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Tour Vauban de Camaret - Fortification de la Presqu'île de Crozon

La Tour Vauban au lever du jour.

La Tour Vauban sur le sillon de Camaret-sur-Mer

Four à boulets.

L'anse de Camaret est un lieu idéal pour un débarquement ennemi qui aurait tôt fait de revenir vers Brest et faire tomber ce port primordial de la Royale (Marine française).

Sébastien le Preste de Vauban (1633 – 1707) ingénieur et certainement architecte militaire de génie sous Louis XIV, qui est en charge de la construction des défenses côtières de la France, une sorte de mur de l'atlantique avant l'heure nommé alors la "ceinture de fer", fait implanter une tour crénelée, truffée de meurtrières, cernée par une plate-forme pour 9 canons orientés sur 200°, le tout entouré d'une douve murée. La batterie côtière complète devait se composer de 48 canons de marine. Il semblerait que Vauban ait tergiversé pour aboutir.

L'exécution des travaux est effectuée par l'ingénieur Traverse, collaborateur de Vauban, à partir de 1690 pour le terrassement et les préparatifs et 1693 pour l'élévation.

Efficacité de cette défense monumentale vite mise à l'épreuve le 18 juin 1694 - bataille de Trez-Rouz, alors que le chantier est inachevé. Le dernier étage de la tour n'est pas construit, pourtant la flotte anglo-hollandaise tente un débarquement dans le port et sur les plages voisines. L'ennemi est repoussé grâce à la puissance de feu de la tour.

Traverse apporte un plan modificatif avant la fin des travaux, plan annoté par Vauban en 1696. 2 embrasures de canon sont ajoutés ce qui permet de passer à 11 canons.

Isaac Robelin dessine un plan en date du 9 décembre 1722. L'architecte est en charge des défenses de Brest après Vauban. Le plan amène des modifications dans la construction. Suppression de lucarnes du toit et surtout dallage de la cour de la batterie basse qui à l'origine était prévue en madriers de bois.

L'armement est composé de 9 canons de 24 livres et de 2 mortiers sur la plate-forme basse en embrasures et de quatre canons de 18 livres en haut de la tour pour du bombardement.

Les embrasures sont obturées en 1780 et les tirs se font par dessus le parapet. Le calibre le plus élevé fut du 48 livres pour un à deux canons selon les dates.

La tour sera modifiée en 1794 avec l'adjonction d'un four à boulets. Les boulets rougis au feu tombent sur les ponts des navires en bois et créent l'incendie à bord.

Ensuite, périodiquement et sous la contrainte des évènements politiques, la tour Vauban est remaniée et rééquipée de nouveaux canons toujours plus puissants. Une puissance telle qu'au 19ème siècle, il n'est plus possible d'armer la tour qui s'effondrerait comme un château de cartes si elle devait recevoir un obus ennemi. Une batterie de côte est installée au sol entre la tour et la chapelle Rocamadour en 1861.

Curieusement, il est possible de louer les lieux et d'y habiter quelque temps, ce que fera André Antoine.

La tour Vauban est classée aux monuments historiques en 1907.

Lors de la première guerre mondiale, pour alimenter la CAM 59 (base d'hydravions du sillon), une citerne d'eau en béton y est construite -  la tour est de plus en plus négligée, abîmée.

En 1930, un projet de restauration est prévu mais la seconde guerre mondiale interrompt l'élan. La tour Vauban échappe à la guerre car l'armée d'occupation ne s'en sert pas de manière stratégique à cause de sa fragilité. Cependant, l'armée alliée, sans doute l'aviation américaine, mitraille la tour avec des projectiles incendiaires, le 3 septembre 1944 (le grand bombardement de la presqu'île), ce qui a pour conséquence de déclencher l'embrasement de la toiture. Certains textes relatent aussi la volonté des Camarétois d'y mettre le feu en 1944 pour que cesse les attaques américaines.

Cette fois est la bonne, en 1955, un nouveau projet de restauration est lancé avec exécution en 1956 et 1957. Les choix de restauration sont une compilation et interprétation des différents aménagements des siècles passés... La couleur rouge provient d'un enduit à base de chaux et de briques pilées appliquées. Un choix de couleur pour rappeler ce que Vauban appellait la "Tour dorée". Certains historiens hurlent au massacre magistral. Ne serait-ce que la toiture, comment fallait-il agir puisqu'elle faisait partie intégrante de la tour crénelée par intermittence selon les époques ?

En 1992, une passerelle fixe est construite afin de favoriser les visites du public..
Suite à cela, un musée de la Marine s'y installe jusqu'en mai 1993.

La Tour Vauban est classée patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2008.
En 2015, des travaux d'accueil du public sont réalisés à hauteur d'1.5 million d'euros dont un pont-levis constitué d'une partie fixe et d'une partie mobile fonctionnant par un système de contrepoids et de chaînes. La grille des financements : 30 % de la région, 27,20 % de la fondation Total, 24 % du département, 9,80 % de la commune, 9 % du ministère de la Culture.

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