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Toul ar Stang en Argol

La ferme principale de Toul ar Stang est une longère avec une cheminée sur plancher, avec cave au niveau inférieur accessible par un escalier en pierres. Une extension sur chaque pignon, soit un four à pain d'une part et une étable d'autre part.

Four à pain.

Ancien chemin.

La ferme secondaire est plus petite et dispose d'une soue. Le type de construction est le même : murs sans appareillages (pierres d'encadrement), linteau en bois. Bâtis économiques.

Tourbière.

Les ruines du hameau de Toul ar Stang – Trou de l'Etang – se répandent sur quelques hectares de tourbières et de terres marécageuses souvent pierreuses que les charrues d'aujourd'hui ou d'antan déterrent à n'en plus finir. Un village à deux fermes certainement ancien sans pour autant être en mesure d'en définir l'époque d'établissement. Au Sud-Est d'Argol, dans la Montagne, avec pour voisinage à l'Ouest Kergoff disparu aussi, et à l'Est le Ménez-Hom, le lieu de désolation abritait en moyenne deux familles paysannes pauvres. Il devait y avoir un petit élevage de cochons puisqu'une ruine propose une soue – étable à cochons. Des hameaux tel que celui-là, la presqu'île de Crozon en compte des dizaines. Ils disparaissent pour raisons économiques et le temps passant, ils ne laissent aucune histoire notable derrière eux. Toul ar Stang sort du lot en deux périodes distinctes et rappelle deux pages sombres de la région.

La période 18ème et 19ème siècle : le hameau complètement isolé des voies de communication et dont les revenus agricoles devaient être maigres, a connu une survivance médiocre par le biais d'accueil en nourrice d'enfants venus de Brest. Argol et Telgruc s'étaient forgés une réputation aussi utile que délétère quant à la garde d'enfants naturels, d'orphelins ou autres bambins confrontés à tous les abandons possibles et inimaginables. La situation la plus fructueuse provenait des enfants illégitimes issus de la bourgeoisie adultère, qu'une ombre déposait à la ferme contre monnaies bien pesées... Les revenus récurrents provenaient de l'hospice de Brest qui confiait des enfants à des agriculteurs loin des regards indiscrets... Tant que l'argent rentrait, l'enfant était nourri et logé avec la famille sous le même toit dans une même pièce plus ou moins salubre. Dès que l'argent manquait, la maltraitance s'installait et l'on n'hésitait pas à donner ou vendre l'encombrant à des forains qui connaissaient les bonnes adresses. Le service de famille d'accueil rémunérateur s'estompa au cours du 19ème siècle car les curés dénoncèrent une mortalité infantile toujours croissante. Le législateur prit aussi de nouvelles dispositions légales pour limiter les trafics.

Les deux fermes de Toul ar Stang pratiquaient le commerce de la prise en charge d'enfants qu'une administration pointilleuse a relevé pour le début du 19ème siècle. Un travail de nourrice et de famille d'accueil qui s'ajoutait au travail de mère pour les épouses de cultivateurs.

Quelques exemples d'accueils en nourrice à Toul ar Stang :
1851
Ferme principale : famille le B.(1) propriétaire 40 ans 3 enfants en nourrice 19, 18, 12 mois. Famille T. journalier quatre enfants + 1 fille en nourrice.
Ferme secondaire : famille D. propriétaire 4 enfants + 3 enfants en nourrice dont le plus jeune a 16 mois. Une fille D. épouse un journalier (Q.) et aussitôt élève un enfant en nourrice à la ferme des parents.
1856
Ferme principale : famille M. propriétaire 40 ans 4 enfants 16 ans, 12 ans, 4 ans , 3 mois + 3 enfants en placement 11 ans, 11 ans, 9 ans de l'hospice de Brest. Une domestique (le B. 1) 29 ans prend en charge une fille de 2 ans de l'hospice de Brest.
Ferme secondaire : famille C. et famille le B.(1) sans enfants.
1861 Ferme principale : famille D. propriétaire 54 ans 5 enfants 30 ans, 18 ans, 15 ans, 8 ans, 4 ans + 1 fille 10 ans en placement depuis l'hospice de Brest. Un journalier célibataire de 32 ans.
1872
Ferme principale : la famille D. ne prend plus d'enfant en nourrice du moins officiellement.
Ferme secondaire : probablement non habitée.
1876
Ferme principale : famille B.(2) 40 ans (l'épouse de 39 ans est une ancienne fille de l'hospice de Brest) 3 enfants 11, 8, 8 ans(jumeaux) + 1 fille de 9 ans de l'hospice de Brest.
1881-1886-1891
Ferme principale : famille B.(2) seul le couple et leurs enfants restent sur place. Ces derniers quittent la ferme un à un. L'épouse meurt...
1921
Ferme principale : famille L.(1) trois générations dans deux maisons (14 personnes) dont une fille pupille de Brest de 13 ans.
1936
Ferme principale : la famille L.(1) s'éparpille. Pas d'enfant en nourrice.
1946
Ferme principale : famille L.(2) 6 enfants. Pas d'enfant en nourrice.

La population de Toul ar Stang fut de 16 personnes au plus haut et de 3 personnes au plus bas. Aujourd'hui tout n'est que traces de pierres alignées ou de murets indéfinissables, quelques mètres d'un chemin empierré... Les familles qui s'installaient venaient d'Argol, Telgruc, Trégarvan, St Nic. Chaque enfant de cultivateur a tenté de quitter la misère ambiante.

La famille le B.(1) est distincte de la famille B.(2). La famille L.(1) est distincte de la famille L.(2). Les patronymes sont volontairement masqués.

Un décret impérial du 13 janvier 1811 autorise l'abandon des enfants que l'on dépose dans une niche tournante à l'hospice de Brest rue Traverse et que les sœurs de St Thomas de Villeneuve soignaient brièvement. On affublait d'un nom, on baptisait, on envoyait en presqu'île de Crozon au plus vite par manque de place et d'argent. En 1866, une épidémie de choléra à Brest diminue le nombre d'enfants à placer, cela s'en ressent en presqu'île. 12720 enfants confiés aux sœurs entre 1820 et 1864. Destruction de l'hospice le 15avril 1941 par un bombardement.

L'autre épisode significatif de l'existence du hameau de Toul ar Stang est la présence, en 1944, de Russes Blancs en poste avancé.

48° 14' 8" N
4° 16' 26.4" O

48° 14' 12.1" N
4° 16' 13.5" O

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