Session des Assises du Finistère

JUSTICE :
Mardi 3 juillet.
Louboutin, Pierre, vol qualifié, 6 témoins.
Brest. — lieux, Edouard, attentat à la pudeur, 11 témoins. — Défenseur, Me Le Bail.
Mercredi 4 juillet.
Brest. — L'Aminot, Jean-Marie, attentat à la pudeur 3 témoins.
— Le Rolland, Guillaume , tentative d'assassinat et vol qualifié, 9 témoins. — Défenseur, Me de Chamaillard.
Vendredi 6 juillet.
Brest. — Roger, Maria-Désirée , femme Schmitt, usage de faux, 6 témoins.
— Boostch, Jacques-François - Marie, attentat à la pudeur, 6 témoins. — Défenseur, Me Huet, de Morlaix.

Le Finistère du 23 juin 1883

1ère session 1884 des Assises du Finistère. Extrait concernant Brest.

Mardi 8 janvier.
3ème Affaire (Brest), Cras, Alexis, vol qualifié, 3 témoins, défenseurs Mes de Chamaillard et de Chabre.

5ème Affaire (Brest), Tual, Pierre-Eugène, attentats à la pudeur, 4 témoins, défenseur Me de Chabre.

Jeudi 10 janvier.
9ème Affaire (Brest), Tournellec, René-Marie, attentats à la pudeur, 3 témoins, défenseur Me Morel.

Vendredi 11 janvier.
10ème Affaire (Brest), Bozec, Jean-Marie, vol qualifié, 2 témoins, défenseur Me Morel.

Le Finistère du 5 janvier 1884

La presse locale liste les affaires judiciaires du Finistère en en mentionnant les délits en prévision de jugement. On note une proportion de dossiers qualifiés d'attentat à la pudeur. Il ne s'agit pas d'outrage public à la pudeur soit une exhibition mais bien d'une agression sexuelle supposée suffisamment caractérisée pour être portée en justice. Dans cette catégorie de délit, les hommes sont ultra-majoritaires, avec une part d'hommes d'église que l'on mène au tribunal pour expliquer l'état des mœurs de ceux-ci. Si l'affaire d'outrage de Mme de Valmont et son jésuite préféré prête à sourire, d'autres perversités à l'égard des enfants scolarisés dans les écoles catholiques prouvent une déchéance incommensurable d'un pouvoir spirituel condescendant qui va se perpétuer longtemps encore...

2ème session de 1884 Cour d'Assises du Finistère.
Présidence de M. Gautier-Rougeville, conseiller à la cour d'appel de Rennes.
6ème Affaire. — Le Pape, Joseph-François, âgé de 19 ans, charpentier, né à Brest, demeurant à Rocouvrance-Brest, est accusé d'avoir :
1" En la commune de Saint Piorre-Quilbignon, le 3 novombre 1883, commis le crime de faux en écriture privée, en fabriquant frauduleusement cinq bons de pain de 6 kilogrammes chacun à prendre chez le sieur Houédry, daté du 3 novembre, et on y apposant la fausse signature Aubry.
2" A Recouvrance, en la commune de Brest, les 3 et 4 novembre 1883, fait usage de quatre de ces pièces sachant qu'elles étaient fausses.
Le 3 novembre dernier, vers 6 heures du soir, Le Pape vint sur les chantiers d'un sieur Pochard, entrepreneur de terrassements qui avait dû le matin même lui faire signifier son congé.
Il réussit à monter sur le toit de la maisonnette du contre-maître, arracha l'une des planches qui servaient à la couverture et se laissa glisser dans l'intérieur du bureau. Là, il brisa avec une barre de fer ou une pioche la porte d'un placard qui se trouvait dans la muraille, y prit le registre des bons de pain et un pupitre dont il força la serrure, ayant eu soin d'allumer une lampe il fabriqua, au nom d'ouvriers imaginaires, des bons de pain qu'il revêtit de la signature du contre-maître Aubry. Le Pape sortit par le passage qu'il avait fait dans la toiture emportant quatre bons et il un laissa deux sans les détacher du registre, l'un qui était complètement rempli, l'autre qu'il avait seulement commencé. Quant aux quatre autres, il les échangea chez le boulanger chargé par M. Pochant de les recevoir ; toutefois, au lieu de prendre les pains, il préféra toucher une somme de 6 fr. 80, Le même jour, dans la matinée, Le Pape était entré dans le bureau, également avec l'idée . de fabriquer des bons, mais il en avait été empêché par l'arrivée du contre-maître.
Le prévenu avoue les faits qui lui sont reprochés. Il a été condamné le 30 novembre 1883, par le tribunal de Brest, à 2 mois de prison pour vol, et sa réputation est détestable.
Le verdict du jury étant négatif, Le Pape, Justin, est acquitté.
Ministère public, M. Frétaud, procureur de la République; défenseur, Me Morel, avocat.

Le Finistère du 12 avril 1884

La 3ème session de la Cour d'assises du Finistère s'ouvrira, comme on le sait, le 6 du mois prochain. Voici le tableau des affaires qui seront soumises au jury :
6 juillet 1885.
1ère affaire— (Brest).— Le Courtois, Guillaume, et Ernoul, Edmon-Henry, tentative de vol qualifié et abus de confiance par commis : 13 témoins. — Ministère public: M. Frétaud, procureur de la République ; défenseurs : Me Le Clech et Me Broquet.
8 juillet
5° affaire. — (Brest). — Quillien, Claude, coup ayant entraîné la perte d'un œil : 10 témoins. — Ministère public : M. Le Bourdellès, substitut du procureur de la République ; défenseur : Me Cormier.
10 juillet
8ème affaire. — Best. — Klein, Alfred- Joseph, tentative d'incendie volontaire : 10 témoins. — Ministère public : M. Fré- taud. procureur de la République; défenseur : Me Cropp
11 juillet
9ème affaire. — (Brest). — Le Fur, François, et Cornec, Marie, femme Madec, faux en écriture privée et usage de faux : 6 témoins. — Ministère public : M. Le Bourdellès, substitut du procureur de la République : défenseurs : Me de Chamaillard et Me Morel.
10ème affaire. — (Brest). — Le Gall, André, attentats à la pudeur : 9 témoins. — M. Le Bourdellès, substitut du procureur de la République : défenseurs : Me Le Bail.
13 juillet
11ème affaire. — (Brest). — Le Scan, Guillaume, attentat à la pudeur : 7 témoins. — Ministère public : M. Frétaud, procureur de la République ; défenseur : Me Morel.
13ème affaire. — Calvarin, attentats à la pudeur. — Ministère public : M. Le Bourdellès, substitut du procureur de la République.

Le Finistère du 1er juillet 1885

14ème affaire. — Ebert, Jean-François, âgé de 21 ans , portefaix, né à Motreff, demeurant en dernier lieu à Brest, contumax, est accusé d'avoir : A Brest, le 8 décembre 1884 avec le nommé Le Pape, Justin, condamné pour ce fait par arrêt de la cour d'Assises du Finistère, du 17 avril 1885, soustrait frauduleusement un couteau et une pièce de monnaie au préjudice du sieur Auffret, la nuit, en réunion, à l'aide de violences ayant laissé des traces de blessures ou de contusions, et les accusés ou l'un d'eux étant porteurs d'armes apparentes ou cachées. Ebert a été condamné à deux mois d'emprisonnement pour vagabondage La Cour n'ayant pas trouvé charges suffisantes de la culpabilité de Ebert, l'a déclaré acquitté. L'affaire Le Nay et Ebert étant venue à la dernière session d'avril 1886, avait été disjointe et Le Nay avait été condamné à cinq années de réclusion.

Le Finistère du 21 juillet 1886

Mercredi 19 janvier 1887.
Ministère public : M. Le Bourdellès, substitut du procureur de la République.
5ème affaire. — Brest. — Fer, Jean Marie ; Bléas, Charles, et Lesquivit, Alphonse Marie; vols qualifiés ; 11 témoins.
Jeudi 20 janvier.
Ministère public: M. Fretaud, procureur de la République.
6ème affaire. — Brest. — Le Roux, Louis- Marie ; Mity, Yves-Louis-Marie ; Cléac'h, François-Marie ; Euçat, Yves ; Dieune, Gaston, et Gouello, Charles ; vols qualifiés ; 12 témoins.
Vendredi 21 janvier.
Ministère public: M. Le Bourdellès, substitut du procureur de la République.
7ème affaire. — Brest. — Cabon, Gabriel ; Cabon, Yves, et Pellen, Pierre ; coups et voies de fait, avec blessures et effusion de sang, envers les agents de la force publique et autres personnes; 14 témoins.
Mercredi 26 janvier.
13ème affaire. — Brest — Riou, Jacques ; meurtre ; 12 témoins ; défenseur : Me Huet, avocat du barreau de Morlaix

Le Finistère du 12 janvier 1887

Cour d'Assises du Finistère
1ère SESSION DE 1887
Présidence de M. le conseiller FOUCQUEBON
Audience du 17 janvier.
1ère Affaire. — Guiffant, Michel, 24 ans, garçon boulanger, né et demeurant à Crozon, est accusé d'avoir :
En la commune de Camaret, dans la nuit du 2 au 3 mai 1886, et dans la commune de Crozon, dans la nuit du 7 au 8 septembre 1886, commis trois vols qualifiés dont l'un avec les circonstances aggravantes : 1° de nuit ; 2° dans une maison habitée; 3° à l'aide d'effraction extérieure et d'escalade dans un édifice.
Le 2 mai 1886, vers minuit, le nommé Guiffant, qui s'était introduit et dissimulé sous un escalier chez la nommée Marie Gabry, débitante à Camaret, s'empara de vingt francs dans un tiroir dont il brûla la planche du fond, prit quatre francs déposés dans une armoire, ainsi qu'une montre suspendue au-dessus d'un comptoir.
Le 7 septembre 1886, vers minuit, à Morgat, en la commune de Crozon, Guiffant pénétra dans le domicile de la femme Thomas en escaladant une fenêtre, après avoir brisé un carreau, et s'empara d'un sac contenant sept francs soixante-dix centimes.
Après avoir longtemps protesté de son innocence, Guiffant a été contraint de reconnaître qu'il avait commis ces deux vols. L'accusé est âgé de 24 ans. Il n'a pas d'antécédents judiciaires, mais sa réputation est détestable. Successivement garçon boulanger, puis ouvrier terrassier, il n'exerce aujourd'hui aucune profession. Il se cache dans les bois et ne vit que de rapines. Plusieurs autres vols lui ont été reprochés, mais la preuve n'a pu être établie. Il est, de plus, renvoyé éventuellement devant le tribunal correctionnel pour coups et blessures.
Reconnu coupable, avec admission de circonstances atténuantes, Guiffant a été condamné à trois ans de prison et par corps aux frais.
Ministère public : M. Fretaud, procureur de la République ; défenseur : Me Le Clech, avocat.

Le Finistère du 22 janvier 1887

Audience du 20 janvier.
6ème affaire — 1° Le Roux, Louis Marie, 23 ans, ajusteur, né à Landerneau, demeurant à Brest ; 2° Mity, Yves-Louis-Marie, 24ans, portefaix, né à Brest, y demeurant ; ° Cléach, François-Marie, 20 ans, charretier, né à Brest, y demeurant ; 4° Eucat, Yves, 22 ans, né à Saint-Pol-de-Léon; 5° Dienne, Gaston, 21 ans, né à Paris ; 6° Gouello, Charles Gérard- Marie, 20 ans, né à Saint-Servan, les trois derniers marins de l'Etat, sont accusés d'avoir, à Brest, dans la nuit du 10 au 11 août 1886, commis trois vols, dont l'un avec les circonstances aggravantes de nuit, en réunion, à l'aide de violence, l'un des accusés étant porteur d'une arme apparente. Durant la nuit du 10 au 11 août 1886, à Brest, rue de Siam, les nommés Le Roux, Mity, Cléacb, Eucat, Dienne et Gouello, attaquèrent le quartier maître Pastorelli, et, après l'avoir terrassé, lui enlevèrent une somme de 32 francs ainsi que son béret ; puis, comme 11 criait : au voleur ! ses agresseurs le frappèrent de plusieurs coups de pied dans les côtes et prirent la fuite. Quelque temps après, rue du Couëdic, ils assaillirent un paysan demeuré inconnu et s'emparèrent de son porte-monnaie qui contenait une pièce de 20 francs. Le Roux l'avait renversé et le souffleta avant de le relâcher. Dienne et Gouello avaient eu soin de rentrer leurs cols de matelot dans leurs vareuses et de prendre, l'un une casquette de civil, l'autre un chapeau. Enfin, vers deux heures du matin, rue de Siam, ils se ruèrent sur le sieur Caër et lui arrachèrent sa montre. Pendant que deux des malfaiteurs fouillaient cet homme, un troisième lui faisait voir un couteau en menaçant de le tuer, s'il poussait un seul cri. Le vol une fois commis on lui lança dans le bas-ventre un violent coup de pied. Au cours de l'information, la montre a été retrouvée sur les indications d'Eucat. Les accusés ont partagé entre eux, dans une maison publique de la rue des Sept-Saints, l'argent provenant des deux premiers vols. Ils ont tous des antécédents judiciaires ; toutefois Cléach n'a encore été condamné que pour ivresse. Quant à Le Roux, il est en état de récidive légale et, de plus, susceptible de relégation. Le verdict du jury est négatif en ce qui concerne Eucat, Dienne et Gouello. Ces trois marins sont acquittés.
Mily et Cléach, reconnus coupables des deux premiers vols, Cléach avec circonstances atténuantes, ont été condamnés : le premier à cinq ans de travaux forcés et le deuxième à trois ans de prison, sans interdiction de séjour.
Le Roux, reconnu coupable sur tous les faits, sauf la circonstance d'arme apparente, sans circonstances atténuantes a été condamné à sept ans de travaux forcés et à la relégation perpétuelle.
Ministère public : M. Frétaud, procureur de la République; défenseurs : Me Vercbin, avocat de Le Roux ; Me Bulot, avocat d'Eucat, et Me Broquet, avocat de Mily, Cléach, Dienne et Gouello.

Le Finistère du 26 janvier 1887

9ème affaire. — Piller, Auguste-Emile Jean- Armand, 25 ans, ouvrier mécanicien, né au Faou, demeurant à Brest, est accusé d'avoir : En la commune de Quimerch, le 27 septembre 1886, commis le crime de viol sur la personne de Corentine Menez, femme Le Lann.
Piller reconnaît avoir rencontré la femme Le Lann, mais il nie le crime qui lui est reproché.
La plaignante jouit de l'estime publique. Elle est mère de quatre enfants. L'accusé n'a pas d'antécédents judiciaires.
Reconnu coupable, avec admission de circonstances atténuantes, Piller a été condamné à deux ans de prison. La Cour, sur conclusions de Me Le Bail, a décerné acte de ce que l'interprète breton n'a pas prêté serment avant de traduire les dépositions.
Ministère public : M. Le Bourdellès, substitut du procureur de la République; défenseur : Me Le Bail, avocat.

Le Finistère du 26 janvier 1887

Mercredi 20 juillet.
Ministère public, M. Fretaud, procureur de la République.
Bret. — Corre, François, assassinat, 31 témoins.

Jeudi 21 juillet.
Affaire Corre (Suite)

Vendredi 22 juillet.
Ministère public, M. Fretaud, procureur de la République.
Brest. — Guillemotte, Marie-Vincent, tentative de meurtre.

Le Finistère du 6 juillet 1887

Audience du 22 juillet.
11ème affaire. — Guillemotte, Marie-Vincent, 30 ans, ajusteur à Brest, est accusé d'avoir :
A Brest, le 29 avril 1887, tenté de donner volontairement la mort à la nommée Anaïs- Joséphine Berlier et au nommé Charles Thébault, laquelle tentative, manifestée par un commencement d'exécution, n'a été suspendue ou n'a manqué son effet que par des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur.
Le 29 avril 1887, vers huit heures et demie du soir, dit l'acte d'accusation, le nommé Guillemotte aperçu sa femme assise sur un banc de la place du Champ-de-Bataille, en compagnie d'un sieur Thébault, Charles, avec lequel il soupçonnait qu'elle entretenait depuis près de 2 mois des relations adultères. Il s'approcha par derrière, porta deux coups de couteau A Thébault, qui prit la fuite sans être atteint, puis se précipitant sur sa femme, lui porta neuf coups de couteau.
Mis en état d'arrestation, le meurtrier déclara qu'il venait de tuer sa femme et que si celle-ci n'était pas morte, ce n'était pas sa faute.
La femme de l'accusé était fille publique lorsqu'elle a épousé Guillemotte. Ce dernier l'a fait depuis, à différentes reprises, rayer et réinscrire sur le registre de la police. A l'époque du crime et après des nombreuses séparations, ils ne vivaient plus ensemble. Déjà condamné en 1886, pour faits de violences envers les agents, il a été dans la même année inculpé de tentative de meurtre sur son frère ; il a été l'objet d'une ordonnance de non-lieu.
Le verdict du jury est affirmatif en ce qui concerne la tentative de meurtre exercée sur la femme Guillemotte ; il ne retient que les coups portés à Thébault, et admet des circonstances atténuantes en faveur de l'accusé, qui est condamné A 6 ans de travaux forcés avec interdiction de séjour.
Ministère public : M. Fretaud, procureur de la République ; défenseur : Me de Chabre, avocat.

Le Finistère du 30 juillet 1887

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