et les apparences… La pauvreté est confiée aux services sociaux et aux organismes humanitaires qui évitent le pire mais qui sont dans l'incapacité de suppléer à tous les manques. Au comptage des dépenses municipales allouées aux "Tout va bien" et celles dédiées aux "Tout va mal", les uns profitent d'un confort de vie à la hausse, les autres subissent l'enfermement de l'aide sociale souvent à vie. Pauvres et enfants de pauvres pour peu que ces derniers n'aient pas l'arithmétique ou la littérature pour passions scolaires permettant des études en d'autres lieux, sont contraints pour les plus avisés d'accepter des emplois peu qualifiés saisonniers. Juste de quoi mettre du beurre dans les pâtes durant l'été. L'hiver, dans des logements, si logements il y a, se passe lentement, isolément, dans une grande humidité ambiante par manque de chauffage. L'alcool fait semblant d'être gai.

Parmi les invraisemblances prétendument utiles : la communauté de communes avait envisagé une subvention à l'achat d'un vélo pour une mobilité verte, tant de pistes cyclables écologiques sont ouvertes à grands renforts de financements ; les technocrates locaux roulant en voiture, ils ignorent la ténacité des bosses presqu'îliennes à user les ménisques. Le vélo est un art sportif pour les biens nourris. Autre plaisanterie : des stations de vélo en location en libre-service très tendance. 245 000€ pour un flop monumental tant les sévères dégradations rendaient le matériel inutilisable sans oublier les vols. Pendant ce temps, des pauvres se demandent comment se déplacer ? le temps de la vie à la ferme 24/24h n'est plus d'actualité. L'emploi très hypothétique nécessite un déplacement.

Des sommes importantes sont parfois consacrées à l'achat de réserves foncières sans projet qui se dévaluent à vue d'œil par manque d'entretien, par contre l'investissement communal pour un plan emploi est inexistant. Pire, des élus considèrent qu'il n'est pas dans le périmètre des responsabilités municipales que d'organiser les conditions de l'emploi dans une commune. Si par le passé, le plein-emploi étant la norme, l'emploi n'était pas du ressort d'une municipalité, dorénavant avec cette pauvreté grandissante, il est du devoir du maire de croiser les besoins des personnes isolées avec ceux des personnes en disponibilité pour créer une dynamique de services et de liens sociaux. L'indifférence envers la précarité de la part des édiles fait glisser lentement mais sûrement la presqu'île de Crozon vers une délinquance rampante avec la drogue pour fleuron ordinaire.

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