B R E S T, 28 septembre 1874. — Vers onze heures du matin,
Jacopin, Marie-Anne, âgée de 68 ans, cultivatrice au village de Kergoalen
en Plebennec, traversait la roule qui longe la place de la Liberté. A
ce moment passait une charrette à quatre roues conduite au pas par Guégantou,
Jean-Marie, charretier au service de MM. Dubois et Le Gléau brasseurs
à Lambézellec. Malgré les avertissements du cocher, qui en même temps
s'efforçait d'arrêter son cheval, cette femme continua à s'avancer, fut
renversée par un des brancards de la charrette et une des roues lui passa
sur le corps. Dans le trajet de l'hospice sur lequel elle avait été dirigée
de suite après l'accident, Marie Jacopin a rendu le dernier soupir.
S A I N T - M A R C, 18 juin 1875. — Vers 3 heures de l'après-midi, le
nommé Jean Piédel, âgé de 28 ans, cultivateur à Plougastel-Daoulas, revenait
de Brest où il était allé vendre des légumes. Il était debout dans sa
voiture que traînait un vigoureux cheval, quant arrivé au lieu dit Pen-ar-Streat,
sur la route n° 5, de Brest au passage de Plougastel, dans une descente
très rapide, il perdit tout à coup l'équilibre au choc que fit une des
roues contre une grosse pierre, et tomba à terre où il se fit à la tête
deux blessures profondes. Transporté sans connaissance à Saint-Marc, par
les soins du garde champêtre de la commune, M. le docteur Guiader, appelé
en toute hâte, constata que ces blessures, quoique graves, ne mettaient
point ses jours en danger.
B R E S T, 4 juillet 1875. — Un accident est arrivé dans la cour de la
gare à l'arrivée du train de 11 h. 45 du matin, le sieur Mao, Francis,
cocher, âgé de 42 ans, est tombé d'une échelle qu'il avait appuyée sur
sa voiture, au moment où il montait sur l'impériale la malle d'un voyageur.
Il s'est fracturé le crâne et l'on croit sa vie très menacée.
Le Finistère
— On lit dans l'Océan :
— Le 13 de ce mois, le nommé Pinvidic, Pierre, âgé de 47 ans, cultivateur
à Tréfflez, revenait de Lesneven avec une charrette ; l'animal, en lançant
des ruades, a fini par engager ses jambes de derrière dans la charrette
et est tombé sur le côté ; le cheval qui était attaché devant a continué
à traîner le tout une quinzaine de pas environ. La femme Jaffray, âgée
de 76 ans, cultivatrice, qui se trouvait à proximité, ayant pu arrêter
le cheval, a crié à Pinvidic de se tirer de là au plus vite, mais il ne
paraissait pas vouloir lâcher les guides qu'il tenait toujours en main
: il s'informait seulement si son fils, âgé de 7 a 8 ans, qui était dans
la charrette, avait du mal ; on lui a dit que non, et enfin il a fini
par se relever, puis à fait quelques pas en travers de la route et est
tombé mort prés du fossé. Il avait une forte blessure à la jambe gauche
par où il avait perdu beaucoup de sang et on attribue sa mort à cette
hémorragie II laisse une veuve et 8 enfants.
Le Finistère 21 juin 1876
B R E S T . — Jeudi, vers cinq heures et demie du soir, un vieillard de
80 ans, M. Lépi-Sanquin, retraité de la marine à Brest, a été renversé
par une voiture, dans une rue de la Porte, à Recouvrance. La voiture se
trouvant arrêtée par le corps même, la victime a été pendant plusieurs
secondes piétinée par le cheval.
Le Finistère du 13 mars 1878
K E R F E U N T E N, 4 avril 1885. — Dimanche, à 2 heures 1/2 du soir,
le nommé Guéguen, Jean-Marie, âgé de 25 ans, domestique
chez M. Delécluse, à Trégueflélec, en Kerfeunteun, a été tué par suite
d'un accident de voiture, dans le chemin vicinal n° 4, qui mène du bourg
de Kerfeunteun à la chapelle de Cozon. Ce malheureux jeune homme revenait
de chercher un tombereau réparé à la Croix-des-Gardiens, lorsque, après
avoir dépassé le bourg de Kerfeunteun, dans le petit chemin indiqué plus
haut, il monta sur un brancard et lança son cheval à une allure désordonnée.
Arrivé dans une courbe, près de la ferme de Missirien-Bian une des roues
monta sur le talus, et le pauvre garçon jeté à terre où y étant déjà sauté,
fut renversé par la roue gauche, qui lui passa sur le corps. Quelques
mètres plus loin, la voiture était renversée avec le cheval. Guéguen relevé
presque aussitôt par des passants expirait 3/4 d'heure plus tard sans
avoir repris connaissance, malgré les soins qui lui furent prodigués.
L A M B E Z E L L E C. — Le sieur Le Goff, Hervé, âgé de 19 ans, domestique
chez M. Lucas, cultivateur au Chemin-Creux, en Brest, allait au champ,
le samedi, 17 décembre 1887, avec une charrette attelée d'une jument et
suivie d'une autre jument attachée à la charrette. Arrivée au tournant
de l'Allée-Verte en Lambézellec, la bête attelée fut effrayée par un morceau
de linge qui séchait sur une haie, et, s'emportant, elle descendit à fond
de train l'Allée-Verte dont la pente est très rapide, après avoir renversé
dans le fossé son conducteur qui marchait à côté en tenant les guides.
Près de l'octroi, la charrette heurta la maison de L'Hostie, Jacques,
à laquelle elle fit pour 40 francs de dégâts. M. Pagès, Mazini, commissaire
de police à Lambézellec, ayant essayé de l'arrêter, fut renversé par le
cheval qui lui donna un coup de pied à la hanche gauche. Enfin, un garçon
boucher nommé Le Gac, Antoine, âgé de 27 ans, parvint à arrêter l'attelage,
près de l'abattoir, en se jetant à la tête du cheval. Les contusions reçues
par M. Pagès sont sans gravité.
B R E S T . — Mardi soir, dit la Dépêche, M. le docteur
Guyader, conseiller municipal de Brest, revenait en voiture de voir
un de ses malades on y allait, nous ne savons exactement, lorsque, non
loin de son domicile, rue de Paris, son tilbury, lanterne allumée, heurta
une grosse voiture qui venait en sens inverse sans le moindre lampion.
Le docteur Guyader fut violemment jeté par le choc hors de son tilbury
; quand il voulut se relever, il avait une côte cassée et l'épaule gauche
démise, Il eut néanmoins le courage et la force de regagner sa demeure,
où deux de ses confrères, dont M. le docteur Guichet, vinrent le visiter
presque immédiatement. Les deux médecins remirent l'épaule du blessé.
» Dans son numéro suivant la Dépêche ajoute, au sujet de cet incident
: « il est vraiment temps qu'on prenne des dispositions contre les bouchers
qui, se moquant des règlements de police, passent à fond de train sur
nos routes et dans nos rues. C'est encore, paraît-il, une voiture de boucher
qui aurait causé l'accident de notre concitoyen, le docteur Guyader. Quand
nous serons à cent, nous ferons une croix. » N'en est-il pas de même partout
? Et à Quimper également, combien d'accidents sont arrivés par suite de
cette habitude invétérée, qu'ont les bouchers d'aller à fond de train,
partout où ils passent !
17 décembre 1887.
L'Union monarchique du Finistère.
Les accidents de la circulation ne sont pas une invention automobile, puisque que dès lors que l'homme s'est mis à employer des moyens techniques pour se déplacer, il a créé le danger inhérent aux usages nouveaux souvent sans pleine maîtrise de ceux-ci. Le défaut de maîtrise humaine est donc devenue l'éternelle cause de la mortalité routière. Une sévère conséquence de l'imprudence. Accident des villes, accident des champs, l'erreur de conduite est inhumaine au vu des souffrances engendrées...
B R E S T . — Dimanche, à 7 heures du malin, dit l'Océan,
un cheval de maraîcher, attelé à une petite charrette dans laquelle se
trouvaient deux hommes et des vases pleins de lait, prit le mors aux dents
à l'entrée de Kérabécam. Il arrivait à toute vitesse vers l'entrée qui
conduit à la porte Saint-Louis. Un vieillard de plus de 70 ans, qui balayait
à ce moment l'entrée des portes, eut la présence d'esprit d'asséner un
coup de balai sur la tête du cheval et de lui saisir la bride. En moins
d'une minute, le cheval, la voilure, les hommes et le lait tout était
renversé sans qu'il y ait eu le moindre accident à déplorer.
Le Finistère du 6 novembre 1875
Un vieillard : le mot est impensable aujourd'hui... Sénior, personne du 3 ème âge, personne âgée, ancien... L'art d'habiller l'inexorable...
B R E S T . — Un nouvel accident vient d'avoir lieu sur
le grand escalier du pont qui conduit de la rue de Siam au boulevard de
la Marine, et de là à l'embarcadère. Un ivrogne perdant l'équilibre, a
dégringolé l'escalier qui va à l'embarcadère ; dans sa chute il a rencontré
et culbuté une femme qui portait au bras un enfant. L'ivrogne s'est tiré
sain et sauf de cette aventure ; il y a un Dieu pour ses pareils. La femme
n'a reçu que des contusions sans gravité ; mais le pauvre petit enfant
a eu la clavicule cassée.
Le Finistère du 10 juillet 1880
B R E S T . — Dimanche soir, à 8 heures, la dame Gautier, domiciliée à
Recouvrance, caserne de la ligne, venant de la Grande-Rivière à la ville,
est tombée dans la grève au même endroit où tous les ans on a à déplorer
un grand nombre de pareils accidents. Relevée par trois jeunes marins
de la division, elle a été transportée près de la Maison de l'Espion dans
le plus déplorable état. Un médecin appelé en toute hâte a constaté que
la dame Gautier avait une contusion étendue de la tête, une plaie à la
figure et une commotion cérébrale. Un cadre porté par les soldats de la
ligne, est venu prendre cette dame et la conduite à la cantine de Recouvrance,
où elle demeure avec sa famille. Cet accident, qui se renouvelle sans
cesse, dit l'Union républicaine, devrait bien engager enfin l'autorité
supérieure à forcer la commune à faire, à une certaine distance de la
côte, une route plus sûre.
Le Finistère du 10 juillet 1880
B R E S T . — Mercredi, dans l'après-midi,
dit le Petit Brestois, quatre ordonnances
employées chez des officiers sans troupe de
la garnison, sortaient de la ville par la porte
Foy, se rendant chez le maréchal-ferrant
pour faire ferrer leurs chevaux, lorsqu'au
tournant de l'avancée, vis-à-vis la Gare, une
des ordonnances, voulant rejoindre ses camarades qui le procédaient, fit prendre le
trot à son cheval ; mais la bête fit un faux
pas, perdit l'équilibre et tomba lourdement
sur le côté droit, entraînant son cavalier qui
se trouva pris sous elle.
Ses amis s'empressèrent de venir le dégager. Quand on l'a relevé. Il était couvert de
sang et de boue.
On a constaté sur la victime plusieurs
blessures à la tête, au visage, aux mains et
aux jambes : sa botte de droite était coupée
du haut en bas.
Ses blessures sont assez graves.
Le Finistère 30 mars 1881
affaires civiles
Fausse monnaie • Port de commerce • Histoire de l'école à Brest • Promesses de mariage • Marché de Brest • Guano • Le lycée de Brest • Prise du théâtre de Brest par les baïonnettes de l'armée • Procès outrage public à la pudeur • Manifestation au port • Pétition contre les jésuites • Laïcisation • Denier des écoles chrétiennes • Statue d'Urbain II • Nathalie Duval Le Mel • Colons libres • Légion d'honneur indue • Cimetière • Place de la Liberté • Accidents • Accidents mortels • Morts de rue • Portefaix • Boucherie chevaline • Cheval • Câble transatlantique • Télégraphe • Transatlantique • Féminicide • Violences • Condition des femmes • Petit couvent • Prostitution • Enfants abandonnés • Mendicité • Travail des enfants • Monarchiste • Personnalités débarquées • Personnalités reconnues • Leroy de Keraniou • Suicides • Epidémies • Recrutements civils • Laïcité • Météo • Affaires et faits civils • Rue des Sept-Saints • Décisions municipales envers l'église • Elections municipales • Elections législatives
°°°
Pages récentes : Législatives • Fausse monnaie • Histoire de l'école • Promesses de mariage • Guano • Le lycée de Brest • Affaires militaires diverses • Petit couvent • Ecole navale • Prostitution • Prise du théâtre de Brest par les baïonnettes de l'armée • Le malheur des douves • Enfants abandonnés • Statue du pape Urbain II • Boucherie chevaline • Versement des pensions de retraite • Le câble transatlantique • Le denier des écoles chrétiennes • La condition des filles au 19ème siècle • Délégations et personnalités japonaises • La fête du 14 juillet 1889 à Brest : le scandale politique • Escadre mobile en manœuvre • Accidents de la circulation • Les idées politiques monarchistes • Société de secours aux blessés militaires du Tonkin • Laïcisation des écoles primaires • L'extinction de la mendicité • 19è RI