Crozon Morgat Camaret Roscanvel Landévennec Telgruc Argol Lanvéoc

Camp d'internement de l'Île Longue 1914-1920

La vie d'un camp de concentration ayant existé 5 années est irracontable tant la complexité des situations et des individus est dense et génère une variété comportementale qui n'entre pas dans une seule page d'écriture. Le texte ci-dessous reflète quelques facettes éparses non exhaustives...

Suite à la déclaration de guerre de 1914 à l'encontre de plusieurs nations (Allemagne, Autriche, Hongrie, Bulgarie, Turquie...) les autorités françaises tentent, dans les jours qui suivent le début des hostilités, de capturer tous les ressortissants masculins ennemis sur le territoire comme en mer afin que ceux-ci ne rejoignent pas les rangs des soldats qui vont se battre contre la France. Dès le mois d'août 1914, les préfets sont chargés de trouver des locaux ou d'en construire pour accueillir des prisonniers qui vont arriver par centaines. Le préfet du Finistère propose de réemployer le camp militaire de l'Île Longue dont il est fait peu usage et qui a l'avantage d'être entouré de mer (l'Île Longue est une presqu'île) et d'être un peu à l'écart de la population crozonnaise. Accessibilité par mer par les navettes de la Rade de Brest. L'estimation de capacité du futur camp de concentration est à hauteur de 3500 prisonniers. En supplément de la zone militaire étatique, les autorités ministérielles louent 7,5 hectares de terrains agricoles à des petits propriétaires terriens vivant dans les fermes de l'Île Longue dont la population est de 139 habitants..

Le 29 septembre 1914, le Génie monte des baraques types et des baraques Adrian pour accueillir au plus vite des prisonniers civils qui attendent sur des navires ponton, dans les forts tel que celui de Crozon.

Le camp en gestation est sous le commandement du commandant Alleau du 87e régiment d'infanterie territoriale dont environ 350 soldats vont assurer la sécurité interne et la garde externe entre les barbelés et la côte. Après la dissolution du 87e RIT, le 19e RI prend la suite.

Le 5 novembre 1914, un premier contingent de prisonniers du paquebot « Nieuw Amsterdam », internés à bord du croiseur désarmé « Charles Martel » arrivent par navettes maritimes au camp en construction. Ils vont devoir participer à cette construction d'environ 80 baraquements en bois préfabriqués au toit recouvert d'un tissu goudronné qui se déchire avec les tempêtes et ceci autant en chambrées qu'en sanitaires, bureaux et infirmeries, un vrai village vivant en autarcie... Les autres passagers du paquebot hollandais s'ajoutent peu à peu jusqu'au 24 novembre.

Parmi les prisonniers, ils sont 19 Allemands, Autrichiens et Turcs provenant du paquebot hollandais « Tubantia » arraisonné par le cuirassé « Kléber  » et ayant eux-aussi transités par le « Charles Martel ».

A ce stade, le camp d'internés ne contient que des civils réservistes de toutes les origines sociales dont une centaine d'artistes et d'intellectuels.

Chacun est fiché, avec un descriptif physique détaillé. Les possédants doivent déclarer leurs biens saisis. En effet, certains Allemands ont fait leur vie en France, tous leurs biens sont saisis au statut de prise de guerre dont les détails des valeurs sont répertoriés.

Le comptable du camp de prisonniers de guerre de l'Île Longue recherche un coffre-fort d'occasion dès le 30 novembre 1914.

Le « Charles Martel » reçoit des prisonniers jusqu'au 6 décembre 1914. Dès le 7, 250 militaires vont être en casernement à bord, rejoints bientôt par 250 autres. Dès lors, des prisonniers de guerre sont internés dans le camp de l'Île Longue avec les civils.

L'esprit des civils se trouve en contradiction avec la mentalité des soldats germaniques qui sont persuadés d'être mis à l'écart d'une grande défaite prévisible de ces satanés Français que l'humiliation de 1870 n'aura pas calmé. Pour les civils, si quelques-uns sont des va-t-en-guerre, la plupart espèrent d'abord retrouver une vie familiale.

Les gardes sont contraints de raffermir leur autorité. Une cellule d'isolement est à disposition à l'encontre des récalcitrants. Certains braillent toute la journée, tentant de provoquer l'insurrection pour s'évader.

S'il y a de l'agitation dans le camp, il y en a aussi à l'extérieur dans la population locale. Des familles de militaires français se plaignent que la Marine ne fait pas beaucoup d'effort de régularité dans la distribution du courrier y compris quand le navire concerné est en Rade de Brest. Elles comparent la situation de l'Île Longue qui voit venir un remorqueur quotidien qui transporte le courrier des prisonniers de nationalité ennemie et des vivres. Il « pleut » des colis qui proviennent d'Allemagne pour les prisonniers du camp. Colis fouillés contenant des vivres, des médicaments basiques et quelques vêtements pour l'essentiel. Les prisonniers cultivés reçoivent des livres qu'il faut expertiser afin de déterminer s'ils ne contiennent pas d'encodages ou des contenus jugés subversifs. La fréquence des colis va s'amenuiser à partir de 1916, l'Allemagne a faim.

La presse française réactionnaire (tout au long de la guerre) dénonce les traitements de faveur des camps de concentration dans lesquels les prisonniers Allemands ont une plus belle vie que les soldats français dans les tranchées. La critique est à courte portée même s'il est vrai, au plus dur de la guerre, qu'il est préférable d'être détenu en camp que de mourir dans un énième assaut inutile sur le champ de bataille. Cependant, si l'analyse va un peu plus loin, les « bons » traitements français à l'égard des ennemis enfermés correspond à une attente de réciprocité afin que les prisonniers français en Allemagne soient bien traités. Enfin, pour une vue en gros plan, le camp compte 1500 prisonniers en moyenne, avec une pointe de 2000 prisonniers en cours de conflit avec le jeu des transferts incessants et des échanges de détenus. Une mutinerie de 1500 individus face à un effectif de 333 soldats français âgés (en 1916), un effectif qui décroît jusqu'à 130 en 1918, aurait été un bain de sang avec des conséquences en presqu'île car la population est très hostile face à ces indésirables sachant que des pères, des fils et des frères tombent au champ d'honneur. La haine est partout y compris dans la presse qui nomme l'ennemi par le terme de boche avec tous les qualificatifs dénigrants pour augmenter le ressentiment.

A l'intérieur du camp, les mois passant, deux courants de pensée surnagent aux conditions d'incarcération usantes par l'ennui, l'incertitude sur l'avenir et une réglementation intérieure dont le non-respect entraîne des sanctions immédiates. D'un côté les nationalistes, en faveur d'une Allemagne dominante exprimant le rejet de la France et de l'autre des internationalistes prônant la paix et la liberté des individus dénonçant les incarcérations arbitraires dont ils font l'objet. La Droite et la Gauche en opposition y compris dans un camp d'internés.

Des soldats gardiens du camp (19è compagnie du 87e RIT) donnent des fruits, du chocolat, du tabac, aux hôpitaux temporaires de la région pour les blessés de guerre. Des campagnes de dons y compris chez les habitants sont organisées régulièrement.

Réactions politiques vives : les prisonniers de guerre de l'Île Longue ont obtenu un service religieux catholique à chaque dimanche en janvier 1915. Un service protestant était déjà en place et servi par un pasteur civil déplacé dans un autre camp de concentration. Il sera remplacé.

Le 8 août 1915 au soir, trois prisonniers allemands parviennent à s'évader du camp et empruntent une barque de service. A bord, il n'y a pas de rames, ils doivent employer des planches abandonnées sur la grève. L'un d'eux se blesse à la main avec une planche. Franko (mécanicien Hongrois, résidant à New York arrêté sur le « Nieuw Amsterdam »), Wohler, Reinauer, parviennent à la pointe d'Armorique vers deux heures du matin. Ce dernier est bilingue et dispose d'une carte d'état major pour rentrer en Allemagne. Egarés, cachés dans un champ de blé toute une journée, ils décident de demander leur chemin pour aller au Faou. Le paysan questionné comprend la situation. Les gendarmes arrêtent les fugitifs, les ramènent brièvement au Château de Brest puis retour à la case départ : l'Île Longue.

35 prisonniers allemands dont un officier arrivent à l'Île Longue le 23 septembre 1915.

700 soldats allemands capturés en Artois arrivent à Brest le 29 septembre 1915. Ils sont conduits par remorqueurs à l'Île Longue.

600 prisonniers allemands sont conduits vers Brest puis vers Rouen sous bonne garde pour des travaux, le 5 novembre 1915.

6 prisonniers du camp de Belle-Isle sont transférés à celui de l'Île Longue le 4/5 janvier 1916.

Décision ministérielle d'harmonisation afin de faire taire les voix criant au scandale. A partir du 26 janvier 1916, les prisonniers auront la même quantité de nourriture que les prisonniers français en Allemagne soit 460 grammes de viande par semaine, 300 grammes de pain par jour. L'abaissement de la quantité de viande sera compensé par des légumes plus abondants.

Dans certaines activités économiques régionales, on manque de bras. Des corporations aimeraient employer des « boches ». Les autorités renâclent. Pourtant, des prisonniers travaillent dans les forts français de la presqu'île et de la région brestoise pour des travaux de manœuvre car les bras militaires manquent. Des prisonniers travaillent aussi à Brest dans des services administratifs pour gérer les fichiers des internés, assurer les traductions et confirmer les statuts envers la Croix Rouge qui invite les autorités françaises à échanger des prisonniers malades ou à les confier à un hôpital de Genève.

10 février 1916 : 11 prisonniers allemands civils affaiblis ou infirmes rejoignent Brest, direction Genève, pour être échangés contre des otages français en Allemagne.

Dans le camp un médecin français suit les cas médicaux y compris lors de la diffusion de la grippe espagnole. Des représentants de la Croix Rouge font des contrôles avec la présence régulière des représentants de l'Union Chrétienne des Jeunes Gens.

132 prisonniers font du travail rémunéré à 0,30 fr par jour dans le camp même... Dans les cuisines, l'intendance, l'administration, la poste...

A nouveau, de nombreux détracteurs critiquent les commodités du camp. Il y a de l'enseignement des langues, de comptabilité, de géographie, de géologie, de natation... Des baignades communes sont organisées dans la rade, recommandées et non obligatoires. Les douches sont accessibles journellement en dehors des périodes de sécheresse durant lesquelles la douche est hebdomadaire, chaque samedi. Pour alimenter le camp en eau potable, il avait fallu installer des canalisations avec des pompes pour refouler l'eau potable captée à St Fiacre vers le château d'eau du camp d'internés alors que la population de Crozon vit d'eau de sources dont la qualité sanitaire est remise en cause fréquemment.

Georg Wilhelm Pabst est un cinéaste allemand capturé qui avec quelques intellectuels du camp fondent une compagnie de théâtre, organisent des soirées d'opéra, créent un atelier lithographique, publient des revues poétiques, un journal du camp parfois sulfureux... Les artistes se cotisent pour acheter un piano... Derrière la façade culturelle, il y a aussi la fondation d'une loge maçonnique – In Ketten zum Licht – Des chaînes à la lumière, et des textes codés circulent. Les autorités du camp doivent composer ou réprimander en fonction des réactions internes, externes, journalistiques, politiques, géopolitiques... Tout est sous pression variable. Durant certaines relâches, un comité de prisonniers organise des contestations pour améliorer l'ordinaire, les officiers français sont conciliants, trop parfois ? En période coercitive, les gardes sont restrictifs avec des affichages de punitions bien en vue. Tous ces artistes produisent néanmoins des dessins, des écrits. Les scientifiques poursuivent des recherches dans leur spécialité. Mais toute cette agitation bonhomme ne concerne pas tous les prisonniers. La privation de liberté affûte l'agressivité des têtes-brûlées. L'inertie des intellos est source de conflits.

Cependant, les transferts de prisonniers arrivant ou partant brisent les intentions. 200 prisonniers allemands sont versés au camp de Chastenay le 24 avril 1916.

16 août 1916, le camp de prisonniers de l'Île Longue détenant des militaires allemands redevient entièrement civil sous l'égide d'un régime pénitentiaire du ministère de l'intérieur. Les surveillants de l'intérieur sont civils, par contre le 37e RIT/19e RI reste à l'extérieur.

Les journaux français arrivent dans le camp.

1er décembre 1916. Des Crozonnais se plaignent d'avoir à museler leurs chiens et d'avoir à les tenir en laisse avec de surcroît une taxe annuelle à honorer, tout ceci sous l'égide d'un arrêté préfectoral interdisant la divagation des chiens en Crozon. Plainte appuyée par le fait que des prisonniers du camp ont un chien sans laisse (une centaine d'animaux selon la rumeur) et que, lors de leurs travaux en presqu'île, les chiens affolent le bétail, tout ceci sans payer la moindre taxe.

Vers la fin avril 1917, trois prisonniers allemands s'évadent et sont rattrapés le 28 au Cap de la Chèvre puis ramenés au camp d'internement.

25 juin 1917, la marine américaine entre ostensiblement dans la rade de Brest. Les moyens et le contingent sont importants. Les prisonniers allemands ont une vue directe sur les manœuvres et comprennent que la tournure de la guerre pourrait changer tristement.

13 septembre 1917, des marins du croiseur « Dupetit-Thouars » au mouillage dans la rade tirent au fusil vers l'Île Longue sans faire de blessés. L'affaire est prise au sérieux par les autorités militaires car cela peut déboucher sur une enquête internationale déplorable.

Dans la nuit du 23/24 novembre 1917, deux prisonniers fracturent la porte du local des réserves alimentaires pour emporter de la graisse, du fromage, du sucre et du café qu'ils vont dissimuler dans une caisse enterrée dans leur baraquement. L'ancien chef de la sûreté de Brest, Mr Bastard, diligente une enquête qui débouche rapidement sur une arrestation et une mise au cachot en attendant un jugement demandé par le procureur de Châteaulin.

Le soldat Jean L. de l'Île Longue est arrêté à Brest le 12 août 1918 pour défaut de présence à son poste au camp depuis le 7 août.

Exposition de la société d'horticulture, catégorie des potagers militaires : le bataillon de place, soit la garnison des gardes de lÎle Longue, obtient en octobre 1918, la médaille d'argent. Activité distractive et nutritionnelle des militaires et dont les journées sont aussi longues que celles des prisonniers. Le sergent Jules Bizet reçoit un diplôme le 6 octobre 1918.

Le gestionnaire du camp d'internés civils de l'Île Longue cherche à acheter un char à bancs avec capote à la mi-octobre 1918.

L'armistice est signé le 11 novembre 1918.

L'année 1919, au camp de concentration, va connaître de très vives tensions ; les prisonniers encore enfermés s'impatientent quant à leur libération.

17 avril 1919, trois prisonniers allemands sont conduits au dépôt disciplinaire de l'Île de Groix pour inconduites répétées.

Le 1er mai 1919, les baraques portent des drapeaux rouges peu appréciés des autorités françaises. Un drapeau noir flotte sur la baraque n°1 sur lequel est marqué 1er Mai, Vive l'Internationale, Vive la révolution sociale, Liberté et bien être au peuple, Mort à la canaille. Un Autrichien et un Hongrois sont condamnés à cinq jours de cellule d'isolement.

Le 10 mai, deux évadés envisagent de rejoindre les Américains à Brest pour être reconduits en Allemagne.

Deux versions d'une même histoire du 16 juin 1919 :
• Un garde ivre tire à plusieurs reprises sur des prisonniers allemands et en tue un tout en en blessant un second à l'épaule.
• Un garde sobre n'étant pas parvenu à faire respecter la réglementation à trois reprises successives, a fait usage de son arme une seule fois par intimidation.

Apparaissent quelques complications administratives, le Traité de Versailles en préparation stipule que les provinces allemandes qui souhaitent être rattachées à leur pays d'origine vont devoir organiser un plébiscite nécessitant un vote populaire marquant cette volonté de rattachement. Les autorités françaises sont dans l'obligation d'identifier parmi les prisonniers, les internés devenus en quelque sorte ennemis de l'Allemagne impérialiste. L'Île Longue détient 18 internés de la Sarre et 14 détenus du Slesvig qu'il faut en priorité expulser de France pour qu'ils puissent voter à leur domicile. Ces derniers sont en état de choc en apprenant la nouvelle après tant d'années de captivité et se trouvant moins ennemis que prétendu.

Lors d'une garde, le 19 juillet 1919, le soldat Perament du 19ème RI enfonce une cartouche à blanc dans la serrure de la porte du quartier disciplinaire. Pour déloger celle-ci, il utilise sa baïonnette. L'explosion lui abîme le visage, il est hospitalisé.

2 août 1919. Sur plusieurs jours, 600 marins militaires allemands internés dans différents camps en France et ailleurs, sont regroupés au camp avant un rapatriement prochain.

27 septembre 1919, recrutement de surveillants civils pour le camp d'internés par le biais de la sous-préfecture de Brest. Les ministères ne veulent plus immobiliser de personnels sur place.

Le 4 octobre 1919, deux prisonniers civils allemands s'évadent du camp de concentration et sont arrêtés à la gare de Châteaulin juste avant de prendre le train du matin, ceci par la gendarmerie.

A partir de la mi-octobre, les prisonniers sont ramenés au train de Brest en partance pour l'Allemagne. Deux groupes de 600 prisonniers...

Il ne subsiste que quelques prisonniers pris en charge par quelques gardes civils. La nourriture ne vient plus de grossistes brestois, ce sont des villageois des alentours qui fournissent le nécessaire. La chose est mal appréciée car bien des Crozonnais ne sont pas revenus dans leurs foyers.

L'Etat restitue au compte goutte ses prisonniers car si les hostilités sont achevées par la défaite de l'Allemagne et ses alliés, les traités de paix entre le 28 juin 1919 et le 10 août 1920 ne se signant qu'avec lenteur, l'utilité de la détention de ressortissants ennemis se fait sentir, néanmoins le camp est fermé le 31 décembre 1919.

Le 15 mai 1920, vente aux enchères du mobilier du camp d'internés par le receveur des Domaines. 5% de frais par vente. Une vente qui concerne 70 buanderies, 13 citernes de buanderie, 73 poêles, 127 lampes tempête.

Le 7 juin 1920, les baraquements en bois démontables sont mis en vente par adjudication sur soumissions cachetées par la mairie de Crozon.

Un ancien interné a pratiqué l'activité de dentiste à Crozon. Joseph Shubel se trouve être condamné pour pratique illégale de la médecine à hauteur de 300 fr. Le praticien de fortune n'étant pas si dentiste qu'il le prétendait.

17 juillet, nouvelle vente aux enchères sur place. 8 baraques Adrian, 8 baraques lavabos, 1 buse en ciment , 18 guérites en bois, 37 buanderies en mauvais état, 25 caisses de pain de guerre.

Une fois le camp démantelé, les propriétaires civils, à peine dédommagés, retrouvent leurs terres agricoles complètement dénaturées avec des chemins empierrés en plein champs et des friches insondables...

Quelques chiffres : 5300 prisonniers auraient transité dans le camp d'internement de l'Île Longue. Jamais plus de 2000 à la fois. Un prisonnier coûte 91 centimes par jour en été, 1 franc en hiver. Au fil de la guerre, il y a néanmoins des privations de chauffage et d'éclairage à cause des pénuries nationales. 30 prisonniers sont décédés selon les autorités françaises (dont 15 en 1918 et 1919 de la grippe espagnole) et 13 ont réussi leur évasion pour un bien plus grand nombre de tentatives. Les prisonniers sont catégorisés selon leur dangerosité. Il est à noter que certains prisonniers allemands seront assassinés par le nazisme en devenir en Allemagne – exemple : Hermann von Boetticher – et que d'autres seront des nazis convaincus jusqu'à faire la promotion de la solution finale lors de la seconde guerre mondiale – exemple : Fritz Sauckel condamné à mort au procès de Nuremberg en 1946.

Le camp était de forme heptagonale orienté Nord-Est avec en fond l'ancien fort initial devenu une double infirmerie externe au camp. Plein Nord, l'ancienne batterie de canons désarmée avec ses abris de traverse. Chaque abri (grande salle voûtée recouverte d'une épaisse couche de terre hors façade d'entrée ex soute à munitions) avait une fonction de réutilisation. D'Ouest en Est, soute à munitions et réserve de petits bois, charbon et colis postaux, réserve à bois, salle de police et fourrage, prison, cellule d'isolement.

Dans le camp lui-même, 72 longues chambrées pour internés, 8 grandes cuisines, de nombreux bâtiments administratifs, d'intendance, une menuiserie, un tailleur, des lavabos, des latrines, un terrain de sport, deux captages de source avec citernes, un château d'eau. Les baraquements de la troupe sont accolés au camp, au Sud, tandis que le mess est au Nord. Tout étant en bois, tout fut démonté.

Le site est occupé par la batterie allemande Cr324 durant la seconde guerre mondiale.

Aujourd'hui, le terrain est celui de la base sous-marine de l'Île Longue.



La défense côtière avant 1939

Goulet de Brest

Postes de projecteur du Goulet Roscanvel

Cam 59 Camaret

Lunette à micromètre G de côte

Télémètre Audouard

Les postes de télémétrie Audouard 1880 Rosvanvel : Kerviniou - Capucins Sud réemployé - Capucins Sud - Capucins - Capucins Nord - Stiff - Espagnols Sud - Espagnols

Poste d'observation 1920 de Cornouaille Roscanvel

Bataille de Trez Rouz Camaret

Milice garde-côte

Batteries : Basse de Cornouaille Roscanvel - Batterie de Beaufort Roscanvel - Vieille Batterie Roscanvel - Haute de Cornouaille Roscanvel - Poul Dû Crozon - Mort Anglaise Camaret - Capucins Roscanvel - Kerbonn Camaret + projecteur Camaret - Kerviniou Roscanvel - Pen-Hir Camaret - Tremet Roscanvel - Ty-Du Morgat - Portzic Crozon - Stiff Roscanvel - Pourjoint Roscanvel - Haute Pointe des Espagnols Roscanvel - Petit Gouin Camaret - Sud des Capucins Roscanvel - Batteries hautes des Capucins Roscanvel - Batterie de rupture ou bombardement - Batteries haute et basse du Kador Morgat - Rouvalour Crozon - Batteries Est de Roscanvel Roscanvel - Batterie du Run / Pont-Scorff Roscanvel - Batterie de l'île de l'Aber Crozon - Batterie extérieure de la Tour Vauban Camaret - Batterie de Dinan Crozon

Cabines téléphoniques de batterie

Camp Sanitaire des Capucins Roscanvel

Casernement bas de la Pointe des Espagnols Roscanvel

Casernement haut de la Pointe des Espagnols Roscanvel

Abri groupe électrogène Roscanvel

Fortifications de la Pointe des Espagnols Roscanvel

Casernement de Kerlaër Roscanvel

Casernement de Lagatjar Camaret

Baraquement Adrian

Carrière

Ile Trébéron et île aux Morts

Île Longue avant 1939

Camp d'internés de l'Île Longue

Circulaire du 31 juillet 1846

Corps de Garde 1846 / Fort : Aber Crozon - Camaret Camaret - Kador Morgat - Postolonnec Crozon - Roscanvel Roscanvel - Rulianec Morgat

Loi de déclassement des corps de garde 1846

Loi du 17 juillet 1874 - système Séré de Rivières

Loi du 3 juillet 1877 - réquisitions de l'armée

Réduit de Kerbonn Camaret

Tours modèle 1811

Borne

Chemins de service Roscanvel

Créneau à lampe

Créneau de tir

Réduit de Quélern Roscanvel

Lignes de Quélern Roscanvel

Caserne Sourdis & cale Roscanvel

Les forts : Fraternité Roscanvel - Landaoudec Crozon - Lanvéoc Lanvéoc - Toulinguet Camaret - Crozon Crozon

Caponnière

Fort Robert Roscanvel

Ilot du Diable Roscanvel

Lignes de Quélern Ouest Roscanvel

Mât à pavillon

Tirs à la mer pavillon rouge

Niche pareclats

Pointe des Espagnols - Ligue Roscanvel

Postes de Douane

Poste d'inflammation des torpilles Roscanvel

Poudrière de Quelern Roscanvel

Sémaphore

Station TSF Roscanvel

Repère d'Entrée de Port R.E.P. Roscanvel

Canon de 47mm TR Mle 1885-85

Canon de 65mm TR Mle 1888-91

Canon de 75mm Mle 1908

Canon de 95mm Lahitolle Mle 1888

Canon de 100mm TR

Canon de 32 cm Mle 1870-84

Canons de siège et place

Histoire et évolution des calibres des canons

Four à boulets

Abri du champ de tir de l'Anse de Dinan

Les pierres de guerre

Les boulets

La poudre B

Tir à ricochets

Munition calibre 12.7mm SF

L'arrivée de la téléphonie dans les postes d'observation

Les Ancres de Roscanvel Roscanvel

Flotte Tardieu

Corvette Chevrette

Garde-pêche

Motte féodale de Rozan Crozon

Château-fort de Castel bihan Poulmic Lanvéoc

La ligne d'artillerie terrestre de 1914

Les piliers des terrains militaires

Sous-marin Nautilus de Robert Fulton Camaret

1404 la chute de l'Anglais à Lam Saoz Camaret

La BAN de Lanvéoc-Poulmic Lanvéoc

La défense antiaérienne avant 1939

Position de DCA en presqu'île avant 1939

Batterie de DCA de Kerguiridic Crozon

Batterie de 100mm Pointe des Espagnols Roscanvel

Projecteur et écoute de Pen ar Vir Lanvéoc

Projecteur et écoute du Grand Gouin Camaret

Abri de projecteur de la Pointe des Espagnols Roscanvel

Station d'écoute aérienne de Messibioc Lanvéoc

Autres positions françaises de projecteurs

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MILITARIA : de 1939 à nos jours

L'insupportable CharançonLitage sédimentaireTerres vaines et vagues Chapelle St Nicolas bâtiment militaire – Cale de St Nicolas, symbole de misère – Le détecteur de métaux : usages et interdictions – Un agave envahissant ou pas ? – Intégration des résidences : urbanisme – La visite de la presqu'île de Crozon par Camille VallaudSaint Norgard oublié – Pierre Profonde bombardée – Hagiotoponymes de la presqu'île de Crozon – Risque de pollution bactériologiquePorte-conteneurs à l'ancre – Le bilinguisme routier plein de surprises – Lister les boiteux et les idiots ! – Les inquiétudes de la carte scolaire – 1944 US + FFI/FFL contre les postes avancés allemands – Le canon belge antichar de "carrefour" – Toul ar Stang le hameau des orphelins – Munition FX – WW2 : Russes blancs à Toul ar Stang – La chapelle St Michel de Tromel – La station météo de la BAN – La chapelle de Trovéoc – La Route Neuve – Usages de la prière prônale – Le cimetière de Crozon – Les pierres tombales de noblesse – Les troncs des pauvres – Temples druidiques – Un tronçon d'un ancien Grand Chemin en Argol – Kergoff : vie et mort d'un hameau oublié

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