Exercice de l'escadre mobile de la marine française

B R E S T. — Onze torpilleurs de la défense mobile de Brest prendront part aux essais de mobilisation qui auront lieu dans ce port du 23 au 25 juillet 1889 prochain. A ces torpilleurs seront adjoints quatre autres torpilleurs de 1ère classe fournis par Lorient et Rochefort. Le cuirassé Tempête embarquera un mois de vivres et d'approvisionnements pour les besoins de ces quinze torpilleurs. Les essais de mobilisation au port de Brest auront lieu, après les simulacres d'attaque et de défense de Cherbourg, d'un côté par l'escadre du Nord et de l'autre par la défense mobile de ce port. Après les évolutions d'ensemble dans la Manche, l'escadre cuirassée du Nord viendrait attaquer le port de Brest, dont la défense serait, assurée par douze cuirassés et croiseurs et par les quinze torpilleurs de la défense mobile. Les forts et les batteries de la côte seraient, au premier ordre, munis de troupes et de marins placés sous le commandement d'officiers de marine ou de troupes, suivant le cas. La défense du port de Brest serait confiée, évidemment, au vice-amiral préfet maritime, secondé par le contre-amiral major de la flotte, lequel prendrait le commandement supérieur des forces navales appelées à repousser les attaques de l'escadre cuirassée du Nord.

L'Union monarchique du Finistère

La défense mobile regroupait des navires de guerre rapides affectés à tous les ports métropolitains et coloniaux de la marine française. Essentiellement des torpilleurs de gabarit modeste. Leurs missions consistaient à être disponibles sur zone dans les meilleurs délais en attendant l'escadre de la région militaire en cas de conflit. Les Brestois mais aussi les habitants de la presqu'île de Crozon assistèrent à des exercices de marine durant des siècles car si la rade de Brest est une protection naturelle contre l'ennemi, elle s'expose à un blocus que les Anglais avaient largement entretenu à plusieurs reprises. Les exercices consistaient à des tentatives d'intrusion par le Goulet de Brest empêchées par des interventions de torpilleurs pour couler l'ennemi mais aussi par des tirs de batteries de côte. Si les blocus ont eut un certain effet sur la vie brestoise, il n'y eut aucune intrusion ennemie significative dans la rade envers le port militaire de Brest en dehors de l'occupation allemande de 1940 à 1944. Les Allemands ont eut aussi usé de moyens de défense dissuasif pour empêcher les incursions alliées. Batteries de côte, batteries lance-torpilles, brouillard artificiel, etc. Quoiqu'il en soit, l'exercice s'achevait par des rapports d'efficacité dans lesquels on pouvait rarement lire les insuffisances tactiques ou matérielles. L'affaire des téléphones en fut sans doute le point culminant... L'intendance réclame du charbon et de la nourriture embarquée, grossistes, transporteurs et commerçants faisaient leur beurre à chaque manœuvre... Au retour des exercices, les marins à terre éclusaient des alccols et retroussaient les filles des trottoirs et des nombreuses maisons closes, le quartier des Sept-Saints en était le sanctuaire, nouvelles retombées économiques...

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