B R E S T . — On vient de fonder une école d'administration
de la marine pour former les élèves commissaires destinés à recruter le
commissariat.
Le Finistère du 7 janvier 1874
B R E S T . — Les journaux de Brest publient le récit qui suit d'un vol
de lettres : On a procédé ces jours derniers à l'arrestation d'un militaire
de l'infanterie de marine dans les circonstances que voici : Depuis quelque
temps, et à la suite de plaintes nombreuses, l'administration des postes
avait toutes les raisons voulues pour supposer qu'une main inconnue enlevait
les lettres jetées dans la boite du bureau central (rue Traverse.) Le
même fait s'était déjà produit l'an dernier. Le coupable employait une
matière gluante, dont il enduisait la partie intérieure de la boîte de
réception. Puis, profitant d'un instant où la rue était déserte, il enlevait
le soir les lettres qui étaient demeurées attachées aux cloisons de la
boîte. M. le Receveur des postes avait pris les mesures nécessaires pour
empêcher ces vols. Le voleur changea de tactique. Il se servait, dans
ces derniers temps, d'une feuille de papier ployé en double, qu'il collait
habilement et qui formait à son extrémité un rebord, ce qui empêchait
les lettres de tomber à l'intérieur. Le soir venu, on enlevait la feuille
et les lettres qui s'y étaient arrêtées, et le tour était joué. L'administration
déploya la plus active surveillance, et, il y a quelques jours, un soldat
du 2ème d'infanterie de marine a été pris la main dans le sac {flagrante
delicto). Une enquête se poursuit.
Le Finistère du 18 décembre 1878
B R E S T . — Nous avons annoncé dans notre avant-dernier numéro l'arrestation
d'un soldat de l'infanterie de marine accusé de soustraction de lettres
au préjudice de l'administration des postes de Brest. Dans sa séance du
20 décembre, le premier conseil de guerre maritime, présidé par M. Cobet,
capitaine de vaisseau, a acquitté ce militaire, nommé Roppert, à la majorité
de cinq voix contre deux.
Le Finistère du 28 décembre 1878
B R E S T . — La plus désagréable mésaventure qui se puisse imaginer,
dit l'Union Républicaine, est arrivée mercredi dernier à un soldat de
la ligne, placé en sentinelle perdue à Porstrun-Lapierre, il montait consciencieusement
sa faction, debout sur une large pierre plate. A un moment donné, la baguette
de son fusil tombe et disparait par une fissure de la pierre. Déplacer
celle-ci fut pour notre homme l'affaire d'un instant. Au parfum qui s'exhala
de la fosse, il n'eut aucun doute sur la nature de ce qu'il venait de
découvrir. Mais il ne s'agissait pas de faire la petite maîtresse ; il
fallait, coûte que coûte, retrouver la baguette. Il se met donc en mesure
de descendre pour la chercher. Hélas! perdant l'équilibre, il en eut bientôt
jusqu'aux épaules. Deux femmes du voisinage accoururent et l'aidèrent
à en sortir, Dieu sait dans quel état !
Le Finistère du 19 février 1879
B R E S T . — L'escadre d'évolutions, après être restée deux mois dans
l'Océan, a terminé ses expériences, qui n'ont pas coûté moins d'un million
; cette dépense n'aura pas été inutile. Les officiers du vaisseau ont
reconnu que les cuirassés pouvaient naviguer à la voile avec sécurité
sans que cela puisse nuire à la facilité d'attaque ou de défense par toute
l'artillerie du bord ; ils ont reconnu aussi que l'artillerie, malgré
un tir rapide, était bien établie, qu'elle pouvait se manœuvrer facilement
et promptement, et qu'elle était très solide. Les machines ont été déclarées
bonnes, quelques-unes même ont été trouvées excellentes: cependant la
commission a remarqué que les changements fréquents dans le personnel
des machines étaient préjudiciables à ce service important. On peut conclure
de ces expériences que notre escadre de combat est dans de bonnes conditions
et qu'elle est capable de se mesurer avec les escadres les mieux organisées
parmi les marines étrangères.
Le Finistère du 27 septembre 1879
B R E S T . — Lundi dernier, M. le vice-amiral Bonie, nommé préfet maritime
commandant en chef à Brest, a pris possession de son poste. Les réceptions
d'usage des autorités maritimes, militaires et civiles ont eu lieu à 2
heures de l'après-midi, à l'hôtel de la préfecture maritime.
Le Finistère du 27 septembre 1879
B R E S T . — On lit dans l'Union Républicaine :
M. le vice-amiral Jauréguiberry, ministre de la marine est arrivé inopinément
mardi 7, à Brest. Il est descendu au Grand Hôtel, le jour même il a visité
la Direction des Constructions navales.
Le lendemain mercredi, il est allé en rade, à bord de la Flore, de la
Favorite, qui font partie da l'escadre volante d'instruction et à bord
du vaisseau le Redoutable et de la Bretagne, A son retour à terre, il
a fait demander tous les chefs du service, à l'hôtel de le préfecture.
Il n'y a pas ou de présentation personnelle. Le ministre qui, comme on
le sait, est peu complimenteur, après avoir dit qu'il ne doutait nullement
du zèle et de la capacité des chefs dirigeant le port de Brest, a insisté
sur la nécessité de joindre à ces qualités la science pratique de l'économie
dans les dépenses et l'exactitude aussi complète que possible dans les
études et les projets proposés à la haute administration. Toutes les fois,
a-t-il dit, que devant la commission du Sénat ou du Corps législatif le
ministre de la marine, s'appuyant sur les chiffres de dépenses calculés
par les différents services de son département, expose ou défend un état
de choses et que des critiques fondées démontrent l'inexactitude des dépenses
faites ou prévues, ce ministre se trouve humilié et la marine est atteinte
dans sa réputation de faire sérieusement les choses sérieuses.
Le directeur du service de santé a présenté quelques observations sur
les inconvénients que présente l'hôpital de la marine, inconvénients qui
sont inévitables dans les établissements construits en vue d'une durée
sans limite et dans des quartiers imposés par des convenances accessoires.
En Amérique, on fait un hôpital en bois pour une durée de cinq ou dix
ans, plus ou moins, une sorte du baraquement que l'on brûle ou détruit
dès que le séjour y devient le moindrement dangereux.
Jeudi à huit heures, le ministre accompagné de M. le préfet maritime et
de M. le directeur des constructions navales, s'est rendu à l'usine de
la Ville-Neuve pour apprécier dans quelle mesure on pouvait admettre l'opinion
de la suppression de cet établissement très accessoire de la marine, telle
qu'elle sera émise par la commission administrative présidée par M. le
vice-amiral de Gueydon. A 10 heures, le ministre a visité l'hôpital maritime,
et à 2 heures il repartait pour Paris.
Le Finistère du 11 octobre 1879
B R E S T . — M. Joban, médecin de 1ère classe de la marine à Brest, est
désigné pour aller servir dans l'Inde, en remplacement de M. Cassiou qui
terminera prochainement la période coloniale et qui est rattaché au cadre
de Toulon.
— M. Pellen, aide pharmacien de la marine, à Brest, est désigné pour aller
servir à la Guyane, en remplacement de M. Parat, qui terminera le 20 juin
la période coloniale et qui est rattaché au port de Rochefort.
— M. Villemsens, capitaine de frégates du port de Brest, actuellement
détaché au Dépôt des cartes et plans, et qui devait cesser ses fonctions
dans cet établissement le 17 mai courant, y sera maintenu jusqu'au 1er
juin prochain, pour y terminer un travail sur l'Australie.
— Par décision ministérielle du 13 mai courant, M. le lieutenant de vaisseau
L'Espagnol de Chanteloup, en non-activité pour infirmité temporaire, à
St-Malo, depuis le 14 juillet 1877, a été rappelé à l'activité. Cet officier
est rattaché au port de Cherbourg.
— M. Buisson, chef de bataillon au 2ème régiment d'infanterie de marine,
à Brest, est appelé à continuer ses services à la portion de ce régiment
stationnée à la Guadeloupe, en remplacement de M. Thévenin rentré en France
en vertu d'un congé de convalescence, et qui permute avec lui. M. Buisson
se rendra à sa destination par le paquebot partant de St-Nazaire le 6
juin prochain.
— Le port de Brest expédie d'urgence, à Toulon, sept mécaniciens, pour
assurer le service à la mer. Ces hommes sont pris à bord des bâtiments
eu réserve. Le disponible à l'embarquement étant 0 dans tous les grades
du corps des mécaniciens, sauf en ce qui concerne les mécaniciens principaux
de 2ème classe. Il serait temps de songer à mettre en pratique les moyens
efficaces de recruter et de conserver au service de la flotte, un personnel
indispensable, et qu'il est beaucoup plus difficile, qu'ont paru le croire
certains administrateurs secondaires des équipages de la flotte.
— Lundi, ont ou lieu les obsèques de M, Thomas, commissaire de la marine
en retraite, officier de la Légion d'honneur. Un cortège nombreux a accompagné
à sa dernière demeure cet excellent homme, qui laisse des regrets très
honorables pour sa mémoire, parmi ses concitoyens et parmi ses nombreux
amis.
Le Finistère du 19 mai 1880
B R E S T . — Un accident qui aurait pu avoir les plus graves conséquences
est arrivé ces jours derniers à un jeune lieutenant de vaisseau du port
de Brest, M. Albert J.... Il faisait, en compagnie d'un du ses amis, une
excursion à la cascade de Saint-Herbot. En quittant Brannilis, dit l'Union
Républicaine, les deux touristes prirent à travers champs pour couper
au plus court et s'égarèrent dans des plaines marécageuses. Tout à coup
M. J.... qui marchait en avant, disparut dans une fondrière pleine de
vase que recouvrait un gazon trompeur. Ce trou mesurait plusieurs mètres
de profondeur ; il était heureusement assez étroit ; en étendant les bras
au moment de sa chute, M. J . . . fut assez heureux pour rencontrer, sur
un terrain un peu plus résistant, une touffe d'herbes qui lui permit,
avec des précautions sans fin et à travers mille dangers, de se tirer
du l'excavation qui avait failli être sa tombe.
Ces marais dans lesquels nos deux jeunes excursionnistes se sont égarés,
sont bien connus du pays ; leur passage est difficile, et ils ont été
maintes fois déjà le théâtre de tristes accidents.
Le Finistère du 22 mai 1880
B R E S T . — M. le capitaine de vaisseau Aubry est nommé aux fonctions
de major de la marine, à Brest, en remplacement de M. le capitaine de
vaisseau Béhie, appelé au commandement du Redoutable.
Le Finistère du 26 juin 1880
B R E S T . — On nous assure, dit l'Union républicaine, que. des ordres
ministériels sont parvenus aux préfets maritimes, relativement à la fête
nationale du 14 juillet, A 8 heures du matin, à midi, au coucher du soleil,
des salves de coups de canon seront tirées par tous les navires sur rade
; il y aura grands pavois ; illuminations ; la double ration sera donnée
aux équipages.
Le Finistère du 7 juillet 1880
B R E S T . — C'est sur sa demande que M. le contre-amiral Halligon a
été relevé des fonctions de major de la flotte, qu'il remplissait depuis
deux ans. Il devra remettre lui-même le service à son successeur, M. le
contre amiral l'Fleuriot de Langle, dont nous avons annoncé la nomination.
Le Finistère du 21 août 1880
B R E S T . — L'escadre d'évolutions, composée de 8 navires : Colbert,
Surveillante, Revanche, Suffren, Gauloise, Friedland, Desaix, Hirondelle,
a mouillé hier, vers 3 heures du matin, venant de Cherbourg.
Le Finistère du 21 août 1880
B R E S T . — Mercredi, à 4 heures de l'après-midi, trois compagnies d'infanterie
de marine, se sont embarquées sur la Loire pour la Nouvelle-Calédonie.
La musique du régiment placée sur le quai a joué la Marseillaise, au milieu
de l'enthousiasme général.
Le Finistère du 18 septembre 1880
B R E S T . — Samedi, à 9 heures 1/2 du soir, les artilleurs de terre
et de la marine se sont pris de querelle chez différents marchands de
vins de la rue Saint-Yves. Ayant été mis dehors, ils s'en sont allés continuer
leur tapage, rue Monge.
La police a été très prudente en cette occasion.
Des schakos sont restés sur le champ de bataille.
La querelle provenait do ce que l'artillerie de marine voulait expulser
des établissements l'artillerie de terre.
Le Finistère du 11 décembre 1880
B R E S T . — On annonce la prochaine arrivée à Brest de M. le ministre
de la marine, qui viendrait étudier les travaux de la côte.
Le Finistère du 30 novembre 1881
B R E S T . — M. le général Dehaye-Durand a passé vendredi dernier la
revue trimestrielle des troupes de la garnison, sur la place du Château.
Le Finistère du 11 janvier 1882
B R E S T . — On lit dans l'Océan : « Le 21 courant, à 14 heures 1/2 du
soir, le nommé Chillot, Charles, 2ème maître armurier, employé à la Direction
d'artillerie, a été arrêté pour avoir fait des blessures graves à l'aide
de son couteau, sur les personnes des nommés Huet, Jean-Marie, 25 ans,
peintre au port ; Lavé, Pierre, matelot calfat, et Pellen, François, boulanger.
— Les faits se sont passés dans la rue du Pont.
Le nommé Lavé a été transporté à l'hôpital maritime et les deux autres
à leur domicile. »
Le Finistère du 25 février 1882
B R E S T , 17 décembre. — Un triste événement s'est produit à Brest,
dimanche, vers une heure de l'après-midi. Le nommé Jourdan, matelot de
la division était reconduit par une patrouille d'infanterie de marine.
A l'angle des rues du Petit-Moulin et de la Tour, (Recouvrance), Jourdan
trébucha en voulant s'esquiver, mais il se remit aussitôt et courait de
plus belle, poursuivi par la garde ; atteint par la baïonnette de l'un
des hommes, Jourdan s'affaissa ; l'arme avait pénétré dans le flanc droit
à une profondeur de dix centimètres. Jourdan est mort à l'hôpital maritime
des suites de sa blessure. La veille, ce marin avait été déjà arrêté pour
coups et blessures volontaires.
Le Finistère du 23 décembre 1882
B R E S T , 28 décembre.— Un détachement de 300 marins est parti ce matin
pour Toulon.
Le Finistère du 30 décembre 1882
B R E S T . — Le 2ème conseil de guerre de Brest a jugé, vendredi et samedi,
les matelots qui avaient commis dans cette ville, une agression véritablement
sauvage, sur M. Lair, pharmacien, dans la soirée du 12 novembre 1882,
rue Saint-Yves.
Le jugement a été rendu dans la soirée. Voici les condamnations prononcées
: Ferri, 4 ans de prison.
Sébastiani, Leccia et Marsano, 3 ans de la même peine, et tous les quatre
â 200 fr d'amende, ou par corps, à 2 mois de prison de plus.
Dérissard, 6 mois de la même peine. Un autre matelot nommé Merlin, a été
acquitté.
Le Finistère du 10 janvier 1883
B R E S T . — Le tribunal de révision, dit le Petit Brestois a cassé,
pour vice de forme, le jugement du 2ème conseil de guerre maritime concernant
l'agression dont M. Lair a été victime.
En conséquence, les nommés Ferri, Sébastiani, Leccia et Dérissard, matelots,
seront jugés par le premier conseil de guerre maritime permanent séant
à Brest. Les débats commenceront mercredi 31 janvier, à 11 heures du matin.
Le Finistère du 31 janvier 1883
B R E S T . — Nous avons dit que le conseil de révision a cassé, pour
vice de forme le jugement du 2ème conseil de guerre maritime concernant
l'agression dont M. Lair a été victime.
Le conseil de guerre a purement et simplement maintenu les condamnations
prononcées par les premiers juges.
Le Finistère du 3 février 1883
B R E S T . — Des matelots ivres s'étant dernièrement promenés dans les
rues de Brest en chantant et précédés du drapeau tricolore, M. le préfet
du 2e arrondissement maritime a fait afficher l'ordre suivant :
« Le vice-amiral, commandant en chef, préfet maritime, sur le compte qui
lui a été rendu, qu'une bande de matelots plus ou moins, ivres et chantant
à tue-tête se sont promenés hier dans les rues de Brest, précédés par
un des leurs portant un drapeau tricolore ;
« Considérant qu'il y a dans ce fail un manquement au profond respect
que tous doivent avoir pour le pavillon de notre pays ;
« Défend absolument toute exhibition des couleurs nationales par des marins
ou soldats, et est résolu à sévir avec toute la rigueur possible contre
ceux qui contreviendraient à cet ordre.
« Le présent ordre sera lu et affiché dans toutes les casernes et à bord
des bâtiments.
Vice-amiral Lafont . »
Le Finistère du 2 juin 1883
B R E S T . — Les rues de Brest continuent à offrir peu de sécurité. Voici,
en effet, ce que nous lisons dans l'Océan :
« Vendredi soir, une nouvelle échauffourée aurait encore eu lieu dans
le bas de la rue Saint-Yves. Deux sous-officiers d'artillerie, assaillis
par une bande de malandrins, auraient dû, nous dit-on, dégainer pour se
défendre ; mais ne voulant pas user de leurs armes, ils se bornèrent à
faire des moulinets pour éviter les agresseurs. L'un d'eux, attaqué par
derrière, aurait été assez grièvement blessé. Les détails précis nous
manquent sur cette agression, mais le fait lui-même est certain. Nous
en prenons acte, au nom de tous les habitants des bas quartiers de la
ville, pour réclamer encore une fois la création d'un poste de police
dans ces parages ».
Le Finistère du 25 juillet 1883
B R E S T . — Un réserviste vient de trouver la mort à Brest, dans de
singulières circonstances ; cet homme voulait sortir de la caserne et
le factionnaire s'y refusait.
Le réserviste ayant menacé le factionnaire, une courte lutte s'engagea
et le réserviste fut terrassé. Il se releva presque aussitôt et, pour
se sauver, franchit le mur de la cour. Le malheureux s'est tué sur le
coup.
Le Finistère du 1er septembre 1883
Le service militaire des instituteurs et des membres du clergé. — La commission
de l'armée a tranché la question des instituteurs et des membres du clergé,
au point de vue de la disponibilité. fille a décidé que les instituteurs
ct les membres du clergé, après leurs trois années de service actif, seraient
maintenus dans la disponibilité jusqu'à l'expiration de leur temps de
service dans la réserve, c'est-à-dire jusqu'à trente ans. Ils ne feront
pas leurs vingt-huit jours ; mais ils pourront être rappelés, en temps
de guerre, par le ministre, qui les affectera à des services spéciaux
correspondant à leur caractère particulier.
Le Finistère du 11 mars 1885
B R E S T . — On lit dans l'Union républicaine :
Un accident est arrivé jeudi à bord du Magellan, armé en essai, sur rade,
dans une manœuvre d'ancres, les bosses qui retenaient la chaine ont subitement
cassé, et la chaîne en s'échappant avec une grande rapidité a blessé plusieurs
hommes occupés à la manœuvre.
Les blessés sont :
Lesnevant, Charles, maître canonnier : fracture des deux os de la jambe
droite avec épanchement de sang abondant. Le Ver, François, caporal d'armes:
écrasement du gros orteil (pied droit). Riou, François, matelot de 3ème
classe: contusion violente du genou gauche. Le Meur, André, matelot de
3ème classe : fracture des deux os de la jambe gauche. Le Vincent, Yves,
matelot de 3ème classe : entorse du pied, avec déchirure des ligaments.
Ces 5 hommes sont entrés à l'hôpital jeudi, à 2 heures. L'accident a eu
lieu vers 1 heure.
En outre, 3 hommes, légèrement blessés par le même accident, sont traités
à bord. Nous avons fait prendre ce matin des nouvelles des blessés du
Magellan, et nous sommes heureux de faire savoir que leur état est aussi
satisfaisant que possible.
Le Finistère du 2 septembre 1885
B R E S T . — On écrit de Brest, le 13 février: Le Conseil maritime a
jugé aujourd'hui le lieutenant de vaisseau Douillard, qui avait refusé
d'aller au Sénégal prendre commandement du Laprade. Cet officier donna
pour raison que le climat des colonies avait déjà altéré sa sauté, et
il offrit sa démission, qui fut refusée. Les membres du Conseil de guerre
ont acquitté le lieutenant du vaisseau Douillard. Cet officier, aimé et
estimé, était revenu très malade, de la station du Pacifique, où il avait
été aide de camp de l'amiral Landolfe. La décision du tribunal, présidé
par M. de Penfeuntenyo, a été accueillie avec une vive satisfaction par
le personnel maritime.
Le Finistère du 20 février 1886
B R E S T . — L'amiral Aube, ministre de la marine, est arrivé ; incognito
à Brest lundi dernier. Il a passé l'après-midi dans l'arsenal où il a
tenu à constater par lui-même le degré d'avancement du travail de classification
des vieilles matières inutiles ou hors d'usage ; il a minutieusement inspecté
la division des équipages de la flotte. Mardi, il était à l'hôpital dès
la première heure et se rendait au Borda à neuf heures ; il voyait ensuite
l'école des mécaniciens. Le ministre de la marine tient à tout voir par
lui-même, à tout connaître avant de se prononcer d'une façon définitive
sur les diverses réformes que les progrès des sciences imposent à la marine.
Au Borda, le ministre a adressé l'allocution suivante aux élèves de l'école
:
« Messieurs,
« Je ne suis venu que pour quelques heures dans notre grand port de l'Océan;
mais il était da mon devoir de vous apporter, dans une trop rapide visite,
un témoignage de l'ardente sollicitude avec laquelle vos ainés et le ministre
de la marine les représente auprès de vous — vous suivent à vos débuts
dans la carrière qu'ils ont parcourue et qui, pour eux, comme pour vous,
eut ici son berceau, son point de départ.
« Pour moi, ce nom du Borda me reporte à près d'un demi-siècle en arrière,
bien de mes chers compagnons d'école sont tombés en route ; mais ils sont
tombés dans l'accomplissement du devoir, pour la patrie, pour la France.
De telles morts ne sont pas à regretter, elles sont des exemples ; elles
furent une force pour nous, elle vous soutiendront vous-mêmes. Elles font
comprendre les austères devoirs, les grandeurs réelles de cette noble
profession de marin que l'on aime davantage à mesure que l'on comprend
mieux et ses devoirs et ses grandeurs et aussi les nobles ambitions qu'ils
légitiment.
« J'ai défini un jour la marine : la science des responsabilités acceptées
et satisfaites. Rien n'est plus juste. Responsabilités morales, responsabilités
de l'obéissance et responsabilités du commandement, responsabilités de
tous les instants et dans les circonstances les plus imprévues et qu'il
est impossible de prévoir : oui, c'est bien là la science du marin, la
science supérieure, celle qui nécessite toute votre volonté, toute votre
persévérance.
« Mais cette science supérieure est faite d'autres sciences, celles qu'on
vous enseigna ici, et, croyez moi, à l'heure actuelle, heure d'incessantes
transformations, de révolutions rapides, toutes ont leur importance particulière,
toutes concourent à cette science supérieure, telle que je viens de vous
la définir ; il ne faut donc en négliger aucune.
« Et maintenant, messieurs, un dernier mot : à toutes les heures, mêmes
les plus sombres, de notre histoire, la marine a été à la hauteur de toutes
les épreuves. Naguère, par une faveur peut-être méritée par le chef et,
aujourd'hui, on peut dire par le héros qui la commandait, à Sontay, à
Tchefou, elle ramenait la victoire sous les plis du glorieux drapeau de
la France. C'est l'aurore d'une destinée nouvelle, cette destinée, vous
la réaliserez telle que nous la rêvons, en restant toujours fidèles à
notre fière devise : "Honneur et Patrie."»
Le Finistère du 15 mai 1886
Le matériel des ports militaires . — Les commissions de recensement fonctionnent
en ce moment dans nos ports militaires. Ces commissions dressent l'inventaire
complet et font l'évaluation de notre matériel et de nos approvisionnements.
Ce travail est devenu indispensable à cause des transformations qu'a subies
depuis un siècle l'art de la navigation, et en vue des améliorations successives
qui s'opéreront par la suite. C'est ainsi, par exemple, qu'il existe à
Brest des approvisionnements considérables de bois pour la construction
navale, conservés à l'aide de procédés spéciaux depuis cent cinquante
ans. Les navires en fer ayant succédé aux navires en bois, de même que
la navigation à vapeur a remplacé la navigation à voiles, il est nécessaire
de se rendre compte de l'utilité actuelle de nos approvisionnements en
bois.
Le Finistère du 19 mai 1886
La classe de 1881 . — La classe de 1881 et les militaires libérables du
service actif d'ici au 30 juin 1887 inclusivement, seront renvoyés dans
leurs foyers aux dates suivantes :
Pour les corps prenant part aux manœuvres d'automne, à la fin des manœuvres.
Pour les corps ne participant pas aux manœuvres :
En France le 20 septembre ;
En Algérie et en Tunisie le 15 octobre.
Des ordres ultérieurs seront donnés pour le rapatriement et le renvoi
dans leurs foyers des militaires appartenant au corps du Tonkin.
Le Finistère du 11 août 1886
La classe de 1885. — La classe de 1885, qui va être appelée sous les drapeaux
dans les premiers jours de décembre prochain, fournira à l'année un contingent
de 132,496 recrues, savoir :
5,639 pour un service de cinq ans dans l'armée de mer ;
90,216 pour un service de cinq ans dans l'armée de terre ;
36,641 pour un service d'un an dans l'armée de terre.
La première portion du contingent de cette classe s'élève donc au total
de 95,855 hommes ; mais, par suite des non-valeurs, et notamment de la
déduction de 4000 à titre de dispenses comme soutiens de famille, elle
ne produira que 86,865 incorporations réelles, dont :
5,159 dans l'armée de mer ;
81,706 dans l'armée de terre.
Le déchet subi par la seconde portion la ramènera également de 36,641
à 33,344.
Mais l'armée de terre recevra encore, déduction faite des pertes, 12,870
ajournés des classes de 1883 et de 1884, reconnus bons pour le service
en 1886, dont :
9,301 pour un service de plus d'un an ;
3,499 pour un service d'un an.
Au résumé, les incorporations par voie d'appel, en décembre prochain,
seront de :
5,159 dans l'armée de mer ;
127,929 dans l'armée de terre qui recevra, en outre, de 4,000 à 5,000
engagés conditionnels d'un an.
Dès à présent, les jeunes soldats de la classe peuvent devancer l'appel
à l'activité pour les régiments d'infanterie et d'artillerie de la marine,
et cela sans autorisation spéciale, qu'ils soient d'ailleurs affectés
à l'armée de terre ou à l'armée de mer.
Ces demandes de permutations des hommes qui désirent passer de l'armée
de mer dans l'armée de terre, ou réciproquement, doivent être adressées,
avant le 10 septembre , aux commandants des bureaux de recrutement. Ces
permutations seront réglées par voie de tirage au sort à une époque qui
sera ultérieurement indiquée. L'opération aura lieu en public au ministère
de la marine.
Le Finistère du 1er septembre 1886
La santé du soldat;. — A l'occasion des grandes manœuvres, le ministre
de la Guerre vient d'adresser aux généraux commandants de corps d'armée
une circulaire d'où nous extrayons les passages suivants :
La présence actuelle d'un grand nombre de réservistes sous les drapeaux
et la prochaine exécution des manœuvres d'automne sont susceptibles de
modifier les conditions sanitaires de l'armée. Le renforcement des effectifs
et le brusque passage de la vie civile ou de la vie de garnison aux exercices
de campagne peuvent exercer sur la santé du soldat et particulièrement
sur celle des réservistes, une influence qu'il y a lieu de chercher à
régler par l'application des préceptes de l'hygiène. La propreté corporelle
des hommes, la propreté de leurs effets et celle de tous les locaux de
casernement feront l'objet d'une constante attention. L'infection et l'encombrement
seront évités partout, spécialement dans les locaux disciplinaires. La
préparation des aliments sera faite avec autant de soin qu'en temps ordinaire.
Les denrées, et en particulier les boissons débitées dans les cantines,
seront rigoureusement surveillées. On suivra pour les exercices une progression
qui amène graduellement au maximum de l'effort que l'on peut avoir à demander.
Pendant les marches, on recommandera aux hommes de boire le moins possible,
et plutôt la provision du petit bidon que l'eau inconnue de la source
ou du puits voisin. Les jours de forte chaleur, vous prescrirez de faire
marcher les hommes en espaçant les rangs et de les empêcher de se coucher
pendant les pauses. Dans les cantonnements, il sera nécessaire d'arriver
assez tôt pour que la cuisson des aliments ne soit pas faite à la hâte
et pour que les hommes aient le temps de nettoyer leurs effets avant de
se coucher. Ou évitera d'occuper les maisons renfermant des malades atteints
d'affections contagieuses. On s'efforcera de ne pas produire d'encombrement
et d'entretenir la propreté des locaux et des hommes. La bonne qualité
des denrées et des boissons vendues aux soldats devra être rigoureusement
contrôlée, Pendant les manœuvres, on évacuera journellement les malades
sur les hôpitaux les plus voisins et l'on ne conservera aucun homme atteint
de maladie.
Le Finistère du 1er septembre 1886
L'amiral Didelot.
M. le vice-amiral baron Didelot est mort lundi matin dans sa propriété
de Kervaly, près Brest, à l'âge de 71 ans. L'amiral Didelot avait succédé
à l'amiral Reynaud, en 1878, comme représentant du canton d'Ouessant au
Conseil général du Finistère. Il fut même l'un des vice-présidents de
cette assemblée jusqu'au jour où la droite y perdit la majorité. Lors
de l'élection partielle qui eut lieu en 1882 pour remplacer au Sénat MM.
F. de Kerjégu et de Forsanz, décédés, tout le monde s'attendait à voir
l'amiral Didelot, homme d'une réelle valeur, porté comme candidat par
le parti monarchique. Ce parti, toujours intelligent, lui préféra M. du
Frétay ! Il parait quo l'échec fut sensible à l'amiral Didelot. L'année
suivante, il refusa de se présenter de nouveau à Ouessant pour obtenir
le renouvellement de son mandat de conseiller général. Depuis ce temps
il a vécu à l'écart de la vie publique. Détail intéressant à noter : le
père de l'amiral, le baron Didelot, est le premier préfet — en date —
que nous ayons eu dans le Finistère. Sa nomination remonte au 4 avril
1800, c'est-à-dire à l'époque de la création des préfectures en France.
Le Finistère du 29 septembre 1886
L'Ile Ronde
Tout le monde connaît l'Ile Ronde, si pittoresquement située dans un coin
de l'arrière-rade de Brest. Cette île, qui appartient à l'Etat, était
jusqu'ici restée sans affectation spéciale. Nous tenons de bonne source
qu'elle va on recevoir une, assez en rapport avec son isolement. L'administration
des Poudres et Salpêtres vient d'obtenir la concession de l'Ile Ronde,
où elle se propose d'établir le dépôt général du fulmicoton produit par
la poudrerie du Moulin Blanc.
Le Finistère du 2 octobre 1886
B R E S T , 12 janvier. — Un épouvantable accident est arrivé à bord du
torpilleur n° 18, pendant les évolutions que faisait la flottille en rade
: La chaudière a éclaté, et la vapeur, immédiatement répandue dans la
chambre de chauffe, a mortellement ou grièvement blessé les quatre personnes
qui s'y trouvaient: deux quartiers-maîtres torpilleurs, dont nous n'avons
pas les noms, et deux matelots de 3ème classe, les nommés Le Helveder
et Féat. On a immédiatement transporté les blessés à l'hôpital. Ils étaient
dans le plus horrible état, demandant en grâce à mourir. Les deux premiers
n'ont survécu que quelques heures. Feat est mort samedi matin. L'autre,
Le Helveder, est mort dimanche. Les obsèques des deux premières victimes
ont eu lieu dimanche, à une heure et demie. Féat et Le Helveder ont été
enterrés lundi. Une foule très nombreuse, composée d'officiers de marine,
de marins et d'habitants de Brest, a tenu à accompagner jusqu'au cimetière
les restes de ces braves tués à la manœuvre pour le pays. L'amiral Lefèvre,
major de la flotte, le capitaine de vaisseau Mathieu, directeur des torpilles,
le capitaine de frégate Gourguen, commandant la défense mobile, etc...
, suivaient le convoi. Une commission d'enquête s'est réunie à la suite
de cet accident. On est certain qu'il ne doit pas être attribué à l'état
de la chaudière, qui venait d'être changée. M. Leroy, commandant du torpilleur
n" 18, est absent pour cause de maladie.
Le Finistère du 19 janvier 1887
B R E S T . , 1er février. — Une baleinière du cuirassé le Terrible, qui
venait à terre, a été surprise par une bourrasque près du Fer-à-Cheval
et a chaviré. Sur six marins qui la montaient, deux seulement ont pu être
sauvés par un canot de la Bretagne qui suivait la même route. Les corps
des quatre victimes n'ont pas encore été retrouvés. Voici leurs noms :
Le Pousse, de Paimpol ; Inizan, de Roscoff; Nicolas, de Dinan ; Prouff,
de Plouigneau.
Le Finistère du 5 février 1887
— Les généraux commandants de corps d'armée viennent d'être autorisés
à prescrire des manœuvres de garnison qui pourront avoir une durée de
deux ou trois jours, sous condition d'en rendre compte au ministre un
peu à l'avance et en faisant connaitre la date de le manœuvre, le terrain
à parcourir et la durée de l'absence de la garnison. Les cantonnements
devront être arrêtés après entente préalable avec les municipalités intéressées,
de façon à ne provoquer aucune réclamation de leur part. Rien que les
manœuvres de garnison doivent être surtout des exercices pratiques de
marche et de service en campagne, il y aura intérêt à faire exécuter des
exercices en terrain varié, des fortifications passagères, ainsi que des
exercices de combat, lorsque la nature du terrain s'y prêtera.
Le Finistère du 2 mars 1887
— L'autorisation d'exercer un commerce en dehors de la caserne, accordée
quelquefois aux femmes des sous-officiers, brigadiers et gendarmes, a
presque toujours provoqué des réclamations de la part des autres commerçants.
Elle nuit, dans une certaine mesure, à l'indépendance des militaires de
l'arme, qui se trouvent ainsi entravés dans leur service. Pour faire cesser
ces inconvénients, le ministre de la guerre a décidé d'interdire désormais
toute espèce de commerce, soit dans la résidence, soit même dans la circonscription
de la brigade.
Le Finistère du 2 mars 1887
— La session technique de l'infanterie vient d'adopter un système provisoire
de chargeur à main en cuir contenant 8 cartouches. Ce véritable magasin
mobile est disposé de telle sorte que le tireur puisse le passer dans
les doigts de la main gauche au moment où le capitaine juge à propos de
commander le feu rapide, avant l'assaut, par exemple. Les cartouches se
trouvent plus rapprochées de l'échancrure et prises plus facilement que
dans la giberne.
Le Finistère du 2 mars 1887
B R E S T . — On annonce la mort de M. le docteur Jossic, directeur du
service de santé de la Marine en retraite.
Le Finistère du 23 mars 1887
44e Brigade d'Infanterie. Nous apprenons que les troupes de la 44e brigade
d'Infanterie (19e et 118e) ne se rendront pas cette année au camp de Coulac
pour effectuer les feux de guerre.
Les études du champ de tir de Plounéour-Menez dont on s'occupe depuis
longtemps déjà seront terminées à temps pour permettre, dès cette année,
aux troupes de la 44e brigade, de faire leurs tirs de combat à Plounéour-Menez.
Les dates seront déterminées ultérieurement.
Le Finistère du 6 avril 1887
B R E S T . — Ces jours derniers est mort à l'Hôpital de la Marine M.
le docteur Puech, médecin de 2e classe, qui souffrait depuis longtemps
d'un mal contracté aux colonies. Il était originaire de Quimper, où son
corps a été transporté.
Un certain nombre de collègues et d'amis ont accompagné à la gare de Brest
les restes de M. Puech. Au moment du départ, M. le docteur Gras a prononcé
une allocution dans laquelle il a rappelé la vie si courte et si bien
remplie de cet officier qui venait d'être reçu docteur et s'était marié
il y a deux mois.
« Il touchait au port, a-t-il dit, l'avenir lui souriait, mais les soins
de ses camarades, la science, de ses anciens professeurs ont été impuissants
pour combattre la maladie qu'il avait contractée à Formose.
« Encore un, mort au champ d'honneur !
Le corps de santé de la marine, depuis longtemps, ne les compte plus.
»
Le Finistère du 20 avril 1887
B R E S T . — Un terrible accident vient de frapper la population maritime
de Brest. Lundi, raconte la Dépêche, le Duguesclin quittait sa place en
rade pour aller régler ses compas dans la rade de Lauberlach. A neuf heures,
il y prenait son corps-mort au cabestan, lorsque survint un grain qui
occasionna une résistance telle que, dans un choc, le linguet du cabestan
se rompit. Le cabestan dévira aussitôt avec une grande rapidité, entraînant
les hommes qui étaient aux barres. Vingt ou vingt-cinq de ces hommes furent
blessés, dont dix-huit gravement.
Un jeune novice, le nommé Boulic, de Saint-Renan, qui tenait le grelin
à l'arrière du cabestan, fut entraîné avec le grelin et fit trois ou quatre
tours autour du cabestan. Son corps fut complètement broyé ; on le releva
méconnaissable.
Les plus grièvement blessés, au nombre de dix-huit, furent immédiatement
dirigés sur Brest dans la canonnière le Chameau et conduits à l'hôpital.
Ces blessés, d'après les renseignements donnés par la Dépêche, dans un
de ses derniers numéros, vont aussi bien que possible.
Le Finistère du 28 mai 1887
B R E S T . — L'Iphigénie, navire-école des aspirants, est actuellement
en rade de Brest. On se rappelle que ce bâtiment avait été, i1 y a quelques
mois, incendié à Toulon, lors du voyage d'étude des aspirants de seconde
classe. L'Iphigénie, complètement réparée, conservera son ancienne, affectation.
Le Finistère du 4 juin 1887
Volontariat d'un an en 1887.
Nous recevons de la Préfecture du Finistère l'avis suivant, que nous nous
empressons de communiquer aux intéressés :
« Par décision du général commandant le XIè corps d'armée, il est constitué
deux Commissions de troupes à cheval, dont une au 2è chasseurs à Pontivy
et l'autre à Vannes au 28è d'artillerie.
« Ces commissions fonctionneront tous les lundis, du 1er juillet au lundi
8 août inclusivement, de 7 heures à 9 heures du matin, au quartier de
cavalerie à Pontivy et au 28è régiment d'artillerie à Vannes. Une séance
supplémentaire aura lieu à Nantes, le 17 Août, à 1 heure de l'après-midi,
s'il y a lieu.
« Les candidats du département du Finistère qui désireraient faire constater
leur aptitude à la cavalerie, devront prévenir, soit M. le colonel du
2è chasseurs soit M. le colonel du 28e d'artillerie, le dimanche soir
au plus tard, afin que la commission ne soit réunie que s'il y a des jeunes
gens à examiner.
« La visite médicale que doivent passer au chef-lieu du département les
jeunes gens qui désirent se faire inscrire pour le volontariat, aura lieu
au bureau de recrutement à Quimper, tous les jours, à 1 heure, du 1er
juillet au 13 août inclusivement. »
Le Finistère du 6 juillet 1887
B R E S T . — L'aviso transport l'Allier, place sous le commandement de
M. Sallandrouze de la Mornaix, capitaine de vaisseau, commandant l'école
navale, a commencé la campagne d'instruction avec les élèves du Borda.
Ce bâtiment visitera les côtes-sud d'Angleterre, le Havre, Cherbourg et
rentrera à Brest dans les premiers jours de septembre. Les élèves seront
alors envoyés en permission.
Le Finistère du 17 août 1887
B R E S T . — Le ministre de la marine a décidé que des écoles de voilerie
de Cherbourg, Lorient et Rochefort, seront fermées aussitôt que les élèves,
actuellement en cours d'instruction, auront obtenu le certificat d'aptitude.
L'école de Brest sera seule chargée dorénavant de fournir les matelots
voiliers pour la flotte ; le 1er avril, elle recevra les apprentis marins
débarqués de l'Austerlitz, et les marins de l'inscription maritime et
de l'engagement volontaire préparés dans les cinq ports.
Le Finistère du 30 novembre 1887
B R E S T . — Un bataillon du 2ème régiment d'infanterie de marine a été
mandé à Versailles par un télégramme arrivé à Brest mercredi soir.
« Ce bataillon, prêt depuis quelques jours, dit la Dépêche, et composé
de 600 hommes réunis à Pontanézen, a dû partir jeudi matin, à 7 h. 5,
heure de Paris, en train spécial.
« Il coopérera à la protection du Congrès contre une tentative révolutionnaire,
qui ne se produira pas, nous l'espérons, mais que le gouvernement doit
prévenir et prévoir. »
Le Finistère du 3 décembre 1887
Par le biais de l'affaire du général Louis Charles Caffarel, et de Daniel
Wilson gendre du président de la république Jules Grévy, l'intégrité de
celui-ci est remise en cause car l'attribution de l'ordre national de
la Légion d'Honneur aurait fait l'objet de désignations de complaisance
rémunérées. Le scandale pousse à la démission le président Grévy remplacé
par Sadi Carnot. A noter que l'armée est réquisitionnée pour le maintien
de l'ordre et fait feu sur la population si l'ordre lui en est donné.
Classe de 1887.
Les conscrits de la classe 1887 connaissant
la musique seront admis, en raison de leur
numéro de tirage, à devancer l'appel du ler au
30 mars prochain ; ils devront préalablement
s'adresser pour la constatation de leurs
aptitudes au chef de musique des régiments
où les engagements seront autorisés, et ils
trouveront toutes les indications à cet effet,
au bureau de recrutement de leur région.
Le Finistère 25 janvier 1888
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