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Elections municipales de Brest 1881

ARRONDISSEMENT DE BREST.
B R E S T . — Les diverses fractions du parti républicain paraissaient s'être mises d'accord pour former une liste unique, à laquelle les cléricaux n'avaient pas jugé à propos d'en opposer une L'Océan, découragé, avait été le premier à railler ses amis de leur impuissance ; il avait même fait à La Fontaine, l'honneur de réimprimer à cette occasion la fable du Conseil tenu par les rats.
Dans ces conditions, il semblait que l'élection dût aller d'elle-même, sans secousses et sans difficultés d'aucune sorte. Mais cela ne faisait pas le compte de certains amateurs d'intrigues, qui mettent tout leur plaisir et toute leur gloire à contrarier de leur mieux la marche du parti républicain, auquel ils prétendent appartenir.
Au dépouillement du scrutin de dimanche, on constata que les deux membres principaux de la municipalité, MM. Penquer, maire et Troude, adjoint, n'avaient pas réuni un nombre de suffrages suffisant pour être élus.
Ces deux noms seuls restent en ballottage, sur une liste de 84 candidats.
Le nombre des inscrits a Brest est d'environ 42,000 ; il n'y a guère eu que 8,300 votants.
Nous recevons de Brest la lettre suivante sur ce sujet :
« Monsieur le Rédacteur,
« Le résultat des élections municipales de Brest n'a surpris personne ; quelques-uns seulement ont été attristés : vous allez juger si c'est sans motifs.
« Une liste dite de conciliation avait été formée ; les deux Journaux républicains de Brest y avalent adhéré ; on tête, figurait le nom de M. Penquer, maire, de MM. Bellamy et Troude, adjoints ; un autre des adjoints, M. Lamarque, était éliminé, sans qu'aucun motif sérieux parut justifier cette élimination ; mais on était d'accord sur les autres noms ; du moins les naïfs le croyaient. L'élection du 9 les a détrompés : sur trente-quatre conseillers à élire, trente-deux ont été élus au premier tour, malgré le nombre affligeant des abstentions. Seuls, MM. Penquer et Troude échouent ; M. Bellamy n'arrive guère lui-même qu'à la fin de la liste. Aucun doute n'est donc possible : c est la municipalité toute entière qu'on a voulu frapper : inscrits officiellement et pour la montre sur la liste des candidats, les noms du maire et des adjoints étaient rayés en secret. On a réussi ; la victoire est complète. Triste victoire, en vérité, remportée aux dépens des intérêts républicains, aussi bien que des intérêts municipaux.
« Nous ne parlerons pas des services rendus à Brest par M. Penquer. A quoi bon ? L'ingratitude semble devoir être élevée par quelques-uns à la hauteur d'une vertu. Peut- être eut-on pu se demander cependant si le moment était bien choisi pour s'attaquer, non pas seulement au maire dévoué et indépendant de la ville de Brest, mais au premier Président républicain de notre Conseil général, l'élection si disputée de M. Penquer à la présidence, où il remplaçait M. de Kerjégu, avait été un triomphe pour la République ; voilà M. de Kerjégu et les monarchistes vengés ! Et par qui ? par ceux qui se prétendent les plus ardents défenseurs de la République !
« Soit. M. Penquer ne sera plus maire ; est-ce lui, est-ce la ville de Brest qui doit y perdre ? Un avenir prochain nous le dira. Ses flatteurs de la veille seront ses détracteurs du lendemain ; mais aussi ceux qui ne l'ont jamais flatté seront plus à l'aise pour se proclamer avec désintéressement ses amis. »

Le Finistère du 12 janvier 1881

B R E S T . — MM. Penquer, maire, et Troude, adjoint, dont les noms sont restés dimanche en ballottage, par suite d'une intrigue que nous avons mentionnée, adressent la lettre suivante à l'Union républicaine :
« Monsieur le Rédacteur en chef,
« Nous vous prions de vouloir bien faire connaître à nos concitoyens que nous ne sommes plus candidats au Conseil municipal.
« Nous vous serons reconnaissants de prier le comité de l'Union républicaine de ne pas présenter à nouveau notre candidature pour l'élection complémentaire de dimanche.
« Veuillez insérer la présente lettre dans votre prochain numéro, et agréez, Monsieur le Rédacteur en chef, l'assurance de nos sentiments distingués.
« Docteur Penquer, maire.
« Colonel Troude, adjoint. »
MM. Penquer et Troude ont pris là le seul parti que leur dignité personnelle pût leur conseiller.
Souhaitons pour los électeurs de Brest qu'ils n'aient pas bientôt à s'apercevoir qu'ils ont commis une... Inconséquence.

Le Finistère du 15 janvier 1881

B R E S T . — Le conseil municipal a désigné comme maire M. Bellamy. Ce choix étant accepté par le gouvernement, la nomination de M. Bellamy paraîtra prochainement à l'Officiel.

Le Finistère 12 février 1881

B R E S T . — L'Officiel vient de publier le décret qui nomme M. Bellamy, maire de Brest. Nous applaudissons à ce choix, en raison de la haute valeur et des qualités personnelles de celui qui en est l'objet, et nous le félicitons d'avoir, en acceptant la mairie de Brest, sacrifié ses convenances personnelles à l'intérêt général.
Il nous sera permis de rappeler en même temps que c'est sous la présidence, de M. Bellamy et sur son initiative que le nouveau Conseil municipal a décerné un témoignage de reconnaissance et de regret à l'ancienne municipalité dirigée par M. Penquer. La nomination de M. Bellamy est donc un nouvel hommage rendu à M. Penquer qui, dans l'étrange élection de Brest, aura eu le beau rôle jusqu'au bout. Ceux qui ont cru le diminuer se trouvent ainsi avoir travaillé à le grandir. Telle est la morale de cette fâcheuse histoire, et elle n'était pas inutile à signaler.

Le Finistère 12 février 1881

B R E S T . — Les élections municipales — Aucun bouleversement, aucune transformation ne résultent pour nos conseils municipaux des élections complémentaires de la dernière quinzaine. Les ballottages de dimanche ont renouvelé le phénomène du premier tour : abstentions en masse ; on a peu voté, mais le vote républicain n'a pas été pour cela supplanté par un vote monarchiste ni clérical ; la réaction n'a pas disputé les positions, même les plus mal gardées ; il n'y a pas eu combat ; il n'y a pas eu agitation ; il n'y a pas eu élan ; il y a eu simplement, sans effort, maintien des choses.
C'est lassitude, disent les uns ; indifférence, disent les autres ; c'est ennui, désaffection, refroidissement de l'esprit civique ; c'est désertion de la vie locale écrasée par la centralisation parisienne. Qu'on cherche, qu' on adopte les explications qu'on voudra, il faudra bien avouer que c'est confiance ; car cette prétendue désaffection ne s'est pas traduite en un abandon du terrain conquis ; culte prétendue lassitude n'a pas profité aux adversaires du régime actuel, bien que ceux-ci ne soient jamais las.
S'il y avait ou la moindre chance de revirement, le moindre espoir pour eux, on les aurait vus aux aguets , certainement ; tandis qu'ils n'ont rien essuyé, rien obtenu ; ces votes tranquilles et ces abstentions tranquilles aussi ont tout laissé en l'état. Nous ne sommes plus dans un temps d'oscillations politiques, voilà tout ce qu'on peut conclure. L'aiguille du baromètre reste stationnaire, elle s'arrête au mot calme ; elle marque : Fixité dans la République.

Le Finistère du 29 avril 1882

B R E S T . — On sait que les élections de dimanche n'ont pas donné de résultats. L'Union Républicaine dit qu'en présence d'une liste réactionnaire, les candidats de la liste démocratique se retirent, pour qu'il n'y ait qu'une seule liste républicaine.

Le Finistère du 29 avril 1882

Amable-Emmanuel Troude 1803 - 1885 à Brest (Finistère). Militaire finissant sa carrière au grade de colonel mais aussi intellectuel lexicographe, ce qui explique sans doute son positionnement républicain peu fréquent dans l'armée plutôt légitimiste. Il est le fils du contre-amiral Aimable Gilles Troude reconnu pour sa participation à la bataille d'Algésiras, dont une rue de Brest porte le nom.

Charles François Auguste Salaün-Penquer 1809 - 1882 Lesneven - Brest, docteur en médecine, maire républicain de Brest du 15/05/1871 au 12/02/1881. Président du conseil général du Finistère de 1880 à 1883. Maire apprécié mais ses détracteurs républicains le trouvaient trop centriste en tant que libéral. Les premiers signes du socialisme révolutionnaire apparaissent à Brest tout particulièrement dans le milieu ouvrier en croissance dans la ville conduite par l'arsenal et le port de commerce.

Jean-Baptiste Raymond Louis Eugène Bellamy 1821 - 1902 Bordeaux - Neûchatel, maire de Brest du 2/12/1881 au 1/02/1884. Démissionnaire suite à un scandale financier. Le notaire républicain, conseiller régional, est accusé d'abus de confiance. La communauté protestante, dont il fait partie, tente de le renflouer et se ruine. Il est condamné à perpétuité par contumace ayant disparu à temps...

A cette même période, la presqu'île de Crozon est républicaine.

B R E S T . — La composition de la municipalité de Brest vient d'être modifiée par suite de la nouvelle loi municipale. Au lieu de cinq adjoints, il n'y en a, en effet, plus que quatre. Sous l'empire de la loi de 1855, « les communes ayant 10,000 habitants avaient deux adjoints, et il pouvait être nommé un adjoint de plus par fraction excédente de 20,000 habitants dans les communes d'une population supérieure ».
Ce qui était une simple faculté devient la règle ; mais aux termes de la nouvelle loi, il ne peut y avoir un adjoint de plus que par chaque excédent de 60,000 habitants. La population municipale de Brest ne dépassant pas 60,000 habitants, il n'y aura plus que trois adjoints au lieu de quatre, non compris l'adjoint spécial de la section de Recouvrance.
La population locale de Brest est de 69,110 habitants, d'après le recensement de 1882 , mais il faut déduire la population flottante qui est de 11,839 habitants.

Le Finistère du 24 mai 1884

Conseil municipal de Brest

B R E S T . — Dans une séance tenue mardi dernier, le Conseil municipal a repoussé une proposition de M. Chiron, tendant à voter un subside aux mineurs en grève de Decazeville. Cette proposition n'a obtenu que la voix de son auteur.

Le Finistère du 24 avril 1886

B R E S T . — On annonce la mort de M. Duchâteau, doyen du Conseil municipal de Brest. M. Duchâteau avait longtemps habité à Quimper, où il exerçait la profession d'entrepreneur.

Le Finistère du 12 février 1887

B R E S T . — M. Chiron, conseiller municipal socialiste, vient de donner sa démission. Huit membres manquaient déjà au Conseil municipal de Brest, qui est composé de 34 membres. Mais il fallait neuf vacances pour qu'il y eut lieu à des élections complémentaires. La loi, en effet, ne prescrit d'élections de ce genre que dans le cas où un Conseil municipal est réduit du quart au moins.
C'est dans le but de nécessiter une élection nouvelle qu'a été donnée la démission de M. Chiron.

Le Finistère du 2 avril 1887

B R E S T . — Nous avons dit que le Conseil municipal de Brest, réduit de 34 membres à 25, devait être prochainement complète. L'élection est fixée à dimanche prochain, 1er mai.
I1 y a deux listes en présence, une liste présentée par le Comité républicain et une autre composée de radicaux-socialistes, en tête desquels figure M. Chiron, qui s'était demis pour rendre nécessaire cette élection.

Le Finistère du 27 avril 1887

B R E S T . — On sait que des élections municipales complémentaires ont eu lieu dimanche à Brest et que neuf candidats républicains et neuf candidats collectivistes se trouvaient en présence. Le premier tour de scrutin n'a pas donné de résultats définitifs, mais, ce qui est d'un excellent augure pour le second tour, la liste collectiviste a été grandement distancée. Il y avait 13,877 électeurs. La moyenne de voix obtenues par la liste républicaine est do 2,375 voix, tandis que celle de la liste collectiviste n'est que de 1,425. Il y a donc entre ces deux listes un écart de 950 voix en faveur des candidats républicains.

Le Finistère du 4 mai 1887

Recensement de Brest

B R E S T . — Voici les résultats constatés par le dernier recensement dans les divers quartiers de Brest :
Population municipale — Brest, 28,026 ; Annexion, 15,674 ; Recouvrance, 15,652. Total : 59,352.
Population flottante — Brest, 5,112 ; Annexion, 270 ; Recouvrance, 6,044. Total : 11,426.
Il y a dans la population municipale une augmentation de 2.075 habitants depuis 1881 . La population flottante offre une diminution de 407.

Le Finistère du 21 juillet 1886

B R E S T . — 70,778 habitants en 1886 ; 69140 en 1881. Augmentation : 1,668. (+2.36%)

C R O Z O N . — 8,650 habitants en 1886 ; 8,223 en 1881. Augmentation : 427. (+5.16%)

Le Finistère du 18 septembre 1886

Elections municipales 6 / 13 mai 1888

A Brest, où les élections municipales aboutissent rarement au premier tour, 8 candidats seulement sont élus. Il y a ballottage pour 20 noms.
Tous les élus appartiennent à une liste formée par un Comité spécial et composée de diverses nuances du parti républicain. Il n'y avait pas de liste concurrente.

B R E S T. — Les 20 candidats de la liste républicaine sont élus, le premier par 2.309 voix, le dernier par 2,162, sur 2,896 votants. Aucune autre liste ne leur avait été opposée.

B R E S T. — Sur 34 votants, M. Delobeau [ Louis. 1884 Conseiller général. 1898 Sénateur Maire de Brest jusqu'à sa mort en 1912. NDLR.] est élu maire par 25 voix, M. Sanquer 1er adjoint, par 20 voix. Six tours de scrutins ont lieu pour la nomination du 2° adjoint. M. Berger est enfin élu par 26 voix. M. Rivière est élu 3° adjoint par 30 voix.

Le Finistère de mai.

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