Sauvetage en mer - SNSM station de Camaret-sur-Mer

Canot en bois "Vice-amiral-Lacaze" construit par Augustin Normand en 1956. L 13,60 m,  l 3,96 m de large pour13,6 t. Deux moteurs de 140 CV pour 10 nœuds. Après une rénovation 1980 et avoir servi à Ouistreham et aux Sables-d'Olonne, il remplace en 1986 le "Taï 3". Désarmé en 1987 suite à une avarie lors d'une intervention. Rénové en 2014 par les bénévoles de la SNSM, il est devenu un élément du patrimoine du sauvetage maritime.

La SNSM à l'honneur lors de la bénédiction de la mer à Camaret-sur-Mer le 1er dimanche de septembre. Le canot de sauvetage est le "Notre Dame de Rocamadour".

SNS 061 : canot tous temps construit en 1986. Longueur 17.60 m. Largeur 4.40 m. Puissance moteur 2 x 250 kw Volvo TAMD 121 C.

Semi-rigide Zodiac Milpro SRA de 7,40 m SNS 723 équipé d'un twin Mercury 150 #SeaPro (2 fois 150 cv). Affectation fin janvier 2020. Intervention rapide proche des côtes, des récifs... Le semi-rigide utilise un ponton flottant permettant une mise en cale sèche ou une remise à l'eau rapide grâce aux moteurs de l'embarcation.

A la demande du maire de Camaret-sur-Mer, Stanislas Billoquet, le port réputé de relâche est pourvu de son premier canot de sauvetage en 1843. Une embarcation à rames pour huit marins entreposée dans un baraquement au Styvel attend les alertes.

L'admistration a pris en charge le mise en place mais sont à charge de la municipalité les dédommagements des marins et l'entretien du matériel. Le financement est prévu par la perception d'un défraiement d'intervention sur les navires à marchandises dont la valeur fera la référence tarifaire. Des avantages en nature et l'exemption du service militaire pour les sauveteurs sont promis. Cet entretien s'avère insurmontable, le canot est en piteux état, l'expérience est abandonnée. Les marins ont l'habitude du sauvetage en mer avec leurs propres bateaux de pêche.

La Société Centrale de Sauvetage des Naufragés prend forme à Paris en 1865 sous la houlette de l'Amiral Rigault de Genouilly. Les côtes françaises font l'objet d'une expertise et Camaret-sur-Mer est retenu comme poste de secours en mer. Un budget de 6000fr est alloué pour construire une remise en dur aux allures de maison provençale avec ses tuiles rouges qui détonnent. Le chantier est exécuté en marge du quartier du Styvel en bord de mer.

Le canot de sauvetage « Edouard Hollandre » entre en service le 8 février 1867. La longue barque qui ressemble à une baleinière est entreposée en permanence sur son chariot dans l'abri. En cas d'alerte, il faut réunir les sauveteurs et la « population » pour faire rouler l'équipement sur les galets de la plage, une épreuve harassante qui ne fait que retarder les secours. Une cale est enfin construite en 1882 mais à l'extrémité opposée du sillon. Le canot descend désormais sur une pente pavée sur son chariot dédié. Un nouvel abri est construit.

Un canot insubmersible succède au premier canot "Edouard Hollandre" en service de 1867 à 1899. Le chariot est immergé pour que le canot de sauvetage "Comte et Comtesse du Dognon*" (1900-1917) et son équipage prêt à ramer, flotte avant de naviguer vers le large. Suit le "Saint François" (1918-1922).

La première guerre mondiale engendre la réquisition du sillon par l'armée pour l'installation d'une base d'hydravion, la CAM 59. L'abri est détruit et reconstruit après guerre.

Le tout nouveau canot de sauvetage venu du Salon Nautique de Paris où il fut exposé en grande pompe, arrive par train à la gare de Brest le 8 janvier 1929. Le lendemain, une locomotive de l'Arsenal vient chercher le navire qui se retrouve à l'eau rapidement pour être remis à la Société centrale de Secours aux Naufragés de Camaret-sur-Mer. Le précédent canot « Amiral Rivet » (1922 - 1929) est défraîchi et navigue à la rame, cette fois la motorisation remplace avantageusement l'action humaine. Le « Taï  » de 11m est propulsé par deux moteurs de 14 et 16CV qui le mènent à 8 nœuds au mieux.

Avant même son baptême, le tout nouveau « Taï » est amené à porter secours à un hydravion Goliath en Mars 1929. L'hydravion qui faisait la liaison Cherbourg Hourtin amérit en urgence au Cap de la Chèvre pour cause de panne du moteur. Il est repéré par le sémaphore qui tonne et lance sa sirène et ainsi les autorités maritimes Brestoises et Camarétoises sont prévenues. Le « Taï » navigue à son secours conjointement avec les avisos « Aisne », « Vauquois » et le chasseur 97. Le canot de sauvetage à pour mission de venir en aide aux pilotes en naviguant au plus près de l'hydravion pour éviter qu'il ne se fracasse sur les rochers de la falaise. Le « Vauquois » ramène le Goliath en remorquage à Brest.

Le baptême a enfin lieu le 4 août 1929. Les vapeurs Brestois ont apporté un flot de touristes et curieux, la cale est bondée. Le sillon est chaleureusement encombré d'une kermesse enjouée depuis 10 heures le matin. Le poète Saint Pol Roux, lit un poème spécialement rédigé pour l'occasion, l'abbé Bossenec bénit l’embarcation, à 16h le chariot de guidage motorisé (une première) lâche le navire dans l'eau du port. La Marseillaise est entonnée, un vin d'honneur est servi. Le patron René Morvan est ému, son second Pierre le Bris et le premier mécanicien Norbert Souffert le sont tout autant. Le canot sera en service jusqu'en 1956 avant d'être remis à Palavas sous le nom de « Vice-amiral Duperré ».

L'aventure du « Taï » est financée par Mlle Arlyette de Baillardel de Lorenty-Tholozan (1892-1954), fille de député, aristocrate, dont le frère, officier d'aviation, est mort lors d'un essai d'un avion prototype en 1916. Cette femme s'est engagée comme infirmière bénévole et donne de sa personne sur les fronts de l'Europe, du Moyen-Orient et de l'Extrême Orient d'où elle retient le mot « Taï » « Suprême » – c'est aussi un poisson asiatique. Elle est décorée de la médaille d'honneur des épidémies et de la croix de guerre en 1918 et faite chevalier de la légion d'honneur en 1921. La généreuse donatrice offre une de ses demeures, le château de Ribécourt, au Ministère des anciens combattants afin de créer un hospice pour les mutilés de guerre. Sa dernière propriété, le château de Pont-Piétin, fut acquise post-mortem par la région et transformé en hôpital psychiatrique.

Le canot "Taï" est remplacé par le "Taï II" (1954-1959 construit en 1932) puis le "Taï III" (1960-1984 construit en 1960).

Le sauvetage en mer a depuis bien longtemps été une nécessité de solidarité organisée autour de chaloupes quittant le sillon de Camaret-sur-Mer pour aller secourir les naufragés de toutes nationalités sans distinction aucune. L'activité portuaire de Camaret, par le passé, était telle qu'il avait fallu se prémunir des accidents, des perditions et des naufrages. Plusieurs patrons de canots de sauvetage ont reçu la croix de la légion d'honneur : Pierre Meilard, René Morvan, Bernard Le Meil, Victor Kerspern, Joseph Pénec...

Aujourd'hui, la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) agit de la sorte bénévolement avec un équipement en complète évolution pour se porter au secours dans de meilleures conditions de sécurité et ceci toujours plus rapidement.

* Berceau de la famille du Dognon, commune du Châtenet-en-Dognon, canton de Saint-Léonard, arrondissement de Limoges, Haute-Vienne. La seigneurie du Dognon fut cédée, en 1374, par le comte de la Marche Jean de Bourbon à son frère Jacques qui la vendit à Audoin Chauveron, prévôt de Paris. Elle passa ensuite aux d'Aubusson, puis aux Foucaud qui la firent ériger en comté au 17ème siècle.


Camaret. — La tempête a fait, depuis une huitaine, force dégâts sur nos côtes. Mercredi, 13 du courant, le lougre Auguste- Anaïs, de Nantes, mouillé en rade de Camaret, perdit une de ses ancres, mais étala sur l'autre. Le lendemain, le temps étant moins mauvais, il essayait de rentrer dans le port pour s'y abriter, quand manquant à virer, il fit loff pour loff. En venant au vent, la grande vergue cassa. Il essaya quand même de faire route sous son foc et sa misaine, mais le navire ne gouverne plus, i1 faut mouiller, l'ancre chasse, l'équipage ainsi que quelques camarades qui étaient allés lui donner un coup de main n'ont que le temps de s'embarquer dans les canots. Le capitaine attrape son rôle d'équipage et tout le monde court au large, il n'est que temps, on est presque dans les brisants, encore dix minutes et le navire va toucher et sera brisé. Soudain il fait tête, l'ancre a rencontré une bonne tenue, il étale, et comme il y a flot, M. Mazé, notre commissaire, sur la demande du capitaine, a le temps de faire préparer une ancre et un grelin, et le navire est sauvé avec sa cargaison.

Vendredi 15, c'était le tour de la goélette Nouvelle-Marie-Anna, du port de Nantes, capitaine Callibourdin, qui comme l'Auguste-Anaïs avait deux jours plus tôt perdu une ancre. Elle était aussi mouillée près de Camaret. Vers trois heures après-midi la goélette, chassant sur ses ancres, mettait son pavillon en berne. La tempête était affreuse et la mer démontée. Le patron du bateau de sauvetage était en veille, il fit immédiatement mettre le bateau à la mer et un quart d'heure après il était le long de la Nouvelle-Marie-Anna ; le capitaine lui donna une aussière pour l'amarrer sur une des bouées de sauvetage mouillées en rade, mais le navire chassait quand même. M. le Commissaire ne perdant pas de temps faisait, par les soins de M. Le Goff, appel aux faibles ressources du pays et envoyait un bateau de pêche porter à bord de la Nouvelle-Marie-Anna, un long grelin et une ancre passable (la seule que l'on eut pu se procurer). Ancre et câble arrivaient à point.

Le capitaine Callibourdin, remercia chaleureusement ses sauveteurs. Ceux-ci n'avaient que le temps de regagner la terre avant la nuit ; ils n'y parvinrent qu'après des efforts inouïs ; leur grand mât cassa, il fallut mouiller et le remplacer par le mât de misaine qui a bien tenu : mais que d'efforts et de peine !

Cela n'empêcha pas ce même bateau, patron Lehir, Eugène, avec cinq autres braves garçons comme lui, de retourner en pleine nuit à bord d'un brick en détresse pour y porter un grelin, — encore fourni par M. Le Goff, Arthur. On croyait alors tous les navires en sûreté ; mais la tempête n'avait pas dit son dernier mot, il lui fallait une proie. Hier matin, vers cinq heures, dans un grain, la Nouvelle-Marie-Anna, chassait encore sur son ancre, puis son câble cassait, et le navire allait fait côte dans l'anse de Trez-Rouz, pointe Sainte-Barbe. baie de Camaret. L'équipage a, sur les instances du garde- maritime qui se trouvait à la côte, attendu que la mer descendit avant de gager la terre. Le navire parait être très endommagé.

l'Union agricole du 17 octobre 1886.

La société centrale de sauvetage des naufragés dépêche :
« Camaret, 13 octobre 1886. — Tempête d'une violence extrême, mer énorme. Canot de la société centrale sorti et rentré au port avec neuf hommes formant les équipages de deux embarcations de pèche et du lougre le Torpilleur. »

°°°

Pointe de Pen-Hir Manoir de Saint Pol Roux Phare du Toulinguet Tour Vauban Sillon Alignements de Lagatjar et plus... Eglise Saint Rémi Chapelle ND de Rocamadour Chapelle de Saint Julien Calvaires Pointe du Grand Gouin - du Couvent Presbytère Cimetière de bateau Grue à mâter d'armement Etang de Prat ar Pont & submersions Quais Quartier du Stivel Sauvetage en mer Slipway Béziers conserverie Conserverie Caradec Cabanes noires de coaltar Chantier naval Pressage des piles de sardines Grand Magasin Port de plaisance Fresque murale Sevellec Henriot Villas de la Montagne – des artistes Hôtels "historiques" In hoc signo vinces Maison d'armateur et des mareyeurs Place St Thomas Moulin à vent Pont du Kerloc'h Abattoir Abri du marin Arche de Camaret La vague artistique 19-20ème Auberge de jeunesse Fontaines Salle de Venise Station service Purfina Limites communales Histoires de rues Chez Mémé Germaine Inscription maritime Communauté de femmes religieuses ou sorcières Bénédiction de la mer Borne 1000km GR34 Ecoles Louis-Auguste Téphany Ponceau du Corréjou Incendie d'un magasin Venelle Tannerie au cachou Club Léo Lagrange Plage du Veryac'h

°°°

Défense militaire Géologie

Pages récentes : Description d'un foudroiement survenu au 19ème siècle • Agression au couteauDisparition volontaireTremblements de terreItinéraire du conseil de révision • Travail des enfants : domestiques à la ferme • Les chevaux en recensement • Les loups, le retour ? • Suicides en presqu'île de Crozon • Salle de bal • Histoires de naufragesAccident mortel en Crozon • Conséquences d'une pluviométrie exceptionnelle • Incendie de chandelle • Les mendiants • Brousmiche décrit la misère de la presqu'île de CrozonSDIS : de la première pompe à bras à la première pierre • Le 60e RI à Quélern • + 2 manoirs en Crozon • Un point d'inondation naturelleBassins tampons • André Antoine, les artistes de Camaret par Georges G. Toudouze • Remonter de Camaret-sur-Mer comme à Paris • Poste de relèvementCrochet de façade • Travaux du Relais des pêcheurs une saucée ! • Vélos électriques en libre-service : flop • Hôtel Gradlon en Telgruc • Urbanisation du littoral 1970PRECARITECimetière de Telgruc • Bureau d'octroi de Crozon • Les unités de la Luftwaffe présentent en presqu'île de Crozon • Plage du PortzicRégate voiliers modèles-réduitsToul & TrouPiste cyclable en milieu urbain : dangers déplacés • L'état des lieux de Cambry • L'île de l'Aber selon la PylaieL'île de l'AberEpave sur terrain privé



°°°

© 2012-2026