Manoeuvres du 19ème RI

21 novembre 1874
B r e s t . — Le 19 de ligne a simulé, la semaine dernière, une opération militaire qui n'est pas sans intérêt :
Brest est menacé d'un investissement par terre ; l'ennemi le contourne et s'étend déjà jusqu'à Bohars; mais la campagne est encore libre jusqu'aux environs de Guipavas. Le commandant militaire de Brest, voulant augmenter les approvisionnements de la place, envoie réquisitionner les vivres, bestiaux, fourrages, etc., qui peuvent encore exister dans les campagnes sur la route de Guipavas. L'ennemi a connaissance de cette opération. Il attaque l'escorte du convoi près du Petit-Paris : combat acharné à la suite duquel le convoi de provisions rentre à Brest. Ces opérations de guerre simulée, en même temps qu'elles constituent un excellent exercice pour le soldat, sont à la fois instructives et intéressantes pour le corps des officiers. Nous ne pouvons qu'approuver le zèle et la constance que tous déploient dans l'instruction militaire, si nécessaire à la patrie.

28 novembre 1874
B r e s t . — Le 19ème de ligne a exécuté une nouvelle manœuvre dont voici le détail, rapporté d'après L'Electeur : l'ennemi est établi à Guipavas, il a envoyé un bataillon en avant qui a pris position sur un plateau qui commande les roules de Brest à Guipavas et à Kerhuon. Craignant que les défenseurs de Brest ne se portent en avant par le chemin de fer, le commandant ennemi fait donner ordre au bataillon avancé de détruire la voie entre le Relecq et le Moulin-Blanc, Mais le commandant de la place, renseigné sur les mouvements de l'ennemi envoie, sur la ligne, des forces qui, au moment où il va opérer la destruction de la voie, le surprennent, le repoussent et finissent par occuper ses positions. Pendant ce temps, une colonne sortie de Brest, attaque le gros des forces ennemies établi à Guipavas et le rejette sur Gouesnou. D'où il s'en suit que l'ennemi qui voulait occuper la voie ferrée et la détruire se trouve repoussé au-delà de ses bases d'opérations.

Le Finistère.

Dans la région brestoise les manœuvres militaires furent communes et pour le moins distractives sous le regard d'une population qui participait à des réjouissances, souvent à la fin des mouvements de troupes pas toujours compréhensibles pour les béotiens et parfois pas davantage pour les commandements militaires qui arrondissaient les angles des rapports militaires jusqu'à les rendre parfaitement circulaires… Le 19ème régiment d'infanterie surnommé le régiment des Brestois œuvrait aussi en presqu'île de Crozon.

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