Les douves sont des fossés larges et profonds, en eau ou à sec, au pied des remparts. L'ennemi est ralenti, se démène pour tenter d'approcher le mur d'enceinte, les défenseurs projettent des projectiles à disposition pour tuer l'assaillant… Brest étant une ville fortifiée durant des siècles, sujette à des attaques étrangères, principalement les Anglais, disposaient de douves qui en temps de paix étaient tout aussi meurtrières...
B R E S T . — On lit dans le Républicain : Hier, entre
midi et 1 heure, M. Nouet, chef de bataillon au 2ème régiment d'infanterie
de marine, revenait à cheval de Pontanézen à Brest, quand, près la porte
Fautras, le cheval prit le mors aux dents et se précipita dans les douves
des fortifications entraînant avec lui son cavalier. Le cheval a été tué
sur le coup ; quant à M. le commandant Nouet, transporté immédiatement
à l'hôpital de la marine, il y est mort à 2 heures, un quart d'heure après
son entrée.
Le Finistère 29 septembre 1875
— Voici un crime qui révèle chez, son auteur des instincts d'une cruauté
bien précoce. Dans la journée de mercredi dernier, un enfant de huit à
dix ans a tué, à coups de couteau, un ce ses petits camarades de moitié
moins âgé que lui. Le pauvre petit cadavre, tout criblé de coups, a été
retrouvé le même soir dans un champ aux environs du fort de Kerinou.
Le Finistère du 2 octobre 1875
— Inexact, dit l'Electeur [presse républicaine NDLR], le bruit d'après
lequel un enfant aurait assassiné un de ses camarades. L'enfant serait
tout bonnement tombé en s'amusant du haut du fossé dans la douve et se
serait blessé au passage des ronces et à des pointes de cailloux ; ses
blessures seraient loin d'être mortelles.
Le Finistère du 9 octobre 1875
— Le 21 juillet, le nommé Joseph-Célestin Le Dannic, 2è
maître canonnier, en instance de retraite, est tombé entre trois et quatre
heures du soir du haut du rempart intérieur, près de la porte du Moulin
à poudre.
Voici, d'après l'Electeur du Finistère [ presse républicaine NDLR ] du
24 juillet quelques détails sur ce terrible accident dont la victime n'a
pas tardé à succomber.
« Un passage pratiqué dans la montagne pour les besoins du service
militaire, permet de communiquer, des fortifications à la porte du Moulin
à poudre. Du côté de cette porte; le passage est en partie voûté, mais
vers le milieu il est à ciel ouvert. Aux deux bouts, il est fermé par
des grilles en bois. De nombreux sentiers le contournent, qui abrègent
le chemin pour se rendre de la porte Fautras à celle du Moulin à poudre.
Vendredi, vers les quatre heures de l'après- midi, Le Dannic, pressé d'arriver
au Bouguen où il était attendu pour dîner, s'engagea dans l'un des sentiers
qui surplombent le passage mentionné plus haut. Des broussailles lui ont-elles
masqué la tranchée du passage ? A-t-il fait quelque faux pas sur l'herbe
très glissante en cet endroit ? toujours est-il que l'infortuné sous-officier
tomba d'une auteur d'environ 15 mètres dans le passage. Sa chute fut si
malheureuse, qu'il se brisa la cuisse droite et se fracassa la mâchoire.
Six dents ont été ramassées près de lui. De l'endroit où il était tout
d'abord tombé, Le Dannic dégringola encore un escalier de 20 marches,
pour s'arrêter enfin sur un palier plus large.
« Un ouvrier de la tonnellerie du port, qui suivait des yeux la marche
de Le Dannic, l'ayant vu disparaitre tout-à-coup, eut la pensée qu'un
malheur lui était arrivé ; il prévint à la porte du port. Des recherches
furent faites immédiatement au bas de la montagne. On ne trouva rien,
et l'idée ne vint à personne d'explorer le passage. Ce ne fut qu'à la
sortie des ouvriers que celui d'entr'eux qui avait vu disparaître le second
maître poursuivit ses recherches d'en bas. et à une certaine distance,
il aperçu le corps de l'infortuné. Aussitôt on força la grille en bois
du passage et on se porta à son secours.
« Le Dannic, malgré la gravité de son état, put répondre aux questions
qui lui furent adressées. D'après lui, trois heures s'étaient écoulées
depuis le moment de sa chute ; et l'on voit qu'il ne se trompait que d'une
demi heure environ. On le descendit aussitôt, un cadre fut apporté et
des ouvriers du Port s'offrirent avec empressement pour le transporter
à l'hôpital de la marine, où il arriva vers les sept heures du soir.
« Quatre heures après, à dix heures trois quarts, il rendait le dernier
soupir.
« Le Dannic, né au Port-Louis (Morbihan), était âgé de 42 ans. Ce malheureux
sous-officier venait d'être mis à la retraite, il devait partir le lendemain
pour Lorient. Son corps, placé dans un cercueil en zinc, a élé transporté
hier par le train de 11 heures 30, à destination de Lorient, où ses obsèques
ont dû avoir lieu aujourd'hui. »
Le Finistère du 26 juillet 1876.
B R E S T . — L'Union républicaine raconte que dimanche
soir, à 11 heures, deux officiers russes,
faisant partie de l'état-major d'une frégate arrivée le matin sur rade,
ont été amenés à l'hôpital de la marine, à la suite d'une chute qu'ils
avaient faite dans les fossés du rempart, aux environs de la Porte-Neuve.
L'un de ces officiers, M. Hergoroff, âgé de 22 ans était mort à son arrivée
à l'hôpital ; cette mort a dû sinon être instantanée, du moins suivre
de très près l'accident. L'autre, M. Marazensky, âgé de 20 ans, présente
plusieurs contusions compliquées de commotion cérébrale ; son état est
assez satisfaisant pour le moment, et permet d'espérer que, d'ici à quelques
jours, cet officier sera complètement guéri et pourra rejoindre son bâtiment.
Les obsèques de M. Hergoroff ont eu lieu mardi matin.
L'office des morts était chanté par le pope russe
et les officiers répondaient aux prières.
Tout le temps qu'a duré cette cérémonie, le corps,
posé dans la bière, est resté découvert.
A l'issue de la cérémonie religieuse, le couvercle
de la châsse a été posé et s'est trouvé immédiatement jonché d'une quantité considérable de couronnes et de bouquets.
Le convoi funèbre s'est mis ensuite en marche
dans l'ordre que voici :
1° Une compagnie de marins composée de quatre sections (deux tambours et deux clairons).
2° Un piquet de quinze files du 2ème d'infanterie de
marine, commandé par un sous-lieutenant.
Un piquet de quinze files du 19ème de ligne, également commandé par un sous-lieutenant.
A la sortie de l'hôpital, une voiture dans laquelle se trouvait le pope, assisté de trois officiers
russes, a pris la tête..
Venait ensuite le char traîné par deux chevaux
blancs.
Le deuil était conduit par M. Kerros, consul
de Russie à Brest et par M. le commandant du
Prince-Pajarski.
Les officiers de la frégate, au grand complet,
suivaient la dépouille mortelle de leur camarade.
On a constaté la présence, à cette douloureuse
cérémonie, d'une très grande quantité d'officiers
français de toutes armes, marine, infanterie de ligne, gendarmerie, artillerie de terre et artillerie de
marine ; tous étaient représentés.
Sur tout le parcours, la population montrait,
par son altitude, la part qu'elle prenait à ce sinistre événement.
Au cimetière, les troupes françaises ont salué
une dernière fois par une décharge générale celui
qu'un accident était venu enlever aussi prématurément à son pays et à l'affection des siens.
Le Finistère du 8 juin 1878
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