S A I N T - P I E R R E - Q U I L B I G N O N . — Dimanche
dernier, le Conseil municipal républicain (?) de Saint-Pierre-Quilbignon
a voté l'autorisation nécessaire à l'érection d'une nouvelle chapelle
dans la commune, presque à toucher l'église.
Il n'y a pas à s'occuper ici de la manière dont ce vote a été enlevé,
attendu qu'il doit donner lieu, croyons-nous, à des protestations très
sérieuses ; mais tous ceux qui connaissent la commune ne manqueront pas
d'être surpris : Outre son église paroissiale, en effet, la commune de
Saint-Pierre possède déjà trois chapelles; la 1ère, celle de Sainte-Brigitte,
près l'église — la 2ème, celle de la Salette, à cinq minutes de l'église
— et enfin la 3ème, celle de Sainte-Anne du Portzic, que presque tout
le monde connaît ; on ne voit réellement pas l'utilité d'une quatrième
chapelle à ériger près de l'église. Si encore on avait ou l'idée de la
construire dans les environs de l'entrée du Polygone, on l'aurait compris
dans une certaine mesure, attendu que cet endroit est le centre de sept
à huit villages de Saint-Pierre, qui représentent à eux seuls la moitié
au moins de la population de la commune ; mais non, cette nouvelle chapelle
sera bâtie près et presque à toucher l'église, et doit être placée sous
le patronage de Notre-Dame de Lourdes. Peut-être espère-t-on qu'elle pourra
faire concurrence à celle de Sainte-Anne du Portzic, laquelle comme on
sait, n'appartient pas à la paroisse, et n'est qu'une propriété particulière,
de bon rapport, dit-on.
Le Finistère du 21 avril 1880
B R E S T . — Dans sa séance de vendredi dernier, le Conseil municipal,
sur la proposition de M. Jéhanne, a voté la suppression des processions.
M. le maire rappelle que lorsqu'il fut appelé l'année dernière à la tête
de la municipalité, il n'avait pas voulu inaugurer son administration
par une mesure qui blesserait les sentiments d'une partie de la population.
La question, d'ailleurs était particulièrement délicate pour M. Bellamy
qui professe la religion protestante. M. le Maire déclare qu'il s'abstiendra
de voter, mais qu'il s'inclinera devant la décision de la majorité. On
procède au scrutin secret. Par 16 voix contre 8 et 2 bulletins blancs,
le Conseil se prononce pour l'interdiction des processions.
Le Finistère du 15 février 1882
S A I N T - P I E R R E - Q U I L B I G N O N . — Le conseil municipal
de cette commune a tenu une importante séance. M. Lannuzel, conseiller,
dépose en son nom et au nom de ses amis une demande d'interpellation au
maire, sur des faits graves qui se sont passés dans la commune et qui
ont nécessité des procès-verbaux contre les délinquants. Il prie M. Gestin,
maire de la commune, de vouloir bien fournir au conseil des explications
sur les suites qui ont été données à ces plaintes. M. Lannuzel dépose
une seconde interpellation sur les agissements du clergé dans la commune
au sujet de l'instruction civique. Le maire accepte la discussion immédiate
; il fait l'énumération des nombreux délits commis dans la commune par
des personnes notoirement hostiles au gouvernement et il déplore que malgré
toutes les plaintes adressées au parquet, aucune poursuite n'avait été
ordonnée. Il signale par contre cette particularité que des poursuites
immédiates ont été ordonnées par le parquet à la suite de plaintes adressées
par un vicaire contre de jeunes adolescents qui ont été sévèrement condamnés.
Le conseil remercie M. le Maire de ses explications et adopte à l'unanimité
les conclusions suivantes :
Le conseil affirmant son dévouement absolu à la République, réclame énergiquement
de Monsieur le Ministre que des mesures sévères soient prises contre ceux
de ses agents qui se refusent obstinément à faire respecter les lois,
par les ennemis de la République Secondement, en ce qui concerne le clergé,
le conseil vote à l'unanimité les conclusions suivantes :
Le Conseil considérant que depuis longtemps les membres du clergé de la
commune de Saint-Pierre-Quilbignon et particulièrement les sieurs Kervilla
recteur, et Berthou vicaire, sous le prétexte de donner des conseils aux
familles, ont tenu publiquement dans l'église un langage agressif contre
les écoles de la commune, que dernièrement à propos des livres en usage
dans les écoles, ils ont exercé des pressions sur les parents et proféré
des menaces contre les enfants qui garderaient chez eux et liraient des
livres traitant de la morale civique, etc. Prie instamment M. le préfet
du Finistère de solliciter sans retard le déplacement des sieurs Kervella
et Berthou et dans le cas d'un refus opposé par l'évêque de prononcer
la suspension de leur traitement.
Le Finistère du 30 mai 1883
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