B R E S T . — Dimanche ont eu lieu les régates de Brest,
qui ont été fort brillantes. En dehors des joutes sérieuses le programme
contenait maints détails amusants qui ont fort diverti les spectateurs.
Des canards, voire même un cochon, avaient été lancés à la mer et leur
chasse a donné lieu à des scènes réjouissantes. Un feu d'artifice a terminé
cette journée.
Le Finistère du 1 septembre 1875
B R E S T . — Nous lisons dans l'Union républicaine de mercredi : Dimanche
soir, un voyageur, arrivant par le train de 11 heures et demie, aurait
été attaqué, près la porte Foy, par trois malfaiteurs. Il serait parvenu
à se débarrasser d'eux et aurait même conduit au poste du champ-de-Bataille
l'un de ses agresseurs.
B R E S T . — Hier, la police a procédé à l'arrestation d'un ecclésiastique
inculpé d'attentats à la pudeur sur la personne de jeunes enfants. Il
nous répugne d'aventurer noire plume plus avant en pareille matière. C'est
à la justice, s'il y a lieu, à accomplir son œuvre, et à donner satisfaction
à la morale publique trop souvent outragée par ceux-là mêmes qui font
profession de la défendre.
Le Finistère du 20 avril 1878
B R E S T . — L'Union républicaine de vendredi rapporte le fait suivant
:
« Hier, vers les six heures de l'après-midi, les promeneurs qui se trouvaient
sur les quais du port de commerce ont assisté à un spectacle qui doit
être assez rare : l'invasion des bassins par une bande de marsouins. C'était
vraiment curieux de voir si près de terre, à longueur de gaule, à travers
toutes les embarcations, ces gros cétacés nager, plonger, sauter hors
de l'eau et s'esbaudir dans leurs vigoureux ébats. « Les pêcheurs, par
contre, ont dû être moins contents de cette visite bruyante. L'arrivée
du marsouin, c'est la fuite du poisson qui se cache ; on aurait pour à
moins. Ajoutez à cela que quand les filets sont pleins de poisson, le
marsouin les considère volontiers comme un garde-manger préparé à son
intention. Il y pénètre sans hésitation, et son repas terminé, brisant
tout par sa grande force musculaire, il s'en va allègrement emportant
le produit de la pêche avec les malédictions du pêcheur.
Le Finistère du 26 juin 1878
Cette affaire souligne la difficulté de l'espèce humaine à vivre avec
les espèces animales comme si l'homme était au-dessus de toute nature.
En presqu'île de Crozon la visite des dauphins
est toujours surprenante et le souvenir des canons à l'encontre des bélugas
est encore vivace.
B R E S T . — On lit dans l'Union Républicaine du 27 février :
Un sauvetage bien émouvant a eu lieu au port de commerce lundi dernier,
à 6 heures 1/2 du soir. En débarquant du vapeur le Bas-Breton, un passager
nommé Donval (Olivier), tomba à la mer. Aussitôt on lui tend une gaffe
; mais il ne peut pas la saisir ; tous ses efforts sont inutiles. Il enfonce;
l'eau gagne, et couvre sa tête. Déjà on ne voyait plus que ses deux mains
s'agitant désespérément en l'air. C'est alors qu'un courageux préposé
des douanes, nommé Landrin, accourt. Se dégageant vivement des prières
et étreintes de femmes, qui, voyant le danger qu'il allait courir, voulaient
l'empêcher de se jeter à l'eau, Landrin, sans même prendre le temps de
se déshabiller, se précipite au secours du malheureux qui se noie. Mais,
comme il arrive souvent, le noyé s'accroche à son sauveteur. Pris par
le cou et par sa barbe, gêné dans ses mouvements, Landrin est sur le point
de payer de sa vie son dévouement ; enfin, par un effort suprême, il se
dégage et pousse Donval vers le quai, où il peut enfin saisir la gaffe
qu'on lui tend ; Donval est sauvé. On le hisse sur le quai, et on lui
prodigue les premiers soins que réclame son étal. Cependant son courageux
sauveteur, épuisé, ne pouvait regagner la terre. Il venait de dîner quand
il s'est jeté à l'eau; un malaise subit l'envahit. Fort heureusement sa
main rencontre une chaîne de navire ; il la saisit et y reste suspendu.
Peu de temps après, on vint à son aide. Le préposé des douanes Landrin
n'en est pas à son premier acte de dévouement ; il a déjà accompli plusieurs
sauvetages, dont le dernier, en juillet 1877, lui a valu une médaille
d'argent de 2° classe. Il mérite mieux aujourd'hui ; nous signalons à
l'autorité compétente l'émouvant sauvetage du lundi 24 février 1870.
Le Finistère du 5 mars 1879
B R E S T . — Le Petit Brestois signale la mort d'une dame Mignard, âgée
de 70 ans, dont l'acte de naissance révèle une particularité digne de
remarque : celle dame est née le 1er janvier 1800, et sa naissance est
la première inscrite sur les registres de l'état-civil. Nous avons donc
raison de dire que Mme Mignard est la première femme du siècle,.. à Brest,
ajoute notre confrère.
Le Finistère du 19 avril 1879
B R E S T . — On lit dans le Petit Brestois :
Pendant que Mme Caroff, demeurant au Moulin-à-Vent (Petit Paris), était
en train de traire une vache, un rat très indiscret s'est glissé sournoisement
sous ses jupons et se mettait en devoir de grimper le long de ses jambes
: la pauvre femme a voulu s'en débarrasser, mais, au moment où elle empoignait
le polisson, elle a été mordue cruellement à la mai ; l'extrémité de l'index
a même été emportée.
Le Finistère du 23 avril 1879
L A M B E Z E L L E C — Voici, dit l'Union Républicaine, une bonne manière
de tirer vengeance d'une insulte. Les pauvres en profitent, et celui qui
paie l'amende doit, lui-même, en somme, moins regretter son argent quand
il connaît l'emploi généreux qui en est fait. Ces réflexions nous sont
inspirées par la lettre suivante que nous recevons de l'honorable M. Berard,
maire de Lambézellec : Lambézellec. 6 Juin 1879.
Monsieur le Rédacteur,
« M. Bellour, marchand boucher à Lambézellec, ayant été insulté, a fait
condamner l'insulteur à 200 fr. d'amende. Il a mis 120 fr. à la disposition
de la commune, pour être délivrés en pain aux indigents.
« Une commission prise dans le sein du Conseil municipal, a arrêté la
liste des personnes qui prendront part à cette libéralité. Chacune d'elles
recevra un bon de pain, avec lequel mardi prochain 10 juin, elle pourront
se présenter chez M. Bellour. C'est là un acte de générosité qu'on ne
saurait trop louer.
« Tout à vous Bernard »
Le Finistère du 11 juin 1879
B R E S T . — Un bien triste accident a eu lieu jeudi dernier en gare
de Brest, â l'entrée du train de 6 h. 45 de l'après-midi. Voici, suivant
ce qui nous a été raconté, comment le malheur est arrivé. Le train était
arrêté au contrôle, ou l'on recueille les billets des voyageurs. Le surveillant
chargé de ce soin venait de terminer son service, et le signal d'entrée
en gare donné, il se disposait à prendre place à côté du serre-frein,
à la queue du train ; mais en se hâtant pour gravir l'escalier, son pied
manqua, au moment même où le train se remettait en marche; perdant l'équilibre,
le malheureux employé tomba, et d'une façon si malencontreuse, qu'il glissa
la tête en avant sous les roues du wagon ; il a été littéralement broyé.
La victime de ce triste accident, Ménec (Jean-Marie), était âgé de 39
ans ; il était marié et père d'un enfant.
Le Finistère du 11 juin 1879
B R E S T . — Il est né Jeudi dernier, entre 10 et 11 heures du matin,
à la grande ménagerie Pezon, qui se trouve actuellement à Brest, trois
lionceaux : une femelle et deux mâles. La mère et les enfants se portent
bien.
L'Union Républicaine, à qui nous empruntons celle intéressante nouvelle
ajoute : Lady Bellone, qui est une très grande dame habituée à tous les
raffinements de la vie civilisée, ne nourrit pas elle-même ses enfants.
On leur a donné une nourrice sur lieu. Cette auxiliaire lactifère est
une bonne et brave chienne basset, qui remplit, avec le plus grand dévouement,
ses importantes fonctions et ses gourmands nourrissons.
Le Finistère du 30 juillet 1879
B R E S T . — Nous lisons dans l'Union républicaine de jeudi :
Un triste événement a jeté, hier, l'émoi dans une partie de notre population.
Un banquier, établi à Brest depuis quelques années, M. S.. , s'est donné
volontairement la mort en se tirant un coup de revolver dans la région
du cœur. On devine aisément les motifs qui l'ont poussé à cette funeste
détermination. Les dernières fluctuations de la cote des valeurs industrielles
qui, presque toutes, après une hausse excessive, sont tombées subitement
à la baisse, font présumer, avec toute apparence de raison, qu'il aura
éprouvé de grandes pertes d'argent au jeu de la Bourse. Ne pouvant faire
face à ses obligations, le malheureux s'est sauvé du déshonneur dans la
mort. M. S... était marié et père, de famille. La veille, sous un prétexte
quelconque, il avait décidé sa femme à quitter Brest pour une ville voisine
où habite une partie de sa famille. Le malin même, il avait encore, dit-on,
conduit un des siens au chemin de fer. En revenant de la gare, il se rendit
dans une petite maison de campagne qu'il possédait aux environs ; c'est
là qu'il mit fin à ses jours. Un grand nombre de nos concitoyens ont des
sommes plus ou moins considérables placées en dépôt ou engagées dans les
spéculations de la maison de banque dont 11 était le directeur. Cette
mort a produit une émotion qui est loin encore d'être dissipée.
Le Finistère du 8 novembre 1879
B R E S T . — Nous avons mentionné, d'après les journaux de Brest, le
suicide de M. Sossa, banquier, qui avait fondé dans cette ville le Comptoir
de Bretagne, avec succursale à Lorient. La faillite a été déclarée. On
ne peut calculer encore le montant des pertes, qui frappent un grand nombre
de petits commerçants et rentiers ; on parle de deux millions de francs.
La femme de M. Sossa a disparu, ainsi que son neveu, qui dirigeait la
succursale de Lorient.
Le Finistère du 19 novembre 1879
B R E S T . — Nous apprenons avec plaisir qu'un honorable industriel de
Brest, M, Victor Lapierre, vient d'obtenir une nouvelle médaille d'or
pour ses granits, à l'Exposition des Sciences appliquées à l'Industrie.
C'est la troisième médaille d'or qu'il obtient cette année.
Le Finistère du 26 novembre 1879
Victor Lapierre est un sculpteur brestois connu, architecte, maître d'œuvre
et entrepreneur. Son travail de référence est d'avoir été le maître d'œuvre
du Manoir de Kerstears en granit – devenu Lycée Fénelon au 105 chemin
de Ker Stears, ceci en 1860. Bénéficiaire : l’ingénieur et architecte
écossais John Burnett Stears, investisseur en 1841 de l’usine à gaz du
Forestou.
L ' H I V E R
A mon Petit-Fils
Elève du Lycée de
Brest
Tout est sombre. Un brouillard enveloppe la mer.
Tout est mort, et la terre est froide : C'est l'hiver.
La neige, sur le sol, semble un tombeau de marbre.
On n'entend plus chanter un seul oiseau dans l'arbre.
Pauvres petits oiseaux ! Vos chants pleins de douceur
Se taisent ! Craignez-vous le retour du chasseur ?
L'hiver, c'est la saison de la grande hécatombe ;
L'hiver, tout est frappé, tout est fauché, tout tombe.
On dirait que Dieu fit l'hiver pour prévenir
Tous les êtres que tout ce qui vit doit finir.
L'Année est-elle donc l'image de la vie ?
Belle au printemps ; l'été, belle encore et ravie;
Elle entre dans l'automne et, bientôt sur le seuil
De l'hiver, elle prend un vêtement de deuil.
C'est la Loi. Cette loi du Dieu qui nous gouverne
Veut que, dans la Nature, ici-bas tout alterne;
C'est de là que provient l'équilibre et l'accord ;
Ce qui fait que la vie est juste, c'est la mort.
II
L'hiver !.. Que ce mot là contient de tristes choses !..
Mais ce n est pas, mon fils, l'effeuillement des roses
Qui fait que l'hiver est si triste à regarder;
Ce n'est pas l'ouragan que l'on entend gronder
Qui fait que l'hiver est si rempli de désastres.
Ce n'est pas le nuage étendu sur les astres
Qui fait que le soleil est si lugubre à voir
Quand, l'hiver, ou plein jour on se croirait au soir.
Non, ce n'est pas cela qui rend l'hiver terrible ;
C'est le dépouillement, c'est la misère horrible ;
C'est le froid qui grelotte et ne peut se couvrir ;
C'est la faim qui s'affame et ne peut se nourrir,
Et pour lesquels, parfois, si prompte, si pressante
Que soit la charité, l'aumône est impuissante.
Aveugle, elle est trompée ou n'agit qu'à demi :
Le froid, c'est le bourreau ; la faim, c'est l'ennemi.
Et bien souvent l'aumône, entre ces deux athlètes,
Est impuissante ou fait des œuvres incomplètes.
III
Viens, mon enfant, et vois ce que c'est que l'hiver ;
Viens. Entrons dans ce bouge, entrons dans cet enfer.
Vois le pauvre chez lui : vois tous ces enfants pâles
Qu'on berce avec des chants tristes comme les râles.
Vois la table sans pain ; vois le foyer sans feu,
Et regarde, à travers le toit, si tu vois Dieu !...
Le vois tu ?
Je le vois. C'est son bras qui te porte :
C'est sa main qui te guide et t'ouvre cette porte.
Ce qui met dans ton cœur ce sentiment humain,
Cet amour pour le pauvre, ô mon fils, c'est sa main !
Mais l'hiver n'a t il donc qu'heures ternes et sombres,
Et que jours sans lumière, et que nuits pleines d'ombres ?
Que frimas au dehors, au dedans que douleurs ?
N'a-t-il donc pas de fruits ? N'a-t-il donc pas de fleurs ?
Est-il stérile ?...
Non : Pour les grands de ce monde,
C'est la saison superbe et la saison féconde :
Leurs serres ont des fleurs et des fruits sans pareils ;
Leurs palais, des flambeaux plus beaux que des soleils ;
Des chambres de velours, si douces, si soyeuses,
Si chaudes, qu'elles sont de l'hiver oublieuses ;
De merveilleux banquets, miraculeux à voir,
Qui finissent le jour et commencent le soir.
Viens ! laissons là le riche. —
Entr'ouvre la fenêtre.
Viens voir l'hiver du pauvre et quitte ton bien-être.
Ecoute l'ouragan et quitte ton salon,
Pour aller, à travers la neige et l'aquilon,
Secourir la misère et porter ton aumône.
Obéis à la voix d'en haut qui te dit : — Donne ! —
Donne !...
Celui qui meurt de faim dans son grenier,
C'est ton frère. Ton Dieu défend de le nier.
Celui qui meurt de froid et râle sur la cendre,
C'est ton frère. Ton Dieu l'ordonne de l'entendre.
Nourris le, mon enfant ; réchauffe-le... Si peu
Que tu fasses, tu vas obéir à ton Dieu.
Madame A PENQUER. [épouse du maire de Brest NDLR]
Brest, le 9 Janvier 1880
Le Finistère du 17 janvier 1880
Alexandrine Françoise Éloïse Léocadie Hersent-Penquer poétesse ayant fréquenté
à Paris Victor Hugo, Lamartine, de Hérédia, Leconte de Lisle... Elle ouvre
un salon littéraire au 16 rue du Château à Brest, soit son domicile.
B R E S T . — Le 19 avril a eu lieu une intéressante séance de la Société
académique de Brest. Il s'agissait de la remise d'un prix de littérature
décerné par la Société à l'un de ses membres, M. Mével, pour son Mémoire
sur Emile Souvestre. La veuve de notre grand et regretté romancier breton,
informée du sujet mis au concours par la Société académique, avait tenu
à honneur de venir elle-même remettre au lauréat la médaille de vermeil
décernée au mérite de son étude. La présence de Madame Souvestre donnait
à la réunion d'hier soir, un attrait tout particulier.
L'honorable vice-président de la Société académique de Brest, M. Joubert,
s'est fait l'interprète éloquent du sentiment général, dans les compliments
qu'il a adressés à Madame Souvestre, à qui la Société académique a décerné
un diplôme de membre honoraire.
Le Finistère du 21 avril 1880
B R E S T . — M . Prosper Bameule, caissier de la succursale de la Banque
du France à Brest, est nommé avec avancement à la succursale de Dunkerque.
Le Finistère du 1er mai 1880
La Banque de France avait des agences physiques dans les grandes villes
avant de laisser la place à des réseaux bancaires privés.
B R E S T . — Dans la nuit de dimanche à lundi, vers minuit, deux militaires
et un bourgeois qui suivaient la route de Pontanézen ont été attaqués
près de la fabrique de M. Guézennec, par huit individus qui ont profilé
du moment où l'un d'eux s'était arrêté pour se jeter sur eux. Les deux
militaires se sont échappés assez mal menés, mais le bourgeois accablé
par quatre de ces bandits a été laissé pour mort, on lui a volé son chapeau,
sa cravate et quelque argent qu'il avait sur lui. 11 a pu, toutefois,
après le départ de ses agresseurs se rendre au bureau de police pour y
faire sa déclaration. Il est dans un état déplorable ayant, lorsqu'il
était à terre, reçu des coups de talon sur la tête, car l'un des agresseurs
l'ayant reconnu, s'écria: c'est un tel, achevons-le ou nous sommes perdus.
Ces huit malfaiteurs sont aujourd'hui connus.
Le Finistère du 5 juin 1880
B R E S T . — La Société nationale d'agriculture de France vient de décerner
une médaille d'argent (section de grande culture) à M. Le Bihan, propriétaire
agriculteur à Brest.
Le Finistère du 30 juin 1880
B R E S T . — Sur la proposition du ministre de l'instruction publique,
le Conseil d'Etat a présenté à la signature du président de la République,
un décret aux termes duquel la Société académique de Brest serait déclarée,
d'utilité publique.
Le Finistère du 7 août 1880
B R E S T . — L'Union Républicaine annonce que le Musée de Brest vient
d'obtenir de l'Etat, par l'entremise de M. Camescasse, un tableau très
remarqué au dernier Salon, Camille Desmoulins au Palais-Royal.
Le Finistère du 13 octobre 1880
B R E S T . — Dans une de ses dernières audiences, le tribunal correctionnel
de Brest a condamné un pécheur du nom de Leparoux à un mois de prison,
à la suite des faits que voici :
Il est du devoir de nos pêcheurs de signaler sans retard à l'autorité
les épaves de toute nature que les tempêtes, malheureusement si fréquentes
sur nos côtes, rejettent le long du rivage ; il y a là souvent des indices
précieux pour établir l'identité des navires naufragés, et, d'autre part,
les épaves n'ont pas cessé de rester la propriété des armateurs, déduction
faite de l'indemnité de sauvetage.
Ces principes élémentaires de probité n'ont pas été respectés par Leparoux,
unique fermier de l'île Bannalec. A la suite du naufrage d'un grand steamer
anglais, Leparoux a été trouvé porteur de vêtements d'origine britannique
et en a même vendu à un prix dérisoire à l'un de ses amis. Certains indices
avaient donné à penser que les vêtements en question avalent été pris
par le fermier sur les cadavres des trois marins anglais que la mer avait
fait échouer.
Le tribunal n'a pas retenu cette circonstance aggravante. Il a condamné
le prévenu à un mois d'emprisonnement, désirant ainsi, surtout en présence
du nombreux auditoire de marins qui remplissaient la salle, donner une
leçon à ceux qui se laisseraient entrainer à suivre un pareil exemple.
Le Finistère 2 février 1881
B R E S T .— Brest a eu sa cavalcade de la mi-carême. L'Union nous en
fait la description. L'Océan lui-même déclare qu'il était loin d'être
hostile à cette fête. Il va jusqu'à faire un timide éloge « de celle cavalcade
organisée par des jeunes gens qui y ont mis beaucoup d'entrain. »
L'Océan [ presse monarchique NDLR ], en celle occasion, a fait preuve
de bon sens, il faut le reconnaître.
Le Finistère du 2 avril 1881
B R E S T . — Les ouvriers ferblantiers sont en grève depuis lundi. Ils
demandent une réduction des heures de travail sans diminution de salaire.
Les patrons, réunis le 23 avril, ont repoussé les propositions des ouvriers.
On espère néanmoins qu'un accord ne tardera pas à s'établir, la majorité
des patrons ayant d'abord paru disposés à faire les concessions qui leur
étaient demandées.
Le Finistère du 30 avril 1881
B R E S T . — La grève des ferblantiers est terminée. — A la suite d'une
réunion, une entente mutuelle s'est faite entre patrons et ouvriers ;
ces derniers ont déclaré accepter le paiement à l'heure qui leur était
proposé. Bien entendu le prix de l'heure a été fixé pour chaque catégorie
d'ouvriers et apprentis.
Le Finistère du 7 mai 1881
B R E S T . — Trois prisonniers, dont deux condamnés pour vol, et le troisième
détenu préventivement, se sont évadés, dans la nuit du 7 au 8 mars, du
fort Bouguen.
Le Finistère du 10 mars 1883
B R E S T . — La Société académique de Brest organise en ce moment une
Exposition de Géographie qui aura lieu du 3 au 7 juin et coïncidera avec
le Concours hippique qui a lieu du 13 au 17. Chaque jour, pondant cette
quinzaine, une Conférence géographique aura lieu dans une des salles de
l'Académie qui, à cette occasion, fait appel à tous les amateurs et collectionneurs
qui voudront bien lui confier les objets qu'ils possèdent et qui concernent
la mesure et la description de la terre, les climats, les productions,
la race, les mœurs, les arts et l'histoire des peuples étrangers à l'Europe.
Pour toute communication, écrire à M. Froger, secrétaire du Comité, à
l'établissement des Pupilles de la Marine, à Brest.
Le Finistère du 11 avril 1883
JUSTICE :
Mardi 3 juillet.
Louboutin, Pierre, vol qualifié, 6 témoins.
Brest. — lieux, Edouard, attentat à la pudeur, 11 témoins. — Défenseur,
Me Le Bail.
Mercredi 4 juillet.
Brest. — L'Aminot, Jean-Marie, attentat à la pudeur 3 témoins.
— Le Rolland, Guillaume , tentative d'assassinat et vol qualifié, 9 témoins.
— Défenseur, Me de Chamaillard.
Vendredi 6 juillet.
Brest. — Roger, Maria-Désirée , femme Schmitt, usage de faux, 6 témoins.
— Boostch, Jacques-François - Marie, attentat à la pudeur, 6 témoins.
— Défenseur, Me Huet, de Morlaix.
Le Finistère du 23 juin 1883
B R E S T , 11 juillet, — Le jeune Forget, Emile, âgé de 4 ans, demeurant
rue de Paris, n°80 , est tombé d'une croisée, d'où il regardait ; monté
sur une chaise, passer la musique du 19ème de ligne. Dans sa chute, cet
enfant s'est fracturé le crâne et est mort quelques heures après.
Le Finistère du 18 juillet 1883
B R E S T . — M. Biron, un des plus notables citoyens de Brest, est décédé
la semaine dernière.— M. Chevillotte, président de la Chambre de commerce
de Brest a rappelé sur sa tombe, la féconde carrière de cet homme de bien,
de ce travailleur infatigable. Comme membre et vice-président de la Chambre
de commerce, dont il faisait partie depuis 1872, comme juge au Tribunal
de commerce, où il a siégé pendant plusieurs années, Biron s'est toujours
signalé entre tous par son amour du bien, par son dévouement aux intérêts
publics. M. Chevillotte n'a été que l'écho de tous les Brestois en rendant
un hommage ému à la mémoire de M. Biron.
Le Finistère du 8 décembre 1883
B R E S T . — Le chef de comptabilité de la Trésorerie générale dit l'Union
Républicaine de Brest a été arrêté vendredi, sous l'inculpation de détournements
au préjudice du Trésor ; depuis le 1er janvier, cet employé paraissait
peu à son bureau, se disant malade. M. do Villentroy, successeur de M.
Pigeard, ayant eu la pensée d'examiner ses livres, remarqua bien vite
des irrégularités et des grattages qui lui inspirèrent des soupçons. M.
Lamy, ancien fondé de pouvoirs du Trésorier-payeur général, ayant été
chargé de questionner l'inculpé, obtint de lui l'aveu de divers détournements
s'élevant à une somme de 85,000 fr. environ.
En annonçant la nomination de M. de Villentroy à la Trésorerie générale
du Finistère, nous avons reproduit d'après le Journal de Laval une note
des plus élogieuses pour ce haut fonctionnaire. D'après tout ce que nous
apprenons et voyons depuis son installation, ces éloges sont parfaitement
justifiés.
Le nouveau Trésorier-payeur général est expert dans les diverses branches
de son service ; travailleur infatigable, Il est lui-même le premier de
ses employés, au milieu desquels il travaille afin d'exercer une surveillance
plus efficace.
Le Finistère du 23 janvier 1884
B R E S T . — Nous lisons dans l'Océan,
qu'à la suite de nouvelles investigations
faites sur les livres de la Trésorerie générale, le sieur Jannest (Saint-Hilaire), chef de
bureau, a été arrêté vendredi, sous l'inculpation de faux en écriture.
Le Finistère du 6 février 1884
B R E S T . — La ville de Brest a été bien éprouvée par la tempête. Samedi,
vers 6 heures du soir, au moment où le terrible ouragan qui s'est déchaîné
sur la ville sévissait avec, le plus de violence, le bateau des ponts
et chaussées le Baliseur, monté par 6 hommes, quittait la cale de la santé
pour aller conduire à son poste l'allumeur du fanal de la jetée du Sud
au port de Commerce, un trajet d'à peine d'une centaine de mètres.
Arrivé au milieu de la passe de l'Ouest, le bateau ayant sans doute voulu
tourner trop court, fut pris par une lame et chavira ; les six hommes
furent précipités dans le courant, qui était d'une extrême violence. Le
nommé Jean-François Castel, âgé de 27 ans, put se cramponner à la quille
et parvint à redresser le bateau, dans lequel il fut assez heureux pour
recueillir le jeune Masson (Jean), âgé de 17 ans ; le bateau était plein
d'eau, leur position était des plus critiques ; leurs cris furent entendus
du navire de l'Etat l'Infatigable, qui avait dit chercher un abri dans
l'avant-port, le maître qui commande ce petit navire fit immédiatement
armer une embarcation dans laquelle il prit place, et il eût le bonheur
de recueillir les deux survivants de ce déplorable sinistre. La sous-patron
du bateau des ponts et chaussées, excellent nageur, essaya de gagner une
des échelles de la jetée de l'Ouest ; une bouée de sauvetage lui fut jetée,
mais il ne put la saisir et disparut sous les flots, ainsi que le patron,
l'autre matelot et le gardien du fanal ; ce sont les nommés Leroy (Jean),
âgé de 31 ans, Malgorn (Théophile) , âgé de 41 ans, Caugant (Antoine),
âgé de 18 ans et le gardien Trollu, âgé de 43 ans. Le cadavre de ce dernier
a été retrouvé sur la jetée de l'est ; quatre familles en deuil !
L'Océan, auquel nous empruntons ces détails, ajoute que de nombreux bateaux
ont coulé ou ont été jetés à la côte. Sur le Cours d'Ajot, un orme centenaire
a été brisé par le milieu et un autre déraciné. La flèche placée au sommet
du clocher de Saint-Louis a été renversée et brisée. Les rues étaient
jonchées d'ardoises arrachées aux toitures par la violence de la tempête,
qui a sévi pendant plus de 36 heures, avec une intensité dont de mémoire
d'homme on ne se souvient pas avoir vu un pareil exemple à Brest.
Le Finistère du 30 janvier 1884
B R E S T . - L'Union républicaine de mardi annonçait que le cadavre du
sieur Théophile Malgorn, qui périt si malheureusement lors de la dernière
tempête dans le port du commerce,
avait été retrouvé samedi dans le port même, en face du quai de la consigne
sanitaire et inhumé dimanche. Il ne restait plus qu'un seul cadavre à
la mer, celui du jeune novice du Baliseur. Ce cadavre nous apprend le
journal déjà cité, a été retrouvé, mercredi, vers les trois heures, flottant
dans le premier bassin du port de commerce.
Le Finistère 8 mars 1884
B R E S T . — Les journaux de cette ville annoncent qu'une jeune fille, employée comme
domestique chez un fruitier, a gagné un lot de
10,000 fr. au dernier tirage de la Loterie des
Arts Décoratifs.
Le Finistère du 9 février 1884
B R E S T . — Avant-hier, dit l'Union républicaine de jeudi, vers huit
heures du soir, il y avait rassemblement rue de Siam, près du débit de
Mme veuve Flers, situé à l'angle de cette rue et de la rue Monge. Le nommé
Le Bras, Eugène, couvreur, et sa femme, ménagère, âgés tous deux de vingt
quatre ans, venaient de recevoir chacun un coup de couteau, le mari au-dessus
de l'œil droit et sa femme au bras droit. Ces coups avaient été donnés
par un sieur B..., portefaix,
âge de 50 ans, demeurant rue Neuve des Sept Saints, chez les époux C...,
même rue n" 12. La femme C... a reçu aussi de B... un coup de pied dans
le bas ventre ; elle a été renversée et, dans sa chute, s'est fait une
blessure à la tête. Les blessés ont reçu les soins de M. Guéguant, pharmacien,
rue de Siam, 109.
Le Finistère du 25 octobre 1884
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