Lancement du Colbert cuirassé à coque en fer

B R E S T. — Aujourd'hui, à 3 heures de l'après-midi, on lance dans le port de Brest un vaisseau cuirassé de 1er rang, le Colbert. Ce navire, plus grand encore que l'Océan, lancé également à Brest, a 102 mètres de longueur et une largeur de 18 mètres au maître-bau : il a un poids total de 8471 tonneaux marins, soit 8,471,000 kilogrammes ; sa machine est d'une puissance effective de 4,000 chevaux. L'artillerie comprendra 4 mitrailleuses sur la passerelle, 6 pièces de 27 c. m. au fort central, 2 pièces de 27 cm dans les demi-tourelles, 1 pièce de 24 cm sur la tangue et 6 canons de 14 cm sur le pont de gaillard. L'opération du lancement a lieu sous la direction de M. l'ingénieur en chef Bienaymé.
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B R E S T. — Mercredi, a eu lieu, sous la direction de M. l'ingénieur en chef Bienaymé, le lancement du navire cuirassé le Colbert. L'opé- ration a admirablement réussi. M. le général Cambriels, commandant le 10ème corps d'armée, et M. le Préfet du Finistère assistaient à cette cérémonie.

Le Finistère du 18 septembre 1875
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B R E S T. — Le lancement du vaisseau de premier rang le Colbert, qui a eu lieu la semaine dernière, a été une véritable fête pour la ville. Nous avons déjà donné des détails sur le plan du navire, ses dimensions et son armement. Voici quelques renseignements sur cette fête qui a eu un éclat tout à fait inusité. Le port militaire, ordinairement fermé au public, avait été ouvert par ordre de l'amiral Maigret. Vers une heure, plusieurs milliers de personnes, qui attendaient à la porte, sont entrées et se sont dirigées vers la côte de la Tour-Noire, où le vaisseau était emprisonné. Des piquets du 2ème régiment d'infanterie de marine et du 13ème de ligne faisaient le service de garde. Sur une estrade drossée en face la cale, siégeaient le personnel de la préfecture maritime et un grand nombre d'invités, parmi lesquels on remarquait l'amiral Maigret, le contre-amiral Mallet, le général de Vassoigne, le général Cambriels, le sous-préfet de Brest, etc. Dans la rade, tous les navires étaient pavoisés. A trois heures précises, au commandement de l'ingénieur Bienaymé, qui était chargé de l'opération du lancement, les coins et les accords étaient enlevés, et le superbe vaisseau allait majestueusement dans le port, au milieu des bravos enthousiastes de tous les assistants, qu'on n'évaluait pas à moins de dix mille. Comme il est d'usage, on avait établi, à deux mètres environ de chaque côté de la quille, une « ventrière » destinée à augmenter au besoin la base d'appui de celle masse ; aucune d'elles n'a servi, le navire a glissé uniquement sur sa quille, ou pour être plus exact, sur la semelle » qui y était fixée. La partie de l'opération comprenant l'installation des aussières et des chaînes de retenue ainsi que la fixation des drames d'arrêt a également réussi d'une façon complète, et le Colbert s'est arrêté au point indiqué, en tendant ses câbles sans les rompre. Nous compléterons les renseignements que nous avons donnés dans un précédent numéro sur ce grand cuirassé à éperon, en disant que sa cuirasse aura une épaisseur de 22 centimètres, et que sa machine, qui vient de l'usine nationale d'Indret (Loire-Inférieure), est du nouveau système à trois cylindres et à condenseurs tubulaires ; système économique, grâce auquel la force d'un cheval-vapeur ne coule plus qu'un kilogramme de charbon au lieu de deux kilogrammes que dépensaient les systèmes précédemment employés. Un correspondant du XIXe Siècle qui a assisté au lancement du cuirassé le Colbert, raconte un petit incident de la cérémonie Au moment où elle allait commencer, le préfet maritime aperçut dans la foule un homme petit et gros, vêtu de la façon la plus simple et coiffé d'un chapeau de paille ; il s'était installé sans cérémonie sur une pile de madriers. Le préfet se pencha vers plusieurs officiers de marine et l'on vit aussitôt trois ou quatre de ces jeunes gens en grande tenue escalader les madriers au sommet desquels l'homme au chapeau de paille s'était juché et lui prodiguer les marques du plus profond respect en l'invitant a descendre. Après quelques minutes de discussion, l'homme au chapeau céda et fut amené sur la tribune. La préfet maritime alla à sa rencontre et le fit asseoir auprès de lui ; tous les regards étaient tournés vers cet inconnu, qui, au milieu des uniformes officiels, semblait présider la cérémonie. C'était le général Cambriels, qui avait quitté incognito son commandement, dont le siège est à Rennes, pour venir voir le lancement du Colbcrt. Sur les registres de l'hôtel où il est descendu, nous avons vu cette mention : M. Cambriels ; profession : militaire. Le brave général et le digne homme ne se doutait certes pas que son incognito serait aussi vite démasqué.

Le Finistère du 25 septembre 1875

Mis en service en 1877. Retiré du service en 1900.

Croiseur de troisième classe Rigault de Genouilly

B R E S T . — Mardi prochain, 19 septembre, le croiseur de troisième classe Rigault de Genouilly sera mis à la mer dans le port de Brest. La bénédiction de ce navire aura lieu à une heure au plus tard. Les portes de l'Arsenal seront ouvertes au public à midi, et le lancement du navire aura lieu à 2 heures 1/4 du soir. Le Rigault de Genouilly sera pourvu d'une machine de la force nominale de 450 chevaux, et sera armé de huit bouches à feu.

Le Finistère 16 Septembre 1876

Croiseurs non protégé de taille modeste destiné aux patrouilles maritimes conçu par Arthur Bienaymé en 1872-1873. Retiré du service le 3 février 1899. Devenu barge de stockage de charbon dans le port de Brest jusqu'en 1917 sous le nom de Rumengol jusqu'au 16 juin 1914. Allongé à Landévennec, devient navire de dépôt pour les forces navales américaines stationnées à Brest. Vendu entre 1919 et 1922 selon les sources.

Le Sfax, croiseur à flottaison cellulaire - 1884

Annuaire naval Brassey

Brest. LE SFAX, croiseur à flottaison cellulaire. — Nous empruntons à l'Océan les très intéressants renseignements suivants sur le grand croiseur qui, construit à Brest sur les plans de M. l'ingénieur Bertin, doit être mis à l'eau le lundi, 26 de ce mois, à 3 heures de l'après-midi.

La caractéristique de ce navire, ce qui le distingue essentiellement de tous ceux qui ont été construits dans ces dernières années pour le service des stations, c'est le système défensif de sa flottaison constitué par une tronche cellulaire qui s'étend du premier pont blindé jusqu'au pont de la batterie. Cette partie du navire est entourée par une ceinture de cofferdams ou caissons batardeaux, destinés à empêcher l'irruption de l'eau dans les compartiments intérieurs, en cas où le bordé extérieur viendrait à être troué par un projectile, un choc ou toute autre cause. L'espace enserré entre ces cofferdams est séparé en cellules ou compartiments parfaitement étanches, au moyen de sept cloisons longitudinales et de seize cloisons transversales en tôle d'acier, reposant sur le premier pont blindé. Ces compartiments, utilisés comme soutes, ne sont accessibles que par le pont de la batterie qui leur sert de plafond, et leur capacité varie de vingt à quarante mètres cubes. Si, malgré le remplissage des cofferdams, qui forment un premier blindage, un boulet, après avoir traversé le bordé, pénétrait jusqu'à l'une de ces cellules en traversant encore sa cloison extérieure, il est probable que la résistance du contenu de la cellule amortirait enfin sa vitesse et l'on en serait quitte pour l'introduction dans les capacités du navire d'une masse d'eau de quarante mètres cubes au plus, augmentant son poids d'autant de tonneaux, et dont le seul effet fâcheux serait de faire immerger le croiseur de quelques centimètres, mais sans en compromettre la sécurité ni en altérer sensiblement ni les qualités nautiques ni la valeur militaire. Combien faudra-t-il donc de boulets heureux pour mettre hors de combat un tel navire, et n'est-il pas, par le fait seul de sa construction, protégé au moins autant qu'il pourrait l'être, par ces pesantes cuirasses qui atteignent au- jourd'hui jusqu'à soixante centimètres d'épaisseurs ? L'idée de cet ingénieux système n'est pas neuve, et en France notamment, il avait été proposé, il y a douze ans déjà, par l'auteur même des plans du Sfax. Son adoption générale débarrasserait nos navires de guerre de ces lourdes et coûteuses cuirasses, qui n'ont pour elles que leur valeur défensive, et par compensation, augmentent considérablement le déplacement, le tirant d'eau, le prix de revient de nos vaisseaux, les rendent bien plus difficiles à manœuvrer, et n'ajoutent rien à leur valeur offensive. N'est-il pas à espérer aussi que la suppression des cuirasses rendra inutiles ces canons fabuleux de poids tels que tous leurs mouvements exigent l'emploi de machines spéciales, qu'il faut si peu de chose pour mettre hors d'état de servir. De là, nouvelle économie et dans les poids et dans les prix de revient, et notre possibilité d'augmenter très sensiblement le contingent de nos forces navales sans grever davantage notre budget.

Pourquoi donc l'idée de M. Bertin a-t-elle été laissée si longtemps à l'état de projet ?

A-t-on redouté de trop compliquer le service intérieur ? A-t-on seulement obéi à ce sentiment de défiance qu'inspirent, et bien souvent à juste titre, les idées nouvelles, et cédé au courant d'idée qui, pendant quelques années, nous en- traîna à n'adopter pour nos croiseurs et nos cuirassés, que des types déjà construits et essayés à l'étranger. Toujours est-il que l'efficacité de la tronche cellulaire est enfin reconnue ; on avoue que ses inconvénients sont loin d'en contrebalancer les avantages et l'on admet aujourd'hui qu'avec un déplacement inférieur de 1,300 tonneaux, le Sfax, aura une valeur militaire supérieure à celle du Tourville, le plus beau de nos vaisseaux actuels.

Quelques détails maintenant sur les dimensions et le mode de construction du Sfax. La longueur de rablure en rablure au premier pont est de 89 mètres ; la longueur totale de l'allonge de poupe à l'extrémité de l'éperon, de 95 mètres ; la largeur hors bordé, de 15 mètres, la hauteur de batterie ou distance du seuillet de sabord à la flottaison de 1,08 et le tirant d'eau de l'avant et de l'arrière est de 1,70, ce qui porte le dernier à 7,65.

Au tirant d'eau moyen de 6,80 correspond un déplacement de 4,500 tonneaux dont 2,100 sont consacrés au poids de coque. Le reste est réservé pour l'exposant de charge, c'est-à-dire l'ensemble des poids amovibles, artillerie, munitions, appareil moteur, combustible, mâture, agrès, apparaux, embarcations, équipage, vivres et objets divers.

L'artillerie, entièrement composée de nouvelles pièces du modèle long de -1881, comprend : sur le gaillard, six canons de 16 centimètres dont deux en chasse, et quatre parle travers dans des encorbellements pratiqués pour les recevoir dans la batterie; dix canons de M centimètres sur affûts hydrauliques à recul réduit. Il y a de plus huit canons revolvers.

Le Sfax aura deux hélices, actionnées par deux machines horizontales à grilles non renversées : ces machines dont chacune a deux cylindres, sont logées sur l'avant l'une de l'autre dans deux chambres séparées. L'appareil évaporatoire se compose de douze corps de chaudières cylindriques à deux foyers chacune. Elles marchent à une pression de régime de 6 kilogrammes et devront, au tirage normal, développer une puissance totale de 6000 chevaux de 75 kilogrammètres au moyen de laquelle le navire devra atteindre une vitesse de 15 nœuds. On pourra augmenter la puissance à l'aide d'un tirage forcé produit en chambre close par l'action de 4 ventilateurs de 80 chevaux ; on espère ainsi pouvoir développer 7400 chevaux et atteindre une vitesse de 16 nœuds 3/4, ou 30 kilomètres à l'heure. L'approvisionnement du charbon est de 545 tonneaux en charge normale, mais la capacité des soutes permet d'en loger 800, ce qui mettrait le Sfax à même de franchir une distance de deux mille lieues marines (plus de onze mille kilomètres), à la vitesse de dix nœuds. La mâture et la voilure sont celles d'une frégate ordinaire et suffiront, en bien des circonstances, à faire marcher le navire en économisant son charbon.

La membrure du Sfax, entièrement métallique, est revêtue d'un bordé en tôle d'acier dont l'épaisseur, de 14 millim. dans les fonds, se réduit graduellement et n'est plus que de 10 mil lim. à la hauteur de la batterie. Ce bordé est lui-même enveloppé d'un bordé en bois de deux plans, dont l'un, celui qui est plaqué sur la tôle, est en teak, bois qui ne contient pas comme le chêne d'acide susceptible d'attaquer le fer et l'acier. Le bordé extérieur est doublé en cuivre comme celui des navires en bois ordinaire. Cette disposition garantit la carène en tôle de la salissure et de la corrosion, contre les- quelles on n'a pu trouver jusqu'à ce jour de préservatif plus efficace.

On ne peut évidemment porter un jugement définitif sur la valeur d'un navire avant de l'avoir vu à l'épreuve, mais par tout ce qui vient d'être exposé, on peut se croire autorisé à présumer que nous allons posséder dans le Sfax un nouveau type d'une valeur sérieuse et de nature à faire grand honneur à l'éminent ingénieur qui en a conçu les plans. X...

24 mai 1884
L'Union monarchique du Finistère

Point de fait de guerre, ni de marine, pour ce navire à cheminées et à voiles. Croiseur protégé de 2ème classe, blindage partiel. En service en juin 1887 et retiré du service en 1906. Travaux de modernisations en 1889, 1895, 1899, néanmoins mis en réserve en 1896 à Landévennec sur la zone mouillage de l'Aulne, il est utilisé pour des manœuvres uniquement. Le Sfax rentre cependant dans l'histoire de la marine en ramenant le capitaine Dreyfus de l'Île du Diable (Guyane française) le 9 juin 1899 pour Port-Haliguen (Quiberon France) le 1er juillet suivant afin de présenter l'officier à un procès en révision à Rennes.

Déclassement en réserve de deuxième catégorie en janvier 1901, puis en réserve spéciale le 20 janvier 1903 avec un équipage réduit de maintenance qui fréquente les débits de boissons de Landévennec avec assiduité. Désarmé le 13 août 1905 et transformé en ponton de dépôt de munitions d'obus et de charges propulsives jusqu'en 1909. Mis en vente le 26 mai 1909, la vente est signée le 25 août 1910 afin d'être déconstruit dans le civil.

Le ministre de la marine Théophile Aube cherche à équiper la flotte de corsaires commerciaux, des navires secondaires engageant la marine marchande ennemie. Le programme réalisé sera moins ambitieux que celui projeté.

Comme de nombreux navires construits dans les arsenaux de Brest qui faisaient vivre une grande part de la population, il y eut une répercussion sur la vie de la presqu'île de Crozon par la présence des matelots à terre qui firent vivre des familles de commerçants.

Lancement du Milan

Annuaire naval Brassey

B r e s t . — Le Milan a fait à Brest des essais qui ont donné un résultat dépassant l'attente générale. Au tirage naturel, sans pousser les feux, on a obtenu 17 nœuds 27 de vitesse moyenne, en développant 3,400 chevaux environ. L'essai d'hier, à tirage forcé, au moyen de jets de vapeur dans les cheminées, a dû être interrompu par suite de l'échauffement d'une pièce de machine. On avait obtenu 18 nœuds 4 de moyenne de vitesse en produisant 3,900 chevaux. C'est le seul bâtiment de la marine française qui ait atteint cette vitesse. Les essais de ce croiseur reprendront bientôt.

L'Union monarchique du Finistère du 29 avril 1885.

Dernier croiseur français non protégé. Fut réellement le plus rapide mais avec des vibrations intenables...

Lancement de la Sylphe

B r e s t. — La corvette à voiles Sylphe a été lancée lundi, à 3 heures 1/2, en présence des autorités et d'une foule immense. L'opération a complètement réussi. Ce petit bâtiment est destiné à l'école des mousses.

L'Union monarchiste du Finistère du 1 septembre 1886

Lancement du Neptune

« Nous avons assisté, samedi 7 mai 1887, au lancement du Neptune, magnifique cuirassé d'escadre qui, depuis plusieurs années, était sur les cales de construction. A midi, nous quittions le Borda, en grande tenue, pour nous rendre au lieu de la cérémonie. Une immense masse rouge, toute pavoisée de pavillons tricolores, de guirlandes et de bouquets, se dresse devant nous. Des tribunes apparaissent décorées de flammes de toutes couleurs et déjà remplies d'un nombreux public. Tout près, la mer, qui semble attendre son nouvel hôte. Notre professeur d'architecture navale, un lieutenant de vaisseau, nous conduit sous le bâtiment et nous donne une foule de détails techniques. L'infanterie de marine arrive, des uniformes brillants se croisent çà et là dans la foule.

« Cependant le moment solennel approche. Des centaines d'ouvriers du port enlèvent à coups de masse les premières accores. Ce sont d'énormes poteaux qui soutiennent les flancs du navire de l'avant à l'arrière.

« Le cortège officiel défile, la musique et le clergé qui va bénir le bâtiment. A chaque roulement de tambour, de grands coups de bélier font résonner les flancs de l'énorme navire. On enlève deux accores de chaque bord. Bientôt le bâtiment ne tient plus que sur sa quille en équilibre.

« Les autorités et le clergé font le tour du Neptune : on le baptise. A bâbord, la musique des équipages de la flotte fait entendre ses meilleurs morceaux. Les ingénieurs des constructions navales, debout sur une passerelle à l'avant du navire, dirigent l'opération. Un nouveau roulement de tambour se fait entendre, on scie la savatte. La savatte est une fausse quille retenue à l'avant sur la cale, et que le navire doit emporter avec lui au départ. Les ouvriers du port, sous l'avant, ébranlent les tains secs au moyen de grosses masses de fer suspendues à des cordes.

« Tout-à-coup un cri s'élève dans la foule... Le Neptune a remué ! Il descend insensiblement vers la mer. Les ouvriers s'enfuient de tous côtés, et on entend un formidable craque- ment... Le Neptune part. Cette masse immense s'élance dans les flots au son de la Marseillaise. Ce moment plein d'émotion est vraiment splendide. On crie, on applaudit, on franchit les barrières, on enjambe les tribunes, et tous les yeux émerveillés sont fixés sur ce géant rouge qui glisse bruyamment au milieu des flots. On dirait un roi de la mer qui vient de prendre possession de son domaine.

« L. P . »

Journal de Rennes

Le cuirassé Neptune eut une piètre carrière maritime. Mis en service le 23 décembre 1892, mis en réserve en 1900, retiré en 1908, coulé pour exercice cible en 1913.

20 août. — Entre 2 et 3 heures de l'après-midi, le nommé Bozennec, Hervé, patron de la chaloupe la Sainte-Hélène, n° 1592, de Douarnenez, chaloupe montée par 5 hommes d'équipage, se trouvait sur le lieu de pêche, par le travers du Minou, quand ils virent arriver sur eux à toute vitesse l'aviso le Dupetit-Thouars qui sortait de Brest pour faire ses essais. Malgré tous leurs efforts, ces malheureux pêcheurs ont été impuissants à se garer du vapeur, qui lui-même n'a pas pu modifier sa route, et en un instant la chaloupe fut coupée par le travers. Des cinq hommes composant l'équipage, trois ont été sauvés par le nommé Cornec, Jean-Marie, patron de la chaloupe la Comète, de Camaret et un par un des canots de l'aviso ; mais le 5ème, Quéré, Jean-René, de Douarnenez, a été broyé dans le choc. La malheureuse victime était père de famille et Agé de 45 ans.

Le Finistère du 25 août 1875

Financements et calendrier

— Le ministre de la marine vient de déterminer définitivement la dotation du port de Brest pour 1875, en ce qui concerne les salaires d'ouvriers. Le chiffre est fixé d 4,200,000 fr sur lesquels 9,000 francs seront prélevés pour secours à la classe ouvrière. En 1875, on achèvera l'armement du Dupetit-Thouars et du Beautemps Beaupré. Le Colbert et la Perle devront être mis à l'eau. Un nouveau navire, le Lapérouse, sera mis sur les chantiers et devra être terminé en 1879. Le travail de construction du Rigault- Genouilly et de la Tempête, sera poussé de façon à pouvoir mettre ces deux navires A l'eau en 1877, et le Vengeur, le Chasseur et le Voltigeur en 1878.

Le Finistère du 24 février 1875.

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