13 mai 1876 — La pêche aux maquereaux commence à donner
des résultats satisfaisants à Morgat,
dont la baie est à l'abri des vents d'est qui soufflent avec force depuis
si longtemps; mais il n'en est pas de même au Fret.
Tous les jours nos marins aperçoivent de nombreux bancs de maquereaux
répandus dans tous les sens de la rade, mais, à leur grand regret, il
leur est impossible de tenir la mer, les vents portant en plein sur toute
la surface de la rade. Le 13 de ce mois, le vent d'est était si fort,
que chaloupes et navires n'ont pu quitter le port. On ne voyait pas une
voile à l'horizon ; à Camaret,
on comptait plus de 100 navires de différentes nations en relâche forcée
; aussi la population maritime est elle fort affligée.
20 juillet 1876 — Le Fret :
La pêche de la sardine est devenue très abondante. Chaque bateau en rapporte
de 8 à 10 000 par jour. La sardine est très belle : elle se vend en moyenne
10 francs le mille. A Morgat et à Camaret, on pêche toujours de la petite
sardine et en quantité beaucoup moins considérable qu'ici. Aussi les chaloupes
des autres ports sont-elles arrivées en grand nombre au Fret ou règne
en ce moment la plus grande animation. Encore une bonne campagne pour
les pécheurs.
27 Septembre 1876 — Le Fret :
La pêche de la sardine se continue d'une manière très satisfaisante. Depuis
le 10 juin elle est abondante : plus de 80 bateaux sont venus des ports
voisins pour y prendre part. La sardine est généralement belle et recherchée
par les négociants : elle est de moyenne grosseur. Il en été pêché dans
les deux derniers mois de 8 à 10 milles par bateaux et par jour. Dans
la seconde quinzaine de septembre, les expéditions aux usines pourront
s'élever à 500 milles sardines environ ; les prix ont varié de 8 a 18
francs le mille.
4 octobre 1876 — Mercredi dernier, une agitation fiévreuse régnait sur
les quais du Fret. A 7 heures du soir, le brouillard était si épais qu'on
n'y voyait rien a six pas devant soi. Toutes les femmes des pêcheurs,
effrayées du danger que couraient leurs maris, avaient allumé de grands
feux de landes sur les quais. Une quantité de jeunes filles faisaient
entendre, en soufflant dans des cornets, un bruit étourdissant. Grâce
à ces sages précautions, on n'a eu aucun malheur à déplorer, et l'escadrille
sardinière est rentrée dans le port, un peu tard mais saine et sauve,
à la grande joie des habitants, avec un complet chargement.
Le Finistère
C A M A R E T , 28 mai. — « On fait, en ce moment, une pêche extraordinaire
de maquereaux, aussi le prix de ces poissons est peu élevé et nos pêcheurs
ont grand peine à trouver des acheteurs.
« La pêche de la sardine est moins bonne et nos équipages perdent beaucoup
de filets. Les bateaux à vapeur leur occasionnent souvent des avaries
de cette sorte. Deux de nos chaloupes, l'Infatigable et le Turenne, ont
eu une dizaine de filets emportés par deux bateaux à vapeur. Il serait
bien à désirer que ces bateaux aient un peu plus de surveillance à leur
bord et tiennent un peu plus compte des signaux que nos pêcheurs, si nombreux
en ces parages, leur font pour les empêcher de venir sur eux. »
Le Finistère du 1 juin 1887
C A M A R E T , 1er juin. — La pêche des sardines est bonne. Hier, cinq
bateaux de ce port ont péché 2,000 sardines ; deux bateaux étrangers en
ont pris la même quantité. Les sardines ont été vendues en vert ! Le prix
moyen est de 23 fr.
Le Finistère du 4 juin 1887
C A M A R E T , 8 janvier. — De notre correspondant :
« La pêche de la semaine a été à peu près nulle. Le vent était très variable
et les fortes brises qui ont soufflé n'étaient guère propices aux pêcheurs
de raies. Trois bateaux seulement se sont hasardés à faire cette pèche,
en se tenant très rapprochés les uns des autres. Ils n'ont pris qu'une
dizaine de poissons chacun. Prix de la raie 4 à 6 francs pièce. Les beaux
poissons se sont vendus 20 francs.
« Tous les caboteurs, au nombre d'une cinquantaine, qui ont interrompu
leur route vers la Manche pour mouiller ici, il y a huit jours, sont partis
maintenant. Il ne reste que dix caboteurs chargés pour les ports du sud
et qui attendent le bon vent. »
Le Finistère du 11 janvier 1888
C A M A R E T , 30 janvier. — Notre correspondant nous écrit : « Quelques
lieus, vieilles ou malcons forment seuls la pêche de ces derniers jours.
Cependant quatre patrons qui avaient mis dehors des casiers à homards
n'ont, pas eu à s'en plaindre. Ces 8 à 10 casiers ont rapporté chaque
jour de 6 à 8 homards, vendus 1 fr. 25 pièce. »
Le Finistère du 1er février 1888
C A M A R E T , 5 février. — Notre correspondant nous écrit :
« Vous parler des résultats de notre pêche, c'est vous dire la triste
situation de notre population maritime. Une dizaine de nos bateaux ont
mis, jeudi dernier, leurs filets à raie dehors. Ils les ont relevés hier
et n'en ont retiré que pour 150 fr. de raies et de langoustes. Celles-ci
se vendent 3 à 4 fr. pièce, les raies 4 fr. h 4 fr. 50.
« Nos autres bateaux au nombre de 72 à 75 se préparent à draguer le goémon
rouge. Le 1er de ce mois, jour où devait commencer la drague, une tempête
de l'est a empêché toute sortie. Maintenant c'est le calme qui gêne nos
marins. »
Le Finistère du 8 février 1888
C A M A R E T . — Notre correspondant nous écrit :
« Nos pêcheurs n'ont absolument rien fait depuis huit jours. Les jours
gras, pendant lesquels a souillé une grande brise du Nord- Ouest, ont
absorbé sans profit les premiers jours de la semaine. Depuis, les vents
du Nord-Est soufflent en tempête.
« Les pêcheurs de raies ont mouillé leurs filets vendredi et n'ont pu
les revoir. »
Le Finistère du 22 février 1888
C A M A R E T , 25 février. — Notre correspondant nous écrit :
« Trente-quatre bateaux de notre port pêchent les raies depuis huit jours.
Les marins qui montent ces bateaux ont eu environ douze francs chacun
pour leur part de la semaine C'est bion peu pour le métier qu'ils font,
métier que rend encore plus rude le mauvais temps de ces jours-ci.
« Les embarcations qui pèchent les homards prennent par sortie quatre
à huit de ces crustacés, qui sont vendus 1 fr. 25 pièce.
« La Louise, navire homardier de notre port, est parti il y a trois jours,
pour la côte d'Espagne, à la recherche d'une cargaison de langoustes.
« La rade de Camaret est actuellement couverte d'une forêt de caboteur»
à voiles. Les grands vents d'est et surtout la neige les ont forcés à
se réfugier chez nous.
« Le trois-mâts long-courrier Le Brave, dont je vous ai signalé la relâche
forcée par suite d'une voie d'eau, est toujours ici. Il y fait réparer
ses avaries. Il avait d'abord dû aller à Saint-Nazaire pour s'y faire
visiter, mais on a reconnu que la voie d'eau, qui l'avait arrêté dans
son voyage, était facile à boucher. »
Le Finistère du 29 février 1888
C A M A R E T , 8 mars. — Notre correspondant nous écrit :
« Nos pêcheurs de mulets ont depuis une huitaine fait de bons coups de
filets. Un, entre autres, a pris d'un seul coup 1,800 poissons: il n'en
a obtenu que 18 fr. le cent. Ces pêcheurs ont enfin été récompensés dé
leur persévérance à rechercher ce poisson, qui, depuis trois mois, ne
leur avait pas donné 50 fr. A la part.
« La morte-eau est terminée pour les pêcheurs de raies. Ils rentrent leurs
filets aujourd'hui. La pêche de ces poissons n'a donné que de tristes
résultats. Ceux qu'on a pris étaient loin d'être de belle taille : on
les payait quand même bon prix. C'est ainsi que certaines raies, qui en
temps ordinaire auraient été payées 1 fr. 50, se voyaient recherchées
à 6 fr. la pièce Les marins ont fait 12 fr. en moyenne dans la huitaine.
»
Le Finistère du 10 mars 1888
C A M A R E T , — « La goélette Séréna, capitaine Luco, de notre port,
nous a quittés hier allant en Espagne pour y acheter des langoustes. C'est
le dernier de nos navires à vivier ; les trois autres l'ont précédé de
quelques jours. »
Le Finistère du 28 mars 1888
C A M A R E T , 6 avril, — De notre correspondant :
« Les mauvais temps de la semaine dernière, joints aux grands courants
occasionnés par la marée du 2S, ont à peu près empêché toute sortie de
nos bateaux de pêche.
« Les filets à raies ont été mis dehors lundi et donnent chaque jour de
4 à 6 petites raies et quelques langoustes. Les levées sont de 20 à 40
fr. par bateau et par jour.
« Les pêcheurs de mulets sont plus heureux. L'un de ceux-ci vendait hier
soir pour 560 fr. de ces poissons, pris en un seul coup de senne. Un autre
patron en a également pêché, depuis 3 jours, pour 545 fr. Le mulet est
depuis quelques jours de grande taille, tandis que pendant tout l'hiver
on ne prenait que du fretin. Il est à présumer que la dernière tempête
a fait approcher de terre le gros poisson. »
Le Finistère du 7 avril 1888
C A M A R E T , 3 juin. — De notre correspondant :
« Toutes pêches très médiocres. Les pêcheurs de homards prennent en moyenne
24 homards, au prix moyen de 12 fr. les 10, et 6 langoustes A 2 fr. pièce.
« Nos pêcheurs de sardines de dérive n'ont rien fait. II y a lieu de supposer
qu'ils ne vont pas assez au large, car on annonce que ce poisson est abondant
au delà d'Ouessant. Deux bateaux de Crozon, arrivés vers 4 ou 5 heures
du soir, avaient, l'un 5,000 et l'autre 2,500 sardines, vendues les premières
25 fr. le mille et les autres 20 fr.
« Le maquereau ne donne pas du tout. La dorade qui, autrefois, c'est-à-dire
il y a une dizaine d'années, était pour nos pêcheurs d'un produit exceptionnel,
nous avait presque complètement abandonnés. Elle vient de faire sa réapparition
; espérons qu'elle nous restera quelque temps. »
Le Finistère du 6 juin 1888
C A M A R E T, 11 juin. — De notre correspondant :
« Une trentaine de bateaux ont commencé la pêche de la sardine de rogue.
Ils ont pris ce matin une moyenne de 2,000 de ces poissons vendus aux
mareyeurs 12 fr. le mille. Le premier bateau arrivé à terre a même obtenu
18 fr. du mille. Le poisson est mêlé. Le filet de 54 à 55 millimètres
est le plus convenable.
« Les crustacés sont peu nombreux cette année, les homards principalement.
« Nos homardiers n'ont pas pris une moyenne de 12 crustacés dans la semaine
qui vient de s'écouler. Il est vrai que le temps n'était guère favorable,
Les pêcheurs à la ligne, au nombre d'une vingtaine, trouvent quelques
lieus, dorades et tacots. Les maquereaux abondent, dit-on, parmi la sardine.
»
Le Finistère du 13 juin 1888
C A M A R E T , 21 juin. — Notre correspondant nous écrit :
« Depuis quelque temps, les sardiniers de notre port allaient chaque jour
à la recherche de ce petit poisson, et, malheureusement, comme sœur Anne,
ils ne voyaient rien venir, quand enfin ce matin, un fort banc de sardines
a fait son apparition dans nos baies. Les pêcheurs se disposent à les
bien recevoir. Les bateaux de Crozon, de Douarnenez, d'Audierne et même
de Concarneau, sont accourus à la rescousse. Aujourd'hui, ce matin du
moins, il n'y a eu qu'une simple escarmouche. Les sardines arrivent en
bancs pressés, mais prennent à peine de la boette, quelques bateaux en
ont cependant capturé de 1 à 4 mille, qu'ils ont vendues 12 fr. le mille.
« Toujours peu de homards; pauvre année pour ce genre de pêche.
« Quant aux langoustes, les pêcheurs n'en ont jamais moins trouvé ; ils
ne font pas une moyenne de 12 par semaine. Ce crustacé se vend 2 fr pièce.
»
Le Finistère du 23 juin 1888
C A M A R E T , 28 juin. — Notre correspondant nous écrit :
« Du 25 au 28, pêche de la sardine. Bateaux sortis, 85. Moyenne de poissons
péchés par bateau, 3,000. Prix par mille, 5 et 8 fr., en moyenne 7 fr.
« Le homard donne un peu. La pêche de la langouste est nulle ; nulle aussi
la pêche à la ligne. Nos pêcheurs sont découragés.
« La sardine ne donne pas, le prix baisse. Lundi et mardi on a payé 8
fr. le mille de sardines. Les bateaux n'en ont rapporté que quelques centaines,
si l'on excepte un qui en a pris dix mille, dont il a eu 5 fr. le mille
(poissons pour filets de 53 millimétrés).
« Ajoutez à cela que pour prendre la sardine il faut de la rogue et que
le prix de cet appât a haussé de 10 fr. par 100 kilos depuis l'ouverture
de la pêche.
Le Finistère du 30 juin 1888
C A M A R E T , 9 juillet. — On nous écrit : « Vendredi, petite pêche.
Il a été pris de 2 à 5,000 sardines par bateau, vendues au début 8 fr.
le mille, mais dont le prix est bien vite tombé A 6 et 4 francs.
« Samedi la pêche a été plus forte. Plu- sieurs bateaux avaient de 8 à
10,000 poissons. Certains en ont péché jusqu'à 15,000. Le prix baissait
au fur et A mesure que les usines s'emplissaient. Après avoir été de 6
fr., il a rétrogradé jusqu'à 3 francs.
« Ce matin, 9 juillet, pêche A peu près nulle. Les bateaux n'ont pris
que quelques centaines de poissons. Le prix est aujourd'hui de 4 fr. le
mille (poisson pour filets de 50 à 52 millimètres).
« Notre fête dite de la Pèche a eu lieu hier, par un temps splendide.
De nombreux visiteurs nous étaient venus des localités voisines de Brest.
« La majeure partie de la population a suivi la procession qu'escortaient
plus de 300 jeunes filles vêtues de blanc et portant des bannières.
« Du haut d'une estrade élevée sur le quai, contre la maison des demoiselles
Billoquet, un prêtre a adressé une éloquente allocution aux pécheurs et
a ensuite béni la mer et les 150 barques du port. Ces barques étaient
toutes pavoisées et amarrées à quai et le coup d'œil était admirable.
»
Le Finistère du 11 juillet 1888
C A M A R E T , 15 juillet. — Notre correspondant nous écrit :
« La pêche de la sardine a donné d'excellents résultats pendant toute
la semaine, à l'exception de la journée d'hier. Malheureusement nous avons
ici, depuis jeudi dernier, 4 à 500 bateaux de Douarnenez et nos pêcheurs
ne trouvaient plus, pour ainsi dire, à vendre leur poisson, dont on leur
donnait encore 7 et 8 francs le mille au commence- ment de la semaine.
« Il en est souvent ainsi chez nous. A la moindre pêche, les bateaux du
Douarnenez arrivent en foule. Comme nous n'avons que trois usines, elles
sont bien vite combles et par suite les prix tombent.
« La moyenne de la semaine a été de 30 à 35,000 poissons par bateau, vendus
en moyenne 4 francs.
« La sardine avait disparu hier ; on pense qu'elle a filé vers le nord.
Nos pêcheurs en sont presque contents, car la taille de cette sardine
(16 au quart) et, comme je viens de vous le dire, la grande quantité de
bateaux les empêchaient de tirer aucun profit de leur pêche. »
Le Finistère du 18 juillet 1888
C A M A R E T , 22 juillet. — Notre correspondant nous écrit :
« Du 15 jusqu'aujourd'hui, pêche passable. Bateaux sortis, 89. Moyenne
de poissons péchés par bateau, 12,000. Prix moyen par mille, 3 fr. 50.
Prix le plus élevé 6 fr., le plus bas 2 fr.
« Les crustacés donnent une moyenne de 12 fr. par semaine et par homme.
Quant à la pêche à la ligne, les résultats en sont très difficiles à apprécier
dans leur ensemble. Quelques bateaux, mais c'est, peut-on dire, l'exception,
font 25 fr. par semaine ; la moyenne doit être de 8 à 10 fr. »
Le Finistère du 25 juillet 1888
C A M A R E T , 26 juillet. — Notre correspondant nous écrit :
« Le 23, nos sardiniers rapportaient une moyenne de 7,000 poissons par
bateau. Les premiers arrivés ont vendu 5 fr. le mille. Plus tard le prix
est tombé à 4, puis à 3 fr. Le mardi 24, pas du pêche. Une forte brise
s'étant mis à souffler, vers 6 heures du matin, les bateaux ont dû rentrer
au port.
« Le 24, encore forte brise, nos bateaux ne sont pas sortis. Quelques
embarcations de Douarnenez sont venues, le soir, avec des pêches de 7
à 10,000 poissons, les premiers équipages rentrés obtenaient 2 fr. 50
le mille ; les autres n'ont vendu que 2 fr. Сe prix n'est pas assez rémunérateur
et nos pêchours sont dans la désolation.
« Aujourd'hui le vont était encore fort ; on a cependant péché 180,000
sardines. Ce n'est pas considérable, car nous avons ici 250 bateaux de
Douarnenez.
« Сe soir, tous les bateaux sont encore dehors. »
Le Finistère du 28 juillet 1888
C A M A R E T , 29 juillet. — Notre correspondant nous écrit :
« Les bateaux ne sont pas sortis le 27, à cause du grand vent de sud-ouest
qui n'a cessé de souffler.
« 400 bateaux de Douarnenez sont venus en relâche ici dans la nuit du
26 au 27. Ils sont, pour la plupart, repartis hier, 28, pour leur port
d'attache. Quoiqu'il ventât fort, ils ont, en allant chez eux, jeté leurs
filets dans la baie de Dînant. Mais ils n'ont point, dit-on levé de poisson.
« Une cinquantaine de bateaux sardiniers de Camaret. et de Douarnenez,
qui s'étaient rendus en rade de Brest, où ils n'étaient pas gênés par
le mauvais temps, y ont fait hier soir de très belles pêches. L'un d'eux,
venu ici avec 13,000 sardines environ, les a livrées d'un bloc pour 13
fr. Les autres bateaux sont tous allés A Brest avec leur poisson : 250
A 300,000 sardines. La vente en sera sans doute difficile. Ce poisson
est toujours du moule de 52 à 53 millimètres. »
Le Finistère du 1er août 1888
C A M A R E T , 5 août. — Notre correspondant nous écrit :
« Les 90 bateaux sardiniers de notre port ont pêché, le 3, une moyenne
de 4,000 sardines ; vendues au prix de 3, 4, 5, fr. le mille.
« Une centaine de bateaux de Douarnenez ont apporté aux usiniers une moyenne
à peu près semblable à celle des bateaux du pays. « Hier 4, la moyenne
était d'environ un mille par bateau. Toujours même poisson et même prix.
»
Le Finistère du 8 août 1888
C A M A R E T , 9 août. — De notre correspondant :
« Pas de modification dans la situation en ce qui concerne la pêche à
la sardine. On en prend chaque jour une moyenne de 4 à 5,000 par bateau.
Le prix est de 2 fr., 2 fr. 50 et 3 fr. Les deux tiers de nos bateaux
ne sont pas sortis aujourd'hui.
« Les langoustes se sont montrées plus abondantes depuis quelques jours.
Les homardiers quittent la côte où ils ne trouvent plus que peu de chose
et se gréent pour aller au large à la recherche de la langouste. « Les
autres pêches sont nulles. »
Le Finistère du 11 août 1888
C A M A R E T , 12 août. — Notre correspondant nous écrit :
« Le vendredi 10, une trentaine de nos bateaux sont sortis et ont rapporté
de 4 à 8 milles sardines par bateau. On a vendu ces poissons de 1 fr.
50 à 2 fr. 50 le mille Les usiniers ne semblaient pas en avoir grand besoin
; c'était uniquement pour débarrasser les pécheurs.
« Hier, 11, six embarcations du port et un même nombre de bateaux de Douarnenez.
sont venus avec une moyenne de 4 à 5,000 poissons qu'ils ont vendus 2
fr. 50 le mille. »
Le Finistère du 15 août 1888
C A M A R E T , 26 août. — Notre correspondant nous écrit :
« Le 24, 60 bateaux sont sortis et ont pris une moyenne de 3,000 sardines,
vendues 4 fr. le mille.
« Le 25, les mêmes bateaux n'ont pris en tout qu'une trentaine de mille
de poissons, c'est-à-dire pêche nulle.
Le Finistère du 29 août 1888
C A M A R E T , 9 septembre. — De notre correspondant :
« La pêche de la sardine est nulle ici depuis 3 jours. Notez, que nous
sommes en grandes marées, c'est ordinairement à ces moments là que le
poisson donne. Il y a donc, à supposer qu'il s'en est allé. Si c'est pour
faire place à de plus grosses sardines, il n'était que temps.
La langouste donne de bonnes marées et vend toujours 2 fr. pièce.
La ligne ne fait pas vivre son h o m m e . C'est à peine si ceux qui se
livrent à cette pêche font 10 fr., à la part par semaine. »
Le Finistère du 12 septembre 1888
C A M A R E T . — De notre correspondant :
« La pêche de la sardine est toujours un sujet de plainte pour nos marins.
« Tout va de mal en pis pour eux. Hier 15, quoique le poisson fût plus
gros, on n'en trouvait pas un centime. Les usines manquaient de boîtes
pour faire leurs conserves, et pour comble de malheur, les bateaux de
Douarnenez, surpris par le calme, ont été forcés de venir ici.
« Ceux qui pêchent au filet d'autres poissons que la sardine font de bonnes
marées : 6 à 8 francs par jour, à la part.
« Les pécheurs à la ligne prennent pour 2 à 4 francs de maquereaux chacun
par sortie.
Le Finistère du 19 septembre 1888
C A M A R E T , 20 septembre. — Notre correspondant nous écrit :
« Le 17, 40 bateaux sont sortis et ont pris à eux tous 180,000 sardines.
Le poisson pêché est très inégal comme grosseur. Le 18, 50 bateaux prenaient
170,000 sardines. Le 19, 60 bateaux prenaient 160,000, Aujour- d'hui 20,
50 bateaux prenaient 150,000.
« Lundi, le poisson était un peu plus fort ; mais depuis il est de 12
à 14 au quart. Tout ce poisson s'est vendu de 2 à 3 fr. le mille. Les
pécheurs de raies, dont les filets ont été rentrés mardi, ont gagné dans
leurs huit jours une moyenne de 35 fr. à la part.
Le Finistère du 22 septembre 1888
C A M A R E T , 27 septembre. — De notre correspondant :
« On ne fait plus guère à Camaret la pêche de la sardine. Tous abandonnent
cette pêche pour celle de la raie. On compte à peine 20 bateaux encore
armés pour la sardine. La moyenne de poissons pêchés par bateau, chaque
jour, varie de 5 à 6 mille. Ces poissons se vendent de 3 fr. 3 fr. 50
le mille. Les bateaux de Douarnenez se chargent d'ailleurs de pourvoir
nos usines.
« La pêche des langoustes est beaucoup plus lucrative pour nos pêcheurs.
« On va jusqu'à prendre par jour 40 à 50 de ces crustacés, que l'on vend
2 fr. pièce. »
Le Finistère du 29 septembre 1888
C A M A R E T , 1er octobre. — De notre correspondant :
« Les résultats de la pêche sont toujours les mêmes. Le poisson n'a pas
changé non plus de grosseur. Il faut toujours 12 sardines pour faire un
quart. Prix 2 à 3 fr. le mille. Et encore pour peu que la pêche soit abondante
le premier jour, les usiniers ne veulent plus de poissons le lendemain.
« On prend beaucoup de langoustes depuis trois semaines, mais la pêche
à la ligne est nulle. »
Le Finistère du 29 septembre 1888
C A M A R E T , 6 décembre. — De notre correspondant :
« Nos pêches sont toujours peu productives. Cependant lundi, mercredi
et aujourd'hui les pêcheurs à la ligne ont fait d'assez bonnes marées
de lieus. Mais ces lieus sont petits pour la plupart, et se vendent, à
Brest, à des
prix relativement faibles.
« Ce soir, le vent est au sud-est. Petite brise et mer démontée. Une douzaine
de caboteurs viennent d'arriver en relâche. »
Le Finistère du 8 décembre 1888
C A M A R E T , 28 février, — De notre correspondant :
« Les bateaux qui font la pêche des raies
ont rentré hier leurs filets. La part moyenne
de chaque homme pour toute la morte-eau n'a
pas atteint 20 fr.
Un pêcheur de mulets, le nommé Belbeoch
(Toussaint), a fait, il y a trois jours, un bien
beau coup de senne. Il a pris, pour 1030 fr.
de superbes mulets, qui lui ont été payés 27
francs la douzaine.
« Une vingtaine de caboteurs qui avaient
quitté lundi notre port pour aller vers les
ports du nord ont été remplacés depuis par
d'autres navires ayant la même destination. »
Le Finistère du 2 mars 1889
C A M A R E T , 8 mars. — Notre correspondant nous écrit :
« On a fait ce matin une publication pour inviter les pêcheurs de homards
qui veulent vendre leur pêche pendant l'été à se faire inscrire chez un
mareyeur désigné à cet effet.
« Les conditions sont les suivantes : on offre 10 fr. de la douzaine pour
les homards mesurant au moins 22 centimètres de l'œil à la première phalange
de la queue. Tout homard entre 20 et 22 centimètres sera considéré comme
demi homard.
« Le navire anglais devra prendre livraison de ces crustacés tous les
dix jours au moins.
« Quatre de nos navires qui se destinent à faire la pêche des langoustes
sur la côte d'Espagne, sont complètement armés. Deux sont en route. Les
deux autres sont en rade et comptent partir demain.
« Il en est encore deux qui les suivront. Mais, achetés depuis peu, ils
ne sont pas adaptés A ce genre de pêche et vont subir la transformation
nécessaire.
« L'ouverture de la coupe du goémon de rive a lieu demain dans toutes
les communes du quartier de Camaret. »
Le Finistère du 13 mars 1889
C A M A R E T . — On nous écrit :
La crise qui sévit sur notre population
maritime comme sur toutes les autres devait
nécessairement nuire à l'éclat de la fête de
dimanche. Cependant il y a eu des réjouissances, mât de cocagne, courses en sacs,
attractions diverses, autour desquelles les
curieux ne manquaient pas. La journée s'est
terminée par des illuminations et par un bal.
Le Finistère du 8 mai 1889
C A M A R E T , 30 mai. — De notre correspondant : « Toutes les pêches
sont très accidentées par suite du temps à grains qui règne depuis trois
jours. Les risque-tout seuls s'aventurent en mer. Quelques-uns font de
très belles pêches. Les prix se ressentent de la pénurie du poisson et
nos pêcheurs réalisent des gains assez élevés. « C'est ainsi que le petit
nombre de bateaux qui ont péché hier dans les environs de Portsal et do
l'Aberwrach sont rentrés à Brest avec des marées de 100 à 180 maquereaux
qu'ils ont vendus 20 fr. le cent. « Il en est de même des pêcheurs aux
casiers. Par ce temps incertain, les audacieux sortent et font des pêches
merveilleuses, tout en luttant contre les grains.
Le Finistère 1er juin 1889
C A M A R E T, 6 juin. — Notre correspondant nous écrit :
« Quatre bateaux de notre port, armés pour
la pêche de la sardine de dérive, prennent
chaque jour 4 à 5,000 poissons. Ils en trouvent ici 12 fr. du mille. Mais un équipage,
qui est allé ce matin jusqu'à Brest, avec un
chargement de 5,000 sardines, les a vendues
là 25 fr. le mille.
« Deux bateaux-viviers, venant l'un de la
côte d'Espagne, l'autre du Portugal, sont
entrés ce matin dans notre port, avec 9,000
langoustes chacun. Ces crustacés sont magnifiques. Mais il y avait un grand déchet dans
la cargaison du Portugal.
« Le bateau n'en est qu'à son premier
voyage et il parait que l'odeur du bois nouvellement travaillé fait mourir les langoustes.
On a été obligé d'en jeter un grand nombre
à la mer.
« Une vingtaine de nos bateaux se sont
dirigés sur Roscoff où l'on prend, paraît-il,
une abondance extraordinaire de maquereaux.
« Les pécheurs n'ont qu'un embarras, c'est
de trouver à vendre leur poisson. »
Le Finistère 8 juin 1889
C A M A R E T , 23 juin.— De notre correspondant :
« Une quarantaine de nos bateaux font la
pêche des maquereaux dans les parages de
l'Ile-de-Batz. Ils y trouvent de grandes quantités de ces poissons qu'ils expédient à Brest
ou à Morlaix ou qu'ils vendent dans les bourgs
de la côte. Le prix, qui était lundi de 25 fr.
le cent, est aujourd'hui de 5 fr.
« La pêche de la sardine de rogue est pratiquée par 60 embarcations de notre port. Ces
embarcations prennent en moyenne chacune
2 à 4,000 sardines par jour. Ces poissons sont
vendus à Brest et à Camaret. Nos mareyeurs
ont payé hier les premiers arrivés 8 fr., les
seconds 7 fr. le mille.
« Les mêmes bateaux font la pêche de la
sardine de dérive et prennent chacun 2 à
4,000 poissons, qu'ils vendent le même prix
que ceux qui sont pris en amorçant avec de
la rogue. Ils ont vendu aujourd'hui 10 fr. le
mille à Brest. »
Le Finistère 26 juin 1889
C A M A R E T , 7 juillet. — De notre correspondant :
« Deux cents bateaux sardiniers environ
fréquentent journellement nos baies ; quinze
seulement sont de notre port. Les résultats,
depuis jeudi soir, sont : Le jeudi soir, pêche
très faible ; le vendredi matin, 4 à 8 mille
à bateau, vendues 7 fr. le mille (mais dès 9
heures les usines n'en voulaient plus; le reste
a été vendu aux magasins de salaison, au
même prix de 7 fr. ) ; samedi on n'a guère
pêché que quelques centaines.
« Les homardiers prennent de 12 à 24
homards par jour, qu'ils vendent 10 fr. les 12.
Les pêcheurs de langoustes au casier prennent
de 20 à 30 par jour, qu'ils vendent 2 fr. pièce.
Ceux qui pêchent les langoustes aux filets
sont partis pour le large ; ils en ont péché de
80 à 120, qu'ils ont vendues 20 fr. les 12 ».
Le Finistère du 10 juillet 1889
C A M A R E T , 21 octobre. — De notre
correspondant :
« Nos sardiniers ne faisaient absolument
rien depuis une dizaine de jours, quand
aujourd'hui le petit poisson d'argent a de
nouveau reparu. La plus grande partie des
bateaux en ont rapporté de 2 à 5,000. On a
vendu 21 fr. le mille les 40 premiers mille de
ces poissons ; les autres mille ont été cédés à
20 fr. Le tout aux usines. »
Le Finistère du 26 octobre 1889
C A M A R E T , 27 octobre. — De notre
correspondant :
« Nos pêcheurs de sardines ne sont sortis
qu'une fois depuis le jeudi 25, dés 9 heures
du matin. La pluie commençait à tomber.
A midi la plupart des bateaux étaient déjà
rentrés. Une brise de l'est accompagnée de
pluie torrentielle les empêchait de profiter
de la journée. Ils s'étaient pourtant promis
unee bonne pêche. Quelques bateaux sont
pourtant restés en mer ; ils n'ont guère péché
une un à trois mille sardines, vendues 20 et
21 francs. »
Le Finistère du 30 octobre 1889
C A M A R E T , 17 novembre. — De notre
correspondant :
« La pêche de la raie donne d'assez maigres
résultats. Ces poissons se vendent 3 fr. pièce.
Les langoustes prises au filet trouvent acheteurs au même prix.
« La pêche â la ligne est passablement
abondante, mais peu rémunératrice à cause
des bas prix du poisson.
« Cependant certains pêcheurs ont jusqu'à
25 fr. pour leur part à la fin de la semaine ;
mais le moyenne ne dépasse pas 15 fr. par
homme. »
Le Finistère du 20 novembre 1889
C A M A R E T , 2 décembre. — De notre,
correspondant :
« Une trentaine de bateaux qui avaient
depuis le 27, mouillé leurs filets les ont
relevés chaque jour. La moyenne de leur
pêche a été de 5 à 6 raies et langoustes, qui
ont été vendues 3 fr. l'une.
« Une demi douzaine de bateaux qui
pêchent les homards ont pris chaque jour au
casier 5 à 7 de ces crustacés chacun.
« Les pêcheurs à la ligne font parfois d'assez
bonnes marées de lieus, tacots et vieilles.
Ces derniers poissons se vendent généralement dans la localité, de 0 fr. 25 à 0 fr. 50
pièce, suivant grosseur. »
Le Finistère du 7 décembre 1889
C A M A R E T , 15 décembre. — De notre
correspondant :
« La pêche va tristement. Il n'y a plus
beaucoup de bateaux armés. Le plus grand
nombre de nos marins en sont réduits à
travailler aux fortifications qu'on élève en ce
moment dans notre commune. La journée
est mince 1 fr. 60 à 2 fr., et encore ceux qui
obtiennent ce dernier prix sont bien rares.
Encore est-il préférable de gagner peu que
de chômer complètement.
« Les équipages des bateaux armés ne
gagnent, pas plus que ceux de leurs camarades qui travaillent à terre. Ainsi les pêcheurs
de raies n'ont rapporté en moyenne, le 13,
que deux poissons par bateau, vendus 4 fr.
pièce. »
— « Hier 14, la mer était affreuse. Le
cotre le Protecteur, de Concarneau est venu
ici ce matin avec un chargement de pommes
de terre rouges. Le capitaine les vend 5 fr.
les 100 kilog. et c'est à qui en prendra. »
Le Finistère du 18 décembre 1889
C A M A R E T . — Notre correspondant
nous écrit :
« Nos pêcheurs de raies, contrariés par le
mauvais temps, n'ont pu relever leurs filets,
mouillés au large depuis deux jours.
« Trois équipages qui s'étaient réunis pour
faire un coup de senne ont pris 2,600 mulets.
Ces poissons étaient de petite taille. Ils ont
été vendus 900 fr. Chaque homme a eu 60
fr. pour sa part. »
Le Finistère du 1er mars 1890
C A M A R E T , 2 mars. — De notre correspondant :
« Les résultats de la pêche de la raie ont
été, cette semaine, très peu uniformes. Le
temps en est cause. Quelques bateaux ont
pris de 6 à 12 poissons à la levée, tandis que
certains patrons n'ont absolument rien capturé.
« Un pécheur de Morgat est venu ici le 27
avec un millier de bars. Il en a demandé
1 fr. 20 la pièce et a été pris au mot. On considère qu'il a livré ces poissons à bon marché.
« Quarante navires caboteurs sont encore
mouillés sur notre rade. Quelques-uns avaient
appareillé hier matin ; ils ont du rentrer au
port, faute de vent. Aujourd'hui il souffle de
l'est une grand brise accompagnée de neige. »
Le Finistère du 5 mars 1890
Les retours de pêche sont scrutés par la population locale qui en vit soit par sa consommation alimentaire, soit par le revente à des mareyeurs ou des conserveurs. Quoiqu'il en soit, il s'agit de savoir si l'on va avoir faim ou si l'assiette sera pleine. Durant des siècles, les pêcheurs locaux ne se sont pas intéressés aux produits de la mer pour leurs valeurs gustatives ou nutritives mais se sont investis dans la quête du volume de pêche tant espéré. Sardines et maquereaux se pêchent à foison les jours fastes en saison. Deux espèces pélagiques qui vivent en bancs très concentrés. Un filet hors banc est une pêche nulle ; en banc, c'est la profusion. Reste la taille des prises dont les cours varient selon l'utilisation en conserverie au 19ème et début du 20ème. Certaines familles pressent la sardine pour la conserver dans le sel et en récupérer l'huile...
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