Des affaires et des faits civils à Brest

B R E S T . — Nous lisons dans l'Union républicaine de mercredi : Dimanche soir, un voyageur, arrivant par le train de 11 heures et demie, aurait été attaqué, près la porte Foy, par trois malfaiteurs. Il serait parvenu à se débarrasser d'eux et aurait même conduit au poste du champ-de-Bataille l'un de ses agresseurs.

B R E S T . — Hier, la police a procédé à l'arrestation d'un ecclésiastique inculpé d'attentats à la pudeur sur la personne de jeunes enfants. Il nous répugne d'aventurer noire plume plus avant en pareille matière. C'est à la justice, s'il y a lieu, à accomplir son œuvre, et à donner satisfaction à la morale publique trop souvent outragée par ceux-là mêmes qui font profession de la défendre.

Le Finistère du 20 avril 1878

B R E S T . — Le Petit Brestois signale la mort d'une dame Mignard, âgée de 70 ans, dont l'acte de naissance révèle une particularité digne de remarque : celle dame est née le 1er janvier 1800, et sa naissance est la première inscrite sur les registres de l'état-civil. Nous avons donc raison de dire que Mme Mignard est la première femme du siècle,.. à Brest, ajoute notre confrère.

Le Finistère du 19 avril 1879

B R E S T . — On lit dans le Petit Brestois :
Pendant que Mme Caroff, demeurant au Moulin-à-Vent (Petit Paris), était en train de traire une vache, un rat très indiscret s'est glissé sournoisement sous ses jupons et se mettait en devoir de grimper le long de ses jambes : la pauvre femme a voulu s'en débarrasser, mais, au moment où elle empoignait le polisson, elle a été mordue cruellement à la mai ; l'extrémité de l'index a même été emportée.

Le Finistère du 23 avril 1879

L A M B E Z E L L E C — Voici, dit l'Union Républicaine, une bonne manière de tirer vengeance d'une insulte. Les pauvres en profitent, et celui qui paie l'amende doit, lui-même, en somme, moins regretter son argent quand il connaît l'emploi généreux qui en est fait. Ces réflexions nous sont inspirées par la lettre suivante que nous recevons de l'honorable M. Berard, maire de Lambézellec : Lambézellec. 6 Juin 1879.
Monsieur le Rédacteur,
« M. Bellour, marchand boucher à Lambézellec, ayant été insulté, a fait condamner l'insulteur à 200 fr. d'amende. Il a mis 120 fr. à la disposition de la commune, pour être délivrés en pain aux indigents.
« Une commission prise dans le sein du Conseil municipal, a arrêté la liste des personnes qui prendront part à cette libéralité. Chacune d'elles recevra un bon de pain, avec lequel mardi prochain 10 juin, elle pourront se présenter chez M. Bellour. C'est là un acte de générosité qu'on ne saurait trop louer.
« Tout à vous Bernard »

Le Finistère du 11 juin 1879

B R E S T . — Un bien triste accident a eu lieu jeudi dernier en gare de Brest, â l'entrée du train de 6 h. 45 de l'après-midi. Voici, suivant ce qui nous a été raconté, comment le malheur est arrivé. Le train était arrêté au contrôle, ou l'on recueille les billets des voyageurs. Le surveillant chargé de ce soin venait de terminer son service, et le signal d'entrée en gare donné, il se disposait à prendre place à côté du serre-frein, à la queue du train ; mais en se hâtant pour gravir l'escalier, son pied manqua, au moment même où le train se remettait en marche; perdant l'équilibre, le malheureux employé tomba, et d'une façon si malencontreuse, qu'il glissa la tête en avant sous les roues du wagon ; il a été littéralement broyé. La victime de ce triste accident, Ménec (Jean-Marie), était âgé de 39 ans ; il était marié et père d'un enfant.

Le Finistère du 11 juin 1879

B R E S T . — Il est né Jeudi dernier, entre 10 et 11 heures du matin, à la grande ménagerie Pezon, qui se trouve actuellement à Brest, trois lionceaux : une femelle et deux mâles. La mère et les enfants se portent bien.
L'Union Républicaine, à qui nous empruntons celle intéressante nouvelle ajoute : Lady Bellone, qui est une très grande dame habituée à tous les raffinements de la vie civilisée, ne nourrit pas elle-même ses enfants. On leur a donné une nourrice sur lieu. Cette auxiliaire lactifère est une bonne et brave chienne basset, qui remplit, avec le plus grand dévouement, ses importantes fonctions et ses gourmands nourrissons.

Le Finistère du 30 juillet 1879

B R E S T . — Nous lisons dans l'Union républicaine de jeudi :
Un triste événement a jeté, hier, l'émoi dans une partie de notre population. Un banquier, établi à Brest depuis quelques années, M. S.. , s'est donné volontairement la mort en se tirant un coup de revolver dans la région du cœur. On devine aisément les motifs qui l'ont poussé à cette funeste détermination. Les dernières fluctuations de la cote des valeurs industrielles qui, presque toutes, après une hausse excessive, sont tombées subitement à la baisse, font présumer, avec toute apparence de raison, qu'il aura éprouvé de grandes pertes d'argent au jeu de la Bourse. Ne pouvant faire face à ses obligations, le malheureux s'est sauvé du déshonneur dans la mort. M. S... était marié et père, de famille. La veille, sous un prétexte quelconque, il avait décidé sa femme à quitter Brest pour une ville voisine où habite une partie de sa famille. Le malin même, il avait encore, dit-on, conduit un des siens au chemin de fer. En revenant de la gare, il se rendit dans une petite maison de campagne qu'il possédait aux environs ; c'est là qu'il mit fin à ses jours. Un grand nombre de nos concitoyens ont des sommes plus ou moins considérables placées en dépôt ou engagées dans les spéculations de la maison de banque dont 11 était le directeur. Cette mort a produit une émotion qui est loin encore d'être dissipée.

Le Finistère du 8 novembre 1879

B R E S T . — Nous avons mentionné, d'après les journaux de Brest, le suicide de M. Sossa, banquier, qui avait fondé dans cette ville le Comptoir de Bretagne, avec succursale à Lorient. La faillite a été déclarée. On ne peut calculer encore le montant des pertes, qui frappent un grand nombre de petits commerçants et rentiers ; on parle de deux millions de francs. La femme de M. Sossa a disparu, ainsi que son neveu, qui dirigeait la succursale de Lorient.

Le Finistère du 19 novembre 1879

B R E S T . — Nous apprenons avec plaisir qu'un honorable industriel de Brest, M, Victor Lapierre, vient d'obtenir une nouvelle médaille d'or pour ses granits, à l'Exposition des Sciences appliquées à l'Industrie. C'est la troisième médaille d'or qu'il obtient cette année.

Le Finistère du 26 novembre 1879

Victor Lapierre est un sculpteur brestois connu, architecte, maître d'œuvre et entrepreneur. Son travail de référence est d'avoir été le maître d'œuvre du Manoir de Kerstears en granit – devenu Lycée Fénelon au 105 chemin de Ker Stears, ceci en 1860. Bénéficiaire : l’ingénieur et architecte écossais John Burnett Stears, investisseur en 1841 de l’usine à gaz du Forestou.

B R E S T . — On annonce la mort de M. Victor Lapierre, sculpteur, auteur d'un grand nombre d'œuvres décoratives dont quelques- unes ont obtenu des récompenses à diverses expositions. M, Lapierre s'était fait une spécialité de la mise en couvre du granit dit de Kersanton.

Le Finistère du 20 mars 1886

L ' H I V E R
A mon Petit-Fils
Elève du Lycée de Brest

Tout est sombre. Un brouillard enveloppe la mer.
Tout est mort, et la terre est froide : C'est l'hiver.
La neige, sur le sol, semble un tombeau de marbre.
On n'entend plus chanter un seul oiseau dans l'arbre.
Pauvres petits oiseaux ! Vos chants pleins de douceur
Se taisent ! Craignez-vous le retour du chasseur ?
L'hiver, c'est la saison de la grande hécatombe ;
L'hiver, tout est frappé, tout est fauché, tout tombe.
On dirait que Dieu fit l'hiver pour prévenir
Tous les êtres que tout ce qui vit doit finir.
L'Année est-elle donc l'image de la vie ?
Belle au printemps ; l'été, belle encore et ravie;
Elle entre dans l'automne et, bientôt sur le seuil
De l'hiver, elle prend un vêtement de deuil.
C'est la Loi. Cette loi du Dieu qui nous gouverne
Veut que, dans la Nature, ici-bas tout alterne;
C'est de là que provient l'équilibre et l'accord ;
Ce qui fait que la vie est juste, c'est la mort.

II
L'hiver !.. Que ce mot là contient de tristes choses !..
Mais ce n est pas, mon fils, l'effeuillement des roses
Qui fait que l'hiver est si triste à regarder;
Ce n'est pas l'ouragan que l'on entend gronder
Qui fait que l'hiver est si rempli de désastres.
Ce n'est pas le nuage étendu sur les astres
Qui fait que le soleil est si lugubre à voir
Quand, l'hiver, ou plein jour on se croirait au soir.
Non, ce n'est pas cela qui rend l'hiver terrible ;
C'est le dépouillement, c'est la misère horrible ;
C'est le froid qui grelotte et ne peut se couvrir ;
C'est la faim qui s'affame et ne peut se nourrir,
Et pour lesquels, parfois, si prompte, si pressante
Que soit la charité, l'aumône est impuissante.
Aveugle, elle est trompée ou n'agit qu'à demi :
Le froid, c'est le bourreau ; la faim, c'est l'ennemi.
Et bien souvent l'aumône, entre ces deux athlètes,
Est impuissante ou fait des œuvres incomplètes.

III
Viens, mon enfant, et vois ce que c'est que l'hiver ;
Viens. Entrons dans ce bouge, entrons dans cet enfer.
Vois le pauvre chez lui : vois tous ces enfants pâles
Qu'on berce avec des chants tristes comme les râles.
Vois la table sans pain ; vois le foyer sans feu,
Et regarde, à travers le toit, si tu vois Dieu !...
Le vois tu ?
Je le vois. C'est son bras qui te porte :
C'est sa main qui te guide et t'ouvre cette porte.
Ce qui met dans ton cœur ce sentiment humain,
Cet amour pour le pauvre, ô mon fils, c'est sa main !
Mais l'hiver n'a t il donc qu'heures ternes et sombres,
Et que jours sans lumière, et que nuits pleines d'ombres ?
Que frimas au dehors, au dedans que douleurs ?
N'a-t-il donc pas de fruits ? N'a-t-il donc pas de fleurs ?
Est-il stérile ?...
Non : Pour les grands de ce monde,
C'est la saison superbe et la saison féconde :
Leurs serres ont des fleurs et des fruits sans pareils ;
Leurs palais, des flambeaux plus beaux que des soleils ;
Des chambres de velours, si douces, si soyeuses,
Si chaudes, qu'elles sont de l'hiver oublieuses ;
De merveilleux banquets, miraculeux à voir,
Qui finissent le jour et commencent le soir.
Viens ! laissons là le riche. —
Entr'ouvre la fenêtre.
Viens voir l'hiver du pauvre et quitte ton bien-être.
Ecoute l'ouragan et quitte ton salon,
Pour aller, à travers la neige et l'aquilon,
Secourir la misère et porter ton aumône.
Obéis à la voix d'en haut qui te dit : — Donne ! —
Donne !...
Celui qui meurt de faim dans son grenier,
C'est ton frère. Ton Dieu défend de le nier.
Celui qui meurt de froid et râle sur la cendre,
C'est ton frère. Ton Dieu l'ordonne de l'entendre.
Nourris le, mon enfant ; réchauffe-le... Si peu
Que tu fasses, tu vas obéir à ton Dieu.

Madame A PENQUER. [épouse du maire de Brest NDLR]
Brest, le 9 Janvier 1880

Le Finistère du 17 janvier 1880

Alexandrine Françoise Éloïse Léocadie Hersent-Penquer poétesse ayant fréquenté à Paris Victor Hugo, Lamartine, de Hérédia, Leconte de Lisle... Elle ouvre un salon littéraire au 16 rue du Château à Brest, soit son domicile.

B R E S T . — Le 19 avril a eu lieu une intéressante séance de la Société académique de Brest. Il s'agissait de la remise d'un prix de littérature décerné par la Société à l'un de ses membres, M. Mével, pour son Mémoire sur Emile Souvestre. La veuve de notre grand et regretté romancier breton, informée du sujet mis au concours par la Société académique, avait tenu à honneur de venir elle-même remettre au lauréat la médaille de vermeil décernée au mérite de son étude. La présence de Madame Souvestre donnait à la réunion d'hier soir, un attrait tout particulier.
L'honorable vice-président de la Société académique de Brest, M. Joubert, s'est fait l'interprète éloquent du sentiment général, dans les compliments qu'il a adressés à Madame Souvestre, à qui la Société académique a décerné un diplôme de membre honoraire.

Le Finistère du 21 avril 1880

B R E S T . — M . Prosper Bameule, caissier de la succursale de la Banque du France à Brest, est nommé avec avancement à la succursale de Dunkerque.

Le Finistère du 1er mai 1880

La Banque de France avait des agences physiques dans les grandes villes avant de laisser la place à des réseaux bancaires privés.

B R E S T . — Dans la nuit de dimanche à lundi, vers minuit, deux militaires et un bourgeois qui suivaient la route de Pontanézen ont été attaqués près de la fabrique de M. Guézennec, par huit individus qui ont profilé du moment où l'un d'eux s'était arrêté pour se jeter sur eux. Les deux militaires se sont échappés assez mal menés, mais le bourgeois accablé par quatre de ces bandits a été laissé pour mort, on lui a volé son chapeau, sa cravate et quelque argent qu'il avait sur lui. 11 a pu, toutefois, après le départ de ses agresseurs se rendre au bureau de police pour y faire sa déclaration. Il est dans un état déplorable ayant, lorsqu'il était à terre, reçu des coups de talon sur la tête, car l'un des agresseurs l'ayant reconnu, s'écria: c'est un tel, achevons-le ou nous sommes perdus. Ces huit malfaiteurs sont aujourd'hui connus.

Le Finistère du 5 juin 1880

B R E S T . — La Société nationale d'agriculture de France vient de décerner une médaille d'argent (section de grande culture) à M. Le Bihan, propriétaire agriculteur à Brest.

Le Finistère du 30 juin 1880

B R E S T . — Sur la proposition du ministre de l'instruction publique, le Conseil d'Etat a présenté à la signature du président de la République, un décret aux termes duquel la Société académique de Brest serait déclarée, d'utilité publique.

Le Finistère du 7 août 1880

B R E S T . — L'Union Républicaine annonce que le Musée de Brest vient d'obtenir de l'Etat, par l'entremise de M. Camescasse, un tableau très remarqué au dernier Salon, Camille Desmoulins au Palais-Royal.

Le Finistère du 13 octobre 1880

B R E S T .— Brest a eu sa cavalcade de la mi-carême. L'Union nous en fait la description. L'Océan lui-même déclare qu'il était loin d'être hostile à cette fête. Il va jusqu'à faire un timide éloge « de celle cavalcade organisée par des jeunes gens qui y ont mis beaucoup d'entrain. »
L'Océan [ presse monarchique NDLR ], en celle occasion, a fait preuve de bon sens, il faut le reconnaître.

Le Finistère du 2 avril 1881

B R E S T . — Les ouvriers ferblantiers sont en grève depuis lundi. Ils demandent une réduction des heures de travail sans diminution de salaire. Les patrons, réunis le 23 avril, ont repoussé les propositions des ouvriers. On espère néanmoins qu'un accord ne tardera pas à s'établir, la majorité des patrons ayant d'abord paru disposés à faire les concessions qui leur étaient demandées.

Le Finistère du 30 avril 1881

B R E S T . — La grève des ferblantiers est terminée. — A la suite d'une réunion, une entente mutuelle s'est faite entre patrons et ouvriers ; ces derniers ont déclaré accepter le paiement à l'heure qui leur était proposé. Bien entendu le prix de l'heure a été fixé pour chaque catégorie d'ouvriers et apprentis.

Le Finistère du 7 mai 1881

B R E S T . — Trois prisonniers, dont deux condamnés pour vol, et le troisième détenu préventivement, se sont évadés, dans la nuit du 7 au 8 mars, du fort Bouguen.

Le Finistère du 10 mars 1883

B R E S T . — La Société académique de Brest organise en ce moment une Exposition de Géographie qui aura lieu du 3 au 7 juin et coïncidera avec le Concours hippique qui a lieu du 13 au 17. Chaque jour, pondant cette quinzaine, une Conférence géographique aura lieu dans une des salles de l'Académie qui, à cette occasion, fait appel à tous les amateurs et collectionneurs qui voudront bien lui confier les objets qu'ils possèdent et qui concernent la mesure et la description de la terre, les climats, les productions, la race, les mœurs, les arts et l'histoire des peuples étrangers à l'Europe.
Pour toute communication, écrire à M. Froger, secrétaire du Comité, à l'établissement des Pupilles de la Marine, à Brest.

Le Finistère du 11 avril 1883

B R E S T , 11 juillet, — Le jeune Forget, Emile, âgé de 4 ans, demeurant rue de Paris, n°80 , est tombé d'une croisée, d'où il regardait ; monté sur une chaise, passer la musique du 19ème de ligne. Dans sa chute, cet enfant s'est fracturé le crâne et est mort quelques heures après.

Le Finistère du 18 juillet 1883

B R E S T . — M. Biron, un des plus notables citoyens de Brest, est décédé la semaine dernière.— M. Chevillotte, président de la Chambre de commerce de Brest a rappelé sur sa tombe, la féconde carrière de cet homme de bien, de ce travailleur infatigable. Comme membre et vice-président de la Chambre de commerce, dont il faisait partie depuis 1872, comme juge au Tribunal de commerce, où il a siégé pendant plusieurs années, Biron s'est toujours signalé entre tous par son amour du bien, par son dévouement aux intérêts publics. M. Chevillotte n'a été que l'écho de tous les Brestois en rendant un hommage ému à la mémoire de M. Biron.

Le Finistère du 8 décembre 1883

B R E S T . — Le chef de comptabilité de la Trésorerie générale dit l'Union Républicaine de Brest a été arrêté vendredi, sous l'inculpation de détournements au préjudice du Trésor ; depuis le 1er janvier, cet employé paraissait peu à son bureau, se disant malade. M. do Villentroy, successeur de M. Pigeard, ayant eu la pensée d'examiner ses livres, remarqua bien vite des irrégularités et des grattages qui lui inspirèrent des soupçons. M. Lamy, ancien fondé de pouvoirs du Trésorier-payeur général, ayant été chargé de questionner l'inculpé, obtint de lui l'aveu de divers détournements s'élevant à une somme de 85,000 fr. environ.
En annonçant la nomination de M. de Villentroy à la Trésorerie générale du Finistère, nous avons reproduit d'après le Journal de Laval une note des plus élogieuses pour ce haut fonctionnaire. D'après tout ce que nous apprenons et voyons depuis son installation, ces éloges sont parfaitement justifiés.
Le nouveau Trésorier-payeur général est expert dans les diverses branches de son service ; travailleur infatigable, Il est lui-même le premier de ses employés, au milieu desquels il travaille afin d'exercer une surveillance plus efficace.

Le Finistère du 23 janvier 1884

B R E S T . — Nous lisons dans l'Océan, qu'à la suite de nouvelles investigations faites sur les livres de la Trésorerie générale, le sieur Jannest (Saint-Hilaire), chef de bureau, a été arrêté vendredi, sous l'inculpation de faux en écriture.

Le Finistère du 6 février 1884

B R E S T . — Les journaux de cette ville annoncent qu'une jeune fille, employée comme domestique chez un fruitier, a gagné un lot de 10,000 fr. au dernier tirage de la Loterie des Arts Décoratifs.

Le Finistère du 9 février 1884

B R E S T . — Avant-hier, dit l'Union républicaine de jeudi, vers huit heures du soir, il y avait rassemblement rue de Siam, près du débit de Mme veuve Flers, situé à l'angle de cette rue et de la rue Monge. Le nommé Le Bras, Eugène, couvreur, et sa femme, ménagère, âgés tous deux de vingt quatre ans, venaient de recevoir chacun un coup de couteau, le mari au-dessus de l'œil droit et sa femme au bras droit. Ces coups avaient été donnés par un sieur B..., portefaix, âge de 50 ans, demeurant rue Neuve des Sept Saints, chez les époux C..., même rue n" 12. La femme C... a reçu aussi de B... un coup de pied dans le bas ventre ; elle a été renversée et, dans sa chute, s'est fait une blessure à la tête. Les blessés ont reçu les soins de M. Guéguant, pharmacien, rue de Siam, 109.

Le Finistère du 25 octobre 1884

B R E S T . — Un incendie s'est déclaré dimanche soir, dans une vieille maison de la rue Neuve-des Sept-Saints, appartenant à M. Poulmarch.
Malgré la promptitude des secours la maison incendiée a été complètement détruite et les pauvres mobiliers des locataires ont été la proie des flammes.
La maison dont il s'agit était occupée par les familles Le Coat, Balcon, Rohou et par le nommé Lagadec.
Peu de minutes après le commencement de l'incendie, la maison était tout en flammes. On ne peut que se livrer à des conjectures sur la cause de l'incendie. On présume, cependant, que ce sont les nommés Rohou, Eugène, et Depatrer, Louis, dont les cadavres carbonisés, ont été retrouvés dans une pièce du rez-de-chaussée, qui, étant ivres, ont inconsciemment mis le feu à des tas de paille qui leur servaient de couches.

Le Finistère du 14 octobre 1885

B R E S T . — M. Guérin, lieutenant de vaisseau en retraite, vient de mourir en léguant à la ville de Brest la somme nécessaire pour créer cent livrets du Cuisse d'épargne, de 20 fr. chacun, qui seront distribués, chaque année, aux élèves les plus méritants des écoles primaires communales.

Le Finistère du 3 mars 1886

B R E S T . — On a enterré cette semaine, à Brest, une sage-femme, Mme Copillet, qui exerçait sa profession depuis soixante-six ans. Elle avait quatre-vingt-deux ans. Qu'on juge par là du nombre d'enfants qu'elle a du mettre au monde !

Le Finistère du 31 mars 1886

B R E S T . — On parle beaucoup en ville, d'après un journal de Brest, d'une exhumation qui pourrait, dit-on, être ordonnée par la justice à la demande expresse d'une compagnie d'assurances. Voici les faits qui motiveraient les bruits qui circulent, si toutefois ils sont exacts : Dernièrement mourut subitement, à Brest, une personne fort connue de notre ville. Quelques jours après, des bruits d'empoisonnement volontaire circulèrent à tort ou à raison, par suite d'une mauvaise, situation financière. La personne dont il s'agit était assurée sur la vie pour un chiffre très élevé. La compagnie d'assurances devait donc s'exécuter en payant à la veuve la somme déterminée. Mais elle eut probablement vent des on-dit et, après enquête, demanda à prouver que l'assuré s'était suicidé, ce qui résiliait le contrat précédemment intervenu. La preuve ne pouvant être faite que par l'exhumation et l'analyse du cadavre, la compagnie aurait donc demandé l'exhumation.
Nous le répétons, nous ne formulons rien de précis, nous répétons ce qui se dit de tous côtés en ville.

Le Finistère du 3 avril 1886

B R E S T . — Nous avons enregistré, d'après les journaux de Brest, le bruit qu'une exhumation allait être faite pour rechercher les causes de la mort d'une personne récemment décédée dans cette ville. L'Union républicaine nous apprend, dans son dernier numéro, que ce bruit ne reposait sur aucun fondement sérieux.

Le Finistère du 24 avril 1886

B R E S T . — M. Jossic, directeur du service de santé à Brest, vient d'être admis à la retraite.
A cette occasion, les officiers du corps de santé présents à Brest se sont réunis vendredi dernier pour aller lui porter leurs adieux.

Le Finistère du 28 avril 1886

B R E S T . — Jeudi soir, vers huit heures, un incendie s'est déclaré subitement rue Fautras, n°6, dans le magasin de M. Penven. Cet industriel traitait des cidres par l'alcool, quand tout à coup l'alcool s'enflamma et communiqua le feu à la pièce, puis à l'intérieur du magasin. Malgré la prompte arrivée des secours, ce n'est qu'à dix heures qu'on s'est rendu maître de l'incendie. Le magasin de M. Penven, son bureau et son logement ont été consumés, avec une grande partie du mobilier. Lui-même a reçu de fortes brûlures aux jambes. Un musicien de la flotte a été brûlé au bras droit pendant l'incendie.

Le Finistère du 8 septembre 1886

B R E S T . — Nous apprenons avec plaisir que M. Mingant, instituteur public, directeur de l'école de Bel Air, à Brest, vient d'obtenir à l'exposition scolaire régionale de Pontivy une médaille de vermeil, pour la collection de livres classiques dont il est l'auteur.

Le Finistère du 29 septembre 1886

Commission départementale. La Commission départementale a tenu jeudi à la Préfecture sa réunion mensuelle, qui a été consacrée à l'expédition des affaires courantes. Dans cette séance, elle a notamment, approuvé, sous certaines modifications, un projet de contrat avec l'Hospice civil de Brest pour la construction et la location d'un bâtiment destiné à recevoir les élèves sages-femmes boursières du département.

Le Finistère du 2 octobre 1886

B R E S T . — Un jugement qui intéresse tous ceux qui voyagent vient d'être rendu par le juge de paix de Brest. Certains hôteliers, alors même que les voyageurs ne prennent pas de repas dans leur hôtel, ont la prétention d'ajouter le prix de la nourriture à celui de la chambre, exigeant une somme fixe et invariable par journée.
Peut-être, dans certains pays, notamment la Suisse, cet usage est-il assez général ; mais avis en est toujours donné aux touristes ou pensionnaires. C'est ce que révèle le juge de paix de Brest, dans son jugement, rendu sur la demande de deux voyageurs qui ayant séjourné du 28 au 30 novembre à l'Hôtel Continental, avait dit payer une somme de 111 francs. La note que leur avait présentée M. Cornion, propriétaire de cet hôtel, comprenait cinq repas qui n'avaient pas été servis. Non seulement, cette note a été réduite, mais des dommages-intérêts ont été accordés aux voyageurs.

Le Finistère du 20 novembre 1886

Nouveau sous-préfet de Brest
« M. Arnaud, sous-préfet de Castres, vient d'être nominé sous-préfet de Brest. [...] Un poste connue celui de Brest est le dernier échelon qui reste à franchir à un fonctionnaire de celle administration, avant d'être nommé Préfet.
« Nous en avons eu exemple dans la dernière promotion, dont fait partie M. Arnaud. Son prédécesseur à Brest vient d'être nommé Préfet.
« C'est avec un vrai plaisir que nous félicitons M. Arnaud d'un avancement qu'il a si bien mérité. Mais c'est avec un vif regret que nous le voyons quitter notre arrondissement.
« A un caractère conciliant et bienveillant M. Arnaud a su joindre une ligne de conduite parfaitement correcte au point de vue républicain. Il a rallié plus d'un adversaire aux institutions que la France s'est librement données.
« Il emportera les regrets unanimes de tous ceux qui l'ont connu.
« Notre arrondissement perd en lui un administrateur capable, ayant déjà occupé les fonctions de secrétaire général du Tarn et ayant su comprendre à fond le caractère do nos populations.
« Pourquoi ne le dirions-nous pas ?
« Ces circonstances nous font espérer que M. Arnaud ne nous quitte que provisoirement et qu'un gouvernement bien avisé ne perdra pas une aussi bonne occasion, le jour où M. Landard recevra de l'avancement, de mettre à la tête de notre département un fonctionnaire autant en situation de le bien administrer et de faire aimer la République. »

Le Réveil du Tarn, novembre 1886

B R E S T. 12 décembre. — La Dépêche, de Brest, annonce qu'un éboulement, provenant de la Montagne du Viaduc, s'est produit dimanche dans le port. Les sieurs Bernard, entrepreneur, et Arnaux, maître entretenu*, qui passaient en cet endroit, au moment où a eu lieu l'éboulement, ont failli en être les victimes, Les roches se sont brisées à quelques pas d'eux ; ils en ont été quitte pour la peur.

Le Finistère du 15 décembre 1886

* Maître entretenu : employé qualifié ayant eu une formation spécifique adaptée à la construction navale sur deux ans. Cours le matin à l'école, application sur chantier l'après midi. Brest eut son contingent de maîtres entretenus rémunérés à l'année avant que la technicité réclame une formation d'ingénieur plus sophistiquée.

B R E S T. — L'agent de police Pierre Nicolas, âgé de 27 ans, faisant partie du personnel de la police municipale depuis le 1er septembre 1885, est mort vendredi dernier des suites de coups qu'il a reçus dans la soirée du 19 août dernier, en opérant l'arrestation de deux malfaiteurs. « Ce malheureux avait été, le 19 août, tellement maltraité, que des crachements de sang se sont produits presque instantanément, et que, depuis cette époque jusqu'au jour de son décès, il a été obligé de garder la chambre et le lit. Il était marié et père d'un enfant encore en nourrice. »

Le Finistère du 19 février 1887

— Les préfets ont été invités à renouveler leurs instructions aux maires, officiers de police judiciaire et autres agents de la force publique, pour arriver à une vigoureuse répression du braconnage et de la vente du gibier.
Les rapports centralisés ont fait connaître que les mesures prises jusqu'ici sont restées en grande partie infructueuses : des peines plus sévères sont réclamées contre les braconniers, au moyen d'une loi spéciale.

Le Finistère du 2 mars 1887

— Le ministre des travaux publics, sur de nombreuses réclamations du service compétent, vient d'adresser aux préfets et aux ingénieurs chargés de la pêche, une circulaire portant interdiction absolue de transporter et de mettre en vente les poissons de rivière pendant le temps où la pêche est interdite.
La surveillance et la répression devront surtout viser les intermédiaires et commissionnaires, pour qui le règlement est, le plus souvent, lettre morte.

Le Finistère du 2 mars 1887

— La Dépêche nous apprend qu'un employé de la maison Chevillotte a disparu jeudi dernier avec une somme de 6,000 fr. qu'on l'avait chargé de recouvrer. Jusqu'ici on n'avait rien eu à reprocher à cet employé dont la famille est fort honorable La police n'a pas encore pu mettre la main sur lui.

Le Finistère du 27 avril 1887

B R E S T . — On annonce que M. Auguste Nicolas, artiste peintre, subventionné par la ville de Brest pour continuer ses études à Paris, vient d'être reçu le 23ème sur 90 candidats admis cette année a l'école des beaux-arts, à la suite du dernier concours.

Le Finistère du 30 juillet 1887

B R E S T . — La Dépêche annonce que le tribunal correctionnel a statué sur un procès en diffamation et refus d'insertion que lui avait intenté le frère Emilis, instituteur congréganiste à Saint-Renan. Le sieur Emilis demandait 300 francs de dommages-intérêts. Le tribunal a simplement renvoyé le gérant de la Dépêche des fins de la poursuite et condamné le demandeur aux frais.

Le Finistère du 24 août 1887

— Le 24 septembre, deux ivrognes se battaient au premier étage d'une maison de la rue Kléber, quand, de bousculades en bousculades, le groupe, passant par la fenêtre, tomba lourdement sur le sol de la cour. L'un des deux ivrognes en fut quitte pour la peur, mais l'autre fut tué sur le coup.

Le Finistère du 30 novembre 1887

B R E S T . — Un assassinat a eu lieu dimanche à Brest. La Dépêche raconte ainsi les faits :
« L'auteur du crime, l'Italien Marc, Antoine, et le nommé Nicaise Léocard se sont pris de querelle au haut de la rue des Sept-Saints. Ils descendaient la rue en se battant. Ils arrivèrent ainsi en face de la maison de tolérance qui porte le n°24. Marc entraîna son adversaire dans la maison. Les femmes de l'établissement avaient suivi d'une fenêtre la bataille. Quand Marc et Léocard furent entrés, la femme Traonouëz, qui avait en Léocard une façon d'ami, intervint pour les séparer. L'Italien lui porta au ventre un coup de couteau effrayant.
« La femme Traonouëz s'affaissa sur un banc on s'écriant : « Je suis perdue. » On l'aida à monter dans sa chambre , située au troisième étage. Les entrailles de la malheureuse sortaient par la plaie énorme ; elle dut se tenir le ventre, comme elle put, avec les mains.
« M. le docteur Anner, appelé, ordonna le transfert de cette femme A l'hôpital. Lundi soir, à six heures, elle vivait encore. Elle était arrivée à Brest, venant de Quimper, depuis quelque temps. »

Le Finistère du 14 décembre 1887

B R E S T . — Nous lisons dans la Dépêche de mercredi dernier :
« Un épouvantable accident s'est produit hier matin, vers 6 heures 1/2, dans une maison en construction au numéro 20 de la rue Graveran.
« Deux frères, ouvriers de M. Bourrier, entrepreneur de zinguerie, Théodore Petit, contremaître, et Arthémy Petit, ouvrier ferblantier, venaient de monter sur un échafaudage construit par eux à la hauteur du 4ème étage pour placer du zinc, lorsque les planches de l'échafaudage, glissant sur un coté mal assujetti, entraînèrent les deux malheureux et la plaque de zinc qu'ils allaient fixer.
« Relevés aussitôt, ils furent transportés à la pharmacie Flachel et de là à leur domicile, dans la maison de M. Bourrier, rue de Paris. Le plus jeune, Arthémy, qui avait une fracture au crâne, est mort dix minutes après l'événement. L'aîné reçut les soins de M. le docteur Guyader ; il ne portait aucune blessure grave externe, mais des lésions internes avaient été déterminées par sa chute : il est mort â midi.
« Au moment ou ils firent cette horrible chute, un troisième ouvrier allait les rejoindre sur l'échafaudage et il n'eut que le temps de se retenir à une fenêtre pour ne pas tomber, avec eux.
« Théodore Petit, âgé de 30 ans, était veuf et père de deux enfants ; Arthémy, célibataire, avait 27 ans. »
Les deux frères Petit étaient originaires de Quimper, où leur mère habite encore.

Le Finistère du 10 mars 1888

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