B R E S T . — Depuis quelques jours des travaux ont été
commencés au fort Keroriou. L'artillerie y va construire des bâtiments
destinés à la fabrique des cartouches. L'on procède actuellement à la
fermeture de l'enclos par l'établissement d'une haute palissade.
Le Finistère du 4 octobre 1879
La redoute de Kéroriou / Keroriou est un système défensif côté Brest intérieur
en talus et douves de terre pour renforcer les fortifications. L'élévation
serait de 1792 et reste en service jusqu'en 1877, puis subit des bâtis
avant une inutilisation prolongée engageant un déclassement. Le lieu reste
sans usage lors de la seconde guerre mondiale. La reconstruction de Brest
efface le site défensif juste à la proximité Nord de la gare ferroviaire
de la ville.
B R E S T . — La commission d'enquête parlementaire chargée de visiter
les arsenaux maritimes est arrivée à Brest mardi.
Le Finistère du 11 octobre 1879
B R E S T. - Désarmement de l'escadre de la Manche. — L'escadre de la
Manche vient d'être désarmée, et quelques-uns des bâtiments qui la composaient
sont envoyés en réserve au port du Brest. Le Rappel dit qu'en prenant
cette mesure, le ministre de la marine a réalisé une économie, sans diminuer
le système défensif du pays. Il y a en effet dans le Levant, depuis l'origine
des événements d'Orient, une escadre créée, à titre exceptionnel, pour
la défense de nos nationaux et le maintien du prestige du pavillon français
dans cette région. Cette escadre, dont la création n'a pas été prévue
au budget ordinaire de la marine, est entretenue à l'aide de crédits supplémentaires
dont le ministre est obligé de venir demander aux Chambres l'allocation
tous les six mois. L'amiral Jauréguiberry, en désarmant l'escadre du la
Manche, a décidé qu'en même temps deux navires de guerre iraient renforcer
l'escadre du Levant, qui constituera ainsi une force plus imposante, et
à l'entretien de laquelle il sera désormais possible de pourvoir à l'aide
des crédits du budget ordinaire de la marine. Celle escadre pourra d'ailleurs
être déplacée au gré des besoins qui se manifesteront et se transporter
partout où l'intérêt du pavillon français l'exigera. Ce sera une véritable
escadre volante, dont la création était réclamée depuis longtemps, et
que la commission du budget avait demandée dans le rapport si remarquable
sur la marine fait, il y a deux ans, par M. Lamy.
Le Finistère du 15 octobre 1879
B R E S T . — « Les travaux de protection et de défense de la rade de
Brest, dit l'Union républicaine, sont poussés, depuis quelque temps, avec
une activité qui fait le plus grand honneur à la direction du génie militaire.
Il en est un pourtant qui mérite une mention toute spéciale, aussi bien
en ce qui touche aux crédits affectés, qu'au point de vue de l'importance
stratégique.
C'est la batterie du Portzic. — En deux mois cet important travail a été
dirigé et conduit de telle sorte que les parties de maçonneries s'élèvent
bien au-dessus du sol et que les terrassements constituent seuls, à cette
heure, une véritable défense. »
Le Finistère du 17 juin 1882
Il en va de même côté presqu'île
de Crozon avec de nouvelles batteries telles que celles de la Pointe
des Espagnols.
B R E S T . — Par suite de la suppression de la division navale d'instruction,
l'Alceste et la Favorite, restent seules chargées de l'instruction des
apprentis gabiers et canonniers. L'itinéraire de ces deux bâtiments, pour
la prochaine campagne d'hiver, a été réglé comme il suit :
Partant de Brest du 1er au 5 octobre au plus tard, l'Alceste et la Favorite
se rendront d'abord à Madère, puis au Ténériffe et elles devront toucher,
au commencement du mois de décembre, à Saint Vincent, Iles du Cap Vert,
pour y prendre des renseignements sur l'état sanitaire au Sénégal. Si
les nouvelles sont favorables, les deux bâtiments devront se rencontrer
à Dakar vers le milieu de décembre. Dans le cas contraire, ces bâtiments
établiront leur croisière entre les Iles du Cap Vert et la côte d'Afrique,
en s'abstenant de paraître à Dakar.
Dans tous les cas. le dernier rendez-vous des frégates aura lieu aux Iles
du Cap Vert, d'où elles partiront vers le 1er février pour rallier Brest
dans les environs du 10 mars prochain.
Le Finistère 27 septembre 1882
B R E S T . — Mardi à onze heures avait lieu un simulacre d'attaque des
fortifications de Brest, en forçant les passes du Goulet. Les cuirassés
d'escadre Atalante, Savoie et Château-Renault sont sortis du Goulet ;
a midi a eu lieu le branle-bas de combat et à deux heures le simulacre
de l'incendie des Constructions navales. A quatre, heures les cuirassés
rentraient en rade.
Le Finistère du 2 décembre 1882
B R E S T . — Environ 150 soldats du 19ème [régiment d'infanterie de ligne
cantonné à Brest et alentours. NDLR] appartenant à la classe de 1879,
débarquaient vendredi, à midi, à la gare de Brest, venant de Tunisie.
On remarquait le teint bronzé et l'allure martiale de ces braves serviteurs
du pays. La musique et l'état major du régiment se sont rendus au devant
du détachement.
Le Finistère du 12 novembre 1884
Colombiers militaires.
On étudie en ce moment dans les ports de
Lorient, de Brest et de Rochefort la création
de colombiers militaires qui assureraient en
cas de guerre les communications* avec les
quartiers et sous quartiers du littoral de
l'Océan.
Le Finistère 14 janvier 1888
* La guerre de 1870 est l'occasion la plus fournie d'utiliser les pigeons voyageurs pour transmettre des messages sur le front.
Ensuite la première mondiale en fait usage dans un contexte de gaz mortels… Le pigeon Vaillant est mis à l'honneur à Verdun. Cependant en 1961, l'armée abandonne définitivement la colombophilie à l'exception du colombier militaire unique en Europe se situant à la forteresse du Mont Valérien.
Les premières installations tests du téléphone militaire sont réalisés à partir de 1890 mais la répartition des fils de cuivre est délicate et peu à l'abri…
Premières manœuvres militaires à Brest avec téléphone en 1898.
TSF en activité en 1909.
"La Marine a le très grand avantage de posséder à Brest, le colombier de la Caserne Guépin, connue sous le nom d'École des Mécaniciens, ancien séminaire des aumôniers de la Marine, bâti par les Jésuites."
Chroniques brestoises mars 1932
B R E S T . — Nous avons déjà parlé du projet de loi portant autorisation
d'entreprendre des travaux de défense aux ports de Brest, Cherbourg et
Toulon. Nous extrayons de l'exposé des motifs de ce projet ce qui regarde
spécialement le port de Brest :
Quand toutes les batteries du goulet
de Brest seront pourvues de leur nouvelle artillerie et l'on fait
depuis plusieurs années de grands efforts pour hâter ce moment — la défense
par le canon y sera réellement, formidable ; il n'est pas probable qu'une
escadre ennemie tente jamais de forcer ce passage. Toutefois, en raison
de la configuration de la côte, les bâtiments mouillés en rade de Brest
sont très exposés aux attaques des torpilleurs. Sans doute, toutes les
précautions seront prises le goulet sera gardé, lorsque le temps le permettra,
par des foyer» puissants de lumière électrique ; mais, comme la passe
est fort large, que les côtes sont escarpées et les courants rapides,
que la grande profondeur du goulet ne se prêtera même pas à l'établissement
d'estacades, on peut craindre que, par un temps sombre, des torpilleurs
bien pilotés et habilement manœuvrés n'aient de très grandes chances de
tromper la vigilance des défenseurs et de pénétrer dans la rade.
Si l'entrée et la sortie ; du port de guerre étaient faciles en tout temps,
on pourrait admettre à la rigueur, que les bâtiments de guerre y fussent
maintenus jusqu'au moment de prendre la mer ou qu'ils puissent s'y remiser
pendant une relâche. Malheureusement, il n'en est pas ainsi : même par
beau temps, c'est toujours une opération délicate que de faire passer
à Brest un grand bâtiment de la rade dans le port ou réciproquement. Dès
qu'il fait mauvais, ce qui est fréquent en hiver, l'opération devient
impossible.
Donc, en temps de guerre, c'est sur rade qu'une escadre à Brest devra
faire toutes ses opérations de ravitaillement. Or, on conçoit combien
celles-ci seront pénibles et lentes, entravées qu'elles pourront être
à la fois par la grosse mer et par les préoccupations d'un personnel toujours
sur le qui-vive. Le seul remède à cet état de choses est la création d'une
rade artificielle, au moyen de jetées construites à l'ouest de l'entrée
du port. Cette solution avait été adoptée en 1881 par le commandant Gougeard,
alors ministre de la marine.
Les dépenses portées au projet de loi pour le port de Brest sont les suivants
: Brest.— Jetée du large, 16,000,000 fr.; Jetée Ouest, 950,000 ; Jetée
Est, 1,250,000 ; Dragages, 3,300,000 ; Remblais à terre, 400,000. — 21,900,000.
Le Finistère du 19 mai 1888
B R E S T. - L'ordre a été transmis au port de Brest de faire embarquer
sur les garde-côtes cuirassés Fulminant, Tonnant, trois mois d'approvisionnements
et de médicaments.
L'union monarchique du Finistère du 29 février 1888
Nos navires en réserve . — On sait que la partie disponible de notre flotte
est divisée en deux catégories : les navires armés et les navires en réserve.
Des premiers, il n'y a rien à dire : ils sont prêts à appareiller au premier
ordre ; mais les autres sont dans les arsenaux, ou bien désarmés complètement,
ou bien en catégorie de réserve.
Dès son arrivée aux affaires, l'amiral Kràntz s'est donné pour première
tache de réparer à fond tous nos bâtiments de combat, afin qu'ils fussent
disponibles à toute heure pour l'armement. Ce but atteint, nous nous sommes
trouvés pour nos cuirassés dans la position suivante : en Méditerranée,
six cuirassés d'escadre dans l'escadre d'évolutions, et un cuirassé de
croisière à la division navale du Levant ; dans le Nord, trois cuirassés
d'escadre à la division cuirassée de la Manche.
Mais derrière ces groupes de navires armés, nous avons de nombreux navires
en réserve, avec leurs commandants et un petit noyau d'équipage. Combien
de temps faudrait-il pour les envoyer à la mer et en quelles conditions
seront-ils alors ? Leurs nombreux engins mécaniques seront-ils prêts á
fonctionner ? Beaucoup d'officiers estiment que, dans la pratique, le
système actuel peut nous réserver des déboires.
Eprouver expérimentalement sa valeur était donc nécessaire ; c'est ce
qu'il pense le ministre de la marine. Samedi matin, les préfets maritimes
de Cherbourg et de Brest recevaient inopinément l'ordre d'armer les trois
garde-côtes cuirassés le Fulminant à Brest, le Tonnerre et le Furieux
à Cherbourg, et de leur faire rallier, dès qu'ils seront prêts, le pavillon
du contre-amiral de Boissoudy, commandant la division cuirassée de la
Manche, qui les fera manœuvrer quelques jours avec ses bâtiments avant
de les renvoyer dans leurs ports respectifs. Tous les ordres ont été préparés
par l'état-major général du ministre et le secret a été si bien gardé
— comme il convient en ces sortes de choses — que les arsenaux de Brest
et de Cherbourg ont été complètement surpris par le télégramme ministériel.
Avant hier lundi, les cuirassés qui arment ont reçu leurs équipages. Quelques
indications sur ces bâtiments.
Le Fulminant* est un navire de 5,574 tonneaux et de 3,500 chevaux. Il
est armé de deux canons de 27 centimètres et de quatre canons de 10 centimètres.
Le Tonnerre est semblable au Fulminant. Quant au Furieux, il déplace 5,560
tonneaux et a une puissance de 4,000 chevaux. Il est armé de doux canons
de 34 centimètres et quatre canons-révolvers.
Ces trois navires sont en fer et acier, et montés par 212 hommes d'équipage.
Ils filent de 13 à 14 nœuds, et sont commandés par des capitaines de vaisseau.
Il est inutile d'ajouter que l'expérience importante qu'on va faire portera
d'excellents enseignements ; on va voir ce que vaut le système actuel
de réserve, et s'il n'est pas utile de le modifier. Il faut donc féliciter
l'amiral Krantz d'avoir pris l'initiative de cet essai et de l'avoir préparé
dans des conditions qui défient toute critique.
Le Finistère du 23 mai 1888
* Le Fulminant de 1877 / armé en 1882 avait talonné aux abords du Conquet
en 1887, mis en réserve, il sert de dépôt de torpilles vers 1890 et est
rayé en 1908. L'escadre
de réserve était à Landévennec.
Renforcement de la flotte. — D'ici à l'année 1893, notre flotte sera progressivement
et sensiblement renforcée par des bâtiments de toutes dimensions et de
toutes catégories.
Trois cuirassés sont entrés en ligne cette année : l'Amiral-Baudin, le
Requin et le Caïman. Cinq canonnières cuirassées seront bientôt achevées
ainsi que deux croiseurs :
le Tage et le Forbin, et deux croiseurs- torpilleurs.
Doivent être lancés à la mer en 1889 :
à Cherbourg, le croiseur Surcouf ; à Brest, le croiseur Coétlogon ; à
Lorient, les magnifiques cuirassés le Formidable et le Hoche ; à Rocbefort,
les croiseurs le Troude, le Lalande et le Cosmao ; à Toulon, les croiseurs
le Cécile et Davout. En 1890 et 1891, trois cuirassés seront achevés :
le Neptune, â Brest ; le Marceau et le Magenta, à Toulon.
Une frégate à voiles, l'Andromède, en construction à Lorient, reparaîtra,
— fait curieux, — dans la liste des bâtiments de guerre.
En 1893, le croiseur Dupuy-de-Lôme à Brest et le cuirassé Brennus de Lorient
viendront s'ajouter aux forces déjà respectables énoncées ci-dessus.
Enfin, l'année prochaine, le port de Lorient, qui tient le premier rang
pour les constructions navales, mettra en chantiers un nouveau cuirassé
d'escadre et deux avisos-torpilleurs.
Le Finistère du 15 août 1888
B R E S T . — Les gardes côtes le Tonnant et
la Tempête, ont exécuté, pendant toute la semaine dernière, des manœuvres de jour et de
nuit, simulacres d'attaques, exploration des
côtes, tirs, etc., notamment dans l'anse de
Morgat, les haies de Douarnenez et de Bertheaume et à l'entrée du Goulet de Brest.
Le torpilleur 73 naviguait isolément et établissait les communications entre les deux
divisions et les sémaphores.
Les manœuvres combinées avec la division
cuirassée du Nord succéderont, cette semaine,
à ces manœuvres préparatoires.
Le Finistère du 24 juillet 1889
La ville de Brest vivait sa Marine comme un spectacle annoncé. Il était du quotidien des Brestois, pour qui s'y intéressait, de savoir les missions en cours de développement. Quand on sait que les autorités militaires traquaient l'espion anglais afin de combattre les fuites d'informations et qu'à l'apogée de la presse papier il suffisait de lire les nouvelles pour devenir un informé, on prend conscience des aveuglements institutionnels. Il faut ajouter à ces publications indiscrètes fréquentes, les visites officielles des délégations des marines étrangères, parfois futures ennemies… Sans omettre les détails des manœuvres de l'escadre mobile entre autres… Manœuvres des batteries de côte… Evolution technologique, telle que la venue du téléphone dans les dispositifs de défense, le télémètre Audouard, etc.
affaires militaires
Torpille • Présences russes • Réservistes • Arsenal • Ecole des mousses • Armée - Clergé • Emprise militaire • 1752 académie de marine • Fait divers des clairons • Influence de la guerre de 1870 • Etat de siège • Ration de viande • Travaux du port • Société de secours • 14 juillet • 19e RI • Déserteurs • Drames d'embarquements • Lancements • Escadre mobile • Pertes de navires • Enfants de troupe • Ecole navale • Hôpital de la marine Informations militaires • Prince japonais • Retraite • Service • Douves • Destructions des canons • Incendies • Affaires militaires diverses
°°°
Pages récentes : Parhélie • Banques • Prison • Quelques préfets • Catastrophe aérienne en ballon • Le socialisme d'antan • Assises • Législatives • Fausse monnaie • Histoire de l'école • Promesses de mariage • Guano • Le lycée de Brest • Affaires militaires diverses • Petit couvent • Ecole navale • Prostitution • Prise du théâtre de Brest par les baïonnettes de l'armée • Le malheur des douves • Enfants abandonnés • Statue du pape Urbain II • Boucherie chevaline • Versement des pensions de retraite • Le câble transatlantique • Le denier des écoles chrétiennes • La condition des filles au 19ème siècle • Délégations et personnalités japonaises • La fête du 14 juillet 1889 à Brest : le scandale politique • Escadre mobile en manœuvre • Accidents de la circulation • Les idées politiques monarchistes • Société de secours aux blessés militaires du Tonkin • Laïcisation des écoles primaires • L'extinction de la mendicité • 19è RI