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Construction et inauguration de l'abattoir de Camaret-sur-Mer

Un toit aux allures industrieuses en pleine campagne, qu'est-ce donc se demande le promeneur attentif ? L'abattoir de Camaret a recouvré une nouvelle vocation de gîte de vacances dans un joli cadre de verdure proche de la plage du Veryac'h – Site géologique classé – et de la Pointe de Pen-Hir.

L'abattoir de Camaret-sur-Mer est inauguré le 31 juillet 1938. A droite de l'entrée, la maison du gardien qui perçoit les taxes inhérentes à l'abattage. A gauche de l'entrée, le bâtiment est une étable où stationnent les bêtes en attente de la mort. Le bâtiment principal, avec son toit en béton cintré, constitue le hall d'abattage équipé d'un équipement mécanique de marque Diemer afin de limiter les efforts physiques lors des accrochages et déplacements des carcasses. Une pièce est prévue pour l'abattage des porcs avec une cuve à échauder ; une autre pièce stocke les peaux, elle est équipée d'un incinérateur avec autoclave pour brûler les déchets. L'alimentation en eau se fait par une pompe électrique dans un puits, celle-ci alimente une réserve sous toit en hauteur pour obtenir une pression maximale pour le lavage des équipements. Les eaux usées sont récupérées dans une fosse d'épuration.

Conception : Omnium d'études techniques de Paris. Plans : Tillier, Albert Combarrieu et Lahorre - ingénieurs.
Architecte consultant : Le Roux.
Réalisation : Union des services publics, sous l'égide de Mr. Jacques Luchaire administrateur délégué.
Maître d'œuvre : société Laborderie frères et Minaud.
Entrepreneur : Joncour de Quimper.

Un bœuf de 381kg, pesé sur place, ouvrit l'activité devant un public de notables et des Camarétois. La viande fut distribuée dès le lendemain aux villageois.

La presse décrit :
" A 9 h. 30, MM. Tephany, maire ; Morvan, premier adjoint ; Le Meil et Palud, adjoints, et les conseillers municipaux recevaient à la mairie leurs invités, parmi lesquels on remarquait M. Filuzeau, sous-préfet de Châteaulin, représentant M. Angeli, préfet du Finistère; MM. les sénateurs Lancien, président du conseil général; Le Gorgeu, maire de Brest, ancien ministre; Guillemot ; M. Crouan, député; MM. Porte, administrateur du quartier de Camaret; Keranguyader, maire de Crozon; Jamault, maire de Lanvéoc ; le docteur Rokozinski; Merle, directeur des services vétérinaires; Le Roux, architecte; Tillier et Combarieu, de l'Omnium d'études techniques; Minaud, de la société Laborderie frères ; le maître Saint-Pol- Roux, l'artiste peintre Lucas et une grande partie de la population camarétoise."

Le peintre fait don d'un tableau à la commune.

Le cortège quitte la mairie en voiture pour l'abattoir  de Kermeur puis revient festoyer à Camaret à la suite de l'inauguration de l'abattoir décoré de pavillons festifs pour l'occasion.

Extrait du discours du poète Saint Pol Roux énoncé lors du banquet offert par les entreprises à la salle de Venise à partir de 13 heures :
... "Et maintenant, vous les nécessaires sacrificateurs de ce monument où la force animale va se mettre au service de la faiblesse humaine, amis Quentric, Férec. Le Hir. Duffic. Hascoet, bouchers de Camaret. qui fermerez la porte suprême sur le bœuf gras des jours de liesse, le mouton des prés salés ou non. le cabri fragile des pâques fleuries, soyez doux à ces hôtes d'une heure bêlant et meuglant après le tiède calme de l'étable et l'herbe tendre des prairies, soyez doux jusqu'à l'éclair fatal du sacrifice rouge; amis bouchers, soyez doux aux innocentes bêtes éperdues, dont 1e sombre destin est de mourir pour nous faire vivre, nous les hommes"...

12 août 1938.
ARRÊTÉ MUNICIPAL. — Le maire de Camaret-sur-Mer considérant qu'il rentre dans les attributions de l'autorité municipale de prescrire les mesures de salubrité et de sécurité publiques qu'exige le libre exercice de la profession de boucher ou de charcutier,
Arrête :
Article 1er. — L'abattage des bœufs, vaches, veaux, moutons et porcs aura lieu exclusivement dans l'abattoir public situé à Kermeur.
Toutes les tueries particulières, triperies, etc., sont formellement interdites sur le territoire de la commune.
Toutefois, les propriétaires et les habitants qui élèvent des porcs pour la consommation de leur maison conservent la facilité de les abattre chez eux, pourvu que ce soit dans un lieu clos et séparé de la voie publique.
Art. 2. — Les bouchers et charcutiers se pouvoiront des seaux, baquets, brouettes et de tous les instruments et ustensiles nécessaires à leurs travaux, et les entretiendront en bon état de service et de propreté.
Art. 3. — Il est défendu d'entrer, la nuit, dans l'abattoir autrement qu'avec des lanternes fermées.
Art. 4. — Les bouchers et charcutiers seront tenus de nettoyer et de laver chaque jour les emplacements d'abattage et les appareils employés, et de tenir constamment en état de propreté les vêtements de travail et les divers ustensiles de service.
Art. 5. — Il est expressément défendu de laisser ouvertes les portes pendant l'abattage des bœufs et vaches.
Art. 6. — Les bouchers et charcutiers pourront pratiquer l'abattage à toute heure de jour, mais ils ne pourront le faire pendant la nuit sans une autorisation de l'autorité municipale.
Art. 7. — Les bœufs, vaches ou taureaux, avant d'être abbatus, devront être fortement attachés à l'anneau scellé à cet effet dans l'abattoir.
Art. 8. — Les bœufs et taureaux ne pourront être conduits à l'abattoir qu'avec des entraves ou accouplés.
Art. 9. — Les animaux seront visités avant l'abattage par le vétérinaire-inspecteur ou par le préposé suppléant, le vétérinaire-inspecteur. Ceux reconnus malsains seront exclus de l'abattoir et, s'il y a lieu, abattus d'urgence conformément aux dispositions de la loi du 21 Juin 1898 et du décret du 6 octobre 1904, sur la police sanitaire des animaux.
Art. 10. — Après l'abattage, les viandes seront marquées d'une estampille, portant en suscription le nom de la commune et la mention « inspection vétérinaire », ainsi que tout autre signe particulier ou dlstinctif jugé utile par l'autorité municipale sur la demande du vétérinaire-inspecteur.
Art. 11. — Les organes ou viandes reconnus impropres à la consommation seront saisis et dénaturés de manière à les rendre inconsommables.
Lorsque la décision du vétérinaire-lnspecteur ou de son suppléant sera contestée par le propriétaire ou le vétérinaire appelé par lui, le vétérinaire départemental sera appelé en qualité d'arbitre pour décider en dernier ressort, si l'intéressé y consent. Dans le cas contraire, les règles du droit commun seront applicables. Les frais d'arbitrage seront à la charge de celle des parties qui succombera.
Art. 12. — Toute saisie effectuée sera consignée sur un registre spécial, avec la date d'abattage, le signalement de l'animal, le nom du propriétaire, les noms, prénoms et domicile du vendeur, le motif de la saisie, la désignation des parties saisies, leur poids, leur valeur et tous renseignements nécesaires pour l'établissement au besoin des procès-verbaux de saisie de viande pour cause de tuberculose.
Art. 13. — Lorqu'une maladie contagieuse, qu'elle motive ou non une saisie, sera constatée par le vétérinaire-inspecteur, déclaration en sera immédiatement faite aux autorités intéressées, dans les formes et délais prescrits par la loi du 21 juin 1989 (art. 31) et le décret du 6 octobre 1904 (art. 1 à 101). Cette déclaration indiquera la nature de la maladie, la provenance de l'animal, le nom et le domicile du vendeur.
Art. 14. — Les viandes, les abats et issues reconnus propres à la consommation devront être enlevés au plus tard le lendemain du jour suivant celui de l'abattage, à l'heure de la fermeture de l'abattoir.
Art. 15. — Il est enjoint aux bouchers et charcutiers de mettre le soin et la propreté convenables dans les transport des viandes de l'abattoir à leurs ateliers; ils devront les transporter enveloppées en évitant de répandre du sang sur la voie publique.

°°°
Article 1er. — Fixe ainsi qu'il suit les tarifs d'abattage, des droits d'abris, de triperie et des redevances à exiger des bouchers et charcutiers pour usage des locaux particuliers et des installations spéciales mis leur disposition :
Taxe d'abattage. — Poids vif : 0 fr. 10 par kilo; poids net : 0 fr. 20 par kilo; viandes foraines : 0 fr. 20 par kilo.
Triperie. — Il sera perçu une taxe de 5 fr. par porc.
Taxe de stabulation. — Il sera perçu un droit de stabulation au delà de 24 heures : par bœuf, taureau, vache, 3 fr. par jour; veau, mouton,, porc, etc., 1 franc par jour.
Art. 2. — Le préposé au gardiennage de l'abattoir sera chargé de l'application des dites taxes et redevances contenues dans le présent arrêté.

Avant la construction de l'abattoir, il y avait trois tueries à Camaret. Des pièces malcommodes donnant sur des cours intérieures. Le sang coulait à flot, on jetait un seau d'eau quand on avait de l'eau à disposition. Il n'y avait pas d'eau courante, il fallait s'approvisionner par corvée d'eau au point le plus proche. Les conditions d'abattage et d'hygiène étaient épouvantables, ce qui invita le maire à se préoccuper de ce problème d'hygiène publique. Auguste Tephany, de l'Union de la république démocratique, dut faire appel aux pouvoirs politiques régionaux pour obtenir les autorisations et les financements du projet dont la construction dura 18 mois, ce qui s'avère, pour l'époque, être un temps record grâce à l'introduction du béton et de ses performances de coffrage dont le toit en voûte de la hall d'abattage. On retrouve ces cintres dans les constructions militaires de la fin du 19ème siècle et lors de la construction de la base de Lanvéoc Poulmic avec ses hangars "papillon" contemporains de l'abattoir.

Un abattoir sous étroite surveillance de l'armée d'occupation allemande. Toute la pression tombait sur les épaules du maire Tephany et des gardiens des lieux : Sénéchal. Les bouchers de Camaret, en début de conflit, allaient battre les campagnes pour chercher une bête ou deux. Avec l'instauration des bons de viande, de tels agissements étaient risqués. Des bons alimentaires toujours plus restrictifs pour la population. Les Allemands, d'un prime abord régulier en 1940 et 1941 en payant leur consommation, ont commencé à réquisitionner directement dans les fermes avec une arme bien en vue et aucune rétribution en dédommagement. Ils ont développé de menus élevages directement dans les grandes batteries de canons... Des soldats et des administratifs locaux, comptaient régulièrement les animaux de ferme jusqu'aux poules et poussins pour limiter le marché noir et prélever selon les besoins sans s'inquiéter de la faim de la population.

48° 16' 1.7" N
4° 36' 28.1" O

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