Des résultats de pêche à Morgat, au Fret, à Camaret...

13 mai 1876 — La pêche aux maquereaux commence à donner des résultats satisfaisants à Morgat, dont la baie est à l'abri des vents d'est qui soufflent avec force depuis si longtemps; mais il n'en est pas de même au Fret. Tous les jours nos marins aperçoivent de nombreux bancs de maquereaux répandus dans tous les sens de la rade, mais, à leur grand regret, il leur est impossible de tenir la mer, les vents portant en plein sur toute la surface de la rade. Le 13 de ce mois, le vent d'est était si fort, que chaloupes et navires n'ont pu quitter le port. On ne voyait pas une voile à l'horizon ; à Camaret, on comptait plus de 100 navires de différentes nations en relâche forcée ; aussi la population maritime est elle fort affligée.

20 juillet 1876 — Le Fret :
La pêche de la sardine est devenue très abondante. Chaque bateau en rapporte de 8 à 10 000 par jour. La sardine est très belle : elle se vend en moyenne 10 francs le mille. A Morgat et à Camaret, on pêche toujours de la petite sardine et en quantité beaucoup moins considérable qu'ici. Aussi les chaloupes des autres ports sont-elles arrivées en grand nombre au Fret ou règne en ce moment la plus grande animation. Encore une bonne campagne pour les pécheurs.

27 Septembre 1876 — Le Fret :
La pêche de la sardine se continue d'une manière très satisfaisante. Depuis le 10 juin elle est abondante : plus de 80 bateaux sont venus des ports voisins pour y prendre part. La sardine est généralement belle et recherchée par les négociants : elle est de moyenne grosseur. Il en été pêché dans les deux derniers mois de 8 à 10 milles par bateaux et par jour. Dans la seconde quinzaine de septembre, les expéditions aux usines pourront s'élever à 500 milles sardines environ ; les prix ont varié de 8 a 18 francs le mille.

4 octobre 1876 — Mercredi dernier, une agitation fiévreuse régnait sur les quais du Fret. A 7 heures du soir, le brouillard était si épais qu'on n'y voyait rien a six pas devant soi. Toutes les femmes des pêcheurs, effrayées du danger que couraient leurs maris, avaient allumé de grands feux de landes sur les quais. Une quantité de jeunes filles faisaient entendre, en soufflant dans des cornets, un bruit étourdissant. Grâce à ces sages précautions, on n'a eu aucun malheur à déplorer, et l'escadrille sardinière est rentrée dans le port, un peu tard mais saine et sauve, à la grande joie des habitants, avec un complet chargement.

Le Finistère

C A M A R E T , 28 mai. — « On fait, en ce moment, une pêche extraordinaire de maquereaux, aussi le prix de ces poissons est peu élevé et nos pêcheurs ont grand peine à trouver des acheteurs.
« La pêche de la sardine est moins bonne et nos équipages perdent beaucoup de filets. Les bateaux à vapeur leur occasionnent souvent des avaries de cette sorte. Deux de nos chaloupes, l'Infatigable et le Turenne, ont eu une dizaine de filets emportés par deux bateaux à vapeur. Il serait bien à désirer que ces bateaux aient un peu plus de surveillance à leur bord et tiennent un peu plus compte des signaux que nos pêcheurs, si nombreux en ces parages, leur font pour les empêcher de venir sur eux. »

Le Finistère du 1 juin 1887

C A M A R E T , 1er juin. — La pêche des sardines est bonne. Hier, cinq bateaux de ce port ont péché 2,000 sardines ; deux bateaux étrangers en ont pris la même quantité. Les sardines ont été vendues en vert ! Le prix moyen est de 23 fr.

Le Finistère du 4 juin 1887

C A M A R E T , 8 janvier. — De notre correspondant :
« La pêche de la semaine a été à peu près nulle. Le vent était très variable et les fortes brises qui ont soufflé n'étaient guère propices aux pêcheurs de raies. Trois bateaux seulement se sont hasardés à faire cette pèche, en se tenant très rapprochés les uns des autres. Ils n'ont pris qu'une dizaine de poissons chacun. Prix de la raie 4 à 6 francs pièce. Les beaux poissons se sont vendus 20 francs.
« Tous les caboteurs, au nombre d'une cinquantaine, qui ont interrompu leur route vers la Manche pour mouiller ici, il y a huit jours, sont partis maintenant. Il ne reste que dix caboteurs chargés pour les ports du sud et qui attendent le bon vent. »

Le Finistère du 11 janvier 1888

C A M A R E T , 30 janvier. — Notre correspondant nous écrit : « Quelques lieus, vieilles ou malcons forment seuls la pêche de ces derniers jours. Cependant quatre patrons qui avaient mis dehors des casiers à homards n'ont, pas eu à s'en plaindre. Ces 8 à 10 casiers ont rapporté chaque jour de 6 à 8 homards, vendus 1 fr. 25 pièce. »

Le Finistère du 1er février 1888

C A M A R E T , 5 février. — Notre correspondant nous écrit :
« Vous parler des résultats de notre pêche, c'est vous dire la triste situation de notre population maritime. Une dizaine de nos bateaux ont mis, jeudi dernier, leurs filets à raie dehors. Ils les ont relevés hier et n'en ont retiré que pour 150 fr. de raies et de langoustes. Celles-ci se vendent 3 à 4 fr. pièce, les raies 4 fr. h 4 fr. 50.
« Nos autres bateaux au nombre de 72 à 75 se préparent à draguer le goémon rouge. Le 1er de ce mois, jour où devait commencer la drague, une tempête de l'est a empêché toute sortie. Maintenant c'est le calme qui gêne nos marins. »

Le Finistère du 8 février 1888

C A M A R E T . — Notre correspondant nous écrit :
« Nos pêcheurs n'ont absolument rien fait depuis huit jours. Les jours gras, pendant lesquels a souillé une grande brise du Nord- Ouest, ont absorbé sans profit les premiers jours de la semaine. Depuis, les vents du Nord-Est soufflent en tempête.
« Les pêcheurs de raies ont mouillé leurs filets vendredi et n'ont pu les revoir. »

Le Finistère du 22 février 1888

C A M A R E T , 25 février. — Notre correspondant nous écrit :
« Trente-quatre bateaux de notre port pêchent les raies depuis huit jours. Les marins qui montent ces bateaux ont eu environ douze francs chacun pour leur part de la semaine C'est bion peu pour le métier qu'ils font, métier que rend encore plus rude le mauvais temps de ces jours-ci.
« Les embarcations qui pèchent les homards prennent par sortie quatre à huit de ces crustacés, qui sont vendus 1 fr. 25 pièce.
« La Louise, navire homardier de notre port, est parti il y a trois jours, pour la côte d'Espagne, à la recherche d'une cargaison de langoustes.
« La rade de Camaret est actuellement couverte d'une forêt de caboteur» à voiles. Les grands vents d'est et surtout la neige les ont forcés à se réfugier chez nous.
« Le trois-mâts long-courrier Le Brave, dont je vous ai signalé la relâche forcée par suite d'une voie d'eau, est toujours ici. Il y fait réparer ses avaries. Il avait d'abord dû aller à Saint-Nazaire pour s'y faire visiter, mais on a reconnu que la voie d'eau, qui l'avait arrêté dans son voyage, était facile à boucher. »

Le Finistère du 29 février 1888

C A M A R E T , 8 mars. — Notre correspondant nous écrit :
« Nos pêcheurs de mulets ont depuis une huitaine fait de bons coups de filets. Un, entre autres, a pris d'un seul coup 1,800 poissons: il n'en a obtenu que 18 fr. le cent. Ces pêcheurs ont enfin été récompensés dé leur persévérance à rechercher ce poisson, qui, depuis trois mois, ne leur avait pas donné 50 fr. A la part.
« La morte-eau est terminée pour les pêcheurs de raies. Ils rentrent leurs filets aujourd'hui. La pêche de ces poissons n'a donné que de tristes résultats. Ceux qu'on a pris étaient loin d'être de belle taille : on les payait quand même bon prix. C'est ainsi que certaines raies, qui en temps ordinaire auraient été payées 1 fr. 50, se voyaient recherchées à 6 fr. la pièce Les marins ont fait 12 fr. en moyenne dans la huitaine. »

Le Finistère du 10 mars 1888

C A M A R E T , 25 mars. — Notre correspondant nous écrit :
« Les pêcheurs de raies ont rentré, hier, leurs filets. La pêche de la semaine a été de 210 raies vendues de 6 A 10 fr. pièce. Les posteaux (une vingtaine) ont monté jusqu'à 32 fr.. Les langoustes (155) se sont vendues do 4 A 6 fr. pièce. »

Le Finistère du 28 mars 1888


C A M A R E T , — « La goélette Séréna, capitaine Luco, de notre port, nous a quittés hier allant en Espagne pour y acheter des langoustes. C'est le dernier de nos navires à vivier ; les trois autres l'ont précédé de quelques jours. »

Le Finistère du 28 mars 1888

C A M A R E T , 6 avril, — De notre correspondant :
« Les mauvais temps de la semaine dernière, joints aux grands courants occasionnés par la marée du 2S, ont à peu près empêché toute sortie de nos bateaux de pêche.
« Les filets à raies ont été mis dehors lundi et donnent chaque jour de 4 à 6 petites raies et quelques langoustes. Les levées sont de 20 à 40 fr. par bateau et par jour.
« Les pêcheurs de mulets sont plus heureux. L'un de ceux-ci vendait hier soir pour 560 fr. de ces poissons, pris en un seul coup de senne. Un autre patron en a également pêché, depuis 3 jours, pour 545 fr. Le mulet est depuis quelques jours de grande taille, tandis que pendant tout l'hiver on ne prenait que du fretin. Il est à présumer que la dernière tempête a fait approcher de terre le gros poisson. »

Le Finistère du 7 avril 1888

Les retours de pêche sont scrutés par la population locale qui en vit soit par sa consommation alimentaire, soit par le revente à des mareyeurs ou des conserveurs. Quoiqu'il en soit, il s'agit de savoir si l'on va avoir faim ou si l'assiette sera pleine. Durant des siècles, les pêcheurs locaux ne se sont pas intéressés aux produits de la mer pour leurs valeurs gustatives ou nutritives mais se sont investis dans la quête du volume de pêche tant espéré. Sardines et maquereaux se pêchent à foison les jours fastes en saison. Deux espèces pélagiques qui vivent en bancs très concentrés. Un filet hors banc est une pêche nulle ; en banc, c'est la profusion. Reste la taille des prises dont les cours varient selon l'utilisation en conserverie au 19ème et début du 20ème. Certaines familles pressent la sardine pour la conserver dans le sel et en récupérer l'huile...

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