B R E S T . — Dimanche ont eu lieu les régates de Brest,
qui ont été fort brillantes. En dehors des joutes sérieuses le programme
contenait maints détails amusants qui ont fort diverti les spectateurs.
Des canards, voire même un cochon, avaient été lancés à la mer et leur
chasse a donné lieu à des scènes réjouissantes. Un feu d'artifice a terminé
cette journée.
Le Finistère du 1 septembre 1875
B R E S T . — L'Union républicaine de vendredi rapporte le fait suivant
:
« Hier, vers les six heures de l'après-midi, les promeneurs qui se trouvaient
sur les quais du port de commerce ont assisté à un spectacle qui doit
être assez rare : l'invasion des bassins par une bande de marsouins. C'était
vraiment curieux de voir si près de terre, à longueur de gaule, à travers
toutes les embarcations, ces gros cétacés nager, plonger, sauter hors
de l'eau et s'esbaudir dans leurs vigoureux ébats. « Les pêcheurs, par
contre, ont dû être moins contents de cette visite bruyante. L'arrivée
du marsouin, c'est la fuite du poisson qui se cache ; on aurait pour à
moins. Ajoutez à cela que quand les filets sont pleins de poisson, le
marsouin les considère volontiers comme un garde-manger préparé à son
intention. Il y pénètre sans hésitation, et son repas terminé, brisant
tout par sa grande force musculaire, il s'en va allègrement emportant
le produit de la pêche avec les malédictions du pêcheur.
Le Finistère du 26 juin 1878
Cette affaire souligne la difficulté de l'espèce humaine à vivre avec
les espèces animales comme si l'homme était au-dessus de toute nature.
En presqu'île de Crozon la visite des dauphins
est toujours surprenante et le souvenir des canons à l'encontre des bélugas
est encore vivace.
B R E S T . — On lit dans l'Union Républicaine du 27 février :
Un sauvetage bien émouvant a eu lieu au port de commerce lundi dernier,
à 6 heures 1/2 du soir. En débarquant du vapeur le Bas-Breton, un passager
nommé Donval (Olivier), tomba à la mer. Aussitôt on lui tend une gaffe
; mais il ne peut pas la saisir ; tous ses efforts sont inutiles. Il enfonce;
l'eau gagne, et couvre sa tête. Déjà on ne voyait plus que ses deux mains
s'agitant désespérément en l'air. C'est alors qu'un courageux préposé
des douanes, nommé Landrin, accourt. Se dégageant vivement des prières
et étreintes de femmes, qui, voyant le danger qu'il allait courir, voulaient
l'empêcher de se jeter à l'eau, Landrin, sans même prendre le temps de
se déshabiller, se précipite au secours du malheureux qui se noie. Mais,
comme il arrive souvent, le noyé s'accroche à son sauveteur. Pris par
le cou et par sa barbe, gêné dans ses mouvements, Landrin est sur le point
de payer de sa vie son dévouement ; enfin, par un effort suprême, il se
dégage et pousse Donval vers le quai, où il peut enfin saisir la gaffe
qu'on lui tend ; Donval est sauvé. On le hisse sur le quai, et on lui
prodigue les premiers soins que réclame son étal. Cependant son courageux
sauveteur, épuisé, ne pouvait regagner la terre. Il venait de dîner quand
il s'est jeté à l'eau; un malaise subit l'envahit. Fort heureusement sa
main rencontre une chaîne de navire ; il la saisit et y reste suspendu.
Peu de temps après, on vint à son aide. Le préposé des douanes Landrin
n'en est pas à son premier acte de dévouement ; il a déjà accompli plusieurs
sauvetages, dont le dernier, en juillet 1877, lui a valu une médaille
d'argent de 2° classe. Il mérite mieux aujourd'hui ; nous signalons à
l'autorité compétente l'émouvant sauvetage du lundi 24 février 1870.
Le Finistère du 5 mars 1879
B R E S T . — Dans une de ses dernières audiences, le tribunal correctionnel
de Brest a condamné un pécheur du nom de Leparoux à un mois de prison,
à la suite des faits que voici :
Il est du devoir de nos pêcheurs de signaler sans retard à l'autorité
les épaves de toute nature que les tempêtes, malheureusement si fréquentes
sur nos côtes, rejettent le long du rivage ; il y a là souvent des indices
précieux pour établir l'identité des navires naufragés, et, d'autre part,
les épaves n'ont pas cessé de rester la propriété des armateurs, déduction
faite de l'indemnité de sauvetage.
Ces principes élémentaires de probité n'ont pas été respectés par Leparoux,
unique fermier de l'île Bannalec. A la suite du naufrage d'un grand steamer
anglais, Leparoux a été trouvé porteur de vêtements d'origine britannique
et en a même vendu à un prix dérisoire à l'un de ses amis. Certains indices
avaient donné à penser que les vêtements en question avalent été pris
par le fermier sur les cadavres des trois marins anglais que la mer avait
fait échouer.
Le tribunal n'a pas retenu cette circonstance aggravante. Il a condamné
le prévenu à un mois d'emprisonnement, désirant ainsi, surtout en présence
du nombreux auditoire de marins qui remplissaient la salle, donner une
leçon à ceux qui se laisseraient entrainer à suivre un pareil exemple.
Le Finistère 2 février 1881
B R E S T . — Trois prisonniers, dont deux condamnés pour vol, et le troisième
détenu préventivement, se sont évadés, dans la nuit du 7 au 8 mars, du
fort Bouguen.
Le Finistère du 10 mars 1883
B R E S T . — La Société académique de Brest organise en ce moment une
Exposition de Géographie qui aura lieu du 3 au 7 juin et coïncidera avec
le Concours hippique qui a lieu du 13 au 17. Chaque jour, pondant cette
quinzaine, une Conférence géographique aura lieu dans une des salles de
l'Académie qui, à cette occasion, fait appel à tous les amateurs et collectionneurs
qui voudront bien lui confier les objets qu'ils possèdent et qui concernent
la mesure et la description de la terre, les climats, les productions,
la race, les mœurs, les arts et l'histoire des peuples étrangers à l'Europe.
Pour toute communication, écrire à M. Froger, secrétaire du Comité, à
l'établissement des Pupilles de la Marine, à Brest.
Le Finistère du 11 avril 1883
B R E S T . — La ville de Brest a été bien éprouvée par la tempête. Samedi,
vers 6 heures du soir, au moment où le terrible ouragan qui s'est déchaîné
sur la ville sévissait avec, le plus de violence, le bateau des ponts
et chaussées le Baliseur, monté par 6 hommes, quittait la cale de la santé
pour aller conduire à son poste l'allumeur du fanal de la jetée du Sud
au port de Commerce, un trajet d'à peine d'une centaine de mètres.
Arrivé au milieu de la passe de l'Ouest, le bateau ayant sans doute voulu
tourner trop court, fut pris par une lame et chavira ; les six hommes
furent précipités dans le courant, qui était d'une extrême violence. Le
nommé Jean-François Castel, âgé de 27 ans, put se cramponner à la quille
et parvint à redresser le bateau, dans lequel il fut assez heureux pour
recueillir le jeune Masson (Jean), âgé de 17 ans ; le bateau était plein
d'eau, leur position était des plus critiques ; leurs cris furent entendus
du navire de l'Etat l'Infatigable, qui avait dit chercher un abri dans
l'avant-port, le maître qui commande ce petit navire fit immédiatement
armer une embarcation dans laquelle il prit place, et il eût le bonheur
de recueillir les deux survivants de ce déplorable sinistre. La sous-patron
du bateau des ponts et chaussées, excellent nageur, essaya de gagner une
des échelles de la jetée de l'Ouest ; une bouée de sauvetage lui fut jetée,
mais il ne put la saisir et disparut sous les flots, ainsi que le patron,
l'autre matelot et le gardien du fanal ; ce sont les nommés Leroy (Jean),
âgé de 31 ans, Malgorn (Théophile) , âgé de 41 ans, Caugant (Antoine),
âgé de 18 ans et le gardien Trollu, âgé de 43 ans. Le cadavre de ce dernier
a été retrouvé sur la jetée de l'est ; quatre familles en deuil !
L'Océan, auquel nous empruntons ces détails, ajoute que de nombreux bateaux
ont coulé ou ont été jetés à la côte. Sur le Cours d'Ajot, un orme centenaire
a été brisé par le milieu et un autre déraciné. La flèche placée au sommet
du clocher de Saint-Louis a été renversée et brisée. Les rues étaient
jonchées d'ardoises arrachées aux toitures par la violence de la tempête,
qui a sévi pendant plus de 36 heures, avec une intensité dont de mémoire
d'homme on ne se souvient pas avoir vu un pareil exemple à Brest.
Le Finistère du 30 janvier 1884
B R E S T . - L'Union républicaine de mardi annonçait que le cadavre du
sieur Théophile Malgorn, qui périt si malheureusement lors de la dernière
tempête dans le port
du commerce, avait été retrouvé samedi dans le port même, en face
du quai de la consigne sanitaire et inhumé dimanche. Il ne restait plus
qu'un seul cadavre à la mer, celui du jeune novice du Baliseur. Ce cadavre
nous apprend le journal déjà cité, a été retrouvé, mercredi, vers les
trois heures, flottant dans le premier bassin du port de commerce.
Le Finistère du 8 mars 1884
B R E S T . — Le steamer Brestois, capitaine Roturier,
dit l'Union républicaine, a été abordé, vendredi, à quatre heures du matin, à Bacalan,
par le steamer Château-Yquem.
Le Brestois a coulé immédiatement. L'équipage et les passagers ont tous été sauvés.
Le Finistère du 29 octobre 1884
B R E S T . — En sortant de Brest, la Loire
a perdu un homme, le nommé Pécaud, matelot, lequel a été atteint à la tête et tué sur le
coup, par le bout de l'une des deux remorques
de l'Infatigable, qui ont cassé presque simultanément. Le corps de ce malheureux a
été ramené à Brest par le Souffleur qui, à
son tour, avait donné les remorques à la
Loire.
Le Finistère du 15 novembre 1884
L'Infatigable et le Souffleur sont deux navires portuaires de type remorqueur. Le premier remorqueur classique, le second aviso à vapeur. Quant à la Loire, ce fut une corvette de charge ou flûte qui transféra aussi des déportés de la Commune.
B R E S T . — Le steamer anglais Ironopolis,
capitaine Langstaff, monté par 11 hommes
d'équipage, était parti par un beau temps de
Landerneau pour Londres, lorsque, le 3
mars, à 7 heures et demie du soir, par suite
d'une erreur du timonier, il se jeta sur une
chaîne de rochers, à la pointe du Minou
(entrée du goulet de Brest). 4 hommes ont
pu se sauver à la nage ; les 7 autres se sont
noyés.
Le Finistère du 14 mars 1885
B R E S T . — Les régates auront lieu le 2 août, sous la présidence de
l'amiral Halligon. M. Moussin, ancien lieutenant de vaisseau, propriétaire
d'un yacht à Bénodet, est chargé de l'organisation.
Le Finistère du 18 mars 1885
B R E S T . Un drame maritime dit
l'Union républicaine de Brest, s'est accompli
le 29 mai, à 7 heures du matin, sur le banc
de sable calcaire du Minou.
L'un des nombreux bateaux qui vont y
chercher le sable était à 200 mètres environ
de la plage dans une crique qui est entre le
phare du Minou et le poste sémaphorique
Trois fortes lame l'ont l'ait couler à pic et
les quatre hommes qui le montaient se sont
réfugiés dans les mâts.
Quelques hommes courageux, sous la
direction de M. Faou, gardien de la batterie,
se sont portés au secours des naufragés. Les
citoyens dévoués sont MM. Bruno-Delasalle,
1er maître en retraite, gardien du sémaphore,
Cloître, gardien du phare, et Normand,
mécanicien électricien du poste de Toulbroch.
M. Faou a essayé de gagner le bateau à la
nage avec une ligne, mais pendant qu'il
luttait contre les vagues le bateau se rapprocha de terre. Une corde fut jetée avec un
caillou au patron, qui l'amarra au bateau.
Mais à ce moment les mâts se brisèrent ; un
des matelots disparut et n'a pas été retrouvé.
Les trois autres, cramponnés à un mât,
épuisés de fatigue et de froid, flottaient sans
force.
Les sauveteurs, au prix de grands efforts
et de quelques blessures, car la mer était
forte et le bord hérissé de rochers, parvinrent, en se mettant à l'eau, à rattraper les
malheureux. Les soins les plus attentifs leur
furent prodigués et ils revinrent à la vie peu
à peu, mais ils restèrent dans un état de
prostration complet. Un propriétaire voisin
les ramena en voiture à Brest.
Le bateau naufragé est la Philomène, de
Logonna. n° 757.
Le patron s'appelle Jean-Louis Le Gall.
Les trois matelots sont les frères Dudouiée.
Le noyé est père de famille de 3 enfants.
M. Faou, qui n'en est pas à son coup
d'essai, a déjà reçu des félicitations de ses
chefs. Nous espérons que des récompenses
honorifiques encourageront les sauveteurs à
continuer leur dévouement sur ces côtes si
difficiles à aborder.
Le Finistère du 6 juin 1885
B R E S T . — Les journaux de Brest racontent que la goélette Moïse, arrivée le 4 juin
dans ce port, avait à son bord deux soldats
anglais du Royal-lrish Rifle, recueillis en
mer dans le N-O. des Casquets, sur une
frêle embarcation à voile, sans compas. Ces
deux soldats, partis d'Edorny (Angleterre)
pour faire une promenade en mer, avaient
été entrainés au large par le courant ; ils ont
été conduits immédiatement au consulat
anglais.
Le Finistère du 17 juin 1885
B R E S T . — Le 30 novembre, vers une heure et demie du soir, l'équipage
du bateau pêcheur Marianne, patron Cann, se disposait à quitter la rade
de Brest, où il avait pêché à la drague, pour rentrer au Faou, lorsqu'à
la suite d'une fausse manœuvre cette embarcation fut entraînée dans le
remous formé par les courants de la rade et de la rivière de Châteaulin.
Elle ne tarda pas à sombrer. Cann et le matelot Quillien parvinrent à
se saisir d'un aviron et se maintinrent à la sur- face de la mer jusqu'à
l'arrivée du bateau de la douane de Logonna, qui les sauva. François Cann,
frère du patron, fut également secouru, mais son autre frère Hervé et
le nommé Mallézac (Jacques) avaient disparu définitivement.
Le Finistère du 5 décembre 1885
affaires civiles
Affaires maritimes • Le socialisme d'avant • Assises • Fausse monnaie • Port de commerce • Histoire de l'école à Brest • Promesses de mariage • Marché de Brest • Guano • Le lycée de Brest • Prise du théâtre de Brest par les baïonnettes de l'armée • Procès outrage public à la pudeur • Manifestation au port • Pétition contre les jésuites • Laïcisation • Denier des écoles chrétiennes • Statue d'Urbain II • Nathalie Duval Le Mel • Colons libres • Légion d'honneur indue • Cimetière • Place de la Liberté • Accidents • Accidents mortels • Morts de rue • Portefaix • Boucherie chevaline • Cheval • Câble transatlantique • Télégraphe • Transatlantique • Féminicide • Violences • Condition des femmes • Petit couvent • Prostitution • Enfants abandonnés • Mendicité • Travail des enfants • Monarchiste • Personnalités débarquées • Personnalités reconnues • Leroy de Keraniou • Suicides • Epidémies • Recrutements civils • Laïcité • Météo • Affaires et faits civils • Rue des Sept-Saints • Décisions municipales envers l'église • Elections municipales • Elections législatives
°°°
Pages récentes : Le socialisme d'antan • Assises • Législatives • Fausse monnaie • Histoire de l'école • Promesses de mariage • Guano • Le lycée de Brest • Affaires militaires diverses • Petit couvent • Ecole navale • Prostitution • Prise du théâtre de Brest par les baïonnettes de l'armée • Le malheur des douves • Enfants abandonnés • Statue du pape Urbain II • Boucherie chevaline • Versement des pensions de retraite • Le câble transatlantique • Le denier des écoles chrétiennes • La condition des filles au 19ème siècle • Délégations et personnalités japonaises • La fête du 14 juillet 1889 à Brest : le scandale politique • Escadre mobile en manœuvre • Accidents de la circulation • Les idées politiques monarchistes • Société de secours aux blessés militaires du Tonkin • Laïcisation des écoles primaires • L'extinction de la mendicité • 19è RI