Du choix des variétés.
Le choix des variétés joue dans la culture
des pommes et dans la fabrication du cidre
un rôle considérable, et en ne saurait trop
engager le cultivateur à prêter toute son
attention à cette question, qui est d'une importance capitale. Trop longtemps on a
planté des pommiers sans se préoccuper, ni
de leur provenance, ni des qualités que
leurs fruits pouvaient présenter ; on a multiplié et propagé partout des espèces souvent
mauvaises, ou du moins fort médiocres, et il
en est résulté que les bonnes variétés que
cultivaient nos pères ont disparu peu à peu
de nos pommeraies. La continuation de cette
pratique déplorable ne saurait produire que
des effets désastreux : elle amènerait rapidement le dépeuplement et la décadence des
plantations de pommiers, l'abaissement considérable du niveau de la qualité des fruits,
et l'usage du cidre, loin de s'étendre et de se
propager, diminuerait fatalement.
Qui n'a été à même, pourtant, d'apprécier
la différence entre les revenus d'une exploitation où l'on fabrique de bon cidre et ceux
d'une ferme où on n'en produit que de mauvais ? Les premiers sont bien plus élevés ;
nos cultivateurs le savent parfaitement et
ne s'y trompent pas ; cependant, soit par
écomomie, soit par ignorance, ils plantent
bien souvent de mauvais arbres.
A la suite du congrès pour l'étude des
fruits à cidre, l'attention des savants a été
attirée d'une façon spéciale sur cette question du choix des variétés. MM. de Boutteville et Hauchecorne ont donné l'exemple,
et, grâce à leurs remarquables travaux, les
cultivateurs connaissent aujourd'hui un certain nombre d'espèces, qu'ils auront tout
intérêt à multiplier.
Nous avons eu nous-même l'occasion
d'étudier, sous la direction de M. Lechartier,
le savant et sympathique directeur de la
station agronomique de Rennes, un assez
grand nombre de variétés de pommes, et
nous avons pu constater que beaucoup
d'entre elles sont loin de justifier par leurs
qualités la place importante qu'elle occupent trop souvent dans les pommeraies.
Il y a beaucoup à faire pour éloigner de
nos cultures les fruits reconnus mauvais ;
mais si on ne peut prétendre qu'il faille remplacer d'un seul coup tous les arbres d'une
plantation, on ne saurait trop engager les
agriculteurs à effectuer les remplacements,
au fur et à mesure qu'ils se produiront, avec
des variétés recommandables à tous égards.
Cette pratique est indispensable, et l'intérêt
général commande de l'adopter, car d'elle
dépend surtout l'extension du cidre comme
boisson journalière dans les contrées qui n'en
produisent que peu ou point. Pour qu'il
puisse se garder et voyager au loin, il faut
que le cidre soit de qualité supérieure, et
une des premières conditions à remplir pour
atteindre ce but est de le fabriquer avec de
bons fruits, c'est-à-dire avec des pommes
riches en sucre, en tannin et en mucilage.
Détermination de la qualité des fruits.
Pendant longtemps on a eu recours à la dégustation seule pour déterminer
le mérite des fruits, en se basant sur cette définition d'un bon fruit,
donnée par « le Congrès pour l'étude des fruits à cidre
» :
« Le meilleur fruit est celui qui, sans le secours d'aucun
autre, peut servir à fabriquer le cidre d'une
qualité supérieure, et, pour être classé au
premier rang, ce cidre doit être sucré,
amer et parfumé.
Sucré, parce que le sucre est le principe
qui, dans la fermentation, se transforme
en alcool et donne au liquide une de ses
précieuses qualités.
Amer, parce que ce principe contribue à
la conservation du cidre et lui communique
des propriétés hygiéniques.
Parfumé, cette qualité rendant la boisson agréable au goût et à l'odorat. »
Si, dans l'appréciation du mérite des fruits,
la dégustation peut rendre certains services,
si elle permet de préciser assez exactement
l'amertume, le parfum, l'acidité, elle devient
complètement impuissante quand il s'agit de
déterminer les quantités de sucre, de tannin,
de mucilage, que contiennent les fruits. Ce
procédé était long, d'ailleurs, et, avant de
placer un fruit au premier rang, il était nécessaire de le déguster pendant plusieurs
années consécutives.
Il fallait donc employer une autre méthode
qui fût plus expéditive et dont les résultats
fussent certains. L'analyse chimique était
toute indiquée, et c'est à elle que maintenant l'on a toujours recours. Elle permet de
doser rapidement, et avec une approximation
très suffisante, les principes les plus importants que les pommes contiennent, et elle
peut faire connaître les rapports de quantité
qui existent entre ces diverses substances,
ce qui est d'un intérêt capital, car la bonne
qualité d'un fruit dépend principalement du
juste équilibre qui doit régner entre les diverses proportions des éléments qui le composent.
Composition moyenne du jus de bonnes
pommes.
Pour être classée au premier rang, une
pomme doit fournir un jus qui ait, par litre,
la composition moyenne suivante :
Eau 800 gr
Sucre alcoolisable 170 gr
Tannin 5 gr
Mucilage 10 gr
Acidité 3 07
Matières diverses 13 93
L'analyse de mauvaises pommes fait bien
reconnaître dans ces dernières la présence
des mêmes substances, mais elles y existent
en quantité infiniment moindre. La proportion de sucre diminue parfois de plus d'un
tiers, le tannin peut disparaître presque entièrement, et on en trouve dans certains
fruits à peine 1/2 millième ; il en est de
même, du mucilage, dont la quantité ne dépasse souvent pas 2 à 3 millièmes.
Nous allons passer en revue ces éléments : sucre, tannin, mucilage, dont la grande proportion dans le cidre importe à un si haut
point, et nous allons indiquer les raisons qui
font qu'on y attache une importance si considérable.
Sucre et alcool.
Le sucre est le principe que l'on doit surtout demander aux pommes de contenir en
grande proportion, car c'est lui qui, par sa
transformation en alcool, donne aux cidres
leur force et leur chaleur et leur permet de
supporter les longs voyages.
L'alcool est une de ces productions qui
prennent naissance, au moment où certains
principes immédiats commencent à s'altérer.
Dans les fruits où la matière sucrée est secrétée, se rencontrent auprès d'elle des substances organiques et minérales propres à la
nourriture des ferments, qui dès lors sont
prêts à se développer et à agir aussitôt que
les sucres, le ferment et l'eau se trouvent en
contact.
Sous l'influence du ferment alcoolique et
de l'eau, le glucose subit directement la fermentation alcoolique ; quant au sucre de
canne, il se transforme d'abord en glucose,
et c'est encore celui-ci qui subit la fermentation alcoolique et se dédouble en alcool et en
acide carbonique, plus quelques produits
accessoires, mais constants. L'un de ces produits, le gaz carbonique, se dégage graduellement en partie à l'état de gaz ; l'alcool, au
contraire, reste presque tout entier dans le
liquide, il lui donne sa faculté enivrante et,
comme il tue les organismes de la fermentation, il est l'agent le plus important de la
conservation des jus qui le renferment. Plus
tard, l'alcool peut se transformer dans les
cidres en divers composés, notamment avec
le concours d'un ferment spécial, le mycoderma aceti, et de l'oxygène, en acide acétique ou vinaigre ; nous indiquons plus
loin les circonstances de la formation et de
la préparation.
100 parties de sucre de fruits donnent :
Acide succénique 0 gr. 64
Glycérine 3 23
Acide carbonique 46 67
Alcool 48 46
Cellulose et autres matières 0 40
Matières cédées au ferment 1 03
L'alcool jonc donc un rôle considérable
dans la conservation des cidres et des fruits ;
aussi ne saurait-on trop demander à ces derniers qu'ils contiennent en proportion importante le sucre qui sert à le produire et à
le former.
Tannin.
La présence du tannin dans les pommes à
cidre n'est pas moins nécessaire que celle de,
l'alcool. Le tannin, par suite de son action
sur l'albumine et le ferment, peut se combiner à ces matières; il s'oppose ainsi à la
maladie de la graisse et concourt jusqu'à un
certain point à la conservation des cidres. Il
n'est pas cependant l'agent par excellence de
la conservation des boissons fermentées ;
c'est assurément à l'alcool qu'appartient
principalement cette propriété, comme le
prouvent bien les cidres de, Jersey et d'Allemagne, que l'on expédie fort loin et qui ne
contiennent presque pas de tannin, mais qui,
en revanche, dosent jusqu'à 10 % d'alcool.
Le rôle principal du tannin consiste dans
son action antiputride et hygiénique. Cette
substance, d'une saveur âpre et astringente,
communique aux liquides des propriétés
toniques et bienfaisantes et elle modère l'action de l'alcool qu'ils contiennent sur nos
organes. Elle sert en outre de clarifiant, elle
régularise la fermentation des cidres et elle
empêche la formation de l'acide butyrique
en diminuant par son action sur elles la
quantité des matières fermentescibles.
D'après les études qui ont été faites sur ce
sujet, la quantité de tannin que les moûts
doivent contenir peut être évaluée de 4 à 6
millièmes.
Mucilage ou pectosine.
Le mucilage est une substance un peu
visqueuse, qui communique aux cidres de
l'onctuosité et du corps et dont la présence
dans les moûts doit être recherchée. Cette
matière concourt en outre, dans une certaine
limite, à la conservation des boissons qui la
renferment car elle empêche la transformation
de l'alcool en acide acétique. Les pommes de
troisième saison en contiennent une plus
grande proportion quo les autres, et c'est
peut être à cette propriété que les cidres
qu'elles fournissent doivent, dans une certaine mesure, leur longue conservation.
Acidité.
Il faut autant que possible ne pas employer,
pour la fabrication du cidre, les pommes
acides, c'est-à-dire celles dont les moûts
renferment au delà de 4 à 2 millièmes de leur
poids d'acide. Certains fruits en renferment
7 et même 13 millièmes ; aussi faut-il complètement les éliminer, sous peine d'obtenir
un liquide aigre, nuisible pour l'organisme,
et de mauvaise conservation.
Résumons rapidement ce que nous venons
de dire au sujet des éléments constitutifs et
essentiels des pommes.
Pour être classés au premier rang, les
fruits doivent réunir les conditions suivantes :
1er Donner un jus présentant une densité
d'environ 1075 ou 10° Baumé ;
2° Renfermer 5 à 6 millièmes de tannin ;
3° Contenir 12 à 45 millièmes de mucilage ;
4° Ne pas offrir une acidité supérieure à
1 ou 2 millièmes ;
5° Présenter une amertume et un parfum
convenablement développés.
On doit encore demander aux variétés que
l'on choisira :
1er D'être rustiques et fertiles ;
2° De donner un jus suffisamment abondant et riche en principes utiles ;
3° Que l'arbre ait une tête plutôt pyramidale que déprimée ;
4° Que les branches soient redressées et
non tombantes.
Classification des pommes.
On divise généralement les pommes en
trois grandes séries suivant l'époque de leur
maturité. Ainsi on distingue :
1er Les fruits précoces ou de première saison, qui mûrissent de la tin d'août en octobre ;
2° Ceux de deuxième saison, qui mûrissent en novembre ;
3° Ceux tardifs ou de troisième saison, qui
mûrissent en décembre et janvier.
Il est bien rare qu'une variété de pommes,
qu'elle appartienne à l'une ou l'autre de ces
catégories, puisse à elle seule fournir un bon
cidre, c'est-à-dire qu'elle réunisse l'ensemble
des qualités que nous avons énumérées plus
haut. Toutefois, il existe quelques espèces
qui possèdent, dans une certaine mesure, ce
précieux avantage, telles que : le Saint-Laurent, le marin Onfroy, l'amer doux, le bedan,
l'argile ; mais ce sont là des variétés d'élite,
et leur nombre est trop restreint.
Dans les plantations bien dirigées, on
plante diverses espèces de pommes appartenant aux différentes séries que nous avons
énoncées. De cette façon, les variétés peuvent
se compléter l'une par l'autre au moment de
la fabrication du cidre, et, en outre, comme
elles se trouvent soumises, lors de leur floraison, à des influences climatériques différentes, les récoltes annuelles se trouvent
mieux équilibrées. Quoique les espèces tardives soient en général plus riches que les
autres en principes utiles, on commettrait,
cependant une grande faute en ne plantant
que des variétés de cette catégorie ; car si le
temps n'était pas favorable à la floraison, on
pourrait se trouver exposé à ne pas avoir de
fruits. Les pommes de première saison rendent, d'ailleurs, souvent de bons services par
suite de leur précocité, car parfois le cidre
manque à l'automne, et on attend alors avec
impatience le moment de pouvoir brasser.
Pour établir la liste des variétés de pommes les plus recommandables, que nous
donnons plus loin, nous avons puisé un
grand nombre de renseignements dans l'excellent ouvrage de MM. de Boutteville et
Hauchecorne, sur le cidre. Nous avons, d'ailleurs, fait nous-mêmes un grand nombre
d'analyses de fruits à cidre, et nous n'en
connaissons pas de plus recommandables que
ceux que nous allons indiquer.
Pommes de première saison.
Maturité septembre et octobre.
Pomme Saint-Laurent. — Fruit petit et
doux. Floraison fin mai. Jus très coloré,
densité 1080.
Sucre alcoolisable 180
Tannin 5 50
Mucilage 9
Acidité 4 80
Arbre fertile, à branches semi-verticales.
Pomme de Cat. — Fruit moyen et doux.
Floraison commencement de mai. Jus coloré, densité 1080.
Sucre alcoolisable 180
Tannin 1 30
Mucilage 8
Acidité 1 07
Arbre fertile, à tête arrondie.
Pomme gros-amer doux. — Fruit petit et
amer. Floraison commencement de mai. Jus
coloré, densité 1070.
Sucre alcoolisable 168
Tannin 3
Mucilage 8
Acidité 1 07
Arbre à tête arrondie, à rameaux élevés.
Pomme précoce-David. — Fruit moyen et
doux-amer. Floraison commencement de
mai. Jus coloré, densité 1070.
Sucre alcoolisable 170
Tannin 4
Mucilage 6
Acidité 1 07
Arbre vigoureux et très fertile.
Pomme Le Blanc. — Fruit petit et doux-amer. Floraison commencement de mai. Jus
coloré, densité 1075.
Sucre alcoolisable 180
Tannin 4 06
Mucilage 9
Acidité 1 07
Pomme jaune-pointu. — Fruit très petit
et doux. Floraison fin avril. Jus coloré et
très parfumé, densité 1075.
Sucre alcoolisable 180
Tannin 5 50
Mucilage 8
Acidité 1 07
Arbre vigoureux.
Pomme Baille. — Fruit moyen et doux-amer. Floraison commencement de mai. Jus
coloré, densité 1070.
Sucre alcoolisable 170
Tannin 3 40
Mucilage 8
Acidité 1 07
Arbre vigoureux, fertile, à branches semi-verticales.
Pomme doux-Auvêque. — Fruit petit et
doux. Floraison fin mai. Jus coloré, densité 1075.
Sucre alcoolisable 175
Tannin 5 20
Mucilage 13
Acidité 1 07
Arbre vigoureux, à tête arrondie.
Pommes de deuxième saison.
Maturité novembre.
Pomme monte-en-l'air. — Fruit un peu
gros et doux-amer. Floraison commencement
de mai. Jus coloré, densité 1080.
Sucre alcoolisable 185
Tannin 5 50
Mucilage 40
Acidité 1 07
Pomme Frequin-rouge. — Fruit petit et
amer. Floraison fin mai. Jus très coloré et
parfumé, densité 1085.
Sucre alcoolisable 200
Tannin 5 70
Mucilage 5
Acidité 1 07
Pomme Frequin-blanc. — Fruit moyen
et doux. Jus coloré, densité 1080.
Sucre alcoolisable 180
Tannin 2 40
Mucilage 8
Acidité 1
Arbre vigoureux et fertile.
Pomme gros-Frequin. — Fruit assez volumineux et amer. Floraison commencement
de mai. Jus coloré, densité 1070.
Sucre alcoolisable 170
Tannin 3 40
Mucilage 10
Acidité 1 20
Arbre vigoureux et très fertile, à branches
dressées.
Pomme Muscadet. — Fruit moyen et doux-amer. Floraison fin mai. Jus coloré, densité 1065.
Sucre alcoolisable 160
Tannin 2 40
Mucilage 5
Acidité 1 07
Arbre vigoureux et fertile, à tête arrondie.
Pomme Bénard. — Fruit petit et doux.
Jus coloré, densité 1075.
Sucre alcoolisable 175
Tannin 2
Mucilage 7
Acidité 1 07
Arbre très vigoureux et très fertile.
Pomme Godard. — Fruit petit et doux.
Floraison fin mai. Jus très coloré, densité
1080.
Sucre alcoolisable 185
Tannin 6
Mucilage 9
Acidité 1 07
Arbre vigoureux et très fertile, à tête
arrondie.
Pomme Jauvet. — Fruit petit et doux.
Floraison mai. Jus coloré, densité 1075.
Sucre alcoolisable 180
Tannin 3 30
Mucilage 6
Acidité 1 07
Arbre fertile, de moyenne grandeur.
Pomme Martin-Fessard. — Fruit petit et
amer. Floraison courant de mai. Jus peu
coloré, densité 1050.
Sucre alcoolisable 175
Tannin 7
Mucilage 12
Acidité 1 07
Arbre vigoureux et très développé.
Pomme rouge-bruyère. — Fruit petit et
amer. Floraison courant de mai. Jus très
coloré, densité 1075.
Sucre alcoolisable 175
Tannin 7
Mucilage 8
Acidité 1
Arbre fertile, à tête arrondie.
Pomme amère-de-Berthécourt. — Fruit
assez petit et amer. Floraison courant de juin.
Jus très coloré, densité 1075.
Sucre alcoolisable 180
Tannin 5 50
Mucilage 10
Acidité 1 07
Arbre vigoureux et très fertile.
Pommes de troisième saison.
Maturité décembre et janvier.
Pomme de Bedan. — Fruit moyen et doux-amer. Floraison fin mai. Jus très coloré,
densité 1080.
Sucre alcoolisable 175
Tannin 3 50
Mucilage 13
Acidité 1 07
Arbre vigoureux et fertile, à tête arrondie.
Pomme d'Argile rouge. — Fruit moyen et
amer. Floraison courant de mai. Jus peu
coloré, densité 1075.
Sucre alcoolisable 175
Tannin 1 30
Mucilage 15
Acidité 1
Pomme d'Argile grise. — Préférable à la
précédente à cause de la plus forte proportion de tannin et de sucre qu'elle contient.
Sucre alcoolisable 195
Tannin 5 50
Mucilage 15
Acidité 1
Pomme Binet-blanc. — Fruit petit et
doux-amer. Floraison courant de mai. Jus
coloré, densité 1080.
Sucre alcoolisable 185
Tannin 2 70
Mucilage 8
Acidité 1 30
Arbre de moyenne vigueur, fertile.
Pomme Binet-rouge. — Fruit moyen et
amer. Floraison fin avril. Jus peu coloré,
densité 1070.
Sucre alcoolisable 160
Tannin 2 70
Mucilage 12
Acidité 1 07
Arbre vigoureux et petit, à tête arrondie.
Pomme Rougez. — Fruit petit et doux.
Floraison fin mai. Jus coloré, densité 1080.
Sucre alcoolisable 185
Tannin 1 37
Mucilage 12
Acidité 1 07
Arbre très vigoureux et très fertile, à branches horizontales.
Pomme Belle-Cauchoise. — Fruit gros et
doux. Floraison fin avril. Jus coloré, densité
1080.
Sucre alcoolisable 190
Tannin 1 35
Mucilage 12
Acidité 1 07
Arbre vigoureux et très fertile.
Pomme Bramtot. — Fruit doux-amer.
Floraison courant de mai. Jus coloré, densité 1095.
Sucre alcoolisable 225
Tannin 6
Mucilage 12
Acidité 1 07
Arbre vigoureux et très productif, à tête
élancée.
Pomme Marabot. — Fruit moyen et doux.
Floraison fin avril. Jus coloré, densité 1085.
Sucre alcoolisable 195
Tannin 3 40
Mucilage 10
Acidité 1 40
Arbre vigoureux et très fertile
Pomme Frequin-Barré. — Fruit moyen
et amer. Floraison courant de mai. Jus très
coloré, densité 1072.
Sucre alcoolisable 165
Tannin 5 50
Mucilage 10
Acidité 1 50
Arbre peu vigoureux, mais fertile.
Pomme Frequin-Audièvre. —- Fruit doux-amer. Floraison fin mai. Jus excessivement
coloré, densité 1080.
Sucre alcoolisable 180
Tannin 5 50
Mucilage 12
Acidité 1 30
Arbre vigoureux et fertile.
Pomme rouge. — Fruit moyen et doux.
Floraison fin mai. Jus très coloré, densité
1075.
Sucre alcoolisable 170
Tannin 3 40
Mucilage 10
Acidité 1 70
Arbre vigoureux et productif, à tête arrondie.
Pomme peau-de-vache-Nauvelle. — Fruit
doux. Floraison fin mai. Jus très coloré,
densité 1075.
Sucre alcoolisable 170
Tannin 5 50
Mucilage 14
Acidité 0 09
Arbre extrêmement vigoureux, à branches
demi-verticales.
Pomme à tannin. — Fruit doux. Floraison
fin-mai. Jus peu coloré, densité 1090.
Sucre alcoolisable 215
Tannin 10 30
Mucilage 9
Acidité 2 10
Arbre à branches demi-verticales.
Pomme de Boutteville. — Fruit moyen et
doux. Floraison fin mai. Jus très coloré et
parfumé, densité 1085.
Suero alcoollsable 185
Tannin 6
Mucilage 10
Acidité 2 40
Arbre fertile, à branches demi-verticales.
Pomme Hauchecorne. — Fruit moyen et
doux. Floraison fin mai. Jus très coloré et
parfumé, densité 1080.
Sucre alcoolisable 185
Tannin 6
Mucilage 11
Acidité 1 30
Arbre vigoureux et très fertile, à tête
arrondie.
Pomme Hormilcent. — Fruit assez gros
et doux. Floraison courant de mai. Jus coloré, densité 1075.
Sucre alcoolisable 175
Tannin 4 20
Mucilage 12
Acidité 1 40
Arbre vigoureux et très fertile, à tête
arrondie.
Pomme Moulin-à-vent. — Fruit moyen et
doux. Floraison mai. Jus coloré, densité 1075.
Sucre alcoolisable 175
Tannin 12 75
Mucilage 12
Acidité 1 30
Arbre vigoureux, fertile et d'un beau port.
Variétés de pommiers résistant bien au froid.
Nous citerons comme supportant bien les
froids rigoureux les variétés suivantes, que
M. Baltet indique comme les plus résistantes :
Le Baille, le Bedan, l'amère-de-Berthécourt, l'Argile-grise, le Blanc,
le Binet blanc, le Binet-rouge, le Bramtot, le Martin-Fessard, la Rouge-bruyère.
Paul ALEXANDRE,
Professeur départemental d'agriculture du Finistère - Cours de 1884.
Des variétés de pommiers à cidre citées dans l'enseignement ci-dessus existent aujourd'hui... La préservation des variétés fait partie de l'art cidricole...
°°°
La flore de la presqu'île de Crozon
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