Les dernières unités de pêche échouées sur le sillon.
La Belle Etoile en fond, derrière le Lun II venu en entretien au chantier naval fait du transport à voile.
Le port de plaisance de Camaret-sur-Mer, pavillon bleu
de l'Europe depuis 2002, accueille 500 résidents et 250 visiteurs. Ancien
port de pêche dont l'activité tombe en désuétude en 1990 après les pêches
des sardines, des langoustes, des thons.
La plaisance prend le relais dans un cadre historique majeur dont la tour
Vauban et la chapelle Rocamadour sont les fleurons les plus visibles mais
l'histoire, les histoires ne s'arrêtent pas là sur de simples apparences,
l'âme bretonne se confie à qui sait entendre entre les vagues.
Le port Vauban à la pointe du sillon de Camaret-sur-Mer
propose un brise-lames qui distribue des pontons et protège l'entrée du
port de plaisance de l'énergie de la houle. L'ultime ponton lourd à l'extrémité
permet l'accueil de bateaux de gros tonnages ayant un fort tirant d'eau.
Pour les néophytes, la vue d'une barre en béton est une vision trop peu
naturelle pour en apprécier l'utilité. La photo prise au début de la "digue"
montre une mer haute ayant deux aspects visuels distincts. Une certaine
agitation à l'extérieur, la mer développe une énergie libre et violente,
côté anse de Camaret et une mer à peine ridée par le vent à l'intérieur
du port. Le brise-lames a attenué les forces de la mer sans empêcher que
l'eau n'entre dans le port et mette en marée ce dernier. Les bateaux de
plaisance sont stables de sorte qu'aucune dégradation n'est à craindre.
Une faune et une flore marines sont susceptibles de se développer dans
l'enrochement protecteur du pied du brise-lames.
Dans les siècles passés, les bateaux étaient échoués – posés sur la vase
– ils penchaient en attendant qu'une nouvelle marée haute ne les soulevât
et ne les redressât. Ces bateaux n'avaient pas de quille et peu de tirant
d'eau (profondeur de coque sous le niveau de la mer). Les pêcheurs ne
craignaient pas de patauger... La plaisance nécessite des commodités dont
l'accès à son bateau les pieds au sec.
Il existe des brises-lames simples : murs élevés dans
la mer sans accès humain. Le rôle est le même. Faire barrage à la houle
qui perd de sa vélocité contre une paroi rigide. La mer s'échappe sur
les côtés des brises-lames avec une énergie moindre.
Les premiers brises-lames étaient constitués d'un rang de pieux plantés
dans le sable ou la vase en limite de la zone à protéger. Entre chaque
pieu un espace similaire à la circonférence des "piquets" en moyenne de
20 à 30 cm.
Un môle est une petite avancée artificielle dans la mer rattachée à la
terre et servant aussi de ponton/quai.
Un épis est une plus petite avancée artificielle dans la mer rattachée
à la plage n'ayant que pour fonction de briser les courants littoraux.
Feu tribord en fer changé en mars 2021. Corrosion du pylône.
Le nouveau feu tribord est en aluminium posé sur un socle en béton, alimenté en électricité de réseau mais il comporte des batteries de secours en cas de panne générale. l’Armorique, le navire des phares et balises basé au quai Malbert à Brest a assuré le prélèvement de l'ancien feu et la pose du nouveau par grutage. Financements des Affaires maritimes et validation des Bâtiments de France. 7m de haut.
La lanterne n'est plus.
Les feux d'entrée du port de Camaret-sur-Mer. La couleur verte autorise la navigation à la condition que le feu soit sur tribord (à droite) lors d'une entrée d'un navire au port.
Feu provisoire à droite.
C A M A R E T. — On nous écrit le 1er juin :
« Le capitaine Michelot, du navire français Le Vaillant, allant de Redon
à Swansea, a débarqué de son bord le nommé Lucas, Jean- Marie, âgé de
37 ans, né à l'Ile-aux-Moines (Morbihan) qui était atteint d'aliénation
mentale depuis trois jours. Ce marin a été dirigé le lendemain sur Brest.
»
Le Finistère du 10 juin 1876
C A M A R E T . — On nous écrit le 31 octobre :
« Dans la nuit du 27 au 28 courant, la chaloupe Jeune-Joseph, du port
de Camaret, patron Landrac, Henri, s'étant réfugiée dans le port du Conquet,
par suite du mauvais temps, a été complètement démolie en ce lieu par
la grosse mer.
« Dans l'après-midi du 29, la chaloupe Perle, du même port, patron Sévellec,
Auguste, revenant de la pêche, est tombée, par un faux virement de bord,
sur la roche du Guesdre, à 500 mètres environ de la pointe du Toulinguet,
où elle a aussitôt sombré sous voiles. Les cinq hommes de l'équipage ont
été sauvés par deux autres bateaux de Camaret.
« Le Jeune-Joseph était le seul gagne-pain du patron, père de plusieurs
enfants en bas âge. »
Le Finistère du 3 novembre 1880
C A M A R E T , 11 décembre. — Le patron de barque Provost, de Camaret,
péchait, nous écrit-on, entre la pointe Saint-Mathieu et Toulinguet quand
il aperçut, venant du large, un bâtiment qui portait le pavillon de détresse.
Provost s'empressa de lui porter secours ; il accosta le navire, et monta
sur le pont ; le capitaine lui apprit que, parti de Vannes avec un chargement
de sel, il avait constaté une voie d'eau qui, en peu d'heures, avait submergé
la cargaison. Le navire s'enfonçait visiblement, et Provost conseilla
à l'équipage de l'abandonner, et de se réfugier à son bord. Le capitaine
refusa ; Provost retourna â sa chaloupe : il y était à peine revenu que
des cris partis du navire en détresse, le rappelèrent ; en effet, le danger
était imminent, d'un moment à l'autre le bâtiment pouvait s'abîmer, et
il était même dangereux de rester dans ses eaux. L'équipage, composé de
deux hommes, d'un mousse et du capitaine, fut donc transbordé dans la
chaloupe de Provost. Quant au navire, il coula â pic à l'entrée de la
nuit. Il était bien connu, et depuis longtemps, dans nos parages : c'était
le Courrier de Vannes, construit en 1849.
Le Finistère du 16 décembre 1882
C A M A R E T , 2 décembre. — Un sauvetage vient d'être heureusement opéré
par le brigadier des douanes Chapperon et le préposé Godec.
Ils étaient tous deux de service, ce soir, vers 6 heures, lorsqu'ils entendirent
le cri : « Au secours ! un homme se noie ! » Se munir de la bouée qui
se trouve dans la guérite et se diriger du côté d'où partent les cris
est pour eux l'affaire d'un instant. Ils aperçoivent, en effet, aux lueurs
du crépuscule un homme qui se débat sur l'eau. Ils lui jettent la bouée
qu'il peut saisir et le maintiennent ainsi à la surface jusqu'à l'arrivée
d'une chaloupe, qui s'est détachée d'un navire.
Ce sauvetage, exécuté avec sang-froid et adresse fait le plus grand honneur
à ses auteurs.
Le Finistère du 8 décembre 1883
C A M A R E T , 8 juillet. — Notre correspondant nous écrit:
« La goélette française Achille et Charlotte, capitaine Mériau, allant
de Noirmoutier à Fécamp avec un chargement de sel, est entrée dans notre
port, par suite d'avaries graves éprouvées dans la nuit du 6 au 7 du courant.
Cette goélette a été abordée à 16 milles, dans le nord-ouest d'Ouessant,
par un vapeur d'un faible tonnage se disant anglais et dont le capitaine
Mériau n'a pu savoir le nom. »
Le Finistère du 14 juillet 1886
C A M A R E T . , 7 février, Notre correspondant nous écrit : « Hier,
vers 9 heures du soir, le. navire Dauphinelle, de Vannes, capitaine Perrodeau,
allant de Blaye à Cardiff, avec des poteaux de mine a, par une brume très
intense, touché sur la Grande Vieille, à la pointe du Raz. Il a immédiatement
sombré. L'équipage composé de 5 hommes a pu se sauver au moyen du canot
du bord, et débarquer ici, sain et sauf ce matin, mais le navire et la
cargaison sont perdus. On n'a pas même pu enlever les papiers de bord.
Le Finistère du 9 février 1887
C A M A R E T . , 9 février. — Notre correspondant nous écrit : Le sloop
français Léda, de La Rochelle, capitaine Canet, allant de Dunkerque à
Port- Launay. avec un chargement de phosphate, se trouvait le 7 à quinze
milles d'Ouessant avec son grand mât cassé. Il a été pris à la remorque
par un vapeur anglais qui l'a conduit jusqu'en rade de Camaret, où un
remorqueur de Brest est venu le prendre aujourd'hui pour son port de destination.
Le Finistère du 12 février 1887
C A M A R E T , 18 juillet. — A onze heures du matin, écrit-on au Phare
de la Loire, la chaloupe de pêche Julie, de Douarnenez, patron Guillaume
Le Douaré, montée par six hommes d'équipage, a touché la roche le Petit
Gouin, qui se trouve à 80 mètres de la terre.
Cette roche ne se découvre qu'à la demi- marée.
Le patron Le Douaré voulut éviter un abordage avec deux chaloupes qui
rentraient avec lui, mais à peine avait-il passé la roche que la chaloupe
prit tellement d'eau, que le patron se dirigea sur la grève de Galets
de la Pointe au Gouin. La chaloupe a coulé à 43 mètres de terre et les
hommes se sont sauvés à la nage.
A mer basse, on a renfloué la chaloupe qui est rentrée le soir au port
de Camaret où l'on a réparé ses avaries. Aujourd'hui, elle n'avait qu'une
bordée crevée et perdu quelques planches et deux barils de rogue, ainsi
que divers petits objets.
Voilà deux jours que nos bateaux ne sont pas sortis du port, à cause du
grand vent de nord-est. Ce soir, il vente à trois ris pour nos bateaux.
Le Finistère du 23 juillet 1887
C A M A R E T , 3 janvier. — Notre correspondant nous écrit : « Hier,
vers quatre heures du soir, le nommé Morvan (Pierre), qui fait partie
de l'équipage du lougre les Deux-Gamines, obtint la permission d'aller
voir un de ses camarades, matelot à bord du Pluvier. Le navire était à
l'ancre à quelques centaines de mètres du premier. Morvan s'y rendit sur
le canot du bord, passa deux heures avec son camarade et se rembarqua.
Mais, c'est en vain qu'on l'attendit sur les Deux-Gamines. On ne l'a plus
revu. Lui et son canot se seront perdus dans le court trajet qu'ils avaient
à parcourir. »
Le Finistère du 4 janvier 1888
C A M A R E T . — Notre correspondant de Camaret nous a adressé, dans
l'après-midi d'hier, la dépêche télégraphique suivante :
« Le navire Pierre-et-Marie, de Nantes, a été trouvé ce matin en mer,
abandonné par son équipage. Son gouvernail était démonté. Il a été conduit
au port de Camaret par des patrons-pêcheurs. »
Le Finistère 14 janvier 1888
C A M A R E T . — « Dans la nuit du 10 au 17 courant, un trois-mâts, le
Brave, capitaine Gosse, a relâché sur notre rade. Il faisait route du
Havre à Libreville (Congo), quand il a été surpris par une voie d'eau.
L'équipage était exténué par le travail des pompes. Le capitaine à du
descendre à terre en pleine nuit pour recruter des hommes afin de relayer
ses marins. On a fini par épuiser l'eau. On prête l'intention au capitaine
de partir pour Saint-Nazaire , où il ferait réparer son avarie. »
Le Finistère du 22 février 1888
C A M A R E T . — Notre correspondant nous écrit :
« Le brick-goélette Antarès, capitaine Guyot, allant d'Espagne à Hambourg
avec sardines, a débarqué ici, ce matin, dix hommes composant l'équipage
du trois-mâts barque allemand Charlotte-L'Ange, qui a coulé à 90 milles
nord du cap Finister. »
Le Finistère du 17 mars 1888
« Le 24, 1e bateau de pêche l'Archange, n° 1387, patron Nédélec (Jean-Pierre),
de Douarnenez, est sorti de Brest, vers 7 heures du soir ; il se trouvait
à 3 milles au nord de Toulinguet, lorsqu'il a chaviré par une forte rafale
et a coulé aussitôt. Les six hommes se sont mis sur les filets et ont
été assez heureux pour être recueillis sains et saufs par le bateau Notre-Dame-de-Joie,
patron Calvès (Joseph), de Douarnenez. Ce patron, après avoir sauvé les
quelques objets flottants, a rejoint Camaret, d'où il est parti le lendemain,
avec les naufragés, pour Douarnenez. »
Le Finistère du 29 août 1888
C A M A R E T , 10 février. — De notre correspondant : Le cotre Paul-et-Amélie,
allant de Brest au port de Laber, a, dans la journée du 8 courant, perdu
son canot au large du Toulinguet. Ce canot mesure environ 10 pieds A l'intérieur.
Il est peint en vert à l'extérieur, et couvert, d'une couche de coaltar.
Son étrave est cassée. Le nom et le port d'attache du cotre sont inscrits
sur l'arrière du canot.
Le Finistère du 13 février 1889
On vient de recueillir en mer et de déposer au bureau de la Marine le
tableau d'un petit canot qui porte cette inscription : Paul et Amélie,
de Quimper.
Le Finistère du 23 février 1889
C A M A R E T.— « Hier, 20, vers 6 heures du matin, le canot le François,
du port de Camaret, monté par Mérour, François, et son fils, celui-ci
âgé de 13 ans, était sur les lieux de pêche. Ces marins levaient leurs
casiers près d'un rocher, à l'extrémité de la pointe Pen-ar-Vir (baie
de Dinant), lorsque survint une forte lame qui jeta le canot sur le rocher.
Ces deux hommes furent précipités à la mer. Ils se mirent à nager vers
la rive qui était à plus de cent mètres. L'accostage était difficile.
Le flot et le vent étaient assez forts, battaient en pleine côte contre
une falaise presque inaccessible Les naufragés réussirent cependant à
se tirer sans trop de mal de cette dangereuse situation.
« Le canot avait été jeté par la mer par dessus le rocher. Il était plein
d'eau : mais n'avait pas trop d'avarie. Il se rapprocha bientôt de terre
et Mérour père se remit à l'eau pour le sauver. Il lança le grappin dehors,
revint à terre et alla au plus vite chercher un autre canot. Mais quand
il revint. Le François, son câble cassé, était jeté au plein, défoncé
et condamné.
« Celle embarcation était de peu de valeur et Mérour est loin d'être dans
le besoin ; mais quelle énergie ! »
Le Finistère du 24 juillet 1889
C A M A R E T , 20 octobre — Notre correspondant nous écrit :
« Le sloop dundee Bonne-Marie, de Boulogne, capitaine Thibaud, avait passé
toute la matinée de vendredi à louvoyer, pour entrer dans notre port.
Sa ralingue du dundee s'étant rompue, il dut mouiller en pleine rade.
Vendredi soir, vers 9 heures et demi, le vent tourna au nord-ouest, et
les deux chaînes qui retenaient la Bonne-Marie se brisèrent. Elle fit
côte à la grève de Trez Rouz.
« L'équipage composé de quatre hommes resta à bord toute la nuit. Ces
hommes sont descendus à terre samedi matin, vers quatre heures. La Bonne-Marie
allait d'Abbeville à Marennes avec un chargement de phosphate. Elle ne
paraît pas avoir souffert.
« M. le commissaire de la marine a fait allonger un ancre et un grelin
pour essayer le renflouage. »
Le Finistère du 23 octobre 1889
C A M A R E T , 21 octobre. — De notre correspondant :
« Le sloop Jeanne Marie, qui avait fait côte chez nous dans la nuit du
18 au 19, a été renfloué ce matin et conduit au quai de Camaret. Il ne
parait pas très avarié. Sa cargaison de phosphate est, par exemple, en
bouillie dans les sacs. »
C A M A R E T , 27 octobre. — De notre correspondant :
« — Une certaine alerte s'est produite aujourd'hui pendant la grand'messe.
Un exprès est venu prévenir M. Anner, commissaire de la marine, qui assistait
à l'office, qu'un bateau allait à la côte. Plusieurs personnes sortirent
à la suite de M. Anner, qui donna l'ordre de préparer le bateau de sauvetage
et alla lui-même au sémaphore, pour se rendre compte de l'événement.
« On avait en vue un petit canot qui paraissait être venu de l'anse de
Bertheaume. On n'apercevait personne à bord ; mais on remarquait deux
avirons bien au milieu du canot et probablement amarrés. Il était à supposer
que la chaîne qui retenait cette embarcation s'étant cassée, elle s'était
en allée à la dérive. Elle était poussée vers le Raz-de- Sein, dont elle
était encore à six lieues au moins. »
Le Finistère du 30 octobre 1889
C A M A R E T . — Notre correspondant nous écrit :
« Un bateau de notre port vient de disparaître avec 6 hommes d'équipage
dans les circonstances suivantes :
L'Infatigable n° 451 quittait l'Ile-de-Sein dimanche 3, vers 9 heures
1/2 du matin, par une très grande brise du sud-ouest, faisant vent arrière
sous sa misaine avec deux ris. Il n'est pas rentré depuis à son port d'attache,
ce qui fait malheureusement présumer qu'il aura sombré en route, probablement
aux environs du Stévennec. Déjà on l'avait vu de l'Ile, alors qu'il n'était
encore qu'à quelques encablures du port, revenir un moment au lof. C'est
que les hommes hésitaient, mais cette hésitation n'avait duré qu'un moment.
On n'a encore rencontré aucune épave appartenant à l'Infatigable. Comme
nous le disions en commençant, six hommes le montaient, dont deux pères
de famille, qui laissent six orphelins. Ce sont les frères Gourmelin,
Yves et Auguste. Les quatre autres étaient célibataires. Ce sont : Rolland
(Eugène), Rolland (Jean), Carn (Jean-Pierre) et Guéguinou (François).
» Le Finistère du 6 novembre 1889
C A M A R E T , 24 novembre. — Notre correspondant nous écrit :
« Le sloop dundee, la Jeanne, du port d'Auray, a fait côte, ce matin,
sous la montagne située entre Stang-ar-Prat et l'anse de Feunteun-Od (entrée
de Camaret). C'était l'heure du jusant et le navire est, resté aux pieds
des rochers. II ne paraît pas avoir d'avarie et on espère le renflouer
à la mer montante.
« Cet accident est survenu à la suite d'une saute de vent du sud-est au
nord-ouest.
« Un petit lougre a été également entraîné jusqu'à quelques mètres do
la plage. Heureusement son ancre a résisté et, avec l'aide de marins appartenant
aux navires mouillés en rade, il a pu gagner le large.
« Trois bateaux de pêche ont été aussi jetés sur la plage et se sont arrêtés
tout proche des rochers. On a pu les ramener au port sans avaries.
« Au moment où je vais vous expédier cette correspondance, j'apprends
que la Jeanne est renflouée et est en sûreté au large. »
Le Finistère du 27 novembre 1889
C A M A R E T , 20 janvier. — De notre
correspondant :
« Le bateau Stivel, patron Le Fur, de
notre port, a recueilli, le 17 courant, à
l'entrée du goulet de Brest, un papier contenu
dans une bouteille cachetée. Ce papier est
couvert d'une écriture en diverses langues,
anglais, espagnol et français. Je ne sais autre
chose du sens de cette inscription, sinon qu'on
y a relevé ces deux mots : Bulletin météorologique.
« Le bateau Complaisant, patron Landruc,
de notre port, a fait naufrage, le 17 courant,
à 10 heures, du soir sur la pointe du château
de Brest. Un canot monté par trois hommes
est allé au secours des deux hommes qui
formaient l'équipage du Complaisant et les
a ramenés à son bord. Le Complaisant qui a
éprouvé d'assez graves avaries a du être
relevé hier et remorqué au port du Commerce. »
— « Le 19, vers 3 h. 1|2 du soir, le
bateau à vapeur l'Eurêka a abordé, dans la
rade de Brest la chaloupe File-ton-Nœud,
qui était monté par le patron Cloarec (Jean),
et son matelot Le Cœur (Guillaume), de
Roscanvel.
La chaloupe ne tarda pas à couler bas.
Les deux hommes se débattaient au milieu
des flots lorsque le nommé Pichon a détaché
le canot du vapeur et s'est dirigé vers eux.
Il a été assez heureux pour recueillir les
naufragés, que le vapeur a pris à son bord
pour les conduire au Fret. Le bateau abordé
est totalement perdu.
Le Finistère du 22 janvier 1890
C A M A R E T , 23 janvier. — De notre
correspondant :
« Une tempête affreuse a sévi toute la nuit
et jusqu'à 10 heures ce matin sur nos côtes.
Quatre bâtiments homardiers qui étaient en
armement pour se rendre en Portugal ont
rompu leurs amarres et sont venus heurter,
au moment de la pleine mer, la chaussée
Notre-Dame. Ils n'ont pas d'avaries, mais
leur renflouement sera difficile.
« Le bateau du garde maritime a été brisé
par un fort bateau de pêche qui est arrivé sur
lui avec violence Le bateau la Fourmi,
appartenant au sieur Laouénan (Victor), ainsi
que l'Auguste, à M. Sévellec (Pierre), ont été
enlevés de dessus la chaussée et ont fait côte.
Il n'y avait personne à bord. Ces deux bateaux
ont été brisés. »
Le Finistère du 25 janvier 1890
C A M A R E T . — Quelques détails rétrospectifs sur les ravages de la tempête à Camaret, à ajouter à ceux, que nous a déjà donnés notre correspondant :
Les digues du canal ont été emportées par
la mer et le canal lui-même a été bouché par
les galets. La mer passait a plus de 20 pieds
par-dessus le môle, elle a emporté près de
100 mètres cubes de galets. Toutes les routes
ont été endommagées. Plusieurs rues ont été
submergées.
Le Finistère du 29 janvier 1890
Les faits-divers des quais
mortels...
C A M A R E T . — Il vient de se former
par souscription, à Camaret, un comité de
régates.
Les régates auront lieu le 29 courant,
sous le patronage du commissaire de l'Inscription maritime.
On compte sur un grand succès : car le
nombre des bateaux est au moins de deux
cents à Camaret.
Le Finistère du 25 septembre 1889
C A M A R E T . — On nous écrit :
Des régates ont eu lieu, pour la première
fois, à Camaret, dimanche dernier. Le temps
ne s'annonçait pas, au commencement de la
journée, comme devant être bien beau ; cependant la journée s'est maintenue sans pluie.
Il y avait beaucoup d'étrangers, deux bateaux à vapeur étant venus de Brest, l'un
appartenant à M. Le Roux et l'autre à M.
Pennors. Nous devons remercier plus particulièrement M. Le Roux qui a eu l'amabilité
de mettre son bateau à vapeur à la disposition
du comité des régates; mêmes remerciements
à M. le préfet maritime, qui a bien voulu
nous accorder le concours du garde-pêche le
Zéphir. Nos félicitations A M. le capitaine du
Zèphir de son concours et de la tenue de son
équipage.
Voici les noms des vainqueurs qui ont
obtenu les premiers prix dans la première
série :
1" prix, Toussaint Garrec ; 2', Louis Callec ;
3', Gourmelon.
Ceux qui ont obtenu les premiers prix dans
la deuxième série sont :
1" prix, Edmond Le Fur ; 2', Ferrec.
Ceux qui ont obtenu les premiers prix dans
la troisième série sont :
1" prix, Théodore Chevalier ; 2', Joseph
Mazet.
Le soir nous avons eu un feu d'artifice qui
a commencé à huit heures et s'est terminé à
neuf heures.
La fête s'est donc passée bien agréablement
pour tous. Nous souhaitons de grand cœur
que l'année prochaine il y ait autant d'entrain.
On ne disputera le prix d'honneur que le
premier dimanche d'octobre.
Le Finistère du 5 octobre 1889
°°°
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