La cale de Quélern en Roscanvel

Aristide Vincent qui dirige une compagnie de vapeurs, préconise en 1896 le choix de Beg ar Grogn pour la construction de la cale avec sa fameuse perche signalant le musoir, soit le départ de la cale. L'île des Morts et sa poudrière à droite, à gauche en fond Trébéron.

La construction de la cale de Quélern en 1900 - 1901 fut un impératif de quasi survie autant pour la vie civile de Roscanvel qui va accueillir les nouveaux grands vapeurs que la cale de Roscanvel ne peut recevoir par manque de profondeur d'eau à marée basse et les nouveaux canons des batteries côtières toujours plus imposants pour les mêmes raisons de tirant d'eau.

Une fois construite, toute l'activité locale s'y déroule, les militaires et les pêcheurs, les voyageurs s'y croisent intensément. Le matériel militaire, les marchandises d'approvisionnement circulent sur des attelages adaptés. On entend encore les fers des chevaux crisser sur les pavés.

Durant des décennies, cette cale est un lieu de vie. Les premières fraises de Plougastel arrivent par voie maritime ici. Les premières excursions ludiques de Brestois transitent là aussi avant d'aller pique-niquer à Trez-Rouz... Raymond Poincaré, président de la République y passe le 15 août 1918, avant d'inspecter la défense du Goulet de Brest.

De la halte "A l'arrivée du vapeur", il ne reste qu'une plaque sur une maison moderne. Le temps de la foule est terminé.

La cale de Quélern actuelle. La maison rose à gauche se trouve à l'emplacement de "L'arrivée du vapeur".

La cale est à portée de navigation du port de Brest. La presqu'île de Roscanvel était une zone militaire française bien que des hameaux civils existaient. Navettes, caboteurs, challands... Toutes sortes d'embarcations facilitaient les échanges avec Brest. Par voie terrestre, il eut fallu plusieurs jours en contournant la rade de Brest par les terres.

48° 18' 22.2" N
4° 33' 3.5" O

Cale du bourg de Roscanvel

La seule activité du début du 19ème siècle est celle d'une briqueterie et d'un four à chaaux qui embarque sa production pour Brest par un ponton de bois. Sinon les ouvriers locaux prennent le service des barques dont les patrons reconnus à la moitié du siècle sont Théodore Alavoine, Jean-Marie Le Moal, Jean-Hervé Savina, Jules Servains afin de parvenir à Brest pour y travailler.

Sinon, curieusement, durant des siècles, les marins de toutes spécialités échouent leurs embarcations à Pont-Scorff sur une grève à l'écart du bourg de Roscanvel. Le chemin côtier qui ramène les marchandises au bourg est difficile. La municipalité émet un projet de quai dans l'alignement de l'église à partir de 1847, un plan date de 1852, sans pour autant en avoir les moindres moyens. Autant le déchargement des marchandises sur une grève était supportable par la force de l'habitude, autant la venue de Brestois en chaussures et bottines était source de dépréciation. Puis l'augmentation des travaux militaires nécessitait des capacités d'accueil surtout quand l'amiral en inspection tâtait de la vase !

Le corps de garde est déjà construit, et remplace l'ancienne batterie de côte, les quais et les cales englobent la petite plage de l'Ermitage. Ces derniers sont enfin construits en 1869 avant d'être complétés par une cale en 1912 adaptée aux bateaux à vapeur.

Une construction plus que laborieuse accordée par la préfecture de Quimper à l'entreprise Cornec ayant œuvré à l'Ile Longue, le 21 septembre 1867. Les villageois sont heureux et anticipent l'importation de moellons pour le chantier. Le financement est de 37 000fr pour 40 mètres de quai et une cale. Des pierres sans doute volatiles puisqu'elles disparurent à l'entame du chantier. Ensuite, le quai prévu en oblique indispose ceux qui voient une difficulté d'accostage, une zone verticale est considérée ; enfin le gravier pris sur place dénature les accès des propriétés à la mer et met la falaise en contact de la mer avec des risqes d'érosion, les propriétaires s'insurgent. Le conducteur des travaux Lucas est contraint d'interrompre les travaux début 1868. L'entreprise Cornec fait faillite le 5 juin 1868. Une nouvelle entreprise, Le Floch, est désignée et livre les travaux le 22 septembre 1869. La praticité se fait sentir tout particulièrement sur les produits frais qui s'échangent plus rapidement. L'hôtel qui remplace la briqueterie tourne à plein.

Très rapidement, chacun reconnaît que la cale de 1869, finalisée en 1871 est trop petite, courte et mal orientée par rapport à l'allongement des navires dont les vapeurs. Il faut une autre cale plus en longueur. L'administration des Ponts et Chaussées n'y entend rien parce qu'elle prévoit la cale de Quélern qui va détourner les vapeurs vers elle. Toutes les communes maritimes demandent alors des cales et des quais, le budget de l'Etat peine à suivre...

Jusqu'en 1912, les villageois, avec leurs fonds, vont empierrer l'extrémité du débarquadère pour y passer du petit matériel de chargement telles que des brouettes. Une pétition au député Daniélou en 1911 déclenche un financement du Conseil Général à hauteur de 5160 fr avec cependant à charge 1033 fr pour la commune qui s'en sort bien... L'adjucation revient à l'entreprise Armand Marc de Lambézellec. Cette cale ajoutée fut rénovée en 1925 mais avec le temps et les courants, la destruction fut à nouveau au rendez-vous. La cale actuelle est bétonnée et tardive.

48° 18' 51.5" N
4° 32' 43.3" O

Cale de la route digue de Roscanvel

La cale en premier plan, le mur d'enceinte de Quélern en second plan. La caserse Sourdis en fond.

La cale en béton au pied de la route-digue de Roscanvel aux abords des lignes de Quélern est moderne. Située dans une zone à usage militaire.



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ROSCANVEL

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