— « La petite ville, de Camaret était en liesse lundi soir,
à l'occasion de la victoire des candidats républicains aux élections sénatoriales.
La nouvelle était parvenue plus tôt qu'on ne l'attendait par une personne
arrivée de Brest dans l'après-midi.
» Dame ! sur 300 électeurs que nous sommes dans la commune, on en compte
295 républicains et 5 monarchistes ; les 3 sont : le curé, le cousin du
curé, le bedeau, le maire et le chantre. »
Le Finistère le 15 janvier 1879
C A M A R E T . — Nous avons reproduit dernièrement une correspondance
adressée de Camaret au Phare de la Loire et dans laquelle il était question
de l'enthousiasme soulevé dans celle patriotique population maritime par
le succès des républicains aux élections sénatoriales. L'Océan [ presse
monarchique de Brest NDLR ] et d'autres journaux de même candeur ont répondu
à cet article par la publication d'une longue et creuse polémique.
Voici la réponse spirituelle du correspondant du Phare à cette fastidieuse
épitre :
» Monsieur le Rédacteur,
» Pour répondre à un entrefilet de onze lignes inséré dans le Phare de
la Loire, un quidam, s'intitulant Camaretois, a noirci de sa prose deux
grandes colonnes du journal clérical l'Océan, de Brest.
» Vous comprenez bien que je ne viens pas répondre aux élucubrations extravagantes
du signataire de ce trop long article, rendu furieux parce que je vous
avais fait part de la satisfaction produite à Camaret par les élections
du 5 janvier dernier. Je n'ai pas la prétention de le convertir : seulement
permettez-moi de renouveler sa douleur, infandum renovare dolorem, en
vous signalant un autre fait tout en l'honneur de notre petite localité.
» Camaret a accueilli avec une nouvelle explosion de joie la nomination
comme président de la République de M. Grévy, de ce magistrat intègre
qui, depuis si longtemps, présidait aux débats de la Chambre. Les moins
lettrés de nos campagnards comprennent toute l'importance du grand acte
qui vient de s'accomplir. - Quoi ! disent-ils, la nouvelle de la démission
du maréchal [ Maréchal Mac Mahon NDLR ] à celle de la nomination de son
successeur nous sont arrivées en même temps ; la vacance du pouvoir n'a
duré que quelques instants ! C'est vraiment chose merveilleuse que le
régime républicain. Quelle différence avec le régime monarchique qui ne
nous donnait, après chaque changement de chef, que des luttes dans la
rue, où le sang de nos enfants était prodigué sans mesure, sans compter
l'arrêt complet des affaires et par suite la ruine pour tous les producteurs.
» Voilà sans doute deux nouvelles colonnes de récriminations ridicules
en perspective pour les lecteurs de L'Océan ! Mais qu'importe à l'avenir
du pays la mauvaise humeur d'un camarétois
» Qui trempe, trempe, trempe, trempe
» Sa plume dans son bénitier » ...
Le Finistère du 19 février 1879
Liste des délégués et des suppléants élus dimanche 1 octobre 1882 en vue
des élections sénatoriales.
CANTON DE CROZON.
Argol. — Délégué, M. Goasguen, R ; — suppléant, M. Bescou, R.
Camaret. — Délégué, M. Le Goff, R ; — suppléant, M. Le Garrec, R.
Crozon. — Délégué, M. Caradec, R ; — suppléant, M. Le Moign, R.
Landévennec. — Délégué, M. Mazéas, R ; — suppléant, M. Faou, R.
Lanvéoc. — Délégué, M. Jamault, R ; — suppléant, M. Edouard, R.
Boscanvel. — Délégué, M. Stéphan, Jean, R ; — suppléant, M. Stéphan, Alain,
R.
Telgruc. — Délégué, M. Baron, R ; — suppléant, M. Crouan, R.
Trégarvan. — Délégué, M. Moal, R ; — suppléant, M. Mérour, R (hors presqu'île
de Crozon).
R = républicain (gauche)
Le Finistère du 7 octobre 1882
Elections sénatoriales du 4 octobre 1885
1884 - Une loi nouvelle change le nombre des délégués en vue des élections
sénatoriales prochaines :
Canton de Crozon. Crozon, 5 délégués (9 seront élus ?). — Argol, 2. —
Camaret, 3. — Lanvéoc, 2. — Landévennec, 2. — Roscanvel, 2. — Telgruc,
3. — Trégarvan, 2. — Total pour le canton : 21 délégués.
Liste des délégués et des suppléants élus dimanche 21 décembre 1884 dans
les communes du département.
CANTON DE CROZON
Aryol (2 dél.) — MM. Mérour, Jacques, maire ; Doaré, Yves. (1 supp.) —
M. Kérinec.
Camaret (3 dél.) — MM. Palud, Hervé ; Mélénec, Louis ; Meillard, Jules.
(1 supp.) — M. Belbéoc'h.
Crozon [9 dél.) — MM. Plaçon, Charles ; Le Lann, Guillaume ; Kerdreux,
François ; Riou, Joseph ; Alix, Gabriel ; Lescop, Bernard ; Breton, Pierre
; Mignon, Bernard ; Boussard, Pierre. (2 supp.) — MM. Kerdreux ; Garrec.
Lanvéoc (2 dél.) — MM. Jamaull, Adolphe, maire ; Chevreuil, François.
(1 supp.) — M. Edouard.
Landévennec (2 dél.) — MM. Mazéas, Jacques, maire; Torillec, Jean-Marie.
(1 supp.) — M. Gourmelon.
Rosvanvel (2 dél.) — MM. Stéphan, Paul ; Madec, maire. (1 supp.) — M.
Keraudren.
Telgruc (3 dél.) — MM. Baron, maire; Boussard, Magloire ; Kormorgaul,
Joseph. (1 supp.) — M. Thomas.
Trégarvan (2 dél.) — MM. Mérour, Jean, maire ; Capitaine, Corentin. (1
supp.) — M. Lagadec (hors presqu'île de Crozon).
Le Finistère du 27 décembre 1884
C R O Z O N . — On nous écrit le 25 octobre : Jamais les
réactionnaires n'avaient ici déployé plus d'audace : on sentait qu'il
s'agissait pour eux d'un suprême assaut à livrer à ce canton de Crozon
qui leur avait infligé jusqu'à présent tant de défaites humiliantes. Le
canton de Crozon s'est vaillamment défendu et a sauvegardé sa vieille
renommée : la majorité républicaine s'y est élevée à un millier de voix.
Malheureusement, la commune chef-lieu n'a pas été à l'unisson des autres:
les républicains y sont en le dessous, pour la première fois depuis longtemps.
Il est vrai que la différence entre les deux listes n'a été que de 37
voix, Ce résultat est du surtout au nombre des absents. Cinq cents pêcheurs
quittent chaque année Crozon pour aller séjourner et pécher dans les eaux
de Douarnenez ; or, deux cents à peine se sont décidés à revenir ici pour
le vote.
D'autre part, un incendie a éclaté le 4 octobre dans un quartier de la
commune dont la population est notoirement républicaine ; ce qui nous
a enlevé encore un certain nombre, de votants.
Bien entendu, le clergé ne s'est pas désintéressé, à Crozon plus qu'ailleurs,
de l'élection du 4 octobre : l'exploitation politique de la crise agricole,
la menace du renvoi des prêtres et de la fermeture des églises, en un
mot toutes les inventions mensongères que le parti clérical ressuscite
à chaque élection, ont encore joué leur rôle dans celle-ci. Et dire que,
toujours démenties par les faits, ses inventions n'en trouvent pas moins
toujours des naïfs pour les accueillir !
Le vendredi, 2 octobre, une petite réunion privée avait été organisée
à Crozon par l'initiative d'un des vicaires et de M. Mercier, l'homme
d'action du parti monarchique. Quelques électeurs qui n'appartenaient
pas à la coterie se présentèrent pour y assister; mais on les congédia,
très poliment d'ailleurs, tout en leur recommandant de voter pour la liste
Freppel, et en leur remettant quelque argent pour aller boire à son succès.
Le jour du vote, toutes les issues de la mairie étaient assiégées par
des réactionnaires en nombre tel qu'aucun votant ne pouvait passer sans
être arrêté par eux.
L'un d'entre eux, plus osé que les autres, avait pris position dans l'escalier
qui conduit à la salle du vote : on peut penser qu'il ne se laissait pas
faute d'escamoter au passage les bulletins républicains. Après tout cela,
croiriez-vous que le Courrier du Finistère n'est pas encore content ?
Il a l'air d'être surpris que tous les électeurs de Crozon n'aient pas
voté comme un seul homme pour la liste cléricale. Patience, Messieurs
les rédacteurs du Courrier ; c'est par une véritable surprise que vos
amis ont eu à Crozon leur faible majorité du 4 octobre ; mais les Crozonnais
sont hommes à prendre leur revanche avant longtemps !
Le Finistère du 28 octobre 1885
C R O Z O N . — Nous recevons la lettre suivante :
Crozon, le 27 décembre 1885
Monsieur le Rédacteur,
II faut que la lumière se fasse. M. le curé de Crozon, à la basse messe
d'aujourd'hui, s'est posé en martyr. Vous n'ignorez pas que les curés
et vicaires de Crozon ont eu leurs traitements supprimés, à partir du
1er janvier 1886. Ces Messieurs ont fait de la politique, et pour cotte
cause, M. le Ministre a du leur infliger une leçon. Ce matin donc, à la
basse messe, voici en quels termes s'est exprimé notre pasteur : « Le
gouvernement veut vous priver de vos prêtres ; il vient de prendre une
mesure qui nous supprime notre traitement, à compter du 1er janvier, et
cela, parce que la paroisse, de Crozon a plus de 5,000 âmes et que, désormais,
le gouvernement ne paiera plus que les prêtres qui seront dans de petites
paroisses donc, vous êtes exposés à voir vos prêtres dans l'obligation
de vous quitter, à moins que vous subveniez à leurs besoins. » Monsieur
le Rédacteur, j'ignore une pareille mesure de la part du gouvernement
; je sais seulement que M. Goblet s'est réservé la latitude de punir par
des suppressions de traitements les ingérences électorales de notre clergé.
Je viens donc vous demander de me permettre de relever dans votre premier
numéro, ce mensonge, tombé du haut de la chaire de vérité. Ces paroles
ont produit une mauvaise impression sur une partie de notre population,
et il importe que des allégations aussi impudemment fausses ne passent
pas sans être démenties.
J'ai entendu moi-même ce que j'avance, et d'autres républicains de la
localité en ont été révoltés comme moi. Vous comprendrez facilement, Monsieur
le Rédacteur, combien il est important que notre population sache qu'au
lieu d'une mesure générale prise par le gouvernement, c'est purement et
simplement une mesure disciplinaire qui a été prise par M. le ministre
des Culte à l'égard des prêtres qui se sont jetés à corps perdu dans nos
dernières luttes électorales, pour combattre le gouvernement qui les salarie.
Recevez je vous prie, etc.
Un de vos abonnés.
Le Finistère du 30 décembre 1885
C A M A R E T . — On nous écrit le 6 octobre : Notre scrutin local a été
écrasant pour le parti monarchique : 352 voix à la liste républicaine,
sur 381 votants ! Pourquoi faut-il que ce bel exemple n'ait pas été suivi
partout dans le département !
Cependant, les agents monarchistes ne s'étaient pas fait faute d'exploiter
les souffrances de notre population maritime, éprouvée depuis plusieurs
années par l'insuffisance de la pêche. Mais, Dieu merci, nous avons trop
de bon sens pour nous laisser persuader que la République est la cause
de ces maux : c'est d'elle, au contraire c'est de sa sollicitude pour
les intérêts populaires que nous attendons un meilleur avenir.
Au premier rang des agents monarchistes, il faut signaler un jeune vicaire
qui s'est distingué par l'intempérance de son zèle électoral, au mépris
des déclarations de son évêque et des instructions du ministre des cultes.
Non content de se livrer a une propagande effrénée pour son compte, il
a eu la belle idée d'employer les enfants de chœur, pendant plusieurs
jours, à distribuer des bulletins. Franchement, est-ce pour rendre de
pareils services que ces enfants lui sont confiés ?
Ce même vicaire ne s'en est pas tenu là : ou l'a entendu faire en pleine
église un sermon électoral où il a poussé la violence jusqu'à traiter
de polissons les partisans de la liste républicaine, c'est à dire l'immense
majorité de la population de Camaret. Si quelqu'un avait retourné son
épithète injurieuse à ce singulier ministre de l'Evangile, aurait-on bien
pu lui donner tort ? Voilà pourtant la façon dont certains membres du
clergé servent ou plutôt desservent la religion qu'ils représentent. On
ne peut guère s'étonner, après cela, que cette religion elle-même pâtisse
de leurs excès. — « Il faut avoir bien peu de bon sens, me disait l'autre
jour un homme profondément religieux et très estimé dans le pays, pour
ne pas voir que les sottises imaginées par les prêtres, au lieu d'atteindre
les républicains de Camaret, se retournent contre leurs auteurs. »
Le Finistère du 10 octobre 1885
C A M A R E T . — Nous avons reçu une lettre de M. le vicaire Roudot,
de Camaret, où il nie avoir fait un sermon électoral le 4 octobre. Il
nous est malheureusement impossible d'insérer cette lettre qui contient
une injure grave à l'adresse d'un tiers, mais elle nous parait rouler
sur une équivoque. Le démenti de M. Roudot, porte, en effet, comme nous
le disons plus haut, sur un sermon qui aurait été fait le 4 octobre. Or,
cette date n'a jamais été indiquée par notre correspondant ni par nous.
Nous ajouterons que M. le vicaire ne dément pas qu'il ait dirigé la distribution
de bulletins, ni qu'il y ait employé les enfants de chœur. En tout cas,
n'est-il pas étrange qu'un prêtre soit assez peu imprégné de l'esprit
de l'évangile pour qu'il ne puisse écrire quelques lignes rectificatives
sans que la passion l'emporte et le fasse manquer aux convenances les
plus usuelles ?
Le Finistère du 31 octobre 1885
A R G O L . — La consigne est de démentir, disions-nous dans notre dernier
numéro. M. l'abbé Hily, recteur d'Argol, n'a pas voulu sur ce point rester
en arrière de ses collègues compromis comme lui dans l'élection dernière
; seulement, c'est dans le sein de l'Océan qu'il est allé déposer son
démenti. Quant au Finistère, écoutez en quels termes édifiants le digne
prêtre s'exprime sur son compte : « Je méprise trop ce journal, dit- il,
pour que je daigne lui adresser une réponse. »
Daignerons-nous, à notre tour, donner une leçon de convenance et d'humilité
évangélique à ce singulier pasteur ? Mieux vaut nous borner à publier
la lettre suivante, venue d'Argol, qui répond point par point à la sienne
et met à néant ses efforts plus audacieux qu'habiles pour donner le change
au public : Monsieur le Rédacteur, Je m'explique l'irritation de notre
recteur contre le Finistère, et vous allez vous l'expliquer vous-même.
Outre qu'il n'est jamais agréable de s'entendre dire ses vérités, M. le
recteur fait en ce moment une comparaison qui le navre : tandis que le
Finistère jouit à Argol d'une faveur qui est loin d'avoir diminué après
l'élection, il en est tout autrement du petit fourrier, journal protégé
et propagé par le presbytère ; d'un seul coup cette feuille de chou a
vu revenir quatre-vingt-dix de ses numéros, refusés par leurs destinataires.
Si le recteur d'Argol à pour votre journal des sentiments peu flatteurs,
je vous laisse à penser quels sentiments les habitants d'Argol ont pour
le sien ! Quant aux faits sur lesquels je vous ai renseigné, vous pouvez
les maintenir hautement et sans y rien changer. Pour plus de clarté, je
vais les reprendre en suivant l'ordre adopté dans sa lettre par M. le
recteur lui-même. 1er Il est parfaitement vrai que, le 1 octobre, à la
messe du matin, le recteur a fait une diatribe électorale où il a, entre
autres choses hasardées, donné la nouvelle que vingt-cinq mille chrétiens
venaient d'être massacrés au Tonkin. Il n'est pas moins vrai qu'il a ensuite
excité ses auditeurs à si? défier de ceux qu'il désignait sous le nom
de livitenn. Lui-même le reconnaît, du reste, et se contente de répondre
ceci : « Quant il l'obligation de se délier des livitenn, etc.. c'est
par trop naïf. Il me semble que les républicains n'ont pas seuls le privilège
des livitenn (redingotes). » S'il y a quelque chose de naïf, c'est cette
explication. Voyons, M. le Recteur: à qui donc alors entendiez-vous appliquer
le sobriquet de livitenn, et que venait faire dans votre sermon cet appel
à la défiance ? Si ce ne sont pas seulement les républicains, ce sont
donc tous ceux qui portent l'habit de la ville que vous avez ainsi traités
en suspects ? La chose devient de moins en moins excusable dans ce cas.
Exciter les habitants des campagnes à la haine des habitants des villes,
ce n'est guère faire œuvre chrétienne ni patriotique, surtout un jour
d'élection .Mais à quoi bon ces subterfuges, qui ne font qu'aggraver votre
faute? Il y a longtemps que, dans le vocabulaire ecclésiastique, livitenn
et franc-maçon sont devenus les synonymes commodes du nom de républicain.
On a la clef de ce vocabulaire, à Argol comme partant. 2eme Quoiqu'en
dise M. le recteur, le correspondant du Finistère a assisté à son sermon
de la graud'messe ; c'est pour cela qu'il a pu vous transmettre des renseignements
directs et : rigoureusement exacts. Quoiqu'en dise encore M. le recteur,
dont la mémoire est singulièrement en défaut, ce n'est pas le 4 octobre,
c'est le dimanche précédent, 27 septembre, qu'il a entretenu ses paroissiens
de la lettre pastorale de l'évêque. Ceci me donne l'occasion d'ajouter
qu'il les a exhortés à venir en grand nombre à confesse pendant la semaine
électorale, en prenant soin de dire que c'était surtout aux hommes qu'il
adressait cet avis. C'est bien facile à comprendre, n'est-il pas vrai
? Les femmes ne votent pas !
3ème En ce qui concerne le sermon du dimanche qui a suivi l'élection,
je suis étonné que M. le recteur cherche à s'en tirer par un alibi. Toute
sa défense consiste à dire, en effet, qu'il est allé assister à la grand'messe
à Saint-Nic, et qu'il n'y a pas prêché. Encore une habileté inutile !
Ce n'est pas à la grand'messe, c'est à la messe du matin, célébrée à Argol,
qu'a été débitée la fameuse homélie: « les mauvais chrétiens sont nombreux
dans cette paroisse, etc.. » le Finistère n'a jamais dit autre chose.
Fi ! M. le recteur, il faut que votre cause soit bien mauvaise pour que
vous soyez, réduit à la défendre par de pareilles équivoques ! 4ème Le
Finistère n'a en rien dénaturé le sens du sermon du 28 octobre, consacré
à persuader aux habitants d'Argol qu'ils doivent obéir à leur recteur
en toute circonstance. Les témoins ne manquaient pas là, Dieu merci !
Il y avait aussi un témoin, lors de la scène faite au presbytère, le 5
octobre, à un conseiller républicain. Embarrassé de s'expliquer là-desus,
M. h; recteur déclare qu'il s'en abstient, par respect pour la famille
de ce conseiller. S'il avait vraiment tant de respect pour elle, c'est
ce jour-là qu'il aurait dû le montrer ! 5ème Comment M. le recteur peut-il
chercher à révoquer en doute que le bedeau, lorsqu'il a fait sa quête
de village en village, se soit autorisé de son nom pour distribuer des
bulletins et donner des conseils électoraux ? C'est un fait connu de tout
le monde ; on assure même qu'avant de se mettre en route le bedeau avait
été appelé au presbytère pour apprendre sa leçon politique et faire sa
provision de bulletins, Dernier détail : M. l'abbé Hily fait valoir, en
s'en attribuant le mérite, le grand nombre de communions qui ont eu lieu
à Argol cette année.
Je me demande quel rapport cela peut bien avoir avec ses prédications
électorales, s'il se contentait de faire avec succès son métier de prêtre,
' il sait bien qu'il ne trouverait personne, ni à | Argol, ni à Quimper,
pour le lui reprocher. Tant mieux, si les communions ont été nombreuses;
mais qu'il prenne garde, en mêlant encore la religion aux querelles électorales,
de lasser à la lin le zèle des fidèles et d'éloigner les gens des sacrements
!
La fin de la lettre de M. le recteur est si étrange qu'elle mérite d'être
reproduite textuellement. Après avoir parlé du nombre des communiants
d'Argol, voici ce qu'il ne craint pas d'ajouter :
Cependant, le recteur a le regret de dire que de ce nombre ne se trouvaient,
ni les amis du Finistère, ni son correspondant. Ils préfèrent los mensonges
aux sacrements. » Que dites-vous de ce ton ? que dites-vous de ces procédés
de discussion ?
Le correspondant du Finistère ne s'en plaint pas, pour son compte. Sans
relever ce qu'il y a là de personnel pour lui, il se borne à faire remarquer
que M. le recteur aurait pu montrer moins de hâte à le reconnaître, dans
la crainte d'ajouter un jugement téméraire à la liste de ses péchés électoraux.
Quant aux autres « amis du Finistère », M. le recteur n'a-t-il donc pas
songé qu'ils sont la majorité dans la commune d'Argol, comme ils l'ont
bien fait voir lors de la dernière élection ? C'est donc au plus grand
nombre de ses paroissiens qu'il adresse une injure gratuite en osant dire
qu'ils préfèrent les mensonges aux sacre- monts.
Ces violences de langage, cette dénonciation et cette censure publique
de ceux qui veulent garder leur indépendance vis-à-vis de lui, sont bien
dans les habitudes de notre excellent pasteur. Mais quelle maladresse,
dans une lettre écrite pour se défendre, de se montrer ainsi tel qu'il
est !
Vos lecteurs peuvent juger maintenant de ce que doit être dans sa paroisse
un homme qui ne sait pas même contenir son intempérance naturelle lorsqu'il
écrit aux journaux. Pouvions-nous souhaiter meilleure démonstration à
l'appui de nos griefs que celle qu'il s'est chargé de nous apporter lui-même
?
Agréez, etc...
Le Finistère du 25 novembre 1885
°°°
Préhistoire
Galet aménagé / Chopper • Temples druidiques ?
L'empire romain
Camp romain du Kerloc'h • Monnaie de Postume • Voies romaines • Tuiles romaines
L'ancien régime
L'histoire du comté de Crozon • Les fourches patibulaires • Jeanne de Navarre quitte la Bretagne par le port du Fret • Maître des barques • La loi du milliard pour les émigrés • Attaques des diligences • Eglises et chapelles 1789 • Motte castrale • Mode de vie au moyen-âge • Terres vaines et vagues • Arabie pétrée • Le cahier de doléances de Crozon de 1789 • Premiers députés de la presqu'île de Crozon • La légende de Seiz-Kroaz / 7 saints
Personnalités
Marguerite de Savoie • Vice-amiral Thévenard • Maréchal Philippe Pétain • Jean Moulin • Louis-Ferdinand Céline • La visite d'Erwin Rommel • Louis Prucser moine résistant • Gabrielle Colonna-Romano • Louis Jouvet • Monique Keraudren & Gérard Aymonin botanistes • Frère François le Bail géologue • Macron à Crozon carton rouge 2018 • Les architectes qui comptent • Papes Grégoire XI et Paul II • Roi Marc'h • Guillaume Balay • Camille Vallaud • Juge de paix
Artistes
Marie-Jo Guével • Gérard Guéguéniat • Alphonse et Gabriel Chanteau • Pierre Chanteau • Maxime Maufra • Jim E Sévellec • Georges Violet • Marcel Sauvaige • Eugène Boudin
Les gens
Statut social des femmes par leurs pierres tombales • Les femmes dans les conseils municipaux • Conseils municipaux & bourre-pif • Les épidémies • Baisse de la population à cause du sable marin • Resencement : baisse du nombre d'habitants • Christianisation • Mariage • Mariages consanguins • Divorce • Curés de campagne • Les Filles du Saint Esprit • Prière prônale • Vendeur colporteur de presse VCP • Démocratie participative • RIP Référendum d'initiative partagée • Précarité et délinquance • Procès verbal • Almanach du forestier • Tour de France • Covid 19 • Aide sociale d'antan • Mendiants • Infanticide • Cadavres échoués • Annonces de rencontre • Les inventeurs • Identité - pêche ou agriculture • L'oie blanche • Douanier • Téléconsultation • Régates voiliers modèles-réduits • Incendie de chandelle • Accident mortel • Suicides • Foudroiement • Accidents du travail • Personnes disparues • Cosquer • Hospice • Cantonnier • Morts sur le quai
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