— L'Océan [ presse monarchiste NDLR ] raconte que le 24
juillet, à 9 h. 15 du matin, le Bougainville a appareillé pour commencer
la campagne d'été des élèves de l'école navale. La campagne, dite des
baies, qui vient de commencer, durera jusqu'au 8 août prochain. Vers le
11 août, le Bougainville quittera Brest pour se rentre à Cherbourg, en
passant successivement, si le temps est favorable, par Morlaix, Lézardrieux,
Saint-Malo, et en touchant à Jersey. Après que les élèves auront visité
Cherbourg, l'aviso fera route pour Lorient, en relâchant, pendant ce trajet,
à Concarneau et à l'entrée de la rivière de Bénodet. En partant de Lorient,
le Bougainville visitera Belle-Ile et la baie de Quiberon, d'où il devra
faire roule de manière à être rendu, le 30 août au port de Brest, en relâchant
à Douarnenez, dans cette dernière traversée, s'il a du temps disponible.
Le Finistère 26 juillet 1876
B R E S T . — La promotion d'élèves de l'école navale que notifiait le
Journal officiel du 22 août comprend les noms de deux jeunes gens provenant,
l'un de l'école des mousses, l'autre de l'établissement des pupilles,
et qui suivaient les cours de marine du lycée de Brest, en qualité de
boursiers du legs d'Authonay. Ce sont les jeunes Lefeuvre, reçu avec le
n° 40, et Léonec admis le 48è. Au concours de 1875, un autre boursier
du legs d'Authonay, le jeune Busnel, François-Désiré, était entré le 2°
de sa promotion à l'école navale. C'est avec empressement que nous enregistrons
ces succès. Ils permettent aux enfants de marins d'entrer dans le corps
des officiers de marine, en bénéficiant d'une instruction libéralement
accordée, et affrontant victorieusement les épreuves des concours. M.
d'Authonay, l'auteur de la fondation dont ces trois jeunes gens ont profité,
avait servi dans les équipages de la flotte en qualité de fourrier. A
sa mort, il a manifesté sa sympathie pour la famille maritime, en léguant
à la marine une fortune de près de 300000 fr dont les revenus ont reçu
de lui une affectation ainsi déterminée : entretien au lycée de Brest
d'abord, à l'école navale ensuite , d'un certain nombre d'enfants de marins
au-dessous du grade d'officier, désignés au concours parmi ceux que leurs
premières études ont fait remarquer dans certaines institutions de la
marine. L'initiative généreuse de M. d'Authonay commence, on le voit,
à porter ses fruits.
Le Finistère 2 septembre 1876
B R E S T . — La frégate-école d'application La Flore a quitté la rade
samedi soir pour entreprendre le voyage annuel des aspirants.
Le Finistère du 16 octobre 1878
B R E S T . — L'Union républicaine rapporte que dimanche dernier, vers
une heure de l'après-midi, un élève de l'Ecole navale, M. de X . . . ,
a fait une chute de la mâture du brick le Mousse pendant un exercice de
manœuvre, il est tombé à la mer en heurtant du bras droit qui a été fortement
contusionné par le choc ; il a été transporté à l'hôpital de la marine
; sa blessure est heureusement peu grave. A cette occasion, signalons
un acte de courage digne de tout, éloge : un élève de 2ème année, M. Lacaze
s'est précipité à la mer, par une houle très forte, pour sauver son camarade,
et l'a soutenu jusqu'à l'arrivée, du canot envoyé à son secours.
Le Finistère du 31 mai 1879
B R E S T . — Le Journal officiel vient de publier la liste des candidats
définitivement admis à l'Ecole navale. Sur les cinquante-deux nouveaux
élèves du Borda [navire école NDLR], le seul lycée
de Brest en compte quatorze, dont le premier et le second. Le même
lycée vient de faire recevoir trente bacheliers ès-lettres et ès-sciences
aux examens de la session d'août.
Le Finistère du 6 septembre 1879
B R E S T . — Le vaisseau école connu sous le nom de Borda va être prochainement
démoli et remplacé par un autre vieux navire, l'Intrépide, servant actuellement
de transport à Toulon.
En annonçant cette nouvelle, certains journaux de Paris croient devoir
répandre quelques fleurs sur la mémoire du Borda moribond, qu'ils appellent
« un vaisseau historique, à jamais célèbre dans la marine française. »
Ces journaux se figurent-ils, par hasard, que le vieux Borda, premier
du nom, a prolongé son existence jusqu'à nos jours ? En ce cas, il faudrait
demander qu'on le débaptisât pour l'appeler le Chevreul. La vérité est
que la coque du Borda s'est depuis longtemps envolée en fumée ; son nom
seul est resté et s'est transmis, comme un nom générique, à toute une
série de bâtiments qui l'ont remplacé dans le noble office d'éducateurs
de notre état-major naval. L'Intrépide, qui va hériter de cet office,
héritera en même temps du nom. Il n'y aura rien de changé dans la marine
française; il n'y aura qu'un Borda de plus !
Le Finistère du 15 septembre 1888
B R E S T . — Nous avons parlé du Borda dans nos deux derniers numéros.
Voici, à propos de ce navire, quelques nouveaux renseignements qui nous
sont communiqués par la personne de qui nous tenons les premiers.
Le Borda, avons-nous dit, est destiné à disparaître prochainement. Un
des navires annexes du Borda, le Janus, corvette à voiles, va subir le
même sort. Ce navire servait aux élèves de deuxième année pour les exercices
de manœuvres. Le Janus jauge environ 600 tonneaux. Avant d'être annexé
au Borda, il éiait maté en brick et a servi successivement de mouche d'escadre
et d'école pour les gabiers. Il a été aussi utilisé pour les exercices
de tir des canonniers. Il sera remplacé par le Sylphe, qui est actuellement
eu réserve à Landévennec. Une seconde corvette à voiles et à vapeur, l'Allier,
de 1,520 tonneaux, sert aux exercices des élèves de 1ère année du Borda.
C'est un ancien aviso de transport. Elle a été lancée au mois de mars
1878 à Lorient et a remplacé le Bougainville.
Le Finistère du 22 septembre 1888
B R E S T . — Un accident vient d'arriver en vue de Cadix, à bord de l'Iphigénie,
le navire école où les aspirants [ l’Iphigénie a servi, de 1886 à 1900,
d’école d’application des Enseignes de Vaisseaux à seize générations d’aspirants
de deuxième classe - sous-lieutenants. NDLR ] font, en ce moment, leur
voyage d'instruction.
Voici comment une lettre adressée de Cadix à Brest et communiquée à la
Dépêche raconte le fait :
« Un amiral espagnol était venu, à 1h. 1/2, pour visiter le navire. Au
moment où il quittait le bord, on le salua par les coups de canon réglementaires.
Au troisième coup la culasse d'une pièce de 11 a été projotée en arriére,
blessant 5 hommes : le quartier-maître de canonnage Le Borgne, très grièvement
blessé ; le canonnier de 1ère classe Vannel et le canonnier de 2ème classe
Durand dit Robin, grièvement ; les canonniers Méheust et Garrec, légèrement.
« Le quartier-maître Le Borgne a succombé à sa ou ses blessures.
« On ne sait pas à quoi attribuer l'accident.
« Les aspirants étaient à terre. Sans cette circonstance, l'accident eût
pu avoir des conséquences bien plus graves encore. » Le ministre de la
marine a reçu confirmation de l'accident dont nous venons de parler, par
le télégramme suivant, du commandant de l'Iphigénie.
« Un accldont est survenu A bord dans un salut.
« Un quartier-maître a été tué, deux matelots blessés grièvement.
« Lettre suit. »
Ce télégramme est daté de Cadix.
Le Finistère du 27 octobre 1888
B R E S T. — Nous avons déjà parlé dans notre dernier numéro de l'accident
arrivé à bord de l'Iphigènie. Nous recevons d'un de nos amis, embarqué
sur ce navire, une lettre dont nous extrayons le passage suivant, qui
contient quelques nouveaux détails sur le même fait.
« L'Iphigènie est partie de Vige le lundi soir, 13 octobre, et a abordé
à Cadix le jeudi 16.
« Le surlendemain, samedi, est arrivé à bord un déplorable accident.
« Pendant le salut que notre artillerie faisait à un contre-amiral, qui
était venu nous rendre visite, une gargousse a éclaté par accident au
moment du quatrième coup.
« La culasse du canon est partie, a atteint un quartier-maître canonnier
et quatre hommes, a traversé le bastingage et est tombée à la mer.
« Le quartier-maître est mort le soir, à terre, à l'hôpital. Le lendemain
on a coupé le bras à l'un des blessés. Un autre a un œil perdu.
« On ignore la cause de l'accident, mais il est fort probable que ce sont
des débris enflammés qui ont mis le feu au moment où l'on fermait la culasse,
qui a été projetée au loin.
« Heureusement que les aspirants n'étaient pas à bord ; car ils ont l'habitude
de se placer entre les pièces et il y aurait eu un plus grand malheur.
« Nous partons demain matin, 23, pour Madère. »
Le Finistère du 31 octobre 1888
B R E S T . — Le vaisseau à voiles l'Intrépide, destiné à remplacer le
Borda, école des futurs aspirants de la marine, partira de Toulon pour
Brest le 1er juillet.
Le Finistère 26 juin 1889
B R E S T . — Le vaisseau l'Intrépide, commandé par M. le capitaine de
frégate Auguier, a été conduit dans le port de Brest, où vont commencer
les travaux de transformation nécessaires. L'Intrépide, destiné à remplacer
le Borda, ne pourra recevoir son affectation, comme école navale, qu'à
compter du mois d'octobre 1890, et non à la prochaine rentrée des classes,
ainsi que cela avait été annoncé dans plusieurs journaux.
Le Finistère du 10 août 1889
B R E S T . — Le bruit a couru à tort qu'une révolte s'était produite
à l'école navale de Brest. Voici, d'après les renseignements que le XIX'
Siècle a reçu à ce sujet et qu'il déclare tenir de bonne source, ce qui
se serait passé :
« C'est la tradition du Jour de l'An en préparation qui a amené le bruit
que l'on a, par erreur, qualifié de révolte.
« Les anciens ayant demandé au pape, — nom que les élèves donnent au commandant,
— l'autorisation d'organiser la tradition du 1er janvier, qui consiste
en un bal costumé que les élèves donnent entre eux, le soir du Jour de
l'An, pour remplacer autant que faire se peut les joies défendues du foyer
de famille, le pape refusa. »
C'est M. de Courtille, officier de marine fort distingué, qui commande
actuellement le Borda.
« Ce refus inattendu devant, dans l'esprit des élèves, être rapporté,
comme cela s'est fait, souvent devant leurs protestations, un caïman fut
décidé.
« On appelle caïman une manifestation bruyante à laquelle prennent part
les deux promotions, et qui consiste à faire une sorte de monôme sur le
pont du Borda, dans le sens contraire à celui des promenades ordinaires
qui constituent la seule récréation possible des élèves sur le ponton
qui sert d'école. « Le caïman ne va pas sans des cris et le bris de quelques
carreaux et de quelques fanaux.
« Il n'en fallut pas davantage pour que le pape crût à une révolte résolue.
« Pour comble, ces choses se passaient la veille de Noël, et, à la nuit,
les nouveaux, interprétant mal une fumisterie des anciens, portaient,
tous, leurs souliers eu pied du grand mât.
« Les adjudants crurent que l'on allait attenter à leurs jours à coups
de godillots ; ils avisèrent la veuve, — c'est le nom que l'on donne au
second commandant, — et celui-ci, alors que les élèves étaient déjà au
lit, fit sonner le branle-bas, forçant ainsi les nouveaux à monter sur
le pont, leur hamac sur l'épaule; là, on les tint une heure au peloton,
et on les renvoya se coucher gardés par quatre factionnaires, baïonnette
au canon.
« Le pape communiqua les événements au préfet maritime, qui décida la
privation de sortie du Jour de l'An pour les deux promotions. »
Le Finistère du 1er janvier 1890
Une dépêche de l'agence Havas nous apprend que la fièvre dingue sévit
sans gravité à bord de l'Iphigénie, navire école des aspirants de marine,
en ce moment à Toulon.
Dix aspirants, quatre officiers mariniers et 75 matelots sont atteints
et ont été conduits à l'hôpital Saint Mandrier ; les autres aspirants
sont envoyés dans leur famille.
Le Finistère du 26 février 1890
L'Iphigénie, le navire-école des aspirants
de marine, est arrivée le 5 février à Gibraltar.
Dans sa traversée de Saintes (Antilles) à cette
ville, elle a essuyé, du 23 au 24, une tempête
horrible. La mer a défoncé les sabords du
commandant et envahi toute la dunette. L'appareil à glace a été chaviré, et l'acide sulfurique qu'il contenait, se répandant au dehors,
tout ce qui n'avait pas été brisé, dans l'ameublement, a été brûlé. Un accident des
plus malheureux a terminé cette journée. Le
nommé Guillerme, quartier-maitre de manœuvre, a été enlevé et jeté à la mer. On lui
a lancé deux bouées de sauvetage ; mais vu
l'état de la mer, il a été impossible de le
sauver.
Le Finistère du 15 février 1890
L'école navale est transférée en presqu'île de Crozon : Lanvéoc-Poulmic. BAN & Ecole navale
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